Victor-Emmanuel III

Victor-Emmanuel III
Illustration.
Victor-Emmanuel III, roi d'Italie (vers 1930).
Titre
Roi d'Italie

(45 ans, 9 mois et 10 jours)
Président du Conseil Giuseppe Saracco
Giuseppe Zanardelli
Giovanni Giolitti
Alessandro Fortis
Sidney Sonnino
Luigi Luzzatti
Antonio Salandra
Paolo Boselli
Vittorio Emanuele Orlando
Francesco Saverio Nitti
Ivanoe Bonomi
Luigi Facta
Benito Mussolini
Pietro Badoglio
Ferruccio Parri
Alcide De Gasperi
Prédécesseur Humbert Ier
Successeur Humbert II
Empereur d'Éthiopie

(5 ans et 3 jours)
Prédécesseur Haïlé Sélassié Ier
Successeur Haïlé Sélassié Ier
Roi d'Albanie

(4 ans, 4 mois et 18 jours)
Prédécesseur Zog Ier
Successeur Mehdi Frashëri (président du conseil de régence)
Biographie
Dynastie Savoie
Nom de naissance Vittorio Emanuele di Savoia
Date de naissance
Lieu de naissance Naples (Italie)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Alexandrie (Égypte)
Sépulture Sanctuaire de Vicoforte
Père Humbert Ier
Mère Marguerite de Savoie
Conjoint Hélène de Monténégro
Enfants Yolande-Marguerite de Savoie
Mafalda de Savoie
Humbert II Red crown.png
Jeanne de Savoie
Marie-Françoise de Savoie

Signature de Victor-Emmanuel III

Victor-Emmanuel III
Monarques d'Italie

Victor-Emmanuel III (en italien Vittorio Emanuele III, Vittorio Emanuele Ferdinando Maria Gennaro di Savoia), est né le à Naples (Italie) et est mort à Alexandrie en (Égypte) le . Il est roi d'Italie entre le et le , empereur d’Éthiopie entre le et le , premier maréchal d'Empire à partir du et roi d'Albanie entre le et le . Il abdique le et est remplacé par son fils Humbert II peu avant la proclamation de la République. Il est le fils d'Humbert Ier et de Marguerite de Savoie, à la naissance il reçoit le titre de prince de Naples, dans l'intention évidente de souligner l'unité nationale, construite depuis peu.

Son long règne (45 ans) voit, outre les deux guerres mondiales, l'introduction du suffrage universel masculin (1912) et féminin (1945), des premières formes de protection sociales importante, le déclin et l'écroulement de l'État libéral (1900-1922), la naissance et l'écroulement de l'État fasciste (1925-1943), la composition de la question romaine (1929), la réunion des grandes frontières de l'Italie unie et les principales conquêtes en contexte coloniale (Libye et Éthiopie). Il est mort un peu plus d'un an et demi après la fin du Royaume d'Italie.

À la suite de la victoire de la Première Guerre mondiale il est appelé le « Roi soldat ».

Il joue un rôle fondamental dans l'affirmation du fascisme, dans la promulgation des lois raciales, dans les guerres coloniales et dans l'entrée en guerre durant la seconde guerre mondiale à laquelle suivit la fugue précipitée de la capitale après l'armistice de 1943 laissant l'armée et les civils à leur propre sort[non neutre]. En 1946, il tente de sauver la monarchie en abdiquant en faveur de son fils. En Italie 409 noms de lieux lui sont dédiés et sont distribués de manière inégale[1].

Biographie

Portrait par les frères d'Alessandri.
Portrait par Luigi Montabone.

Jeunesse et formation

Victor Emmanuel Ferdinand Marie Gennaro de Savoie, fils d'Humbert Ier et de Marguerite de Savoie, nait le à Naples, lieu choisi avec l'objectif de susciter un consensus dans le royaume des Bourbons. La grossesse ne fut pas facile, Marguerite faillit perdre l'enfant.

De santé plutôt fragile, Victor Emmanuel est de petite taille[2] et dépourvu de l'affection de ses parents qui, à douze ans, le confient aux soins du colonel Egidio Osio, lequel avait été attaché militaire de l'ambassade italienne à Berlin. Homme très dur, impérieux et habitué aux ordres, celui-ci donne au prince une éducation sur le modèle prussien du roi aux armées. Il semble qu'à peine installé, il aurait dit à son élève : « On rappelle au fils d'un roi, comme le fils d'un cordonnier, combien est il est un âne si il est âne. »[2] Certains précepteurs dirent que la sévérité d'Osio eut des effets nuisibles sur le caractère du futur souverain, le rendant encore plus anxieux et introverti[3].

Première année et éducation

Il a une éducation soignée qu'il complète par de longs voyages à l'étranger[4]. Elle comprend, entre autres, la fréquentation de la prestigieuse École militaire Nunziatella de Naples (1881-1884), puis l'École militaire de Modène (1884-1886) et enfin l'École de guerre (1886-1889) où il obtient le grade de sous-lieutenant d'infanterie en 1886[5]. Élevé au rang royal, il prend l'habitude de fréquenter les séances d'inauguration de l'Académie des Lyncéens ainsi que d'autres associations d’intérêt scientifique. Parmi toutes ses passions, dans le milieu culturel, émergent entre autres la numismatique[6], l’histoire et la géographie : sa connaissance dans ces domaines est reconnue à de hauts niveaux, jusque hors du royaume (il écrivit un traité sur la monnaie italienne, le Corpus Nummorum Italicorum). À plusieurs occasions, Victor Emmanuel est appelé, en vertu de sa profonde connaissance dans le secteur géographique, comme médiateur dans les traités de paix et les disputes de frontière. Il fut appelé comme arbitre pour la dispute territoriale de l'île de Clipperton, entre la France et le Mexique[7].

La disgrâce d'Osio

À l'âge de vingt ans, Victor Emmanuel commence une rapide carrière militaire. Pour le former au commandement, il est assigné au premier régiment d'infanterie « Roi » de Naples, où il reste pendant cinq ans (1889-1894). Tout d'abord en 1889 en tant que major d'infanterie. En 1890, il devient colonel, la même année il prend congé du colonel Osio, étant désormais majeur et ayant un grade égal à celui de son précepteur, avec lequel il maintint une correspondance presque journalière. Il obtient un avancement rapide comme général-major en 1892, puis lieutenant-général en 1894. Il est commandant de la division de Florence entre 1894 et 1897, puis commandant du 10e corps d'armée à Naples de 1897 à 1900 [5]. À Naples, il noue une amitié avec le prince Nicolas Brancaccio, qui réussit à vaincre la réticence et la timidité du jeune Victor Emmanuel, l'initiant à la vie nocturne napolitaine faite de théâtre peu « respectable » et logeant des actrices[2].

Pour le jeune prince, la période napoléonienne fut peut-être la plus heureuse de sa vie : il apprend à parler couramment le napolitain et a diverses amantes, dont la baronne Marie Barracco (il semble que de cette relation soit née une fille), même si sa préférence va pour les actrices et ballerines[8]. Dans son rôle de commandement, il montre une rigidité aboutissant à une maniaquerie telle que, alors qu'il écrit ses lettres à Osio, il devient une vraie bête noire pour ses soumis. Dans une lettre il écrit « Mon peloton d’élèves officiers a atteint le nombre de 104 élèves ; rapidement, ils furent 103 parce que j'en ai chassé un pour avoir volé un compagnon. Je suis convaincu de la nécessité de leur faire peur à leurs débuts. » Victor-Emmanuel présente des capacités d'officier et se montre pointilleux, bon connaisseur des matières militaires. Nommé général, il est critique envers la campagne d'Afrique entre 1895 et 1896[2].

L'unique personne probablement plus tatillonne avec lui était le général Joseph Ottolenghi de Sabbineta, qui ne perdait pas une occasion de faire un exemple sur des manques éventuels de forme. Cela donne à Victor Emmanuel la fantaisie de l'affubler de surnoms (d'origine juive) comme « Joseph l'Hébreu » ou « Pauvre Macchabée ». Il ne s'agissait pas d'antisémitisme, mais d'un petit dédain personnel envers son supérieur[8].

Un fait plus noté durant sa période de résidence à Naples est qu'il entre en conflit avec une personne du même grade qui, à l'époque, commandait le dixième régiment des Bersagliers. Ce colonel était Louis Cadorna et entre les deux naquit une défiance féroce qui dura toute leur vie et qui pourrait avoir eu des conséquences évidentes vingt ans plus tard, durant la Grande Guerre.

Mariage

Il interrompit la vie solitaire de caserne par des voyages qui achevèrent sa formation. Après des débuts pénibles en société, il connut, en 1888, les premières aventures galantes et, inévitablement, la cour (assistée notamment par François Crispi) entreprit de planifier un mariage. Face aux résistances du prince, on s'en abstint jusqu'en 1894. On cherchait, cependant, une princesse utile à la diplomatie à l'italienne. Le choix tomba sur Hélène de Monténégro, âgée de vingt-trois ans, pas très gracieuse, mais aux traits doux et gentils. À l'insu de Victor Emmanuel, on favorisa les occasions de rencontre et, grâce à leurs caractères proches, ils s'entendirent rapidement. Les accords entre les maisons furent simples et les fiançailles brèves. Hélène de Monténégro adjura le credo orthodoxe et, le , on célébra les noces. Suivirent des années heureuses pour Victor Emmanuel. Le couple partageait une affection sincère et une vie réservée et presque frugale. Leurs passions communes étaient la photographie, la pêche, la vie à la campagne et les voyages en mer. Les enfants arrivèrent tard mais nombreux : Yolande Marguerite en 1901, Mafalda en 1902, Humbert II en 1904, Jeanne en 1907 et Marie Françoise en 1914. Durant ces années, Victor Emmanuel pensa à renoncer au trône en faveur d'une carrière académique[9].

Accession au trône

Le régicide change tout, quand Humbert I est assassiné le . Victor Emmanuel et Hélène sont en croisière en Grèce à bord de leur yacht Yela. Ils rejoignent Reggio di Calabria puis Monza. Victor Emmanuel commence à « se consacrer à chaque emploi de roi »[10] aux institutions et à la monarchie. Giuseppe Saracco est à peine sorti de la chambre ardente du roi défunt quand Victor Emmanuel le convoque dans son bureau. Sans lui donner le temps de présenter ses condoléances, le nouveau roi montre les papiers qui s'amoncellent sur sa table, les décrets sur lesquels son père n'a pas eu le temps de se pencher, mais qui, selon lui, sont peu en accord avec la Constitution. Giuseppe Saracco répond que la valeur de la Constitution n'est pas la compétence du roi, qui doit se limiter à signer comme il l'a fait depuis toujours. Le jeune roi répond « le roi veut signer ses erreurs, éventuellement, non celles des autres »[11]. Saracco qui, en outre, passe pour un grand expert du droit, se sent offensé et offre séance tenante sa démission. Le prince fait semblant de ne pas écouter, mais insiste pour que les décrets lui soient donnés en lecture avant toute signature. Après quoi, il explique au président comment il conçoit ses devoirs et ceux des autres. « Je n'ai pas la prétention de remédier avec la force du soleil aux difficultés présentes. Mais je suis convaincu que ces choses ont une unique cause. En Italie, peu de personnes accomplissent exactement leur devoir : il y a trop de mollesse et de relâchement. Il faut que chacun, sans exception, observe exactement ses devoirs ; je servirai d'exemple, en remplissant tous mes devoirs. Les ministres m'aideront, en ne caressant pas de vaines illusions, en ne promettant pas combien je suis certain de pouvoir maintenir. »

Le , quelques jours après le régicide, dans son premier discours à la nation, le nouveau roi liste les fondements de sa vision politique.

Le il jure fidélité au statuts dans la salle du Sénat, devant le président Giuseppe Saracco et les deux chambres du Parlement disposées à ses côtés. Dans son discours, écrit de sa main, le nouveau roi expose une politique conciliante et parlementaire :

« Monarchie et Parlement procèdent solidairement dans cette œuvre salutaire »

— Victor-Emmanuel III, Discours à l’occasion de sa prestation de serment, le 11 août 1900

Après le couronnement, le nouveau roi commande à Guido Cirilli le projet et la construction d'une chapelle commémorative pour son père assassiné. En faisant cela, le roi Victor Emmanuel III fait détruire le siège de la Société Ginnastica Monzese Forti et Liberi di Monza et la fait reconstruire de l'autre côte du boulevard Cesare Battisti de Monza.

Enfin, la réconciliation nationale veut que le souverain prenne acte avec le décret du royaume , no 366, dans lequel le roi accorde l’amnistie pour les délits de presse et pour ceux contre la liberté de travail, et remette la moitié des peines infligées pour les mouvements populaires de 1898[12]. En 1901, est imprimée la première série de timbres qui inaugura les impressions philatéliques de son royaume, comme la série dite « Série Floreale » et amenait intrinsèquement la nouveauté d'utiliser le nouveau style dit Liberty, qui, dans les années à venir, est italianisé en Floreale.

Politique extérieure : entre Triplice et nouveaux accords

Selon la tradition savoyarde et dans le respect des prérogatives du statut, Victor Emmanuel III exerce une action considérable dans le domaine de la politique externe et militaire[10]. Salué par de nombreux observateurs comme « anti-Triple Alliance », se maintenant dans le sillon de la Triple Alliance, il soutient le rapprochement avec les autres puissances contre lesquelles elle aurait potentiellement pu être construite, la Russie qui entrave les projets d'expansion autrichienne et la France dont les allemands craignent le désir de revanche, et est exclu de l'alliance.

Rapprochement avec la France

La normalisation des rapports avec la République française a commencé quelques années avant l'accession au trône de Victor Emmanuel, avec la signature des trois conventions entre l'Italie et la Tunisie le et ensuite avec l'accord commercial franco-italien le , qui met fin à la guerre douanière entre les deux puissances. En , avec la conclusion d'un accord Victor Emmanuel et Emilio Visconti Venosta-Barrere, le gouvernement obtient une première reconnaissance française de son intérêt pour la Cyrénaïque tripolitaine. L'accord a pour effet de vider la Triple Alliance d'une partie de son contenue, lié au contraste franco-italien en Méditerranée.

L'accord est renforcé en juillet 1902 par les accords de Prinetti-Barrère qui engage les deux puissances à maintenir neutres en cas de conflit avec d'autres puissances. Le rapprochement franco-italien est scellé par la voyage à Paris de Victor Emmanuel, qui reçoit la Légion d'honneur, remise par le président Emile Loubet, en octobre 1903[5], un voyage réciproque à Rome a lieu en 1904.

La politique exterieure italienne désignait ainsi un système qui aurait rendu moins rigide la division entre les « blocs de puissances », qui aurait amené à la déflagration du conflit mondiale. Dans ce contexte, s'explique le comportement italien pendant la Conférence d'Algésiras au Maroc en 1906, où le représentant italien, Visconti Venota, fut désigné pour ne pas appuyer l'Allemagne de Guillaume II.

Russie et Balkans

L'établissement de bons rapports avec la Russie, dont la manifestation la plus évidente de rapprochement a été, à l'époque d'Humbert, le mariage de Victor Emmanuel avec Hélène de Monténégro, est le complément nécessaire des directrices de politique externe dans l'aire balkaniques. Le statu quo dans lequel la Triple Entente s'engage, au moins formellement, à se maintenir, est menacée par la crise sans fin de l'Empire ottoman, et par les appétits concurrents autrichiens et russes, parmi lesquels l'Italie souhaite s'insérer en cherchant de limiter les tentatives d'alliance des Habsbourg, vouées à changer la situation à son avantage, en violation de l'article VIII du traité. L'Italie regarde vers les Balkans, comme une aire d'influence potentielle pour son économie. Devant les visées expansionniste de la Serbie, Victor Emmanuel se fait médiateur pour la création d'un état tampon, qui interdirait à Pierre I le blocage de l'Albanie sur l'Adriatique. Le comportement autrichien, qui en 1908 a annexé sans préavis la Bosnie-Herzégovine, suscitant des fortes protestation dans la partie serbe et russe, outre celle italienne, amène le gouvernement italien à passer accord avec la Russie. Le , est signé entre les deux puissance le traité de Racconigi qui, dans la partie russe, met fin à la politique des accords exclusifs avec l'Autriche sur les Balkans, pour lesquels on présente l'actualisation du principe de nationalité et une action diplomatique commune des deux puissances. Dans ce sens, en outre, la Russie reconnaît l’intérêt italien pour la Cyrénaïque tripolitaine.

Arbitrages internationaux de l'affaire de Clipperton

Les bons rapports traditionnels avec le Royaume-Uni et l'estime dans le contexte international du roi d'Italie sont confirmés par le choix de Victor Emmanuel comme arbitre pour stabiliser les frontières entre le Brésil et la Guyane britannique en 1903-1904 et pour les frontières Barotseland entre le Portugal et la Grande-Bretagne en 1905. Même la France et le Mexique ont recours en 1909 à l'arbitrage de Victor Emmanuel III pour définir les possession de l'île de Clipperton[13].

Institution internationale pour l'agriculture

« Un tel Institut, organe de solidarité entre tous les agriculteurs est donc un élément puissant de paix »

— Victor-Emmanuel III, Message à Giolitti, 1905

Systématiquement, avec sa propre pensée humanitaire, en 1905, accueillant la proposition de David Lublin, Victor Emmanuel III fait personnellement la promotion au niveau international de la fondation de l'Institut international d'agriculture, qui par la suite évolue dans l'après-guerre vers la FAO, avec pour objectif d'éliminer la faim dans le monde.

L'organisme est financé au préalable à travers les contributions des États adhérents, d'un minimum de 12 500 lires lires jusqu’à un maximum de 200 000 lires. Victor Emmanuel III, accoutumé à soutenir beaucoup d'institutions scientifiques et caritatives avec ses propres deniers, participe avec la somme annuelle de 300 000 lires, à quoi s'ajoute le loyer de l'immeuble devant servir de siège à l'institution[14].

Politique intérieure : ouverture à gauche et paix sociale

« Il convient maintenant de poursuivre, avec une détermination prudente, sur la stratégie que la justice sociale recommande [...] au regard des classes ouvrières. Ils sont heureux d’amener à la civilisation nouvelle l’honneur du travail, le contraire des compensations équitables, de la protection prémonitoire, l’élévation du sort des oubliés de la fortune. Si le gouvernement et le Parlement assurent, tout aussi rapidement, les droits de toutes les classes, ils font des mémorandums de justice et de paix sociale. »

— Disccorso della Corona, 20 février 1902

L'œuvre de Victor Emmanuel III en politique interne concerne en premier temps la réalisation de la paix sociale, à travers une législation vouée à dépasser « le contraste ardent entre capital et travail »[15]. La paix sociale et la nécessité d'œuvrer avec équité entre les classes sociales sont, en effet, des thèmes récurrents des discours de la Couronne, normalement rédigés par le roi.

Dans la vision politique du souverain, un point clé pour la réalisation de la paix désirée était dans la vision politique du souverain, le point fondamental pour atteindre la paix sociale souhaitée était « d’atteindre une condition intellectuelle, morale et économique plus élevée des classes populaires »[15], en particulier en assurant un devoir complet d'instruction pour tous les citoyens.

