Technique généalogique

Effectuer une recherche généalogique c'est identifier les ascendants ou les descendants d'une personne en remontant génération après génération à l'aide d'actes généralement administratifs permettant d'établir la filiation.

La recherche généalogique peut être faite à titre personnel ou pour des raisons professionnelles : dans ce dernier cas il s'agit, le plus souvent, d'établir la liste des bénéficiaires d'une succession sans héritier direct.

Définition des objectifs

La généalogie est une activité "chronophage". Il faut définir, si possible dès le départ, le but qu'on souhaite atteindre afin de collecter toutes les données répondant à cet objectif mais uniquement celles-là car le chercheur ne dispose jamais d'assez de temps.

Il est donc nécessaire de définir :

  • le type de généalogie : généalogie ascendante, généalogie descendante, généalogie ascendante agnatique ;
  • en généalogie ascendante de déterminer les branches sur lesquelles on souhaite travailler en priorité ;
  • d'identifier quels collatéraux seront systématiquement recherchés : frères et sœurs, conjoint des frères et sœurs, enfants des frères et sœurs, témoins des actes de mariage, de naissance ou de décès, etc. ;
  • le type d'information que l'on souhaite collecter : à côté des actes d'état civil qui permettent d'établir une longue liste de noms et de lieux, il existe des actes, certes plus difficiles à trouver et plus rares, mais qui nous permettent d'appréhender le mode de vie, la mentalité : ce sont les actes notariés, les actes relevant de la justice civile et criminelle, le cadastre, etc.

Méthode

La démarche consiste, en partant d'un ancêtre connu, à trouver les descendants ou les ascendants grâce à un ou des documents établissant sans ambiguïté la parenté. Ces documents sont généralement conservés dans les mairies (en France), des services d'archives spécialisés, ... .

La recherche généalogique exige un véritable travail de détective :

  • Les documents sont dispersés dans les différents services d'archives au gré des déménagements des ancêtres
  • Il n'y pas de document indiquant les déménagements successifs
  • Les documents conservés dans les services d'archives sont rarement indexés (c'est-à-dire qu'il ne suffit pas, par exemple, de connaitre un patronyme pour localiser tous les actes contenant ce patronyme). Il faut souvent parcourir un grand nombre de documents avant de trouver le bon.
  • La lecture des actes anciens est souvent difficile et demande donc du temps
  • Certains documents ont été perdus: ces lacunes deviennent de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu'on remonte dans le temps
  • Les documents les plus anciens fournissent des informations incomplètes

Une grande rigueur est nécessaire pour conduire une recherche généalogique : à chaque fois qu'une nouvelle parenté semble être établie, il faut s'attacher à démontrer que la déduction effectuée est la seule envisageable. En effet :

  • Il est fréquent que dans une même génération et en un même lieu, plusieurs personnes portent les mêmes noms et prénoms. On trouve même parfois des couples portant les mêmes noms et prénoms
  • Lorsqu'on ne dispose plus d'actes permettant d'établir de manière explicite la filiation, il faut redoubler de précaution : trouver d'autres actes étayant l'hypothèse
  • En cas d'incertitude, absence de preuve certaine, il faut consigner que la filiation n'est pas prouvée autant pour pouvoir pousser les investigations par la suite que pour informer les autres généalogistes en cas d'échanges de données généalogiques.

Point de départ

Les actes détenus dans la famille

Tous les actes conservés par la famille doivent être recherchés et passés en revue. En France par exemple un livret de famille est délivré depuis 1880 aux époux dans lesquels sont consignés les actes d'état civil concernant le couple. On recherchera également les copies d'actes d'état civil, d'actes notariés, etc...

La mémoire familiale

L'interview des membres de la famille permet de recueillir des informations pouvant remonter loin dans le temps : en interrogeant ses grands-parents, il est possible de recueillir des informations remontant à 7 générations en supposant que la personne interrogée a connu ses propres grands-parents et que ceux-ci avaient recueillis auparavant la mémoire familiale de leurs grands-parents. Les informations recueillies sont toutefois à exploiter avec précaution : les noms se sont déformés, le temps a embelli la réalité, des conjectures sont devenus des faits, ....

Des informations sur des parents lointains peuvent permettre de contourner l'absence d'acte filiatif direct.

