Christian Piquemal

Officier général francais 4 etoiles.svg Christian Piquemal
Christian Piquemal

Nom de naissance Christian Jean Piquemal
Naissance (80 ans)
Huos (Haute-Garonne)[1]
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Armée de terre
Grade Général de corps d'armée
Années de service 19622000
Commandement 3e régiment étranger d'infanterie
Légion étrangère
Conflits Opération Épervier
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'ordre national du Mérite
Commandeur pro Merito Militensi

Emblème
Liste des commandants de la Légion étrangère

Christian Piquemal est un officier général français, né le à Huos (Haute-Garonne). Il finit sa carrière comme général de corps d'armée. Il est radié des cadres de l'armée en 2016 pour manquement au devoir de réserve et de loyauté, après avoir participé à une manifestation contre les campements sauvages de clandestins près de Calais.

Biographie

Christian Jean Piquemal[2] est né le 17 décembre 1940.

Après des classes préparatoires au lycée Hoche à Versailles, Christian Piquemal intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en et est nommé sous-lieutenant en [2].

Carrière militaire

En octobre de la même année, il intègre l'École d'application de l'infanterie de Saint-Maixent et choisit, l'année suivante, la Légion étrangère[2]. Son stage d'intégration effectué au 1er régiment étranger d'infanterie (REI) à Aubagne, août 1964 le voit affecté à Mers el-Kébir, à cette époque base du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP)[2].

Promu lieutenant en 1964, il sert comme chef de section, puis comme officier chargé de l'entraînement sportif des légionnaires, et enfin en tant qu'adjoint au commandant de la 4e compagnie du 2e REP[2].

En juin 1967, il rejoint la nouvelle base du 2e REP, à Calvi[2], qui était auparavant attribuée au 1er bataillon parachutiste de choc de la 11e demi-brigade parachutiste de choc.

Il commence, en 1969, une spécialisation en génie atomique à l'université de Paris-Jussieu, puis à Supélec[3] et à l'École des applications militaires de l'énergie atomique, et obtient à ce titre le brevet technique d'études militaires supérieures[1],[2]. Il est promu capitaine au début de 1970[2].

Il achève le cycle d'études supérieures militaires à l'École supérieure de guerre en 1974[2]. À la suite de quoi, en tant que capitaine, il est commandant d'une compagnie au 9e régiment de chasseurs parachutistes de Toulouse, compagnie avec laquelle il effectue un séjour de huit mois en Nouvelle-Calédonie[2].

Promu commandant en 1976 et nommé adjoint au chef de la section des études techniques et radiologiques de la direction des centres d'expérimentations nucléaires de Montlhéry[2], il est basé de 1978 à 1980 au centre d’expérimentation du Pacifique à Moruroa (Polynésie française)[2].

Promu lieutenant-colonel en 1980, il est commandant en second du 4e régiment étranger à Castelnaudary pendant deux ans, puis affecté à l'état-major de l'infanterie pendant une période de trois ans, vers la fin de laquelle il est promu colonel[2].

Il est chef de corps du 3e régiment étranger d'infanterie (Guyane) de 1985 à 1987[4]. Il enseigne ensuite à l'École supérieure de guerre et est auditeur à l'IHEDN[2]. Pendant trois ans à partir de 1989, il est adjoint « terre »[2] au chef du cabinet militaire de trois Premiers ministres[5] Michel Rocard (1989-1991)[6], Édith Cresson (1991-1992)[7] puis Pierre Bérégovoy (1992)[8],[9]. Vers la fin de cette période, il est promu général de brigade[2] puis il est nommé auprès du commandement militaire de Marseille[2]. De 1994 à 1999, il est le commandant de la Légion étrangère[10],[a] et promu général de division en 1995[2].

Christian Piquemal est promu au rang de général de corps d'armée[13] en [2]. Il achève sa carrière d'active et est admis à la deuxième section en 2000[2].

Il est président de l'Union nationale des parachutistes de 2004 à 2014[14].