Les lois promulguées entre 1900 et 1921, dans le contexte de la législation sociale voulue par Victor Emmanuel III, concernent la tutelle juridique des émigrants (1901), la tutelle du travail des femmes et des mineurs (1902), les mesures contre la malaria (1902), la création de l'agence du travail (1902), les logements sociaux (1903), les accidents du travail (1904), l'obligation du repos hebdomadaire (1907) l'institution de la Caisse nationale de la sécurité sociale (1907), la mutuelle scolaire et l’institution de la Caisse nationale pour la maternité (1910), l'assistance en faveur des victimes du chômage involontaire (1917)[16]. Toujours en 1917, fut institué l'Œuvre nationale combattante.

Étant donné l’intérêt que Victor Emmanuel III avait pour la question sociale, certains contemporain le dépeignent comme « Roi socialiste » [17]. Attentif aux exigences du progrès du pays, en 1908, à la veille de la Grande Guerre, l'Italie étant devenue la septième puissance industrielle du monde, il acquiert le statut de président honoraire de la Société italienne pour le progrès des sciences, fondée en 1839. Il contribue financièrement à la fondation à Milan de la première « Clinique de la médecine du travail » d'Europe et une des premières institutions pour l'étude et le traitement du cancer.

Attentats

Le , le maçon romain Antonio d'Alba, un anarchiste, tire deux coups de pistolet contre le roi, mais sans y réussir[18]. Quelques heures après l'attentat raté, Victor Emmanuel reçoit la visite des socialistes romains Ivanoe Bonomi, Leonida Bissolati et Angiolo Cabrini qui se réjouissent avec le roi. Ce geste donne ensuite un prétexte à la majorité du PSI pour expulser les trois réformistes coupables d'avoir appuyé le quatrième gouvernement Gioillitti dans la guerre contre la Turquie. Parmi les socialistes, le plus intransigeant reste Benito Mussolini, qui accuse les réformistes de connivence en disant« troupeau clergé-nationaliste-monarchique » , déclarant « Soit avec le Quirinale, soit avec le socialisme ! »[8]

Le , alors qu'il inaugure la VIIIe édition de la Foire de Milan, Victor Emmanuel est la cible d'un attentat sanguinaire à la dynamite : une bombe explose entre la foule rassemblée en attendant de voir le roi et tue vingt personnes dont des femmes, enfants et des militaires présents. Le roi n'est toutefois pas touché. Les républicains Ugo la Malfa, Lelio Basso et Leone Cattani[8] sont arrêtés. Mario Giampaoli, secrétaire du Fascio de combattant de Milan, est accusé de manière infondée, mais est impliqué quelques mois plus tard dans le scandale Belloni[19],[20]

En 1941, durant un voyage en Albanie, le roi est la cible d'un troisième attentat. Un jeune, Vasil Laci Mihailloff, tire cinq fois, mais aucun des coups de feu n'atteint le roi. Victor Emmanuel III, impassible, commente « Tirez bien sur ce garçon »[8].

Rapports entre l'État et l'Église

Dans la politique ecclésiastique, Victor Emmanuel se montre peu disposé aux ouvertures vers les prétentions politiques de l'Église catholique : la signature, en 1929, des Accords du Latran se réalise davantage par le truchement de Benito Mussolini que grâce au monarque, qui aurait fait échouer une tentative précédente de Victor Emmanuel Orlando dans l'immédiate après-guerre. Dans cette première période, et dans le plus grand respect des institutions ecclésiastiques et de la foi de la sa maison et des italiens, le roi cherche à préserver le système de séparation entre l'État et l'Église, sans réussir par la voie concordataire ou par un pacte à maintenir les rapports coupés par la prise de Rome et les campagnes du Risorgimento.

Dans la vie privée, Victor Emmanuel est assez différent de ses prédécesseurs en ce qui concerne les rapports avec l'Église. Son arrière-grand-père Charles Albert était fortement religieux. Son grand-père Victor Emmanuel II était un incrédule qui toutefois mettait de côté une crainte superstitieuse pour l'Église. Son père Humbert était au contraire un agnostique observant, qui allait à l'église pour se montrer en exemple à ses sujets et non par conviction personnelle, mais en même temps avait un profond respect pour la hiérarchie. Victor Emmanuel demeure au contraire un sceptique ni croyant ni pratiquant. Dans sa jeunesse, il a pratiqué des lectures positives ou positiviste, comme Auguste Comte, John Stuart Mill ou Roberto Ardigò  (1828-1920). Toutefois, plus que laïque, il demeure un gibelin, profondément conscient de son propre rôle comme de celui que l'Église a eu dans l'histoire de son pays, et donc il s'en méfie[21].

Victor Emmanuel, en effet, considère que la question romaine est résolue avec la loi des Garanties (1871), qui assure la pleine autonomie au pontife, auquel sont reconnus les droits de légation active et passive, et dont la personne s'équilibre, par certains aspects, particulièrement de manière légale, avec celle du roi[22].

Un haut niveau de tensions dans les rapports entre l'État et l'Église est provoqué par le voyage en 1904 du président Émile Loubet auprès de Victor Emmanuel : le Saint-Siège proteste contre le fait qu'un chef d'État catholique en voyage à Rome a rendu hommage au Roi d'Italie avant le Pape. L'incident produit en France le renforcement des positions anticléricales et la rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

Guerre de Libye

Le voyage du tsar Nicolas en amène, entre autres, la reconnaissance de l'influence italienne sur les régions africaines qui bordent la mer Méditerranée et, plus spécifiquement, sur l'aire libyenne. À partir de là, s'entrevoit le début de l'entreprise militaire en Tripolitaine et en Cyrénaïque, dès 1911. Afin de soutenir la répartition des sphères d'influence dans la mer Méditerranée africaine entre la France et l'Italie à la suite des crises marocaines, Victor Emmanuel s'aligne sur Paris, reconnaissant, à sa manière, la priorité française dans l'aire la plus occidentale du Sahara.

L'initiative coloniale italienne est, toutefois, déjà plus active sur le continent africain. Elle occupe déjà l’Érythrée, alors que la Somalie est colonie depuis 1907, mais leurs positions, sur la Corne d'Afrique, les rendent éloignées et, dans tous les cas, leur configuration territoriale et l'insignifiance de leur plan stratégique ne rehaussent pas l'état de la politique coloniale africaine. L'Italie est avant tout centrée sur la Méditerranée et la dernière terre encore non placée sous la domination d'une quelconque puissance européenne est la Libye.

Le gouvernement italien agit avec prudence : la Cyrénaïque et la Tripolitaine sont placés sous le contrôle de l'Empire ottoman, miné par un cancer interne qui en fait une entité presque moribonde. Mais dans tous les cas, une chose ne doit pas être négligée : la révolte de Giovanni Turchi sert de rampe de lancement pour l'opération militaire.

Le , commence le débarquement italien en Libye, annexée, selon un décret royal, le , sans considérer la grande faiblesse de l'occupation, qui souffre d'une armée encore arriérée et la résistance active des chefs tribaux des aires intérieures. Cependant, à l'occasion de la Première Guerre mondiale imminente, la Libye ne tarde pas à reprendre, contre l'armée italienne toute employée sur d'autres fronts, une autonomie presque totale. Dans le contexte de la guerre turco-italienne, sont aussi annexées, en 1912, les îles du Dodécanèse. Avec la paix de Lausanne, le , l'Empire ottoman reconnaît à l'Italie la possession de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque. Le roi, pour défendre les intérêts italiens en Afrique du Nord, aurait préféré la voie diplomatique, mais se résout à l'action belliqueuse devant le soulèvement des forces nationalistes et tendances belligérantes qu’il ne peut ignorer.

Première Guerre mondiale

Bref séjour bref à Monteaperta (près de l'hôpital militaire du Grand Monte)
Victor-Emmanuel III et Albert Ier (roi des Belges)
Victor-Emmanuel III, vers 1915

La guerre contre l’Autriche-Hongrie, sous la haute direction de S.M. le Roi, chef suprême de l’armée italienne, inférieure en nombre et en moyens, débute officiellement le 24 mai 1915. Durant la première guerre mondiale, Victor Emmanuel soutient la position initialement neutre de l'Italie. Beaucoup moins favorable aux chefs de la Triple Alliance (dont l'Italie fait alors partie avec l'Allemagne et l'Empire austro-hongrois) et hostile à l'Autriche, il promeut la cause de l'irrédentisme du Trentin et de la Vénétie julienne. Les avantages offerts par l'Entente (formalisés dans le Pacte de Londres et stipulés en secret, à l'insu du parlement) amènent Victor Emmanuel à appuyer l'abandon de la Triple Alliance (), et à combattre aux côtés de la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne et Russie).

Début mai, l'action prônant la neutralité de Giovanni Giolitti, avec la diffusion d'informations concernant les concessions territoriales de la part des Autrichiens, déclenche une crise parlementaire. Le , Antonio Salandra rend au roi son mandat : le Corriere della Sera écrit : « M. Giolitti et ses amis triomphent. Plus encore triomphe le Prince de Bülow. Il a réussi à faire tomber le ministère qui menait le pays à la guerre ». Et le Messagiero : « Salandra donne un jeu gagnant aux organisateurs de l'embuscade maléfique, et se rend aux mauvais arts diplomatiques du prince de Bülow ».

Giolliti est convoqué en conséquence par le roi, pour former le nouveau gouvernement. Ainsi informé des nouveaux engagements pris avec la Triple Alliance, il décide de refuser la charge, tout comme d'autres politiques également convoqués par la suite.

Le , Victor Emmanuel repousse officiellement la démission de Salandra. Les 20 et , à la très grande majorité, les deux parties du Parlement votent en faveur des pouvoirs extraordinaires du souverain et du gouvernement en cas d'hostilité. Le , l'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie.

Dès le début des hostilités sur le front italien (), Victor Emmanuel est constamment présent sur le front, gagnat le surnom de « Roi soldat ». Durant les opérations de guerre, il confie la lieutenance du royaume à son oncle Thomas, duc de Gênes. Il n'établit pas le siège du quartier général à Udine, mais dans une ville voisine, Torreano di Martignacco, près de la « Villa Linussa » (désormais appelée « Villa Italia ») avec une petite suite d'officiels et de gentilhommes.

Chaque matin, suivi par les aides de camp, Victor Emmanuel se rend en voiture pour inspecter le front ou les arrières. Le soir, au retour, un officiel de l'état-major informe de la situation militaire le roi, qui exprime ensuite ses avis, sans jamais dépasser les tâches du commandant suprême. Il se rend en France et accompagne Albert Ier (roi des Belges), dans les casernes et bases militaires. Les deux monarques envisagent également le mariage de leurs enfants, le prince héritier Humbert et la princesse Marie-José de Belgique, au grand dam de l'ex-reine, Marie des Deux-Siciles, grand-tante de la princesse dont les états ont été annexés en 1860 par l'arrière-grand-père du prince italien.

Après la bataille de Caporetto, par décision fixée entre les gouvernements de l'Alliance durant la conférence de Rapallo, le général Luigi Cadorna est remplacé par le général Armando Diaz. Le , au congrès de Peschiera , il expose sans interprète une analyse ponctuelle de la situation militaire difficile en confirmant sa confiance dans la réorganisation de l'armée. Il suit les décisions du gouvernement Orlando et les ratifie. Le Conseil des Ministres souhaite décerner au roi la Médaille d'or de la Valeur militaire, mais le souverain le refuse : « Je n’ai conquis aucune position difficile, gagné aucune bataille, coulé aucun cuirassé, accompli aucun exploit de guerre aérienne ». La victoire italienne donne à l'Italie les territoires du Trentin et du Haut Adige (avec Trente), de la Vénétie Julienne, de Zadar et certaines îles dalmates (dont celle de Lagosovo).

« [La guerre] menée avec une foi inébranlable et une ténacité valeureuse, pendant 41 mois est gagnée »

— Bulletin de la Victoire, 4 novembre 1918

Victor Emmanuel, entre 1914 et 1918, a aussi reçu environ 400 lettres menaçantes, au caractère essentiellement anti-guerre, de la part d'individus de tout extraction sociale, surtout basse et semi-alphabète. Ce courrier est conservé dans les Archives centrales de l'État dans trois fonds, numérisés et de domaine public[23], en étant de grand intérêt historique et linguistique[24].

Au début de la première guerre mondiale, l'Italie se déclare neutre. Elle le reste jusqu'à ce que le Premier Ministre Antonio Salandra et le Ministre des Affaires Etrangères Sidney Sonnino, fortement soutenus par le roi, durant des tractations secrètes, se lient aux intentions du Pacte de Londres (). Après les mois difficiles des crises internationales, la préoccupation guerrière est utile au roi, perturbé par un des rares moments de tension avec la reine Hélène de Monténégro. Le roi se rend visite aux troupes, photographie et note avec obstination chaque détail, synthétisant les lacunes de l'armée et du commandement. La résolution positive du conflit crée le mythe du « roi victorieux » convaincu « d'avoir conclu le cycle des guerres risorgimentali et d'avoir donné un nouvel éclat ou une plus grande sûreté à la courone » (Bertoldi, 1970, p. 278)[11].

De l'après première-guerre mondiale au premier Gouvernement Mussolini

En raison de la crise économique et politique, suite à la guerre, l'Italie connaît une agitation sociale durable et difficile à contrôler. Dans le pays se diffuse la crainte d'une révolution communiste, semblable à celle en cours en Russie, et en même temps les classes dirigeantes craignaient d'être submergées par les idées socialistes. Ces conditions historiques mènent à l'affirmation de mouvements politiques antidémocratiques et antilibéraux.

Le mouvement Faisceaux italiens de combat est créé en 1919 par le directeur de Avanti!, Benito Mussolini. Dès 1921, l'utilisation d'escouades d'action , plus tard intégrées dans la Milice volontaire pour la sécurité nationale (1923), permet de durcir la situation. Fin , Mussolini, élu à la Chambre, révèle son plan de prise du pouvoir. Le commencent les premiers mouvements d'occupation des préfectures et des casernes, en Italie du Nord. Victor Emmanuel se précipite à Rome à San Rossore et communique au premier ministre Luigi Facta son intention de décider personnellement sur la crise en action.

Les événements consécutifs restent très confus. Facta a au moins deux rencontres avec le souverain, à la gare de Rome puis dans sa Villa Savoie, au cours desquelles le roi aurait dit au Ministre qu'il refusait de délibérer « sous la menace des mousquets fascistes » pour demander ensuite au Gouvernement de prendre toutes les prédispositions nécessaires et puis lui soumettre pour obtenir son approbation. Quelles que soient les versions assez discordantes (dont une où Facta aurait menacé de démissionner, persuadé d'un bluff mussolinien), le roi va dormir, sauf à être réveillé au cœur de la nuit par ses collaborateurs pour l'informer des avancées fascistes, dont l'invasion des colonnes de chemises noires de la Milice volontaire pour la sécurité nationale à Rome.

À 6 heures du matin, le , Facta réunit le Conseil des ministres, qui délibère, sur l'insistance précises du général Cittadini, premier aide de camp du Roi, et décide le recours à l'état de siège pour bloquer la marche sur Rome. À 9 heures, Facta va chez le Roi au Quirinal pour la contre-signature, et reçoit le refus du monarque de souscrire à l'acte. Quand Victor Emmanuel voit l'ébauche de sa proclamation, il se met en colère, déchire le texte des mains de Facta, et dans un élan de colère dit au Ministre : « Ces décisions ne relèvent que de moi. Après l’état de siège, il n’y a que la guerre civile. Maintenant, il faut que l’un de nous se sacrifie ». Facta aurait répondu : « Votre Majesté n’a pas besoin de dire à qui elle touche », avant de prendre congé [25]

Ce brusque changement de position n'a pas encore été clarifié par l'historiographie. Renzo De Felice, l'historien principal du fascisme, ébauche une liste de motifs possibles qui aurait induit le roi à éviter l'affrontement avec le fascisme :

  • la faiblesse du gouvernement Facta,
  • ses craintes pour les attitudes philo-fascistes du Duc d'Aoste,
  • les incertitudes des sommets militaires,
  • la crainte d'une guerre civile.

Selon Mauro Canali[26] il faut ajouter un autre, reconductible à la personnalité du roi, c'est-à-dire à sa placidité supposée qu'il l'induit à ne pas défier sur le terrain militaire la déchirure fasciste. "Ses préoccupations ajouta Canali étaient absolument hors de propos, donné l'équilibre des forces en camp". En effet les forces de l'armée stationnée à Rome était très supérieure celle des fascistes, 28 000 hommes contre quelques milliers, et mieux équipés. Sur cette donnée concordent tous les historiens, mais ils doivent considérer les "incertitudes" mentionnées des sommets militaires, les pressions de la classe dirigeante, la volonté d'éviter le détérioration de la crise interne.

En conséquence de la décision du roi, Facta présenta sa démissions, tout de suite accueilli par le Souverain. le , Victor Emmanuel, consultât les plus exposant de la classe dirigeante politique libérale (Giollitti, Salandra) et militaire (Diaz, Thaon di Revel), après l'échec du parti de Mussolini d'un cabinet possible Salandra Mussolini, avec l'intention de faire rentrer le mouvement fasciste dans l'alvéole parlementaire constitutionnelle et de favoriser la pacification sociale, confia au chef du fascisme Benito Mussolini, député en 1921, la charge de former un nouveau gouvernement.

Mussolini, s'adressa au Parlement avec un ton menaçant ("Avrei potuto fare di quest'aula sorda e grigia un bivacco di manipoli..."), reçut une large confiance du Parlement, obtenant à la Chambre 316 voix en faveur, 116 contre et 7 abstentions.Rappelons les voies favorables de Giovanni Giollitti, de Benedetto Croce, ensuite le plus grand représentant de l'antifascisme libéral, et d Alcide De Gasperi[25], puis père de la république italienne, alors que Francesco Saverio Nitti quitta la salle en signe de protestation[26]. Le Gouvernement, composé de quatorze ministres et seize ministères, avec Mussolini chef du Gouvernement et ministre par intérim de l'Intérieur , était formé par des nationalistes, libéraux et populaires , dont le futur président de la république Giovanni Gronchi, sous secrétaire à l'industrie.

Dans la première composition du gouvernement Mussolini, son partit était représenté par deux ministres, ainsi aussi De Gasperi, le 16 novembre 1922, il vola la confiance. Déjà en avril 1923 toutefois, les ministres de Mussolini en sortirent sous l'impulsion de leur secrétaire Sturzo. le 10 juillet 1923, ayant perdu l'appui de la hiérarchie vaticane pour son antifascisme, Sturzo démissionna en tant que secrétaire[27]. Le 15 juillet, Alcide de Gaspari, en tant que chef du groupe, tint un discours à la Chambre des Députés en exprimant sa position vers la loi Acerbo et tentant de trouver un compromis entre les deux cotés du partit[28],[29]. Le 20 mai 1924, il embaucha la secrétaire du Partit Populaire en portant le parti sur une position d'opposition au fascisme, en tentant de le faire adhéré au bloc à la sécession aventine. Il maintient la charge de secrétaire jusqu'au 14 décembre 1925, le 9 novembre 1926, après l'approbation des lois exceptionnelles du fascisme, le partit fut totalement dissout par le régime.