Maitriser l'organisation des archives

La recherche de documents nécessite de connaitre les documents existants, leur lieu de conservation, les découpages administratifs en vigueur à l'époque, et les conditions d'accès aux services d'archives.

Les documents utilisables dépendent en partie du contexte administratif à l'époque de l'acte : les actes d'état civil ne sont pas obligatoires en France avant le début du XVIe siècle ... . Des facteurs géographiques jouent un rôle important : ainsi en France l'état civil se met souvent en place d'abord dans les villes, les actes notariés sont plus fréquents dans le Sud de la France (pays de droit écrit), etc... Enfin la conservation des actes est inégale d'un lieu à un autre : les guerres, la désorganisation locale des archives, les révolutions ont entrainé des destructions inégales d'un lieu à un autre.

Le lieu d'établissement et de conservation de l'acte dépend souvent de la nature de l'acte : en Bretagne les aveux sont conservés en majorité à Nantes, etc...

Les services d'archives publient généralement des guides qui permettent au chercheur de se faire une idée relativement précise des documents disponibles.

L'accès aux documents nominatifs les plus récents peut être réglementé (en France pour les actes d'Etat Civil de moins de 100 ans, ...) : le chercheur doit alors prouver sa filiation pour y avoir accès.

La recherche de documents nominatifs

La recherche des actes de l'état civil sont à privilégier. Les actes de décès, de mariage et de naissance permettent, lorsqu'il n'y a pas eu déménagement ou perte d'archives, de remonter facilement de génération en génération.

Les recensements et les actes notariés viennent compléter les informations recueillies dans les actes d'Etat Civil.

Les autres actes utilisés en généalogie sont soit plus rares et plus difficiles à trouver, soit contiennent moins d'information : ce sont les rôles d'impôts, les actes juridiques, ....

Consigner les données recueillies

Les données recueillies doivent être enregistrées de manière organisée pour pouvoir être exploitées. Aujourd'hui les données sont souvent consignées dans des logiciels spécialisés.

Pour chaque ancêtre direct ou indirect on établit une fiche dans laquelle sont consignés :

  • nom et prénom
  • date et lieu de naissance
  • date et lieu de décès
  • date et lieu de mariage
  • nom et prénom du conjoint
  • date et lieu de naissance et prénoms des enfants

Pour chaque acte (état civil, acte notarié, etc.) :

  • lieu de l'archivage, côte, page, etc.
  • résumé de l'acte (témoins, etc.)
  • adresse de classement de l'acte
  • date d'obtention de l'acte, support

Des notes sont ajoutées pour consigner des informations qui ne peuvent pas être formalisées de manière structurée : indications sur les recherches à mener sur cette personne, etc.

Pour identifier chaque ancêtre, un numéro est affecté à chaque individu. Il existe plusieurs systèmes de numérotation dont les plus utilisés sont :

La recherche de documents non nominatifs

(...)

Les techniques à maîtriser

La paléographie

La lecture des vieux textes nécessite de maîtriser la paléographie, qui permet de transcrire les textes écrits avec des écritures anciennes.

L'onomastique

Le recours à l'onomastique, c'est-à-dire l'étymologie des noms propres, permet de fournir des indications sur les origines d'un ancêtre, éventuellement la profession exercée lorsque le patronyme s'est fixé (au XIIIe siècle).

Les outils

Logiciel de généalogie

On peut utiliser, au moins au début, de simples fiches cartonnées pour enregistrer les données recueillies, mais il s'avère bien plus pratique de saisir les résultats des recherches dans un logiciel dédié à la généalogie : la saisie est guidée et contrôlée, la recherche des données déjà saisies est aisée, on peut imprimer l'information saisie selon différentes présentations adaptées au besoin.

Internet

Beaucoup de documents sont désormais disponibles sur internet (archives numérisées, relevés des associations, généalogies personnelles, bibliothèques numériques) et leur nombre croît chaque année car les outils et les procédures sont désormais rodés et il existe une politique volontariste de numérisation dans de nombreux services d'archives publiques.

Internet est également un bon moyen d'échanger avec d'autres généalogistes informations et données lorsqu'on effectue des recherches dans une région située loin de son lieu de résidence.

Voir aussi

Article publié sur Wikimonde Plus