Prise de position politique

À la suite de son placement en deuxième section[15], Christian Piquemal anime le blog politique « Cercle des citoyens-patriotes, qui vise à « préserver, restaurer les valeurs qui ont fait la grandeur et le rayonnement de la France »[16],[17].

Le , il est interpellé à Calais par la police après une prise de parole lors d'une manifestation contre les migrants et l'« islamisation de l'Europe »[18],[19]. Cette manifestation, interdite par la préfecture, était organisée à l'initiative du mouvement d'extrême droite PEGIDA[20],[21].

Les réactions de ses anciens collègues sont partagées. Le , la Fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère se désolidarise de son action, tandis que le général Bruno Dary, lui aussi ancien commandant de la Légion étrangère, lui exprime son soutien en sa qualité de président de l’Amicale des anciens légionnaires parachutistes (AALP)[22], que Piquemal a présidée durant dix ans jusqu'en 2014[23], tout en estimant qu'il n'aurait pas agi comme lui[24]. Le général Didier Tauzin, envisageant se présenter à l'élection présidentielle de 2017, lui apporte son soutien et le félicite publiquement[24].

Lors de sa comparution immédiate le , son audience est repoussée au du fait de son hospitalisation à la suite d'un malaise[17]. Le soir même, il accorde une interview dans laquelle il indique regretter « que Pegida se soit trouvé en même temps que [eux] sur place » mais il « ne regrette absolument pas d'y être allé »[25],[23].

Il est relaxé le par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer des faits d'organisation d'une manifestation interdite par la préfecture[26].

Radiation des cadres de l'armée

Les officiers généraux ne sont pas initialement placés en retraite mais dans la «deuxième section». Le statut des militaire prévoit que, même placé en deuxième section, ils continuent à être soumis à une stricte obligation de réserve.

Désirant sanctionner ce manquement au devoir de réserve, le , le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, demande qu'un conseil de discipline l'exclue de la deuxième section et le mette à la retraite[27],[28].

Le , il est entendu par le Conseil supérieur de l'armée de terre, qui transmet ensuite un rapport non publié au ministère de la Défense[29].

Le , le ministère de la Défense publie un décret signé par le président de la République, François Hollande, le radiant des cadres de l'armée. Cela signifie que, bien qu'il conserve formellement son grade de général, le port de l'uniforme lui est désormais interdit, et il perd sa carte d'identité d'officier militaire — cette carte étant en principe accordée à vie. Il retourne ainsi au statut de civil[29]. Le , il annonce au Figaro son intention d'entamer une procédure de recours devant le Conseil d’État, et éventuellement devant la Cour européenne des droits de l'homme. À cette fin, un comité de soutien, présidé par le général Antoine Martinez, se monte[29].

Le , le recours de Christian Piquemal est rejeté par le Conseil d'État qui confirme, qu'un « manquement au devoir de réserve et de loyauté justifie la radiation d’un général » même placé en deuxième section (CE , req. no 404921[30])[31].

Il rejoint par la suite le Conseil national de la résistance européenne[32].

Tribune d’anciens militaires en 2021

En , Christian Piquemal signe une tribune intitulée « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » avec, initialement, plus d’un millier de militaires retraités[33] comme lui (généraux en 2e section, généraux, officiers, sous-officiers et hommes du rang[34]) et une petite vingtaine d'active[35], dans laquelle ils déclarent qu'« il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà » pour éviter ce qu'ils nomment le « délitement de leur patrie » et que « si rien n'est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national »[33].

À la suite de réactions politiques, qui considèrent que cette tribune est factieuse, dont celle de Jean-Luc Mélenchon qui demande au procureur d'engager des poursuites[36] et celle de la ministre des Armées Florence Parly qui exige des sanctions contre les signataires[37], le général Lecointre, chef d’État-Major général des armées, prévoit d’adresser une lettre au général Piquemal « pour lui dire qu’il est indigne, salit l’armée, la fragilise en en faisant un objet de polémique nationale »[38]. Ce dernier lui répond dans une lettre ouverte publiée sur le site « Place d'armes »[39],[40], lettre rédigée dans un style cinglant, qualifiée « d'odieuse et de grotesque » par certains spécialistes des questions de défense[41].