Désormais isolé et dans l'impossibilité de faire de la politique, De Gasperi fut arrêté par la police à la gare de Florence le 11 mars 1927, en compagnie de son épouse, en possession d'un passeport périmé et de faux documents, alors qu'il se rendait en train à Trieste. Il fut arrêté en tant qu'expatrié clandestin pour motifs politique, punissable au sens du premier article du nouveau Texte Unique pour des Lois pour la Sûreté Publique(1926), avec une amende non inférieur à 20 000 Lire et la réclusion non inférieur à trois ans. De Gasperi admis d'avoir été expatrié pour des motifs politique, mais nia d'être en connaissance de la possession de documents faux, indiquant qu'ils avaient mis sur lui par des inconnus. Durant le procès, l'avocat de De Gasperi soutint que la tentative d'expatrié était motif de la nécessité de fuir à la colère des partisans du fascisme et, pourtant, non punissable aux sens de l'art. 49 du Code Zanardelli, qui disciplinait l'écrémage du danger imminent. Le tribunal reconnut le motif politique et condamna De Gasperi à quatre ans de réclusion, puis réduit à la moitié avec recours en Cassation et une amende de 20 000 lire. De Gasperi fut gracié en 1928 mais resta en surveillance spéciale depuis ce moment.

Selon De Felice, « sans le compromis avec la monarchie, il est très peu probable que le fascisme ait jamais pu vraiment arriver au pouvoir. »

État fasciste (1925-1943)

En sont organisées de nouvelles élections, elles se déroulèrent entre de graves irrégularité. Le député socialiste Giacomo Matteotti, qui avait dénoncé cette irrégularité, fut enlevé le et trouvé mort le . Ce fait secoua le monde politique et ouvrit un semestre de fortes crises internes, résolu enfin le quand Benito Mussolini, renforcé sur le plan international par la rencontre récente avec Neville Chamberlain[30], revendiqua la responsabilité non matériel de ce qui est arrivé, ("Se il fascismo è stato un'associazione a delinquere, io sono il capo di questa associazione a delinquere[31]!"), indiquant au parlement la procédure de mise en état d'accusation conformément à l'article 47 de la Constitution. La Chambre, où l'opposition était brisée par de multiple courants et incapable de se mettre d'accord sur des stratégies divisées, ne procéda et Mussolini commença, par voie parlementaire, à la transformation au sens autoritaire et totalitaire[32] de l'État.

Le Roi, qui jusque là avait conservé le contrôle de l'armée, ne s'opposa pas. Du reste, le Parlement, où la Chambre pour seulement sept siège inscrit au Partit National Fasciste avait la majorité absolue, affaiblie par la sécession de l'Aventin, n'avait pas fourni un prétexte juridique pour demander la démission de Mussolini ni élaboré une campagne crédible de gouvernement alternatif. Ni le choix extraparlementaire à l'opposition avait réussit à mobilier les masses; Le Roi resta ainsi dans l'attente d'une initiative parlementaire dans le respect des règles institutionnelles[33].

Quand le sénateur Campello présenta à Victor Emmanuel les essais de la responsabilité du président du Conseil des ministres dans le délit Matteotti, le Roi aurait répondu[34]:« Je suis aveugle et sourd. Mes yeux et mes oreilles sont la Chambre et le Sénat. ».

Francesco Saverio Nitti, durant son exil du à ses intimidations fasciste, commença une lettre au monarque dans lequel il lui adressa des accusations d'ignare connivence avec Mussolini et l'exhorta à prendre des mesures contre le régime[35]. Le commença à être publié dans le Mondo et puis dans d'autres journaux les mémoires de l'escadrille Cesare Rossi, dans laquelle Mussolini était de manière documentée indiqué comme commettant des nombreux actes de violence politique avant le délit Mattettotti et, au moins de manière implicite, à ce dernier. Mais néanmoins ces révélations conduisirent le Roi à renvoyer Mussolini, lequel selon la procédure aurait du passer devant le Parlement en état d'accusation.

Par ailleurs grâce aux lois électorales Acerbo et aux trucages dénoncés par Mattettotti, les fascistes avaient, seulement sept sièges, la majorité parlementaire absolue. Le recours manqué à l'article 47 ne témoignait, ainsi, l'innocence de Mussolini mais plutôt son contrôle au Parlement[36]. Dans les jours suivants, pendant , furent fermés 35 cercles politiques d'opposition, dissous 25 organisations définies "subversives", arrêtés 111 opposants et exécutés 655 persécutions aux domiciles[34].

En , le Roi signa les ainsi dites Lois fascistes avec lesquels furent dissous tous les partis politiques (sauf celui du Parti Nationaliste Fasciste), et instauré la censure de la presse. Avec la loi du fut modifié la Constitution[34], en attribuant au Chef du Gouvernement, responsable seulement devant le Roi, la nomma et la révoqua des ministres, en 1926, le Roi autorisa la naissance du Tribunal Spéciale pour la défense de l'État, qui soustrayait à la magistrature ordinaire toutes les infractions politiques, et la formation de la police politique secrète (OVRA). Fut institué la relégation de police pour les opposants. Les rapports successifs avec le Duce furent caractérisés par des scènes privées agitées, dans lesquels le Roi défendait ses propres prérogatives, inquiet par sauver une légalité formelle et rigoureuse silence public.

Accords du Latran (1929)

Victor Emmanuel était anti-clérical , en étant très aigrie par le refus de l'Église Catholique de reconnaître Rome comme étant la capitale de l'Italie, mais il réalisa qu'aussi longtemps que l'Église Catholique resterait opposé à l'état italien, que beaucoup d'italiens continuerait à regarder l'état italien comme illégitime et qu'un traité avec le Vatican serait nécessaire[37]. Cependant, quand le premier ministre Victor Emmanuel Orlando s'occupa d'ouvrir des négociations avec le Vatican en 1919, il était bloqué par le roi qui était furieux , à ce point, qu'une Église Catholique ait maintenu une neutralité pro-autrichienne durant la Première Guerre Mondiale[37]. À part la défense du Saint Suaire de Turin, qui appartenait à la Maison de Savoie, le roi avait peut d’intérêt pour la religion[37].En privé, Victor Emmanuel regardait l'Église Catholique avec un regard amer, faisant des remarque sur des ecclésiastiques seniors comme étant des hypocrites avides, cyniques et obsédé par le sexe qui prenaient avantage de la croyance dévote des italiens ordinaires.

En 1926, le roi permit à Mussolini de faire ce qu'Orlando prévoyait en 1919, en donnant la permission d'ouvrir des négociations avec le Vatican et finir la "Question Romaine". En 1929, Mussolini, au nom du Roi, signa le Concordat. Ce traité était un des trois agréments signé cette année entre le Royaume d'Italie et le Saint Siège. Le 7 juin 1929, le Concordat était ratifié et la "Question Romaine" était scellée.

Sommet du consensus au régime fasciste, Empereur d’Éthiopie et roi d'Albanie

La nouvelle de la fin de la guerre fut communiqué en Italie le soir du 5 mai 1936. Après cela dans tout le pays les sirènes avaient réunis la population, depuis le balcon du Palazzo Venezia se montra Mussolini qui donna l'annonce à une foule amassée avec un bref discours[38],[39]. Entre les lignes du discours du 5 mai Mussolini dessina le destin de l'Éthiopie et, même s'il ne prononça pas le mot "empire". Le discours fit comprendre comme la fugue du negus et le manque d'un interlocuteur valide aurait favorisé la vision du Duce d'un projet de gouvernement directe en Éthiopie, comme ce fut clairement expliqué dans le discours suivant du 9 mai. Ce soir-là, après avoir consulté rapidement le Grand conseil du fascisme et réunit pendant quelque temps le Conseil des ministres, Mussolini décida de prendre rapidement à contre-pied la France et le Royaume Unis avant que ceux-ci prennent possession au mérite de l'annexion italienne, et annonça depuis l' Italie et au monde «la réapparition de l’Empire sur les collines fatales de Rome». Ce rassemblement fut si possible, encore plus triomphale et rhétorique que le précédent et, après avoir annoncé que « les territoires et les peuples qui appartenaient à l’Empire éthiopien sont placés sous la souveraineté totale et entière du royaume d’Italie » et que le titre d'Empereur de l'Éthiopie aurait été assumé par le roi Victor Emmanuel III de Savoie, dans le discours fut tout de suite mis en évidence comme le nouvel empereur fut une création exclusivement fasciste et de Mussolini[40],[41]

Toujours le 9 mai le Grand conseil décréta la reconnaissance à Mussolini du titre de "Fondateur de l'Empire", qu'Achille Starace inséra tout de suite dans la formule officielle du «saluto al Duce»; le contexte politique offrit à Mussolini une grande servilité et exaltation personnel au pont que, comme l'écrit le général Enrico Caviglia, le Duce se fit traîner dans un climat de rhétorique d'adulation« qui a dangereusement accentué la confiance déjà extrême qu’il a dans sa propre capacité politique » [40]. Depuis ce moment et pendant de nombreux mois à venir, la presse et les personnalités majeures politiques et culturelles s’alternèrent dans une magnificence de la figure de Mussolini et, dans ce climat, fin juin on arriva à l'énième réunion dans la Société des Nations dans laquelle on devait discuter le problème des sanctions. La réunion, à laquelle participa aussi aussi Hailé Selassie, dura jusqu'au 7 juillet, jour dans laquelle l'assemblée genevoise décida la révocation des sanctions qui devait commencer le 15 juillet, à laquelle suivit la décision britannique du 9 juillet de retirer la Royal Navy de la Méditerranée. Avec ces deux décisions, saluées par Mussolini, la guerre on peut dire complètement conclus sur le plan international[38] Le prestige du Duce ne fut jamais si élevé (peut être égalisé seulement durant la conférence de Munich) et le pays et les sommets du régime reconnurent comme l'empire fut une réalisation liée presque exclusivement à l'œuvre de Mussolini, le roi Victor Emmanuel voulut lui donner acte public en lui décernant la plus haute décoration militaire du règne, grand croix de l'ordre de Savoie[38]. Mussolini, la guerre finie, se dit ainsi ainsi satisfait des résultats, il avait battu la Société, une coalition de cinquante deux nations qui avaient appliqué sanctions contre son pays et avait obtenu un énorme succès d'opinion publique interne. Ce qu'il ne voyait pas, ou faisait semblant de ne pas voir, était que l'entrée à Addis Abbeba ne signifiait rien puisque l'Éthiopie n'avait pas été pacifiée, que les possessions si lointaines grandissait la vulnérabilité maritime de l'Italie et que la colonie aurait constitué un grave écueil pour un bilan déjà très déséquilibré, affaiblissement la position de l'Italie à l'égard de l'Allemagne et des autres puissances occidentales[42]. Jusqu'à ce moment beaucoup de membre du parti et délégations étrangères comprirent que ce résultat aurait pu se révéler une catastrophe, surtout après que Mussolini commence à parler et à agir comme si, ayant battu une armée mal équipée, mal organisé et incapable d'affronter une puissance européenne, fusse en grande de défaire quiconque. Cet excès de confiance dans l'armée et le dilettantisme politique lui barrèrent chaque marge de manœuvre en politique externe et convainquirent les autres puissances européennes de se réarmer et de ne pas trop prendre sérieusement les déclarations du Duce[42]. Le succès facile en Éthiopie convainquit Mussolini qu'avec son armée, la doctrine et l'organisation fasciste pouvaient défier quiconque dans une guerre européenne et cela l'encouragea dans sa tentative présomptueuse de jouer en Europe un rôle assez plus incisif que celui que les ressources lui aurait permis de terminer[42] la guerre.

En 1938, au sommet du consensus populaire du régime, qui avait obtenu la signature du Manifeste de la race de la part des grands exposants de la culture italienne entre le futur père de la Constitution Amintore Fanfani. Le Roi signa les lois raciales du gouvernement fasciste, qui introduisirent des discriminations dans les rapport avec les Juifs[43]. De formation libérale, Victor Emmanuel contrarié, soit aussi non publiquement, ces dispositions qui fermaient un des plus grands apports de la Maison de Savoie au Risorgimento, soit le principe d'aucune discrimination et de parité de traitement des sujets indépendamment du culte professé établi en 1848.

Avant l'invasion du gouvernement de Victor Emmanuel en Éthiopie, celui-ci voyagea pour son soixante-cinquième anniversaire le 11 novembre 1934[44],[45].En 1936, Victor Emmanuel devenait Empereur d'Éthiopie. Sa décision pour faire cela n'était pas universellement acceptée, Victor Emmanuel était seulement capable d'assumer la couronne après l'invasion de l'Abyssinie par les armées italienne et le renversement d'Haile Selassie durant la deuxième guerre italo-abyssinienne.

L'Éthiopie était annexée à l'Empire italien. La Société des Nations condamna la participation de l'Italie dans cette guerre et la revendication italienne par la justice de conquérir l'Éthiopie était rejeté par de grandes puissances, tels que les États-Unis et l'Union soviétique, mais était acceptée par la Grande-Bretagne et la France en 1938, En 1943, l'Italie perdit l'Éthiopie.

Le mandat d'action du Vice-roi en agissant en Afrique de l'Est italien, incluait l’Érythrée et la Somalie, qui fut abandonné aux aillées le 27 novembre 1941. En novembre 1943, Victor Emmanuel renonça sa revendication aux titres d'Empereur d'Éthiopie et Roi d'Albanie[46], en reconnaissant la légitimité de ses habitants.

En effet, l'actualisation des lois raciale fut à la base d'une aggravation ultérieure entre la Couronne et le Duce, toujours plus fatigué par les obstacles frappés (reste l'unique frein de l'opposition à l'Église catholique) et intentionné à cueillir le moment opportun pour instaurer un régime républicain. En particulier Galeazzo Ciano écrit dans son Journal 28 novembre 1938: : Je trouve le Duce indigné par le Roi. Trois fois, au cours de l’entretien de ce matin, le roi a dit au Duce qu’il ressentait une pitié infinie pour les Juifs […] Le Duce a déclaré qu’en Italie il y a 20 000 personnes avec un dos faible qui sont émus par le sort des Juifs. Le roi a dit qu’il en faisait partie. Puis le roi s’est également prononcé contre l’Allemagne pour la création de la 4e division alpine. Le Duce était très violent dans les expressions contre la monarchie. Il réfléchit de plus en plus au changement de système. Ce n’est peut-être pas encore le moment. Il y aurait des réactions[47]

En avril 1939 fut l'Italie conquis l'Albanie par laquelle Victor Emmanuel, aussi sceptique sur l'opportunité de l'emprise "pour prendre quatre pierres" fut proclamé roi. Le régime monarchique fut renversé en 1939, quand l'Albanie fut occupée par l'armée italienne[48].

La couronne du royaume d'Albanie a été assumée par Victor Emmanuel en 1939 quand les forces italiennes envahirent la proche monarchie sans défense de l'autre coté de la Mer Adriatique et causa la fugue du Roi Zog 1er.

En 1941, alors qu'à Tirana, le Roi fuyait une tentative d'assassinat par le patriote albanais âgé de 19 ans Vasil Laçi[49] . Plus tard, cet attentat était cité par les Communistes Albanais comme un signe du mécontentement général sur la population opprimée. Une seconde tentative par Dimitri Mikhailiov en Albanie donna une excuse aux italiens pour affirmer un lien possible avec la Grèce comme un résultat de l'absence de la monarchie lors de la guerre greco-italienne.

Rapports avec Mussolini

« Il a fallu ma patience, avec cette monarchie remorquée. Je n’ai jamais fait de geste difficile envers le régime. J’attends toujours parce que le roi a 70 ans et j’espère que la nature m’aidera, et quand la signature du roi remplacera la moins respectable du prince, nous pourrons agir. » (Mussolini à Ciano, Diaro di Ciano 1937 1943, 17 juillet 1938)

Les rapports entre Victor Emmanuel III et Mussolini n'iront jamais au de là des rapports formels entre le Chef d'État et le Chef du Gouvernement. Le Roi, de formation libérale[47], durant toute la période fasciste ne manqua pas de rappeler positivement à Mussolini et ses collaborateurs l"expérience de l'État libéral. Victor Emmanuel ne scella ses idées profondément anti-allemandes en général, et antinazisme en particulier, idées qui se renforcèrent durant la visite d'État d'Hitler à Rome en mai 1938. D'autre part l'hostilité entre Hitler et Victor Emmanuel III était réciproque[50] et plusieurs fois le dictateur autrichien naturalisé allemand et ses collaborateurs suggérèrent à Benito Mussolini de se débarrasser de la Monarchie[47].

Le chef du Fascisme déjà depuis longtemps méditait sur l'abolition de l"institution monarchique, de façon à avoir un meilleur espace d'action, mais renvoya de nombreuses fois la décision à cause du soutient ample populaire de la monarchie[51].

Le Roi se montra particulièrement hostile aux innovations institutionnels du régime, à l'introduction de nouveaux honneurs et cérémonies qui contribuent à renforcer le poids du chef du Gouvernement, aux projets de "modification des coutumes italiennes", comme l'introduction du salut fasciste, la question du vouvoiement et, majoritairement la question raciale[47],[52],[53],[54] Cette opposition, soit aussi pour ne pas être comprise publiquement, exaspéra les relations avec Mussolini et déjà les contextes plus radicaux du parti fasciste, fidèles au programme ordinaire du partit et souteneur du choix républicain du régime.

Mussolini écrivit que le souverain avait commencer à le détester depuis la loi de la constitution du Grand conseil du fascisme (9 décembre 1928), mais retient que la vraie cause de fracture fut le titre de Premier Maréchal de l'Empire, approuvé par l'acclamation par la Chambre le 30 mars 1938 (sous l'impulsion de Starace, Costanzo et Galeazzo Ciano et bien sur non à l'insu du chef) et conféré soit au Chef du Gouvernement qu'au Roi (selon Federzoni alors Président du Sénat, " on ne pouvait pas utiliser un regard, du reste purement formel au Roi"[55]) ; dans une rencontre privée, référé par le même Mussolini, Victor Emmanuel III, pâle de colère, lui dit qu'il aurait préféré abdiquer plutôt que de subir cette affrontement[56].

Le 28 décembre 1939, la rencontre de Victor Emmanuel III et le pape Pie XII, la première d'un pontife au Quirinal après la prise de Rome, fut lue comme une tentative en faveur de la paix en Europe.

La relation entre Victor Emmanuel et les juifs

Victor-Emmanuel III inaugure la synagogue de Rome en 1904 et avait ce jour-là affirmé que les juifs étaient « pleinement » des Italiens[52].

En 1887, Victor Emmanuel visita Jérusalem en tant que prince et fut bien accueilli par les membres de la communauté juive de la ville. Au début de son mandat, en 1902, le général Giuseppe Ottolenghi est nommé ministre de la Guerre et devient le premier Juif à être nommé ministre.

Son médecin privé était le professeur Shmuel Sirni (1870-1944), le père du parachutiste Enzo Sirni.

Le silence du roi lorsque l’Italie a commencé, sous la pression d’Hitler pour accepter les lois antisémites qui exposaient ses sujets juifs à la persécution et à la destruction éventuelle, a été fortement critiqué. En privé, le roi se plaint de la législation antisémite à Mussolini, mais ne prend aucune autre mesure. L’acceptation des lois contredit le serment de Victor Emmanuel lors de son entrée en fonction, et son serment à la constitution italienne. De nombreux Italiens ont risqué leur vie pour sauver leurs compatriotes juifs, ce qui a mis en évidence l’omission du roi. Le roi, avec Mussolini, a été conduit à l’alliance avec Hitler qui a conduit son armée à l’oubli, son pays à être conquis par des étrangers, son peuple dans la guerre civile (guerre civile italienne; 1943-1945), et ses sujets juifs à l’extermination.

Victor Emmanuel III, était particulièrement lié son rôle de souverain constitutionnel, il signa les lois raciales en 1938 approuvées par le Parlement et filtré par les organes compétents de l’état. Personnellement le roi n'était pas du tout raciste, son médecin de cour , docteur Stukjold, était juif et était fier de sa Famille, presque un siècle auparavant, concéder avec la Constitution les droits civiques et politique des citoyens du Royaume y compris les juifs. Pour tels raisons le souverain ne perdit pas d'occasion pour faire présent au chef du gouvernement Mussolini son propre désaccord, aussi tenu par l'État à la promulgation de ces mesures scélérates et constatant avec frustration d'avoir peu de possibilité de s'opposer efficacement puisque dans ce moment historique le dictateur était au sommet de popularité, adoré par les masses et tenu en grand compte à l'extérieur, et indiqué comme "homme de la Providence" par le pape. De la contrariété de Victor Emmanuel écrit Galeazzo Ciano dans son Journal 1937-1943, jour du 28 novembre 1938: « Je trouve le Duce indigné contre le Roi. À trois reprises, au cours de la conversation de ce matin, le Roi a dit au Duce qu'il avait une pitié infinie pour les Juifs [...] Le Duce a dit qu'en Italie, il y a 20 000 personnes avec le dos faible qui sont émus par le sort des Juifs. Le roi dit qu'il est parmi eux. Puis le roi s'est également prononcé contre l'Allemagne pour la création de la 4e division alpine. Le Duce était très violent dans ses expressions contre la monarchie. Il médite toujours . Plus le changement de système. Peut-être n'est-il pas encore temps. Il y aurait des réactions."[47]

Malheureusement, la recherche historique nie ce que Galeazzo Ciano a écrit dans son journal : De felice dans son « Histoire des Juifs italiens sous le fascisme note : » Deux grands obstacles sur la voie de la pleine réalisation de l'antisémitisme d'État .. étaient représentés par le roi et le Saint-Site. En ce qui concerne Victor Emmanuel, c'était simple et rapide. Mussolini envoya Buffarini-Guidi à San Rossore, où se trouvait alors le roi. La rencontre entre les deux fut rapide et se termina comme Mussolini l'avait prévu. Victor Emmanuel fit une résistance timide, mais alors informé de la manière dont le « Duce » entendait mettre en place la politique antisémite, il céda immédiatement, se limitant à une invitation platonique à reconnaître les mérites de ceux qui s'étaient distingués par leur patriotisme et s'exprimant en termes pleinement favorables à l'adoption contre les Juifs de nationalité italienne. Le roi déclare textuellement « Je suis vraiment heureux que le Président ait l'intention de rendre hommage à ces Juifs qui se sont distingués par leur attachement à la Patrie ». Il était beaucoup plus difficile de surmonter l'obstacle du Saint-Siège, ou plutôt de Pie XI.

Une fois les lois promulguées, la discrimination a frappé les juifs italiens dans leurs droits, leur liberté et leur dignité, sans pour autant atteindre l'enfermement et l'élimination physique des sujets « non-aryens », du moins tant que le Royaume d'Italie restait intact et autonome du Reich. : pas n'a été franchi qu'avec la proclamation de la république de Salò. L'Italie brisée en deux, dans le royaume du Sud le roi qui n'en avait pas voulu a enfin pu prévoir l'annulation des abominables lois raciales en 1944.

À l'occasion de la journée de mémoire de 2021 Emmanuel Philibert de Savoie , avec une lettre à la communauté juive de Rome, s'est totalement dissocié des lois raciales au nom de la famille de Savoie : « Je condamne les lois raciales de 1938, dont j'entends encore tout le poids sur mes épaules et avec moi toute la Maison Royale de Savoie et je déclare solennellement que nous ne nous reconnaissons pas dans ce qu'a fait Victor Emmanuel III : une signature douloureuse, dont nous nous dissocions fermement, une document, une ombre indélébile pour ma Famille, une plaie encore ouverte pour toute l'Italie "[57],[58],[59]

Visite en Libye

Le 18 avril 1928, Victor Emmanuel se rend à Tripoli, en Libye, avec sa femme Elena et ses filles. À Tripoli, il a été accueilli par de nombreux civils et écoliers, et en son honneur, il y avait un ordre militaire, à l’issue duquel il a rencontré les dignitaires de la ville, y compris des représentants de la communauté juive et le rabbin Yitzhak Chai Buchbaza. Dans les jours qui ont suivi, du 19 au 21 avril, Il a visité les petites villes autour de Tripoli, où il a également organisé des réceptions. Dans l’après-midi du 22 avril, Il a visité l’ancienne Tripoli, des mosquées et des églises. Lors de sa visite à la communauté juive et à la synagogue locale, il a été accueilli par les dignitaires de la communauté, dirigés par le rabbin Yitzhak Chai Buchbaza.

Seconde Guerre mondiale

Sous l'expression du Pacte de l'Acier signé le 22 mai 1939[60], qui était une alliance offensive et défensive avec l’Allemagne, l'Italie aurait été obligée de suivre l'Allemagne ans la guerre en 1939. Comme le Pacte de l'Acier était signé, le Ministre des Affaires Etrangères , Joachim von Ribbentrop, dit à Mussolini qu'il n'y aurait pas de guerre jusqu'en 1942 ou 1943, mais l'ambassadeur italien à Berlin, Baron Bernardo Attolico, averti Rome que l'information qu'il avait entendu des sources du gouvernement allemand suggérait qu'Hitler avait l'intention de voir la crise de Dantzig allait intensifier dans cette guerre la même année[60]. Entre le 11 et le 13 août 1939, le Ministre des Affaires Etrangeres, Conte Galeazzo Ciano, rendit visite à Hitler au Berghof, et appris que dans un premier temps l'Allemagne avait décidé d'envahir définitivement la Pologne ce même été[60]. Mussolini était préparé d'abord à suivre l'Allemagne dans la guerre en 1939, mais il fut bloqué par Victor Emmanuel. nous étions préparés pour suivre l'Allemagne dans la guerre en 1939, mais nous étions bloqué par Victor Emmanuel [60].A une rencontre avec le Conte Ciano le 24 août 1939; le roi déclara que "nous ne sommes absolument pas en état de faire la guerre', la déclaration du Royaume Armé était "pitoyable" , et depuis que l'Italie n'était pas prête à faire la guerre, il ne serait pas rentré dans le conflit à venir, au moins il était clair qu'il n'allait pas le gagner[60]. De manière importante, Victor Emmanuel déclara qu'en tant que roi d'Italie il était le commandant en chef suprême, et il voulait être impliqué dans quelconque décisions", qu'il percevait un droit de veto à chaque décision que Mussolini puisse prendre en dehors de la guerre[60]. Le 25 août, Ciano écrivit dans son journal qu'il informait "furieusement belliqueux" Mussolini que le roi était contre l'entrée en guerre de l'Italie en 1939, en forçant le Duce de concevoir que l'Italie aurait déclaré sa neutralité. À la différence en Allemagne où les officiers depuis 1934 avaient prêter serment de la loyauté personnel à Hitler, les officiers de l'Armée Royale, Marine Royale et Aéronautique royale tous avaient prêtés serment de loyauté au roi et non à Mussolini[60]. La plus grande majorité des officiers italiens dans toutes les trois catégories virent Victor Emmanuel comme un opposant à Mussolini comme le principal locus de leur loyauté, selon le roi pour prendre des décisions que Mussolini désapprouvaient[60].

L'Italie déclara sa neutralité en septembre 1939, mais Mussolini lui avait fait comprendre qu'il voulait intervenir aux côtés de l'Allemagne permettait qu'il ne ferait pas pression sur les ressources italiennes (le coût de la guerre en Éthiopie et Espagne avait poussé l'Italie dans la banqueroute en 1939[60]). Le 18 mars 1940, Mussolini rencontra Hitler à un sommet au Col du Brennet, et lui promis que l'Italie rentrerait prochainement dans la guerre [60], Victor Emmanuel avait des doutes puissants sur la sagesse d'entrer dans la guerre, et à un moment donné en mars 1940 il fit allusion à Ciano qu'il considérait la démission de Mussolini comme ce qu'écrit Ciano dans son journal; "le Roi pense qu'il faut que ce soit nécessaire qu'il intervienne à un quelconque moment pour donner des choses dans une direction différente, il préparait à faire cela rapidement." Victor Emmanuel espérait qu'un vote contre l'entrée de l'Italie en guerre aurait été inscrit dans le Grand Conseil Fasciste, comme il savait que les hiérarchies Cesare Maria De Vecchi, Italo Balbo et Emilio de Bono étaient tous contre la guerre, mais il refusa d'insister d'appeler le Grand Conseil comme une condition préalable en donnant son consentement de déclarer la guerre[37]. Le 31 mars 1940, Mussolini a soumis à Victor Emmanuel un longue note argumentant que l'Italie pour achever son espace vitale recherché depuis longtemps devait entrer dans la guerre aux côtés de l'Axe cette année[60]. Cependant; le roi resta absolument opposé à l'entrée en guerre de l'Italie jusqu'en mai 1940 à la frustration intense de Mussolini[60] A un moment, Mussolini . se plaignit à Ciano, qu'ils y avaient deux hommes, Victor Emmanuel et le Pape Pie XII, qui l'avait prévenu de ce qu'il voulait faire, en conduisant l'état, il voulait "faire sauter" la Couronne et l'Église Catholique[60].

Victor Emmanuel était un homme prudent, il avait toujours consulté tous les savants capable de lui faire prendre une décision. À ce moment la, les officier seniors des forces armées qui l'avait informé des déficiences de l'armée italienne[37]. Le 10 mai 1940, l'Allemagne lança une offensive majeure dans les Pays-Bas et la France, comme la Wehrmacht continuait d'avancer en France, l'opposition du roi en Italie d'entrer dans la guerre commençait à l'affaiblir mi mai 1940. Mussolini argument en mai 1940 que c'était évident que l' Allemagne allait gagner la guerre que c'était une chance incomparable pour l'Italie d'avoirs des gains majeur à l’expansion de la France et de la Grande-Bretagne qui permettrait à l'Italie de devenir la puissance dominante sur la Méditerranée[60].Le 1er juin 1940, Victor Emmanuel donna à Mussolini la permission d'entrer dans la guerre, bien que le roi retiennent le commandement suprême alors qu'il donnait seulement à Mussolini le pouvoir sur les questions politique et militaire[60]. Le délai de dix jours entre la permission du roi d'entrer en guerre et la déclaration de guerre avait causé une question à Mussolini qu'il aurait les pouvoirs de commandement suprême, une tentative de prendre une prérogative royale que Victor Emmanuel rejetait, et qu'il avait finalement scellé par le compromis de donner à Mussolini les pouvoirs de commandement opérationnels[37].

Le 10 juin 1940, ignorant les conseils que le pays n'était pas préparé , Mussolini pris la fatale décision que l'Italie rentre dans la Seconde Guerre Mondiale aux côtés de l'Allemagne Nazie. Presque au début, suivirent les désastres.. La première offensive italienne, une invasion de la France, lancée le 17 juin 1940, terminé dans une défaite complète, et seulement le fait que la France signe un armistice avec l'Allemagne le 22 juin, suivit par un autre armistice avec l'Italie le 24 juin permit à Mussolini de se présenter comme un victorieux[60]. Victor Emmanuel critiqua brusquement l'expression d'Armistice franco italiens, en disant que l'Italie occupait la Tunisie, la Corse et Nice, bien que le fait que l'armistice lui permette de proclamer une victoire sur la France qui était une source de nombreux plaisirs. En 1940 et 1941, les armées italiennes en Afrique du Nord et en Grèce souffraient de défaites humiliantes. À la différence de son opposition de rentrer en guerre avec des puissances majeures comme la France et la Grande-Bretagne (qui pouvait battre l'Italie), Victor Emmanuel déjoua les plans de Mussolini d'envahir la Grèce pour s'écrouler comme l'Italie une fois envahit[60].A travers la police para militaire, Victor Emmanuel était bien informé sur l'état de l'opinion publique et à partir d'automne 1940 reçut par correspondance des rapports que la guerre avec le régime fasciste ne devenait extrêmement pas impopulaire avec les italiens[37]. Quand Mussolini fit de Pietro Badoglio le bouc émissaire pour la défaite de l'invasion de la Grèce et il le renvoya de son poste de Chef d'État Majeur en décembre 1940. Badoglio appela le roi à l'aide, Victor Emmanuel refusa d'aider Badoglio, en lui disant que Mussolini arrangerait la situation comme il le faisait dan le passé[37]. En janvier 1941, le roi admis à son aide de camp, Général Paolo Puntoni, que la guerre n'allait pas bien avec le régime fasciste et devenait très impopulaire , mais il décida de garder Mussolini comme son premier ministre car il n'y avait aucun remplacement pour lui[37]. Car le roi avait supporté le Fascisme, il craignait que le Fascisme mettrait fin à la monarchie comme les parties antifascistes étaient républicains[37].

Durant l'invasion de la Yougoslavie en avril 1941 Victor Emmanuel alla dans une villa qui appartenait à la famille Biroli Pirzio à Brazzacco au lieu d'être sur le front[61]. En mai 1941, Victor Emmanuel donna la permission à son cousin impopulaire, Prince Aimone, pour le faire Roi de Croatie sous le titre de Tomislav II, dans une intention de le faire partir de Rome, mais Aimone frustra son ambition en n'allant jamais en Croatie pour recevoir la couronne[37]. Pendant un voyage dans les nouvelles provinces qui étaient annexé à l'Italie par la Yougoslavie, Victor Emmanuel commenta la politique fasciste envers les Slovènes et les Croates qui allaient vers la rébellion, mais cela ne changea pas l'intervention de changer de politique[37]. Le 22 juin 1941, l'Allemagne lança l'Opération Barbarossa, l'invasion de l'Union soviétique, Mussolini avait la problème du roi d'une déclaration de guerre, et envoya une force d’expéditions italienne sur le Front de l’Est, à cause de Victor Emmanuel qui voulait revendiquer qu'il irait avec seulement une force pour aller en Union soviétique, plutôt que 10 division, que Mussolini envoya[37].

En 1941, l'Italie perdit ses colonies en Afrique de l'Est, avec la défaite en Afrique du Nord et les Balkans qui une perte de confiance immense dans la capacité de Mussolini de pouvoir gouverner, et beaucoup de la hiérarchie fasciste tel Emilio de Bono et Dino Grandi espérait qu'au printemps 1941 que le roi le renvoie au lieu de sauver le régime fasciste[37]. À l'été 1941, les généraux carabiniers dirent au roi qu'il se mettait au service des carabiniers comme une force de frappe pour un coup contre Mussolini, en disant que si la guerre, c'était une limite pour causer une révolution à la fois pour balayer le régime fasciste et la monarchie[37]. Victor Emmanuel refusa son offre, et en septembre 1941, quand le Conte Ciano lui dit que la guerre était perdue; le critiqua pour "défaitisme", , en disant qu'il croyait toujours en Mussolini[37].Le 11 décembre 1941,Victor Emmanuel accepta plutôt aisément la demande de Mussolini de déclarer la guerre aux États-Unis[37]. Craignant d'anticiper la stratégie américaine "l’Europe d’abord", le roi crut que les américains suivraient la stratégie "Asie d'abord" de concentrer tous leurs efforts sur le Japon en revanche à Pearl Harbor, et qu'en déclarant la guerre aux États-Unis était un mouvement inoffensif[37]. Le roi était satisfait par la nouvelle que le Japon entre en guerre, craignant que les colonies britannique en Asie étaient en danger qu'il forcerait les anglais à redéployer leurs forces en Asie et pouvait finalement lui permettre la conquête de l'Égypte par l'Axe[37]. Le maréchal Enrico Caviglia écrit dans son journal que c'était "criminel" la manière que Victor Emmanuel ait refusé l'acte contre Mussolini en dépit du fait qu'il gérait la guerre de manière mal géré[37]. Un journaliste italien rappela que par la chute de 1941 il ne connaissait personne qui ressente rien de plus que "le mépris" pour le roi qui était peu disposé à le dissocier du fascisme.

L'historien anglais Denis Mack Smith écrit que Victor Emmanuel avait tendance à procrastiner quand il se trouvait face à des choix difficiles, et sa réticence à la démission de Mussolini , malgré la pression croissante de l’élite italienne, était sa façon d’essayer d’éviter de prendre une décision[37]. De plus, Victor-Emmanuel avait beaucoup de respect pour Mussolini, qu’il considérait comme son premier ministre le plus dos, et semblait redouter de s’en prendre à un homme dont l’intelligence était plus grande que la sienne[37]. Dans une conversation avec le nonce apostolique, le roi a expliqué qu’il ne pouvait pas signer un armistice parce qu’il détestait les États-Unis comme une démocratie dont les dirigeants étaient responsables devant le peuple américain; parce que la Grande-Bretagne était « pourrie jusqu’au cœur » et cesserait bientôt d’être une grande puissance ; et parce que tout ce qu’il n’arrêtait pas d’entendre sur les pertes massives subies par l’Armée rouge le convaincra que l’Allemagne gagnerait sur le front de l’Est au moins[37]. Une autre excuse utilisée par Victor-Emmanuel était que Mussolini était prétendument toujours populaire auprès du peuple italien et que cela offenserait l’opinion publique s’il renvoyait Mussolini. Le Vatican était favorable à la sortie de l’Italie de la guerre en 1943, mais les diplomates pontificaux ont déclaré à leurs homologues américains que le roi était « faible, indécis et excessivement dévoué à Mussolini [37]».

À l’été 1942, Filippo Grandi a eu une audience privée avec Victor Emmanuel, où il lui a demandé de renvoyer Mussolini et de signer un armistice avec les Alliés avant que le régime fasciste ne soit détruit pour se faire dire de « faire confiance à votre roi » et « d’arrêter de parler comme un simple journaliste »[37]. Filippo Grandi dit à Ciano que le roi doit être soit « fou » et / ou « sénile » car il était totalement passif, refusant d’agir contre Mussolini[37]. À la fin de 1942, la Libye italienne a été perdue. Lors de l’opération Anton du 9 novembre 1942, la partie inoccupée de la France est occupée par les forces de l’Axe, ce qui permet à Victor-Emmanuel de proclamer dans un discours enfin que la Corse et Nice sont « libérées »[37]. Au début de 1943, les dix divisions de l’armée italienne en Russie (Armata Italiana en Russie, ou ARMIR) ont été écrasées lors d’une action parallèle lors de la bataille de Stalingrad. Au milieu de l’années 1943, les dernières forces italiennes en Tunisie s’étaient rendues et la Sicile avait été prise par les Alliés. Gênée par le manque de carburant ainsi que par plusieurs défaites graves, la marine italienne passa la majeure partie de la guerre confinée au port. En conséquence, la mer Méditerranée n’était pas vraiment la Mare Nostrum italienne. Bien que l’armée de l’air ait généralement fait mieux que l’armée ou la marine, elle manquait chroniquement d’avions modernes.

Alors que la chance de l’Italie se détériorait, la popularité du roi en souffrait. Une chansonnette de café-maison est allé comme suit:

Quand notre Victor était un simple roi,

Le café était une chose courante.

Quand un empereur, il a été fait,

L’odeur du café s’est estompée.

Depuis qu’il a obtenu le trône d’Albanie,

Même l’odeur a volé.