Un sondage réalisé par Harris Interactive pour LCI sur un échantillon de 1 613 personnes, pour lequel 64 % des personnes interrogées ont entendu parler de cette tribune et 38 % voient précisément de quoi il s'agit, avance que 58 % des personnes interrogées soutiennent les militaires ayant signé la tribune. Sur des sujets en lien avec la tribune, 84% des Français interrogés pensent que la violence augmente de jour en jour et 73% d'entre eux estiment que le pays se délite et, sur la question de la sécurité, 93% des Républicains et 94% des sympathisants du Rassemblement National pensent que les lois de la République ne s'appliquent pas dans certaines villes.[35].

Distinctions

(Liste non exhaustive)

Décorations françaises

Legion Honneur Officier ribbon.svg Ordre national du Merite Commandeur ribbon.svg Medaille de la Jeunesse et des Sports Or ribbon.svg

Décorations étrangères

OPMM-cX.svg Ordre de l'Etoile de Moheli Officier ribbon.svg

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Durant son commandement, il est à l'origine de la création d'une équipe de cross-country au sein de la Légion[11] qui comprend notamment le caporal-chef Mohamed Ouaadi, futur vainqueur du marathon de Paris en 2000[12].

Références

  1. a et b Who's Who in France, Paris, J. Lafitte, , 32e éd., 1999 p. (ISBN 2-85784-037-3), p. 1433.
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t « Biographie de Piquemal Christian, Jean » [archive du ], sur fanion-vert-rouge.fr (consulté le 2 mai 2021).
  3. « Comines : la Légion d’honneur pour l’audioprothésiste Xavier Renard », sur LaVoixduNord.fr, (consulté le 29 avril 2021)
  4. Jean Mercier, L'Armée française et la Guyane, Matoury, Ibis rouge, coll. « Espace outre-mer », , 477 p. (ISBN 978-2-84450-350-3), p. 353.
  5. « Entretien avec le général Piquemal ◊ La Revue Item ◊ La tradition sans peur », sur revue-item.com, (consulté le 29 avril 2021)
  6. « Arrêté du 23 juin 1989 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre » [PDF], sur legifrance.gouv.fr, JORF, (consulté le 2 mai 2021), p. 7925.
  7. « Arrêté du 7 juin 1991 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre », sur legifrance.gouv.fr, JORF no 132, (consulté le 2 mai 2021).
  8. « Arrêté du 4 avril 1992 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre » (il y est mentionné à tort que Piquemal est "général de brigade de l'armée de l'air", alors qu'il est évidemment dans l'armée de terre), sur legifrance.gouv.fr, JORF no 82, p. 5120, (consulté le 2 mai 2021).
  9. « Arrêté du 31 juillet 1992 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre » (il s'agit de la notification de la fin des fonctions de Piquemal dans le cabinet militaire), sur legifrance.gouv.fr, JORF no 177, p. 10403, (consulté le 2 mai 2021).
  10. AFP, « Manifestation de Pegida à Calais : l'ex-commandant de la légion étrangère arrêté », sur Libération.fr, (consulté le 2 mai 2021).
  11. « La Légion étrangère au service du marathon. L'armée pourvoit le haut niveau des fondeurs tricolores », sur Libération.fr (consulté le 9 février 2016).
  12. « Le général Piquemal, de la Mitterrandie à la "défense de la France" face aux migrants », sur lefigaro.fr (consulté le 9 février 2016).
  13. « Qui est Christian Piquemal ? » [archive du ], sur lecercledesliberaux.com, (consulté le 2 mai 2021).
  14. « Historique de l'UNP » [archive du ], sur unp74.org, Union nationale des parachutistes, section Robert-Duret, Haute-Savoie (consulté le 2 mai 2021).
  15. « Par opposition à la première section, qui regroupe les officiers généraux en activité, en position de détachement, en non-activité et hors cadre », sur senat.fr.