Et si nous avons une autre victoire

Nous allons aussi perdre notre chicorée

Victor Emmanuel a été forcé de concéder que Mussolini avait pris un virage « pour le pire », qu’il a blâmé sur « cette femme » comme il l’appelait la maîtresse de Mussolini, Clara Petacci[37]. Le 15 mai 1943, le roi envoya à Mussolini une lettre disant que l’Italie devait signer un armistice et quitter la guerre[37]. Le 4 juin 1943, Filippo Grandi vit le roi et lui dit qu’il devait renvoyer Mussolini avant que le système fasciste ne soit détruit; lorsque le roi rejeta cette voie au motif que le Grand Conseil fasciste ne voterait jamais contre Mussolini, Filippo Grandi lui assura que ce serait le cas, affirmant que la majorité des hiérarchies étaient maintenant contre Mussolini[37]. En utilisant le Vatican comme intermédiaire, Victor-Emmanuel contacte les gouvernements britannique et américain en juin 1943 pour leur demander s’ils, alliés, sont prêts à voir la maison de Savoie continuer après la guerre[37].

. Lorsque le roi visita les quartiers bombardés de Rome, il fut hué par ses sujets qui le blâmèrent pour la guerre, ce qui fit s’inquiéter Victor-Emmanuel de la possibilité d’une révolution qui pourrait amener une république[37]. À cette époque, des plans étaient discutés au sein de l’élite italienne pour remplacer Mussolini. Victor Emmanuel a déclaré qu’il voulait maintenir le système fasciste après avoir rejeté Mussolini, et il cherchait à corriger seulement quelques-uns de « ses aspects délétères »[37]. . Les deux remplaçants évoqués pour Mussolini sont le maréchal Pietro Badoglio et son rival, le maréchal Enrico Caviglia. . Comme le maréchal Caviglia était l’un des rares officiers du Regio Esercito à garder ses distances avec le régime fasciste, il était inacceptable pour Victor Emmanuel qui voulait un officier engagé dans la défense du fascisme, ce qui l’a conduit à choisir Badoglio qui avait loyalement servi Mussolini et commis toutes sortes d’atrocités en Éthiopie , mais qui avait une rancune contre Il Duce pour avoir fait de lui le bouc émissaire de l’invasion ratée de la Grèce en 1940[37]. En outre, Badoglio était un opportuniste qui était bien connu pour sa flagornerie envers ceux qui étaient au pouvoir, ce qui a conduit le roi à le choisir comme successeur de Mussolini car il savait que Badoglio ferait n’importe quoi pour avoir le pouvoir alors que Caviglia avait une réputation d’homme de principe et d’honneur[37]. Le roi pensait que Badoglio en tant que premier ministre obéirait à tous les ordres royaux alors qu’il n’était pas si certain que Caviglia ferait de même[37]. Le 15 juillet 1943, lors d’une réunion secrète, Victor-Emmanuel dit à Badoglio qu’il prêterait bientôt serment en tant que nouveau Premier ministre italien et que le roi ne voulait pas de « fantômes » (c’est-à-dire de politiciens libéraux de l’ère pré-fasciste) dans son cabine[37] t.

Chute du fascisme

Ces nouvelles défaites ont incité le Grand Conseil du fascisme à voter contre le soutien à la politique de Mussolini (25 juillet 1943). Le même jour, Victor Emmanuel pris la décision de la démission de Mussolini, qui, placé en détention[62], reconnut sa loyauté envers le roi et le nouveau gouvernement Badoglio. En juin, Victor Emmanuel avait intensifié ses contacts avec des antifascistes, directement ou par l’intermédiaire du ministre de la Maison de l’Aquarone. Le 22 juillet, au lendemain du sommet de Feltre entre Mussolini et Hitler et après le premier bombardement de Rome, le souverain avait discuté avec Mussolini de la nécessité de sortir du conflit en laissant les Allemands seuls et de l’éventualité d’un revirement à la présidence du Conseil. La reine Elena a laissé dans ses mémoires un compte rendu de la rencontre qui a précédé l’arrestation de Mussolini et sa réaction subséquente :

Le nouveau gouvernement Badoglio a hérité de la lourde tâche d’élaborer une stratégie de sortie du conflit et de garantir l’ordre public dans le pays. Les conditions internes ne permettait pas vraiment la poursuite de la guerre aux côtés de l’allié allemand: il était donc urgent de parapher un armistice avec les puissances alliées et d’éviter que l’armée allemande, qui, à la suite des accords conclus avec le gouvernement précédent, renforçait sa présence dans la péninsule, ne verse sa puissance aux troupes et à la population italiennes. Le gouvernement a alors annoncé la poursuite de la guerre, mais a entaillé des négociations avec les Alliés.

Le même jour, Grandi a décidé de passer à l’action, avec les routes et les chemins de fer endommagés par les bombardements, il a quitté Bologne portant avec lui la première ébauche de son ordre du jour, qui sera présenté au Grand Conseil. Il n’a atteint Rome que le lendemain, et le matin du 21, il a rencontré Scorza, qui lui a dit que Mussolini avait décidé de convoquer la séance. Ce « gros jeu » commençait que Grandi essayait vainement de réaliser jusque-là.

Après l’échec de la rencontre de Feltre et le premier bombardement de Rome, la crise s’est accélérée. Le lendemain, le 20 juillet, Mussolini a rencontré Ambrosio à deux reprises : lors de la deuxième visite, le soir, le Duce lui a dit qu’il avait décidé d’écrire à Hitler pour avouer la nécessité pour l’Italie d’abandonner son alliance avec l’Allemagne. Toujours furieux de l’occasion manquée de faire cela à Feltre, Ambrosio, outré, lui offrit sa propre démission, ce que Mussolini rejeta. Pour Ambrosio, Mussolini était devenu inutile après Feltre : il a décidé de mettre en œuvre le plan visant à renverser le gouvernement et le commandement des forces armées.

Parallèlement, Dino Grandi et Luigi Federzoni, leader nationaliste et proche allié, ont fait des sondages pour savoir combien des 27 membres du Grand Conseil voteraient son document. Ils ont estimé que quatre étaient en faveur, sept contre et seize indécis. Le problème de Grandi était qu’il ne pouvait pas révéler aux autres les conséquences concrètes de l’approbation de son Ordre du jour: la destitution de Mussolini, la fin du Parti fasciste, et la guerre contre l’Allemagne. Seules quelques hiérarchies possédaient l’intelligence politique pour en comprendre l’ampleur : d’autres encore espéraient que leur Duce, qui avait décidé pour eux au cours des vingt et un dernières années, produirait un miracle.

En conséquence, Grandi a écrit son propre ordre du jour en termes vagues, laissant à chacun sa libre interprétation. L'ordre du jour était divisé en trois parties: il commençait par un long message rhétorique, qui plaisait à la Nation et aux Forces Armées, les félicitant pour leur résistance aux envahisseurs. La deuxième partie demandait le rétablissement des institutions et des lois pré fascistes. La fin du document était un appel au Roi: il assumerait les pouvoirs civils et de guerre suprêmes, conformément à l’article 5 du statut Albertin, à savoir la Constitution du Royaume.

La partie initiale de l’ordre du jour sur les pouvoirs du Grand Conseil, plus tard supprimée, montrait que le plus grand collège du fascisme avait le pouvoir légal de destituer Mussolini. Selon les constitutionnalistes, les lois fascistes de 1925 avaient tort la Constitution, mais ne l’avaient pas oblique.

En raison de ces lois, le Duce commandait le pays au nom du roi, qui restait toujours la source du pouvoir exécutif. Compte tenu de cela, si le Grand Conseil, trait d’union entre le fascisme et l’État, passait une motion de défiance à l’égard du dictateur, le roi était légitimement en tête d’affiche pour le destituer et nommer un successeur à un nouveau gouvernement.

Pour Dino Grandi, l’approbation de son Ordre du jour était le signal que le Roi attendait pour agir. Le 21 juillet, Mussolini ordonna à Scorza de convoquer la session du Grand Conseil pour la soirée du samedi 24[63]: Scorza envoya les invitations le lendemain. Une lettre prescrivait les vêtements requis: « Uniforme fasciste, saharien noir, pantalon court gris vert: GAGNANT ». En fin d’après-midi ce jour-là, Grandi est allé voir Scorza et lui a expliqué son ordre du jour: étonnamment, le secrétaire du parti a dit qu’il le soutiendrait. Scorza a demandé à Grandi une copie du document, mais le lendemain matin, le président de la Chambre des fascistes a rencontré Mussolini et lui a montré de sa propre initiative. Le Duce a dit que son ordre du jour était inadmissible et lâche. Ensuite, Scorza prépara un ordre du jour de son propre, qui ressemblait à celui de Grandi, dans lequel il demandait la concentration du pouvoir au Parti fasciste.

Le matin du 22 juillet a eu lieu la rencontre la plus importante: celle entre le roi et Mussolini, qui voulait lui rendre le résultat de la rencontre de Feltre. Le contenu de la conversation reste inconnu, mais selon Badoglio, il est possible que le Duce ait apaisé les craintes du roi, lui promettant de désengager l’Italie de la guerre à partir du 15 septembre. Les deux mois de report devaient s’expliquer par le fait que les sondages avec les Alliés, entrepris par Bastianini, seraient lentement influencés; de l’autre côté, Mussolini aurait eu besoin de plus de temps pour se justifier lui-même et l’Italie devant le monde pour sa trahison. Apparemment, le roi était d’accord avec lui: cela expliquerait pourquoi Mussolini ne semblait pas du tout préoccupé par l’issue de la session du Grand Conseil. En effet, sans l’aide du roi, le coup d’État militaire était voué à l’échec. Quoi qu’il en soit, à la fin de l’audience, les deux hommes sont sortis confirmés dans leurs conclusions opposées : alors que Mussolini était convaincu que le roi était toujours de son côté, Vittorio Emanuele était déçu que du Duce n’ait pas démissionné. Le roi fut contraint de choisir sérieusement le putsch comme option: il était au courant des tentatives de Bastianini avec les Alliés, tandis que Farinacci, fasciste de la ligne dure, organisait un putsch pour le déposer, lui et Mussolini, dans le but de mettre l’Italie sous contrôle direct allemand. La décision finale a été prise après avoir appris que le Grand Conseil adopterait la motion Grandi.

À 17h30 le même jour, Grandi se rendit au Palazzo Venezia; la raison officielle était la présentation à Mussolini d’un nouveau livre. La durée prévue n’était que de 15 minutes, mais la rencontre s’est poursuivie jusqu’à 18 h 45; là attendait d’être reçu le maréchal Albert Kesselring. Bien qu’en 1944, dans ses Mémoires, Mussolini ait nié qu’on ait parlé de l'ordre du jour Grandi, cela reste peu fiable: il est plus crédible que Grandi, qui aimait le Duce, lui ait donné une dernière chance d’éviter l’humiliation et de démissionner, de sorte que le Grand Conseil serait superflu. Mussolini écoutait Grandi lui expliquer la nécessité de démissionner pour éviter la catastrophe, mais il rétorqua que ses conclusions étaient erronées, l’Allemagne ayant commencé à produire des armes secrètes qui renverseraient le cours du conflit.. Puis, Mussolini rencontra Kesselring et Chierici, le chef de la police : ce dernier confia qu’il serait facile de faire reculer Grandi, Bottai et Ciano, impatients d’être rassurés par lui. Le matin du 23 juillet, Mussolini accepta la démission de Cini : c’était un signal direct à ses adversaires.

Dans le même temps, chez Federzoni, Grandi, Federzoni lui-même, De Marsico, l’un des juristes les plus distingués d’Italie, Bottai et Ciano ont modifié l'ordre du jour en supprimant l’introduction interprétative expliquant les fonctions du Grand Conseil. Il ressort également des journaux intimes de Giuseppe Bottai que c’est à ce stade que fut introduite la partie la plus incisive du texte, à savoir l’invocation de l’article 5 du statut Albertino.

À cette occasion, Ciano s’informa de l'ordre du jour, Grandi da Bottai: Grandi restait réticent à l’associer, connaissant la superficialité et l'inconstance bien connues du gendre de Mussolini; mais Ciano a insisté, ne sachant pas que sa décision l’amènerait six mois plus tard à être tué à Vérone. Après cela, Grandi a rencontré à son siège au Parlement Farinacci, lui montrant son ordre du jour: l’invité lui a dit qu’il approuvait la première partie du document, mais n’était pas d’accord sur tout le reste. Pour le fanatique Farinacci, les pouvoirs de guerre devaient être transférés directement aux Allemands, et l’Italie devait commencer à combattre la guerre dur, se défaire de Mussolini et des généraux. Finalement, lui aussi, comme Scorza, demanda à Grandi une copie de son ordre du jour, et lui aussi l’utilisa pour rédiger son propre ordre du jour. Dans le temps qui lui restait avant la réunion fatale, Grandi a communiqué avec les autres participants pour leur demander de se joindre à son action.

La reine Hélène a raconté dans une interview de mars 1950, publiée dans L’histoire illustrée de juillet 1983, les vingt minutes qu’a eues la rencontre entre Victor Emmanuel III et Benito Mussolini, ainsi que la détitution et l’arrestation de ce dernier:

« Nous étions dans le jardin. Il ne m’avait encore rien dit. Quand un Acquarone émotif nous a rejoints, et a dit à mon mari:«Le général des carabiniers souhaite, avant l’arrestation de Mussolini, l’autorisation de Votre Majesté ». Je suis resté de pierre . Il me vient, ensuite à trembler quand j'entendis mon mari répondre "tout va bien". Quelqu’un doit prendre ses responsabilités. Je l’assume. » La ensuite je gravissais l'escalier avec le général. Je traversais l'entrée quand Mussolini entra. J'allais à la rencontre de mon mari. Et mon mari lui dis "Cher Duce, L'Italie va en touche..." Je ne l'avais jamais entendu l'appelé ainsi, mais toujours "excellence". Entre-temps j'allais au premier étage, tandis que ma dame d’honneur, la Jaccarino, s’attardant dans la salle était restée en bas et ne pouvait plus bouger. Plus tard, il m’a tout rapporté. Il m’a dit que mon mari avait perdu son sang-froid et s’était mis à crier sur Mussolini, lui a finalement fait part qu’il le destituait et qu’il mettait Pietro Badoglio à sa place..« Quand la Jaccarino m’a atteint, par la fenêtre d’une salle, nous avons vu mon mari calme et serein, qui accompagnait sur les marches de la villa, Mussolini, L’entretien avait duré moins de vingt minutes. Mussolini semblait âgé d’une vingtaine d’années. Mon mari lui serra la main. L’autre a fait quelques pas dans le jardin, mais a été arrêté par un officier des carabiniers suivi de soldats armés. Le drame s’était réalisé. Je me sentais bouillir. Je n’ai pas frappé de justesse mon mari, qui rentrait. « C’est fait », dit-il doucement. « Si vous deviez le faire arrêter », lui criai-je à pleine voix, indignée.. cela devait se faire devant notre maison. Ce que vous avez fait n’est pas un geste de souverain... ». Il a répété « C’est fait maintenant » et a essayé de me prendre sous le bras, mais je me suis éloigné de lui, « Je ne peux pas accepter un tel fait », j’ai dit « mon père ne serait jamais » puis je suis allé m’enfermer dans ma chambre.

Chute de Mussolini

Au cours du premier semestre de 1943, dans une situation générale très préoccupante, induite par l’opinion de plus en plus partagée, selon la dont la guerre était perdue et qu’elle apportait des dommages insupportables et très graves au pays, Benito Mussolini, chef du gouvernement, a effectué une série de rotations, qui ont investi certains des centres de pouvoir et des hautes fonctions les plus importants de l’État. , en supprimant, entre autres, certains personnages qu’il considérait comme hostiles à la poursuite du conflit aux côtés de l’Allemagne, ou en tout cas plus fidèles au roi qu’au régime fasciste. Giuseppe Volpi, président de la Confindustria et membre du Grand Conseil du fascisme, Galeazzo Ciano, ministre des Affaires étrangères et gendre du Duce, relégué au poste d’ambassadeur auprès du Saint-Siège, et le ministre de la Culture populaire Alessandro Pavolini, chargé de la direction du quotidien « Il Messaggero », ont été destitués.

Selon certains chercheurs, c’est à la suite de ces substitutions, visant à renforcer le régime en crise de consensus, sinon ouvertement hostiles au Quirinale (d’où venaient depuis longtemps des signaux critiques cachés à l’égard du gouvernement), que le roi Victor Emmanuel III briserait les délais et commencerait à concevoir de manière exécutoire un plan permettant la démis de ses fonctions. Maria Josè de Savoie, épouse du prince héritier Himbert, dès le début du mois de septembre 1942 - un an avant l’armistice du 8 septembre 1943 - avait entamé, par l’intermédiaire de Guido Gonella, des contacts avec le Vatican, en la personne de Giovanni Battista Montini, souhaitant pouvoir recourir à la diplomatie pontificale, et donc au chargé d’affaires de l’ambassade d’Italie au Près du Saint-Siège. , l’Ambassadeur Babuscio Rizzo, qui a pris la relève à Galeazzo Ciano, pour passer par et ouvrir un canal de communication avec les Alliés anglo-américains (notamment l’ambassadeur des États-Unis auprès du Saint-Siège, Myron C. Taylor) afin de sortir l’Italie de la Seconde Guerre mondiale.

C’est pourquoi Dino Grandi, l’une des hiérarchies les plus intelligentes et les plus prestigieuses de l’élite dirigeante, a été approché dans sa jeunesse, qui s’était fait comme le seul véritable antagoniste potentiel de Mussolini au sein du Parti national fasciste, et dont on soupçonnait qu’il avait beaucoup révisé ses idées sur le régime. À Grandi, par l’intermédiaire de médiateurs gracieux et de confiance, dont le comte d’Acquarone, ministre de la Maison Real, et Pietro Badoglio lui-même, se proposa l’occasion de faire tourner le dictateur et convenit que la saison du fascisme original, celle de l'"idée pure » des faisceaux de combat, était terminée et que le régime s’était désespérément édulcoré dans n’importe quel système de gestion du pouvoir. , ayant perdu tout espoir de survivre à lui-même.

Grandi a réussi à impliquer dans la fronde à la fois Giuseppe Bottai, un autre gerarca très important qui soutenait l’idée originale et « sociale » du fascisme en opérant sur les domaines de la culture, et Galeazzo Ciano, qui, en plus d’être ministre et très haut hiérarque lui aussi, était aussi le gendre du Duce. Ils ont donné naissance à l’Ordre du Jour qu’il présenterait à la réunion du Grand Conseil du Fascisme le 25 juillet 1943 et qui contenait l’invitation adressée au Roi de reprendre les rênes de la situation politique. Mussolini fut arrêté et remplacé par Badoglio, au lieu, comme on l’avait toujours dit à Grandi, par Enrico Caviglia.

La nomination de Badoglio ne signifiait pas une trêve, bien qu’il s’agissait d’un élément de la manœuvre savoyarde pour parvenir à la paix. À travers un grand nombre de gadgets, on a cherché un contact productif avec les puissances alliées, en essayant de reconstituer ces passages des négociations (toujours appelées spontanées et indépendantes) déjà tissées par Maria José, épouse d’Himbert de Savoie, qui pourraient cette fois mériter l’aval du Roi.Le général Castellano a été envoyé à Lisbonne pour rencontrer les envoyés alliés, mais il n’a pas pu mettre en œuvre la mission avec la précision que la situation dramatique exigeait. Castellano, en effet, n’a été autorisé à atteindre le territoire neutre qu’en train et a mis trois jours pour atteindre Madrid, puis Lisbonne. Castellano ne parlait pas anglais et pouvait se servir comme traducteur et assistant du consul Franco Montanari (qui l’accompagna plus tard jusqu’à Cassibile). Ce n’est que le 19 août qu’il s’est joint aux représentants du Commandement allié. Il est reparti le 23, arrivant finalement à Rome le 27 août. La mission avait duré quinze jours. Pendant ce temps, pour rejoindre l’envoyé italien, le général Rossi et le général Zanussi ont été envoyés à Lisbonne par avion, se présentant aux représentants alliés nouvellement répartis Castellano pour Rome. Ce choix a également engendré une certaine perplexité parmi les Alliés; En particulier, le général Zanussi, déjà attaché militaire à Berlin, n’était pas bien vu par les Alliés, mais confus par l’envoi de délégations aussi proches et sans coordination[64]. L’ambassadeur britannique Ronald Campbell et les deux généraux envoyés dans la capitale portugaise par le général Dwight David Eisenhower, l’Américain Walter Bedell Smith et le Britannique Kenneth Strong, ont reçu la disponibilité de Rome à la capitulation[65].

La proposition de capitulation n’était en réalité pas considérée avec beaucoup d’exaltation de la part des Alliés, car le sort de la guerre était déjà évidemment marqué vers une probable défaite prochaine des armées italiennes. Quoi qu’il en soit, la reddition aurait signifié une accélération du cours de la guerre vers la défaite allemande, même si elle pouvait limiter en partie les avantages que les forces alliées avaient l’intention de tirer de la victoire militaire[66].

Des commentaires ultérieurs faisant autorité, ainsi que la commémoration après la guerre par les acteurs concernés (dont l’un était Eisenhower), il a été déduit que c’était l’incertitude dans les relations entre les puissances alliées et l’intention d’éviter, à la guerre encore ouverte, des frictions dangereuses d’intérêt entre elles, qui poussait les Alliés à accepter d’en parler avec une attention concrète. Si l’Italie avait été conquise, par exemple, par les États-Unis (déjà en position de suprématie militaire dans l’alliance), l’Angleterre et l’URSS auraient évidemment distingué leurs positions pour s’assurer que les équilibres égaliseraient leur acquisition stratégique.et ils se battraient en leur nom, peut-être - éventuellement - même contre les Américains eux-mêmes. De plus, dans une éventuelle partition, il fallait absolument éviter (selon les autres) que l’Italie tombe aux mains des Britanniques, car Londres aurait pu monopoliser le trafic commercial, colonial et surtout pétrolier de la Méditerranée. Si Yalta n’était pas encore à la vue, on commençait à en sentir l’approche[66].

Accepter la capitulation (en renonçant à conquérir militairement l’Italie) est donc devenu le choix le plus utile, pour lequel dépenser beaucoup d’énergie diplomatique, tant du côté américain que des autres alliés.

Le 30 août, Badoglio convoqua Castellano, rentré le 27 de Lisbonne avec quelques perspectives. Le général a fait la demande d’une réunion en Sicile, qui avait déjà été conquise. La proposition a été présentée par les Alliés par l’intermédiaire de l’ambassadeur britannique au Vatican, D’Arcy Osborne, qui a coopéré étroitement avec son compatriote américain Myron Charles Taylor. On a conjecturé que le choix même de ce diplomate n’avait pas été fortuit, ce qui signifiait que le Vatican, déjà par l’intermédiaire de Montini bien plongé dans des négociations diplomatiques pour l’avenir de l’après-guerre, et soupçonné par le Quirinale d’avoir opposé la paix lors de négociations antérieures, a cette fois approuvé, ou du moins n’avait pas l’intention d’entraver, la poursuite d’un tel objectif.

Face à l’avancée incessante alliée et à la campagne de bombardements aériens et navals qui a envahi le reste de l’Italie, avant même que Catane ne soit occupée par les Britanniques le 5 août 1943 et que le dernier volet de terre sicilien ne soit évacué par les forces de l’Axe (occupation de Messine le 17 août), le roi a finalement décidé de se débarrasser de celui que les Italiens considéraient comme le premier responsable de la catastrophe. , en dénonçant et en faisant arrêter Benito Mussolini le 25 juillet 1943, juste après la méfiance qui lui avait été décrétée à la majorité la veille par le Grand Conseil du fascisme lui-même, à l’initiative de Dino Grandi. Le même Grandi, interrogé par le souverain sur la situation, l’a averti dès le 28 juillet 1943 du danger imminent et grave qu’il courait sur la nation si la chute de Mussolini n’était pas suivie d’un armistice avec les Alliés et de la rupture avec les Allemands et si les armes n’avaient pas été résolument dirigées contre eux:

"Si notre armée ne se défend pas et ne contre-attaque pas les forces d’invasion allemandes qui traversent déjà le Brenner, et que simultanément le gouvernement ne prend aucun contact sérieux avec les Alliés, je prévois des jours formidables pour la nation[67]".

(Dino Grandi)

La charge de Badoglio

Mussolini fut remplacé de manière express à la tête du gouvernement par le maréchal d’Italie Pietro Badoglio, un militaire piémontais largement compromis par les initiatives du régime fasciste et malgré la lourde peine fournit par ceux-ci durant la campagne de Grèce préféré par le souverain au grade identique Enrico Caviglia, duquel le même Grandi avait réchauffé la candidature, et qui semble qu'elle suspect pour être "trop filobritannique"

Le 31 juillet, le gouvernement Badoglio communiquait avoir décidé de déclarer Rome ville ouverte, demandant à tous les belligérants auxquels la déclaration pusse être acceptée. Le 13 août, les américains effectuèrent sur la ville une nouvelle et très loure inclusion aérienne[68].

Le 14 août, fut alors ramifié un communiqué officiel dans laquelle on disait que, "en manque d'évasion de la demande du 31 juillet", le gouvernement italien se voyait "contraint à la proclamation unilatérale, formelle et publique de Rome ville ouverte, en prenant les mesures nécessaires au norme du droit international". Le 22 août venait ramifié un autre communiqué officiel, dans laquelle on informait que, à l'occasion des survols des avions ennemis sur la capitale on n'aurait pas eu lieu de manifestation de défense contraire.

La vacuité des mots proliféré tardivement par le gouvernement Badoglio, qui s'était décidé déclarer de manière unilatérale Rome "ville ouverte" non avant de trente heure après le second bombardement qui l'avait bouleversé[69], a témoigné du fait que les Alliés avaient clarifié déjà de la chute de Mussolini, et avec chaque moyen que la déclaration de Rome "ville ouverte" par le gouvernement italien unilatéral et privé des demandes nécessaires de démilitarisation et vérifie de la part des observateurs neutres ne valait aucune valeur. Non au cas où la ville serait nouvellement bombardée, jusqu'à la libération, advenue le 4 juin 1944.

Entre temps, ayant vérifié l'incapacité ou la volonté manquée du roi et du gouvernement Badoglio de pouvoir adéquatement au grave danger qui incombait le Pays. Dino Grandi protégea l'Espagne franciste. Étant au contraire à Aldo Castellani, Grandi alla au Portugal sur ordre du Roi, afin de prendre contact avec les anglais. [70]

Armistice de Cassibile

À cause de l''avancé des Alliés au sud de l'Italie, le gouvernement italien, mis sous pression par le générale Eisenhower[71], le 3 septembre 1943, avait été signé à Cassibile la première version d'un armistice avec les anglais et les américains (le soit disant armistice court), abandonné par le fait de fait l'Alliance avec les allemands. L'accord avait été signé par le général Giuseppe Castellano. Le 3 septembre fut signé à Cassibile l'armistice avec les Alliées, qui l'annoncèrent le 8 septembre contrairement à ce qu'avait calculé Badoglio.

L'armistice avait été tenu secret pendant certains jours dans l'espérance vaine de tenir les allemands dans l'ignorance, qui au contraire préparaient secrètement l'opération Alaric, visant à prendre le contrôle complet de l'Italie. Cette opération était articulé en Axe, avec l'objectif de capturer la flotte militaire italienne, Schwartz voulu désarmer l'armée italienne, Eiche, pour la libération de Mussolini et Student qui devait prendre le contrôle de tout le territoire italien encore non envahit par les Alliés, instaurant un nouveau gouvernement fasciste (qui ne prévoyait pas une présence monarchique): On voulait en effet donne à l'armée italienne le temps de s'organiser contre la réaction des nazis, craignant la réaction allemande. Les opérations à tel but étaient confié au général Badoglio qui, comme chef du gouvernement, avait pris le poste de Mussolini le 27 juillet.

L'armée, laissée sans un plan clair d'action de riposte à une offensive de l'ex allié allemand, se trouva désorientée pour affronter les coups des nombreuses unités allemandes qui avaient été envoyés en Italie au lendemain de la chute de Mussolini. En effet, Badoglio, qui retenait qu'aux allemands se serait convenu de se retirer de l'Italie, comme aurait souhaité Rommel, communiqua que les troupes italiennes ne devaient pas prendre l'initiative d'attaques contre l'ex allié, mais se limiter à répondre.

Entre la nuit du 8 au 9 le Roi, après une hésitation initiale et convaincu par Badoglio de la nécessité de ne pas tomber dans les mains allemandes, fuit à Rome à la fois de Brindisi, ville libre du contrôle allemand et non occupée par les anglo-américains, arrivant le matin du 9 septembre dans le bourg des Abruzzes de Crecchio à peu de kilomètres d'Ortona, invité au Château ducal de la famille des ducs de Bovino. L'État Majeur répliqua au contraire à Chieti, à une trentaine de kilomètres de distance de Crecchio, près du Palais Mezzanotte. Passa une journée au château, jouissant de toutes les faveurs disponibles à sa personne, Victor Emmnanuel poursuivit la fugue embarquant à Ortona sur la Corvette Baionetta. À la défense de Rome, déclarée ville ouverte. Le Roi laissa son gendre, le général Giorgio Carlo Calvi de Bergolo, commandant du Corps d'armée de la ville. Toutefois, le maréchal Badoglio, qui croyait probablement encore pouvoir rejoindre un quelconque accord avec l'Allemagne, ne donna pas l'ordre d'appliquer le plan militaire élaboré par le Haut commandement pour affronter un changement éventuel de front[72]. Suivirent de dures représailles allemandes contre l'armée italienne, la plus connue est le Massacre de la division Acqui autrement dit le Massacre de Cephalonie

Le 12 septembre 1943 les allemands libérèrent Mussolini, au cours d'une opération militaire, Mussolini le le 25 septembre proclama la naissance de la République Sociale Italienne à Salo, divisant ainsi de fait l'Italie en deux. Cette situation se termina le 25 avril 1945 , quand une offensive alliée et du Royaume Armée reconstruit avec l’insurrection générale proclamé par le Comité de libération nationale amenèrent les troupes de l'Axe à la Capitulation.

La Fugue vers Brindisi

Juste après six heures, des soldats, debout sur les trottoirs devant les bâtiments du ministère de la Guerre et de l'état-major, saluent ; mais les autres, pour la plupart, restent tels qu'ils sont, la casquette de travers, le visage sombre, les mains dans les poches. Ils flairent la fuite des dirigeants. »
(Témoignage du général Giacomo Zanussi, officier en charge du chef d'état-major Mario Roatta, en fuite avec son supérieur, rapporté dans Arrigo Petacco, La Seconde Guerre mondiale, Armando Curcio Editore, Rome, p. 1171

Le soir du 8 septembre 1943, coïncidant avec l'annonce de l'armistice signé cinq jours plus tôt, divers commandements et garnisons italiens à l'intérieur et à l'étranger sont attaqués ou débordés par les Allemands, de sorte que le roi et le gouvernement Badoglio craignent un coup. main nazie pour s'emparer de la capitale (intervention qui a alors eu lieu à temps et s'est achevée le 10 septembre). Au lieu d'organiser la défense de la capitale - ce qui était également militairement possible, comme l'attestèrent plus tard les Allemands eux-mêmes -, ils décidèrent de se dépêcher de quitter Rome. Les hypothèses d'atteindre la Sardaigne par bateau tombèrent rapidement (d'où les forces germaniques présentes, la 90e Panzer Grenadier Division, se dirigeaient déjà vers la Corse pour consolider le contrôle), en raison de l'occupation rapide par les Allemands des bases navales de Gaeta et Civitavecchia, la l'hypothèse s'est faite de se tourner vers le front adriatique, particulièrement dépourvu de forces germaniques, pour finir par choisir la via Tiburtina comme échappatoire pour rejoindre le port d'Ortona.

La fuga parallela dei diplomatici tedeschi
Après la chute de Mussolini, le 25 juillet 1943, l'ambassadeur d'Allemagne en Italie, von Mackensen, est rappelé dans son pays natal, accusé par Hitler de n'avoir pas pu prévenir Berlin du « coup d'État » contre le chef de la fascisme. À la Villa Wolkonsky, alors siège de l'ambassade d'Allemagne à Rome, Rudolf Rahn le remplace comme chargé d'affaires. Cependant, malgré le précédent du 25 juillet, ni Rahn ni le consul allemand à Rome, Eitel Friedrich Moellhausen, n'ont pu anticiper la nouvelle de l'armistice italien du 8 septembre. Rahn étonné reçut la nouvelle directement du ministre des Affaires étrangères de Badoglio, Raffaele Guariglia, qui ne la lui communiqua personnellement que vers 19h45 le 8, coïncidant presque avec la diffusion radio de l'annonce de la fin des hostilités envers les Anglo-Américains . . . Guariglia a personnellement et franchement illustré la situation à ses interlocuteurs allemands qui, ayant par conséquent une idée claire de l'ampleur de l'événement, ont sans délai tiré des conclusions drastiques et, informé Berlin de l'événement extraordinaire, demandé et obtenu l'autorisation de partir dans les plus brefs délais. Capitale italienne. La destruction des dossiers et documents secrets et sensibles de l'ambassade a donc été lancée à la hâte ; puis le personnel, grâce aussi à l'aide d'amis et de collègues italiens d'autres légations, s'est chargé en quelques heures de régler tout en suspens, de la clôture des comptes courants bancaires à la résiliation des contrats de location. Le ministère italien des Affaires étrangères, démontrant cette organisation et cette froideur qui, le soir du 8 septembre, semblaient faire totalement défaut au Quirinal et au Palazzo Baracchini (siège du ministère de la Guerre), fit préparer à la gare Termini un train spécial pour rapatrier les diplomates. .

Rahn et Moellhausen n'avaient aucun doute sur ce qu'il fallait faire, et ils ne s'attendaient pas non plus à ce que la capitale italienne tombe immédiatement aux mains des Allemands et ont donc convenu, avec le personnel de l'ambassade, d'utiliser certainement le train pour quitter Rome dès que possible, niant combien de ex post a fait valoir que la perspective d'une occupation nazie rapide était évidente et inévitable. Le train des diplomates allemands a quitté la gare au milieu de la nuit, juste avant que le petit cortège de voitures avec la famille royale d'Italie à son bord ne quitte furtivement le ministère de la Guerre (une entrée secondaire dans via Napoli a été utilisée) en direction de via Tiburtina. Selon Moellhausen, le train s'est rendu à Terni, où il a été dévié vers la côte adriatique, sans que personne ne sache jusqu'où il pouvait aller. Le train, dans lequel se trouvaient également plusieurs Italiens, est resté à l'arrêt dans une petite gare, pendant presque toute la journée du 9, sans que les diplomates allemands aient pu contacter leurs supérieurs, jusqu'à ce qu'un chef de gare convainc un conducteur de redémarrer le train. Vers le Nord. Le convoi atteignit finalement Vérone, que les passagers en fuite trouvèrent déjà tombée aux mains des Allemands : Moellhausen et Rahn purent ainsi contacter leurs supérieurs à Berlin. Émerveillés, ils reçoivent l'ordre de rentrer immédiatement à Rome, avec tout l'état-major : la capitale italienne, apprennent-ils, a été abandonnée par le roi et le gouvernement et, laissée sans défense cohérente, est désormais contrôlée par les soldats allemands.

Certaines des tâches les plus importantes ont été déléguées à ceux qui devaient rester : la présidence du gouvernement a été confiée à la hâte à Umberto Ricci, alors ministre de l'Intérieur. Mario Roatta, chef d'état-major adjoint (également en fuite), a donné de brèves instructions sur la conduite à tenir au général Giacomo Carboni, lui ordonnant notamment d'organiser deux des plus puissantes formations militaires italiennes (la division blindée Ariete et la division motorisée Piave division ) placés en défense de la capitale ont abandonné la défense de Rome et ont plutôt été aménagés, en fait, pour défendre la voie de fuite choisie par le roi, la via Tiburtina, quittant Rome et s'alignant à califourchon sur la route vers Tivoli (dans laquelle il devrait également être transféré au commandement du corps d'armée), afin d'empêcher toute attaque germanique dans cette direction.

«Roatta : Pouvez-vous déplacer vos divisions immédiatement ?

Carboni : Pourquoi ?

Roatta : Nous ne pouvons pas nous défendre à Rome, nous sommes pris au piège. J'écrivais l'ordre de déplacer votre corps d'armée à Tivoli.

Carboni : Je peux immédiatement déplacer la division 'Piave' et la quasi-totalité d'Aries' ; Je crois aussi que la partie de cette division qui ne peut pas bouger dans l'immédiat pourra se désengager rapidement sans difficulté. Pour la 'Centaure' il faut garder à l'esprit que ce sera plus un écueil qu'un avantage de l'avoir avec nous..."

(da G. Carboni, “L’armistizio e la difesa di Roma - Verità e menzogne”)[73]

Dans la discussion entre Roatta et Carboni, il faut garder à l'esprit que ce dernier avait également le grade de commissaire du service de renseignement militaire, et en tout cas il n'y a pas de reconstruction similaire de Roatta[74]. D'après le dialogue, il est également clair que, de la loyauté de la division blindée Centauro II, appelée jusqu'à quelques semaines plus tôt 1st Armored Division of Blackshirts "M" (formée par plusieurs bataillons M ainsi que par une aliquote du Centaur dissous) , le commandement suprême dont il n'était pas sûr[75],[73]et a donc préféré la retirer de la voie d'évacuation. Entre le 9 et le 10 septembre, dans la bataille que les soldats italiens, laissés à eux-mêmes, et les citoyens se sont battus pour s'opposer à l'occupation nazie, alors que le roi et le gouvernement étaient en fuite, ils sont tombés - dans les combats au sud de la capitale, à Montagnola , à Porta San Paolo et le long de la Via Cassia - environ mille trois cents entre militaires et civils.

À l'aube du 9 septembre, Victor Emmanuel III de Savoie monta à bord du Fiat 2800 gris-vert de ce dernier avec la reine Elena, le général Puntoni et le lieutenant-colonel De Buzzacarini. Badoglio avec Duke Pietro d'Acquarone et Valenzano dans la deuxième voiture, tandis que Prince Humbert a pris sa place dans une troisième voiture. Le petit convoi a quitté Rome sur la Via Tiburtina.

Tous les autres membres de la famille royale étaient absents, dont certains ont ensuite été arrêtés par les Allemands et internés en Allemagne (la princesse héritière et ses enfants ont cependant réussi à fuir en Suisse). La princesse Mafalda de Savoie, mariée au prince de Hesse et qui était alors en Bulgarie, n'a pas été prévenue de la fuite des Royals de Rome et de l'armistice (elle a été prévenue lors du voyage de retour en Italie, mais elle a voulu continuer [citation nécessaire]). Elle tombe ensuite facilement prisonnière des nazis et est déportée au camp de concentration de Buchenwald où, mise à rude épreuve par son emprisonnement, elle meurt des suites de blessures subies lors d'un bombardement allié.