  16. « Blog du Cercle des Citoyens-Patriotes », sur blog.cercle-citoyens-patriotes.
  17. a et b « Calais : trois mois de prison ferme pour un manifestant », Le Monde.fr, (consulté le 29 avril 2021).
  18. « Calais : une centaine de personnes présentes au rassemblement Pegida », sur LEFIGARO.fr (consulté le 29 avril 2021)
  19. « Une vingtaine de manifestants antimigrants interpellés à Calais », sur RTL.fr (consulté le 29 avril 2021)
  20. A. Del., O. P. et T. B., « Calais : une vingtaine d’interpellés, dont le général Piquemal, au cours du rassemblement anti-migrants de PEGIDA », sur lavoixdunord.fr, .
  21. « Calais : interpellation de l'ancien commandant de la Légion étrangère Christian Piquemal », sur lefigaro.fr, .
  22. « Communiqué du général d'armée (2s) DARY, président de l’Amicale des anciens légionnaires parachutistes (AALP) », sur asafrance.fr (consulté le 9 février 2016).
  23. a et b Solène Cordier, « Le général Piquemal, pourfendeur de « la décadence de la France » », sur LeMonde.fr, (consulté le 9 février 2016)
  24. a et b « Affaire Piquemal : l'armée, entre solidarité et légalisme », sur LEFIGARO.fr (consulté le 29 avril 2021)
  25. « Général Piquemal : "Je ne regrette absolument pas d'être allé à Calais" », sur europe1.fr (consulté le 23 février 2016).
  26. « Le général Piquemal relaxé », sur LEFIGARO.fr (consulté le 29 avril 2021)
  27. « La deuxième section ne libère pas l'expression » : « Les généraux de la deuxième section restent à la disposition du ministère de la Défense, et sont donc soumis à certaines obligations dont le devoir de réserve et de discrétion »
  28. « Le Drian demande la mise à la retraite du général Piquemal », sur bfmtv.com, .
  29. a b et c « Le général Piquemal radié des cadres de l'armée », sur lefigaro.fr, (consulté le 7 octobre 2016)
  30. « Conseil d'État, 7e et 2e chambres réunies, 22/09/2017, 404921. », sur legifrance.gouv.fr (consulté le 29 avril 2021).
  31. « Le Conseil d'État rejette le recours du général Piquemal, radié de l'armée. », sur france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france, (consulté le 29 avril 2021).
  32. « À propos », sur cnre.eu, Conseil national de la résistance européenne (consulté le 29 avril 2021)
  33. a et b « "Pour un retour de l'honneur de nos gouvernants" : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme », sur valeursactuelles.com, (consulté le 1er mai 2021) : « une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires ont signé un appel »
  34. « Lettre ouverte à nos gouvernants », sur place-armes.fr, Place d'armes, (consulté le 2 mai 2021)
  35. a et b « Tribune des militaires : 58% des Français soutiennent l'initiative des signataires », sur LCI.fr, (consulté le 2 mai 2021)
  36. « Tribune de militaires : les Insoumis demandent au procureur d'engager des poursuites », sur Europe1.fr, (consulté le 2 mai 2021)
  37. « Tribune de militaires : Florence Parly exige des sanctions », sur LePoint.fr, (consulté le 2 mai 2021)
  38. Henri Vernet, « Tribune de militaires : “Je souhaite la mise à la retraite des officiers signataires”, annonce le général Lecointre », sur leparisien.fr, (consulté le 29 avril 2021).
  39. « Le général Piquemal écrit au général Lecointre », sur place-armes.fr, Place d'Armes, (consulté le 3 mai 2021)
  40. « L'Heure des Pros du 30/04/2021 », sur CNEWS.fr, (consulté le 30 avril 2021) : « Voir la vidéo au point h 2 ».
  41. « Piquemal : une attaque odieuse contre le général Lecointre », sur lopinion.fr/blog, (consulté le 2 mai 2021)
  42. « Décret du 26 juin 1996 portant promotion et nomination », JORF no 150, p. 9747, .
  43. « Décret du 2 novembre 1999 portant promotion et nomination] », JORF no 255, p. 16384, .