Après le petit cortège de voitures avec des membres de la famille royale à bord, à intervalles réguliers, les autres généraux se déplaçaient tandis que deux voitures blindées sur lesquelles était transporté le général Zanussi escortaient le convoi en fuite.

La voiture dans laquelle se trouvait Badoglio tomba en panne en chemin et il passa donc dans la voiture du prince Humbert qui, le voyant froid, lui prêta son manteau. Badoglio a pris soin de retrousser ses manches pour éviter que les degrés ne soient visibles.

Au cours du voyage, le prince Humbert a exprimé à plusieurs reprises des hésitations, exprimant le désir de retourner à Rome et de conduire les troupes italiennes à sa défense. Cependant, Badoglio l'a brutalement incité à renoncer à ses intentions, affirmant qu'il était son supérieur dans la hiérarchie militaire[76].De plus, la voiture a été arrêtée par trois barrages routiers allemands, qui ont été facilement contournés de toute façon avec le simple avertissement qu'il y avait des "officiers généraux" à bord[77].

Dans l'après-midi, les voitures ont atteint l'aéroport de Pescara, où se trouvait un groupe de vol commandé par le prince Carlo Ruspoli qui, ayant entendu parler des intentions des Royals, a exprimé son étonnement et son dédain pour cette évasion ; Victor Emmanuel III se cachera derrière les obligations constitutionnelles "Je dois obéir aux décisions de mon gouvernement". À ce stade, cependant, l'utilisation de l'avion a été exclue par crainte d'éventuelles rébellions : même les pilotes opérant dans la zone n'ont pas accepté de participer à une action qu'ils considéraient comme inconvenante[71], une autre explication possible (avancée par Badoglio dans son ouvrage l'Italie pendant la Seconde Guerre mondiale) était le fait que « la reine souffrant de cœur, ne pouvait supporter la fuite[78],[79]».

Il fut donc décidé de poursuivre le voyage en bateau à partir du port d'Ortona. Le roi passa la nuit au château de Crecchio, propriété des ducs de Bovino. L'état-major général et la noblesse en remorque ont réparé à Chieti, dans le Palazzo Mezzanotte, devant la cathédrale.

La corvette Baionetta a été appelée au port de Pescara depuis Zara, le croiseur Scipione l'Africano et la corvette Scimitarra depuis Tarente. La population de la ville, cependant, a appris l'évasion, a manifesté son indignation et, pour éviter les problèmes, le groupe de fugitifs et les navires qui leur étaient destinés ont été détournés vers le port d'Ortona. Badoglio, qui est descendu de Chieti au milieu de la nuit, est le seul à avoir réussi à embarquer à Pescara.

Le lendemain matin, le roi et sa suite s'embarquèrent d'Ortona sur la corvette Baionetta qui les conduisit à Brindisi, qui à l'époque n'était pas sous le contrôle des Alliés, ni des Allemands[25]. L'embarquement vers la sécurité a été dramatique : une foule hurlante de 250 officiers avec beaucoup de famille et de connaissances, attendant déjà le roi, avait en effet tenté (la plupart du temps en vain) de se joindre à la fête. Le navire n'a pas accosté, mais autant de personnes que possible ont été entassées dans la chaloupe envoyée au quai. Beaucoup, militaires et autres, à la suite du roi qui n'ont pas pu embarquer, sont retournés à Chieti d'où, après avoir abandonné leurs biens et s'être procuré des vêtements civils et anonymes, ils se sont cachés.

Pendant le voyage la compagnie fut suivie par un éclaireur allemand qui documenta le vol des Royals avec des photographies, mais rien ne suivit ce contrôle. À leur arrivée à destination, les membres de la famille royale ont été accueillis par l'amiral Rubartelli, qui avait le contrôle total de la zone et a été stupéfait par l'apparition soudaine de Victor Emmanuel.

Il existe des soupçons fondés selon lesquels Badoglio avait déjà transféré des richesses considérables dans les Pouilles[79] depuis un certain temps. De plus, il semble que depuis début septembre, la femme et la fille de Badoglio aient déménagé en toute sécurité en Suisse.[Citation nécessaire] Des doutes ont également été soulevés sur la figure du roi concernant la loyauté envers le pays, d'un point de vue économique; dans l'un de ses livres, Indro Montanelli[80] soutient que le roi gardait d'importants dépôts d'argent en Grande-Bretagne.

Après la fugue

Après s'être installé à Brindisi, le groupe repris les tractations avec les alliés. Ces derniers considéraient comme confirmé leur image de l'Italie celle d'un interlocuteur changeant et indigne de confiance, envoyé par Eisenhower pour les négociations, le général Mason MacFarlane et ses conseillers arrivèrent dans les Pouilles surpris de trouver une équipe politique totalement pas préparé aux négociations et même ignare du texte de l'armistice court (c'est-à-dire celui signé à Castellano le 3 septembre[81]). Paradoxalement, la méfiance des alliés vers Badoglio finit par ressembler celle que les allemands cultivaient pour le gouvernement italien.

Le 27 septembre arrivèrent à Brindisi deux représentants des alliés: Harold Macmillan et William Francis Murphy donnèrent à Badoglio le texte intitulé "capitulation inconditionnelle" qui sera signé par Badoglio à Malte le 29 septembre. Ce texte, articulé en 44 articles, sera appelé armistice long et définira les conditions sévères de la capitulation italienne. Entre autres le 13 octobre l'Italie a formellement déclaré la guerre à l'Allemagne, condition demandé dans les clauses de la capitulation pour acquérir le statut de la part des cobelligérants.[82]

Au nord du front des combats, pendant ce temps, la division de l'Italie s'était formalisé; presque toute la totalité du territoire italien au nord du front fut confié au contrôle de Mussolini, libéré par les allemands le 12 septembre et tout de suite traduit en allemand par une rencontre avec Hitler[83]. On établissait ainsi au nord la République Sociale italienne: les allemands avaient occupés le nord réussissant à mettre en acte une bonne partie des points des Opérations Alarique, exception faite pour la capture de la flotte italienne qui, a part un nombre constant d'unité mineure, était partie vers les ports Alliés.

Dans la partie méridionale, cependant, ce qu'on appelle parfois le royaume du Sud faisait ses premiers pas.

Royaume du Sud

La fugue du Roi et des ministres miliaires à Brindisi laissa l'armée entière italienne disloquée en patrie et sur tous les fronts de guerre sans ordre, à l'abandon complet, en permettant à l'armée allemande de réalise sans problème l' Opération Achse et sanctionnant les défaites de l'armée italienne les plus graves dans l'arc de 10 jours subit 20 000 pertes et outre 800 000 prisonniers.

Toutefois la fugue permis la continuité formelle de l'état surtout aux yeux des Alliés.

De cette manière les Alliés voyaient garantie la validité de l'armistice alors que la présence d'un gouvernement légitime évitait à l'Italie l'instauration d'un régime dur d'occupation, au moins dans les zones méridionales[84]. À Brindisi fut fixé le siège du gouvernement, assurant la reconnaissance, Victor Emmanuel déclara formellement la guerre au Troisième Reich le 13 octobre et les Alliés accordèrent à l'Italie le statut de "nation cobelligérante".

Entre temps on procéda à la réorganisation de l'armée. Le Roi dut affronter le front des partit politiques reconstruits, alors encore des comités de notables, en particulier de ceux réunis dans le CLN de Rome présidé par Bonomi. Aussi de la part des notables restés lis à la Couronne, dont Benedetto Croce dans un discours axé au Congrès de Bari, furent soulevé les demandes d'abdication du souverain.

Mais Victor Emmanuel ne céda non plus devant les fortes pressions exercés par les anglo-américains, voulant ainsi défendre le principe monarchique et dynastique qu'il représentait et, en même temps, tenant de réaffirmer au moins formellement l’indépendance de l'État et des ingérences externes, si bien qu'il fut noté que différentes clauses de l'ainsi dit "armistice long", de caractère essentiellement politique, faisaient aggraver une hypothèse très lourde sur l'Indépendance de l'État en présence des Nations Unis qu'il l'avait contraint à une capitulation sans conditions.

Après le débarquement des Alliés en Sicile, l'armistice de Cassibile, son annonce du 8 septembre et la fuite du roi de Rome, le gouvernement Badoglio, qui s'est installé à Brindisi, a maintenu la structure constitutionnelle du royaume d'Italie, essayant de reconstruire l'État l'administration, puisque presque tous les fonctionnaires et employés ministériels étaient piégés dans la capitale.

Vittorio Emanuele III a annoncé dans la soirée du 10 septembre, dans un message enregistré diffusé par Radio Bari, les raisons qui l'avaient poussé à quitter Rome :

"Pour le bien suprême de mon pays, qui a toujours été ma première pensée et le but de ma vie, et afin d'éviter des souffrances plus graves et des sacrifices plus importants, j'ai autorisé la demande d'armistice. Italiens, pour la sécurité de la capitale et pour pouvoir remplir pleinement mes devoirs de Roi, auprès du Gouvernement et des Autorités Militaires, je me suis déplacé vers un autre point du sol national sacré et libre. Italiens ! Je compte sur vous avec confiance pour chaque événement, comme vous pouvez compter sur votre Roi, jusqu'au sacrifice ultime. Que Dieu assiste l'Italie dans cette heure grave de son histoire. "
((Victor Emmanuel III sur Radio Bari, 10 septembre 1943))

Pour les Alliés, il fallait qu'il y ait dans l'Italie libérée un gouvernement capable d'exercer un pouvoir légitime s'opposant à celui de la République sociale italienne établie à Salò. Pour cette raison, dès le 19 septembre, les provinces des Pouilles de Bari, Brindisi, Lecce et Tarente et la Sardaigne n'étaient pas placées sous le contrôle de l'Administration militaire alliée des territoires occupés (AMGOT), mais reconnues indépendantes et confiées au gouvernement de Badoglio. , bien que sous le contrôle étroit de la Commission de contrôle alliée.

Un des premiers actes du gouvernement installé à L'un des premiers actes du gouvernement qui a pris ses fonctions à Brindisi a été la signature de l'armistice dit long, complété par l'armistice court signé à Cassibile le 3 septembre. Tout en appliquant le principe de la capitulation inconditionnelle, les Alliés s'engagent à assouplir les conditions au prorata de l'aide que l'Italie apportera dans la lutte contre les nazis.

Le 13 octobre, le gouvernement déclare la guerre à l'Allemagne. D'un point de vue politique, cette déclaration était très importante, puisqu'elle plaçait l'Italie au sein des forces alliées, mais avec la qualification de cobelligérant. À partir de ce moment, le gouvernement italien commença lentement à acquérir une plus grande autonomie. Dans cette première phase, seules la Sardaigne et les provinces des Pouilles étaient sous contrôle gouvernemental, tandis que le reste du territoire libéré restait sous le contrôle de l'administration militaire alliée. L'installation du deuxième gouvernement Badoglio à Salerne en avril 1944.

Lieutenance à son fils et abdication

Il 12 avril 1944 un message à la radio défendait enfin la décision du Souverain de nommer son fils Humbert lieutenant et libération de la Capitale advenue. La solution de la Lieutenance, institué déjà par la Maison de Savoie avait eu plusieurs fois recours dans le passé était .encouragé par le monarchiste Enrico de Nicolas et une de ses rencontre avec le Chef de l'Etat[85]. Le 5 juin il confia à Humbert la Lieutenance du Royaume sans abdiquer.

Début 1944, Benedetto Croce affirma; "Tant que la personne du roi actuel reste à la tête de l'Etat, on sent que le fascisme n'est pas fini, qu'il reste attaché à nous, qu'il continue de nous ronger et de nous affaiblir, qu'il va resurgir plus ou moins déguisé"[86]. En 1945, Arturo Toscanini déclara au Time :"Je suis fier de revenir en tant que citoyen de l'Italie libre, mais pas en tant que sujet du roi dégénéré et du prince de la maison de Savoie."[87]

Le 5 juin 1944 est une date qui marque le passage des pouvoirs du roi à son fils Humbert, qui ainsi exercera les prérogatives du souverain au Quirinal, sans toutefois posséder la dignité du roi, avec Victor Emmanuel qui resta à Salerne.

Le souverain, dans une tentative extrême mais tardive de sauver la monarchie, abdique le 9 mai 1946 à Naples en faveur de son fils Umberto II de Savoie environ un mois avant le référendum institutionnel du 2 juin ; l'authentification de la signature du roi, plutôt que par le Premier ministre, a été faite par un notaire (Nicola Angrisano du collège des notaires de Naples). Le soir même, il embarque sur le Duc des Abruzzes pour gagner l'Egypte, en exil volontaire.

Abdication de Victor Emmanuel III

L'abdication de Victor Emmanuel III fut l'acte dans lequel le 9 mai 1946 le Roi Victor Emmanuel III, renonça aussi au titre formel de roi, en faveur de son fils Humbert II, qui revêtait déjà le rôle de lieutenant du royaume.

Victor Emmanuel déjà le 5 juin 1944, le lendemain de la libération de Rome, avait cessé d'exercer les fonctions de souverain, en nommant son fils "Lieutenant général du Royaume".

Le roi était d'abord réticent à abdiquer, et les partis politiques du C.L.N. ils auraient préféré ne pas changer la situation déjà très délicate. En mai 1946, l'abdication est perçue par les milieux monarchiques comme la seule possibilité de diviser le sort de la Maison de Savoie, désapprouvée pour le soutien offert depuis 20 ans au fascisme et à Mussolini en particulier, et à l'avenir de la monarchie en Italie.

De plus, il ne faut pas oublier que l'abdication a eu lieu sans tenir compte du décret du lieutenant n. 151 du 25 juin 1944 [89]et à l'art. 2 du décret-loi de lieutenant nº 98 du 16 mars 1946[90], qui prévoyait le maintien du régime de lieutenant jusqu'à la consultation électorale pour l'élection de l'Assemblée constituante. Le premier projet était, en effet, de laisser le choix de la forme de l'État aux constituants ; dans un second temps le référendum a été choisi mais, en tout cas, toujours dans le régime de lieutenant de son fils Humbert.

L'abdication a eu lieu à Ravello, sur la côte amalfitaine, où le roi vivait à Villa Episcopio. Sur la base de la loi Attributions et prérogatives du chef du gouvernement, les fonctions de notaire de la couronne auraient appartenu au chef du gouvernement[91], qui était alors Alcide De Gasperi, mais il n'a pas été jugé opportun de à De Gasperi pour entériner un acte formellement illégal et la légalisation de la signature du roi a été certifiée par un notaire, un professionnel normal avec études à Naples[92],. Un communiqué officiel a ensuite été publié : « Aujourd'hui à 15h15 à Naples, le roi Victor Emmanuel III a signé l'acte d'abdication et, selon la coutume, est parti en exil volontaire. Dès que le nouveau roi Humbert II reviendra à Rome sera officiellement notifié au Conseil des ministres[93] ».

L'abdication a été durement critiquée par la presse de gauche italienne : Unità a qualifié la décision du souverain d'« acte ignoble et grotesque » et Avanti ! il a qualifié Victor Emmanuel III de « roi fasciste » (décrivant également le nouveau roi Humbert II de « prince fasciste »). Plus modéré était le quotidien démocrate-chrétien Il Popolo, qui soulignait que l'abdication du souverain n'aurait pas freiné l'engagement des démocrates-chrétiens en faveur du référendum institutionnel.

Victor Emmanuel a pris le titre de comte de Pollenzo, qui fait référence à une localité de la municipalité de Bra, un fief qui appartenait à la famille Romagnano au XVIIIe siècle, mais passa ensuite aux Savoie. Carlo Alberto y avait construit un magnifique château.

Le soir même de l'abdication, le roi, devenu comte de Pollenzo, et la reine Elena s'embarquèrent sur le duc des Abruzzes et, en exil volontaire, ils s'installèrent en Egypte, invités du roi Farouk Ier. L'ancien souverain mourut donc , à Alexandrie en Egypte, le 28 décembre 1947.

Exil et mort, rapatriement du corps

Il abdique en faveur de son fils qui prend le titre d'Humbert II le , mais un référendum met fin à la monarchie en Italie le et la remplace par une république.

Victor-Emmanuel III meurt en exil à Alexandrie en Égypte (accueilli par le roi Farouk) le , entre la promulgation de la Constitution de la République italienne et son entrée en vigueur ; celle-ci dispose que « l'entrée et le séjour sur le territoire national sont interdits aux anciens rois de la maison de Savoie, à leurs épouses et à leurs descendants mâles »[95].

Il est enterré dans la cathédrale Sainte-Catherine d'Alexandrie, où il repose derrière le maître-autel pendant soixante-dix ans. Le , ses restes sont finalement rapatriés à bord d'un appareil de l'armée de l'air italienne et inhumés au sanctuaire de Vicoforte, auprès de ceux de son épouse[96].


Aspect physique

Contrairement à son cousin paternel au second degré, Amédée II de Savoie-Aoste, qui était un homme de très grande taille mesurant 1,98 mètre, Victor-Emmanuel était très petit, même selon les standards du xixe siècle, sa étant taille estimée à 1,53 mètre, ce qui lui valut le surnom de piccolo re (« petit roi »).

Numismatique

Il fit des études de numismatique et grand collectionneur de pièces. Victor Emmanuel était un des collectionneurs de pièces les plus prolifiques de son époque; il avait environ 100 000 pièces qui dataient de la chute de l'Empire Romain jusqu'à l'Unification de l'Italie en 1897 devenant ainsi le président honoraire de la nouvelle Société de Numismatique italienne, depuis sa création.En 1900 il acquis des héritiers la collection Marignoli composée d'environ 35 000 exemplaires en trois métaux[97],. Publia le Corpus Nummorum Italicorum (1909-1943)[99],[100],[101] œuvre en 20 volumes où sont classées et décrites les monnaies italiennes.il Laissa l'œuvre inachevée, en fit don à l'État italien. Son activité numismate fut récompensé en 1904 avec l'obtention de la médaille de la Royal Numismatique Society. Il a été membre actif de la société suisse de numismate[102]

Il voulut une monnaie circulante riche et variée, donnant ainsi naissance à une vraie et propre collection parmi les plus belles et suivies. Fit frapper en outre beaucoup de monnaies en nombre limité exclusivement pour les numismates. Au départ en Égypte le 9 mai 1946, le Roi écrit au président du conseil, Alcide De Gasperi: "Monsieur le président, je laisse au peuple italien la collection de pièces de monnaie qui a été la plus grande passion de ma vie'[103],'. A son abdication, la collection fut donné au peuple italien, sauf les pièces de la Maison de Savoie qu'il emmena avec lui en Egypte:A la mort d'Humbert 2 en 1983, les pièces des Savoie rejoignirent le reste de la collection dans le sous-sol du Palazzo Massimo alle terme, autrement dit du Musée National de Rome.

Corpus Nummorum Italicorum[100]

Cet ouvrage est également appelé CNI, a été écrit par Victor Emmanuel lII de Savoie et les adjuvants des plus grands experts numismates de on temps. Première tentative d'un catalogue générale des monnaies médiévales et modernes frappées en Italie ou par des Italiens dans d'Autres Pays. Il est aujourd'hui encore fondamental pour l'étude et la classification des émissions des diverses monnaies italienne à partir du Moye-âge. L'œuvre, prévue initialement en 10-12 volumes, resta inachevé à cause de l'éclatement de la Seconde guerre mondiale. i

Il est composé de 20 volumes monumentaux bleu pâle (la couleur de la Maison de Savoie), sauf les exemplaires envoyés en don aux chefs d'État et collaborateurs qui sont en relié en toile bleue avec la tranche supérieure doré. Le premier volume fut publié en 1910, le vingtième (très rare) en 1943

Le sixième volume, comprend les Monnaies mineures des Trois Vénétie, de la Dalmatie, et de l'Albanie, sorti en retard, après la publication des septième et huitièmes volumes. Celui ci est recherché dans l'attente de la sortie de la Première guerre mondiale. À la Cour de Vienne on ne voyait pas d'un bon œil que les bureaux monétaires entre les frontières de l'Empire Austro-hongrois furent inséré dans le Corpus et chargèrent le numismate de Rovereto Quintillo Perini d'écrire au roi d'Italie, en le priant qu'il veuille au moins publier les monnaies de ces régions comme suppléments à la fin du volume. À ce désir, le roi ne voulut pas car il ne voulait pas correspondre, car ayant déjà publié les monnaies des régions comme la Corse, la Savoie et le Canton Ticin, qui ne faisaient plus partie de l'Italie, ne voulait pas déroger la règle celles du Trentin et de l'Istrie. Quintilio Perini fut accusé par les autrichiens de haute trahisoin et alla ensuite à Milan jusqu'au terme de la guerre, le sixième volume fut publié quatre ans après 1922.

Liste des volumes

  • Volume 1 Maison de Savoie, Turin, Chambéry et les autres sièges des Savoie 1910[99]
  • Volume 2 Piémont et Sardaigne sauf les sièges des Savoie déjà dans le Premier volume, 1911
  • Volume 3 Ligurie et Corse, 1912
  • Volume 4 Lombardie (sauf Milan), 1913[99]
  • Volume 5 Lombardie (Milan) , 1914[99]
  • Volume 6 Vénétie monnaie mineure (sauf Venise), Dalmatie, Albanie, 1922[99]
  • Volume 7 Venise 1er tome (de 814 jusqu'au doge Marino Grimani), 1915[99]
  • Volume 8 Venise 2º tome (du doge Leonardo Donà al 1866), 1917[99]
  • Volume 9 Émilie 1º tome (partie occidentale occidentale de Plaisance à Modène), 1925[99]
  • Volume 10 Émilie 2º tomo (partie orientale, de Bologne à la côte), 1927[99]
  • Volume 11 Toscane (sauf Florence), 1929
  • Volume 12 Toscane (Florence), 1930
  • Volume 13 Marches, 1932
  • Volume 14 Ombrie, Latium (monnaie mineures), 1933
  • Volume 15 Rome 1º tome – De la chute de l'Empire romain à ; 1572 1934[99]
  • Volume 16 Rome 2º tome – De 1572 a 1700, 1936[99]
  • Volume 17 Rome 3º tome – De 1700 al 1870 (après 1870 volume 1), 1938[99]
  • Volume 18 Italie Méridionale continentale (monnaies mineures) , 1939
  • Volume 19 Italie Méridionale continentale (Naples 1º tome – De 665 al 1556), 1940
  • Volume 20 Italie Méridionale Continentale (Naples 2º tome - De Philippe II à la fermeture de la Monnaie), 1943 volume qui n'a jamais été publié de manière officielle.
La tombe de Victor-Emmanuel III au sanctuaire de Vicoforte.

Épithètes

Durant son long règne, Victor Emmanuel III reçut par la presse, par les hommes éminents de la culture ou des politiciens conformément à certains épithète passés à l'histoire. Les épithètes de film de propagande de célébration sont liés à la Grande guerre, à sa présence assidue au front, et à sa "haute conduite" des opérations belliqueuses qui emmenèrent le Règne à la victoire sur l'ennemi traditionnel de l l'Unité italienne : "Roi soldat", "Roi de Peschiera, " Roi de la Victoire ", ou simplement" Roi Victorieux[104] ".

De reflet à sa politique emprunté aux idées de paix et protection sociale, fut peint comme le" Roi socialiste " et également, pour son appui a Giolitti fut connue comme le" Roi bourgeois "[105].

Après le 8 septembre il fut aussi appelé par les fascistes de Salô "Roi Félon", surnom qui resta dans une certaine presse[106].

Certaines caractéristiques physiques furent à l'origine d'autres surnoms idéalisés dans les environnements antimonarchiques ou fruit de trouvailles goliardiques. Le Roi fut surnommé "Sabre" à cause de sa taille basse (1,53 m), qui aurait rendu nécessaire le forgeage d'un sabre particulièrement court, à éviter qu'il grince sur le terrain[107]. Toujours avec référence à la stature, fut appelé "Roi Bouchon" ; Mussolini le définit le "Roi carnet[108]".

Également, le Duc d Aoste, en faisant référence à Victor Emmanuel et à la reine Hélène (d'origine monténégrine), le définit "Curtatone a Montanara", en gagnant l'éloignement de la Cour et une mission en Afrique[106].

Famille

Le , Victor-Emmanuel III, alors prince héritier, épouse à Rome Hélène de Monténégro, fille du roi Nicolas Ier de Monténégro[109].

De cette union naissent :

Généalogie

Ascendance de Victor-Emmanuel III

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan
 
 
 
 
 
 
 
Charles-Albert (roi de Sardaigne)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie-Christine de Saxe
 
 
 
 
 
 
 
Victor-Emmanuel II
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ferdinand III de Toscane
 
 
 
 
 
 
 
Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane (1801-1855)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louise de Bourbon-Siciles (1773-1802)
 
 
 
 
 
 
 
Humbert Ier (roi d'Italie)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Léopold II (empereur du Saint-Empire)
 
 
 
 
 
 
 
Rainier d'Autriche (1783-1853)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie-Louise d'Espagne (1745-1792)
 
 
 
 
 
 
 
Adélaïde de Habsbourg-Lorraine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan
 
 
 
 
 
 
 
Élisabeth de Savoie-Carignan
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie-Christine de Saxe
 
 
 
 
 
 
 
Victor-Emmanuel III de Savoie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan
 
 
 
 
 
 
 
Charles-Albert (roi de Sardaigne)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie-Christine de Saxe
 
 
 
 
 
 
 
Ferdinand de Savoie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ferdinand III de Toscane
 
 
 
 
 
 
 
Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane (1801-1855)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louise de Bourbon-Siciles (1773-1802)
 
 
 
 
 
 
 
Marguerite de Savoie (reine d'Italie)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Maximilien de Saxe (1759-1838)
 
 
 
 
 
 
 
Jean Ier (roi de Saxe)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Caroline de Bourbon-Parme
 
 
 
 
 
 
 
Élisabeth de Saxe (1830-1912)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Maximilien Ier (roi de Bavière)
 
 
 
 
 
 
 
Amélie de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Caroline de Bade
 
 
 
 
 
 

L'arbre généalogique de Victor Emmanuel met bien en évidence le niveau élevé de consanguinité des mariages contractés dans les générations précédentes. À trois reprises ses trisaïeux sont Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan et son épouse Marie-Christine de Saxe (1770-1851). À deux reprises ses trisaïeux sont Ferdinand III de Toscane et son épouse Louise de Bourbon-Siciles (1773-1802). À deux reprises ses bisaïeux sont Charles-Albert (roi de Sardaigne) et son épouse Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane (1801-1855).

Ascendance patrilinéaire

1 Humbert (comte de Savoie)

2 Othon Ier de Savoie

3 Amédée II de Savoie

4 Humbert II de Savoie

5 Amédée III de Savoie

6 Humbert III de Savoie

7 Thomas Ier de Savoie

8 Thomas II de Piémont

9 Amédée V de Savoie

10 Aymon de Savoie

11 Amédée VI de Savoie

12 Amédée VII

13 Amédée VIII

14 Louis Ier (duc de Savoie)

15 Philippe II (duc de Savoie)

16 Charles II (duc de Savoie)

17 Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580)

18 Charles-Emmanuel Ier

19 Thomas de Savoie-Carignan

20 Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan

21 Victor-Amédée Ier de Savoie-Carignan

22 Louis-Victor de Savoie-Carignan

23 Victor-Amédée II de Savoie-Carignan

24 Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan

25 Charles-Albert (roi de Sardaigne)

26 Victor-Emmanuel II

27 Humbert Ier (roi d'Italie)

28 Victor-Emmanuel III[110],[111],[112]

Titulature

Sa Majesté Impériale et Royale Victor-Emmanuel III par la grâce de Dieu et par la volonté de la Nation,

  • Roi d'Italie,
  • Roi d'Albanie,
  • Empereur d'Éthiopie,
  • Roi du Monténégro,
  • Roi de Sardaigne,
  • Roi de Chypre,de Jérusalem, d'Arménie,
  • Duc de Savoie,
  • Prince de Carignan,
  • Prince d'Acaie,
  • Prince du Piémont,
  • Prince de Oneglia,
  • Prince de Poitin,
  • Prince de Trin,
  • Prince et Vicaire perpétuel du Saint Empire Romain Germanique en Italie,
  • Prince de Carmagnole,
  • Prince de Montmélian, de Arbin, de Francin,
  • Prince Bailli du duché d'Aoste,
  • Prince de Chieri,
  • Prince de Dronero,
  • Prince de Crescentino,
  • Prince de Riva de Chieri et de banna,
  • Prince de Busca,
  • Prince de Bene,
  • Prince de Brà,
  • Duc de Gênes,
  • Duc de Monferrat,
  • Duc d'Aoste,
  • Duc de Chablais,
  • Duc de Genève,
  • Duc de Brescia,
  • Duc de Plaisance,
  • Duc de Maro,
  • Duc de Carignano Ivoy,
  • Marquis d'Italie,
  • Marquis d'Ivrée,
  • Marquis de Saluces,
  • Marquis de Suse
  • Marquis de Ceva
  • Marquis d'Oristano,
  • Marquis de Cesana,
  • Marquis de Savona,
  • Marquis de Tarentaise,
  • Marquis de Borogomanero,
  • Marquis de Cureggio,
  • Marquis de Casello,
  • Marquis de Rivoli,
  • Marquis de Pianezza,
  • Marquis de Govone,
  • Marquis de Salussola,
  • Marquis de Racconigi et de Tegerone,
  • Marquis de Migliabruna et de Motturone,
  • Marquis de Cavaller-Maggiore,
  • Marquis de Marene,
  • Marquis de Modane et de Lanslebourg,
  • Marquis de Libourne Ferraris,
  • Marquis de Santhia,
  • Marquis d'Agniè,
  • Marquis de Centallo et de Demonte,
  • Marquis de Desana,
  • Marquis de Ghemme,
  • Marquis de Vivone,
  • Marquis de Villefranche,
  • Comte de Mauriene,
  • Comte de Genevois,
  • Comte de Nice,
  • Comte de tende,
  • Comte de Romont,
  • Comte d'Asti,
  • Comte d'Alessandria,
  • Comte du Goceano,
  • Comte de Novare,
  • Comte de Tortone,
  • Comte de Vobbio,
  • Comte de Soissons,
  • Comte de l'Impero Fracese,
  • Comte de Saint Antioco en Sardaigne,
  • Comte de Pollenzo,
  • Comte de Roccabruna en Piémont,
  • Comte de Tricerro,
  • Comte de Viggû,
  • Comte de Bairo,
  • Comte de Ozegna,
  • Comte de Barge,
  • Comte d'Appertole,
  • Baron de Vaud et de Faucigny,
  • Grand Seigneur de Monaco,
  • Grand Seigneur de Roquebrune et d'un décime de Menton
  • Seigneur de Verceil,
  • Seigneur de Pignerol,
  • Seigneur de la Lommellineet de Valle de la Sesia,
  • Noble Homme Patricien Vénitien,
  • Patricien de Ferrare,
  • Gardien du Saint Suaire
  • Souverain et chef de la Maison royale de Savoie.

L'ensemble des titres ont été portés par les souverains du Royaume d'Italie entre 1860 et 1946[113],[18].

Distinctions

Décorations italiennes

Décorations étrangères

Sociétés savantes

  • Académie d'Agriculture de France : membre étranger le 30 mai 1934[5]
  • Académie des Inscriptions et Belles Lettres : membre associé étranger entre 1915 et 1947[5]
  • Société française de Numismatique: membre[5]
  • Société suisse de Numismatique : membre
  • Société italienne de Numismatique : président d'honneur
  • Académie des Sciences de Russie : membre.

Autre distinctions

  • Médaille de la Société royale de Numismatie (1904)[147]
  • Colonel honoraire du 6e régiment d'infanterie de Savoie le 16 janvier 1911

Dans la fiction

Courts métrages et actualité cinématographique

  • 1902:Victor Emmanuel quitte les galéries Saint Gobain et monte dans son équipage (Court-métrage):lui-même
  • 1902:Voyage à Paris de L.M.M. Victor Emmanuel III: Départ du cortège: (Court-métrage):lui-même
  • 1903 Voyage à Paris de L.M.M. Victor Emmanuel III: Arrivée du cortège sur le terrain de la revue: (Court-métrage):lui-même
  • 1903 Arrival at Portsmouth :(Court-métrage):lui-même
  • 1903 Arrival of the King and Queen of Italy at Portsmouth(Court-métrage):lui-même
  • 1903 Our Royal Visitors (Court-métrage):lui-même
  • 1903 I/Reception at Guildhall (Court-métrage):lui-même
  • 1903 The King of Italy(Court-métrage):lui-même
  • 1905 The King and Queen of Italy in Paris:(Court-métrage):lui-même
  • 1907 Grande inaugurazione del ponte Umberto I a Torino da S. M. il Re (Court-métrage):lui-même
  • 1907 Incontro del Re d'Italia col Re d'Inghilterra a Gaeta (Court-métrage):lui-même
  • 1908 Incontro delle ll.mm. il re d'Italia e gli imperiali di Germania a Venezia splendida (Court-métrage):lui-même
  • 1908 Incontro dei Reali a Venezia (Court-métrage):lui-même
  • 1908 Voyage du Roi d'Italie, en Grèce(Court-métrage):lui-même
  • 1908 Lancement du 'Roma' par le roi d'Italie (Court-métrage):lui-même
  • 1909 Incontro dei Sovrani d'Italia e di Germania a Brindisi(Court-métrage):lui-même
  • 1909 La rivista con S. M. il Re a Roma(Court-métrage):lui-même
  • 1911 Pathé's News (Actualité cinématographique), No. 43 (Court) :lui-même
  • 1911 La rivista dell'Esposizione di Torino (Court-métrage):lui-même
  • 1913 Rivista di S.M. il Re al XIV Cavalleria (Court-métrage):lui-même
  • 1913 Pathé's News (Actualité cinématographique), No. 49 (Court) :lui-même
  • 1913 Mutual News (Actualité cinématographique), No. 23 (Court) :lui-même
  • 1913 Pathé's News (Actualité cinématographique), No. 22 (Court) :lui-même
  • 1913 Pathé's News (Actualité cinématographique), No. 21 (Court) :lui-même
  • 1913 Mutual News (Actualité cinématographique), No. 9 (Court) :lui-même
  • 1913 Mutual News (Actualité cinématographique), No. 2 (Court) :lui-même
  • 1914 Mutual News (Actualité cinématographique), No. 86 (Court) :lui-même
  • 1915 Pathé News (Actualité cinématographique), No. 21 (Court) :lui-même
  • 1923 La ville éternelle :lui-même(uncredited)
  • 1926:S. M. il Re ed il Capo del Governo per la battaglia del grano (Court-métrage):lui-même

Au cinéma

  • 1933 Camicia nera Self (uncredited: (film) lui même
  • 1937 Von Zeppelin 1 bis LZ 130 - Die Biographie eines deutschen Genies (Court-métrage):lui-même
  • 1954 Victoire en mer (Documentaire ):lui-même
  • 1962 All'armi siam fascisti! (Documentaire ):lui-même
  • 1962 Vom Zaren bis zu Stalin (Documentaire ):lui-même
  • 1964 Août 1914 (Documentaire ):lui-même
  • 1974 Les derniers jours de Mussolini : lui-même- Il porte un casque (uncredited)
  • 1977 L'Affaire Matteotti Giulio Girola : Victor-Emmanuel III
  • 1977 Une journée particulière : lui-même(uncredited)
  • 1977 Hitler, une carrière (Documentaire ):lui-même
  • 1988 The 1930's: Music, Memories & Milestones (Video documentary) : lui-même- Il ouvre une nouvelle chambre
  • 1988 The Speeches of Winston Churchill (Video documentary) : lui-même
  • 1994 Time Capsule: WW II - War in Europe (Documentary) : lui-même- avec Hitler et Mussolini
  • 1995 Io e il re Carlo Delle Piane : Victor-Emmanuel III
  • 2011 L'aviatore lui-même
  • 2014 Mio padre, il mare, i deserti : lui-même
  • 2015 Nel segno dell'aquila : lui-même
  • 2015 Cefalonia l'altra verità: Intervista a Massimo Filippini (Video) : lui-même
  • 2019 Una vita per l'Esercito  : lui-même
  • 2020 La Nave da Battaglia Roma (Short) : lui-même

Séries Télévisés

  • 1949 Crusade in Europe (TV série documentaire) : lui-même
  • 1949 Rise and Fall of a Dictator ... lui-même
  • 1953 Victory at Sea (TV série documentaire) : lui-même
  • 1953 Roman Renaissance ...lui-même
  • 1963 Men of Our Time(TV série documentaire) : lui-même
  • 1963 Mussolini ...lui-même
  • 1976 Mussolini (TV Mini série documentaire) : lui-même[73]
  • 1998 Das Dritte Reich - In Farbe (TV film documentaire ) : lui-même
  • 1998 Sworn to Secrecy: Secrets of War (TV série documentaire) : lui-même
  • Mussolini's Henchmen ...lui-même(uncredited)
  • 2005 Churchill's Bodyguard (TV série documentaire) lui-même
  • 2005 Nearly Killed in New York ... lui-même
  • 2006 Mafalfda de Savoie Victor Emmanuel : Carlo Dogliani
  • 2010 Hitler's Bodyguard (TV Mini série documentaire) : lui-même
  • 2010 Kill Hitler Before War Starts  : lui-même
  • 2012 Histoire immédiate (TV série documentaire) : lui-même
  • 2012 Mussolini-Hitler: L'opéra des assassins : lui-même

Toponymie

En Italie

Diffusion des toponymes dédiés à Victor Emmanuel en Italie en 2019

Via Vittorio Emanuele est une dénomination urbanistique assez diffusée en Italie. Les tonopymes dédiés à Vittorio Emanuele III resultent être 380 en 2019, en 2020 409 et sont distribué de manière difforme dans toutes les régions d Italie avec la seule exclusion du Val d Aoste. La distribution dépend essentiellement de deux facteurs. Le premier concerne les résultats du référendum qui a déterminé la victoire de la République en Italie avec un pourcentage de 54,3% dans beaucoup de parties devl Italie à l exclusion de l Italie méridionale, Sicile et Sardaigne. Le seconx au contraire est dû au fait qu'avec la constitution de la République Sociale Italienne ont été enlevés tous les noms dédiés à la maison de Savoie.

À l étranger

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Voir aussi

Liens externes