Serge Magnien

Serge Magnien, né le 19 décembre 1929, mort le 25 juin 2012 à Paris (14e arrondissement)[1], est un architecte et homme politique français. Étudiant, il a été le premier secrétaire national de l'Union des étudiants communistes de France (UEC) quand elle a été recréée en 1956, à la suite d'une décision du XIVe congrès du Parti communiste français.

Biographie

Né "rouge"

Fils du journaliste communiste à L'Humanité, Marius Magnien, Serge Magnien a reçu le communisme comme "on tète le lait de sa mère"[2]. Sa mère est d'origine russe et l'enfant vécut trois fois en URSS. Le père étant clandestin dès 1939, pourchassé par la police française au service des nazis, la famille vécut la guerre dans la précarité et l'insécurité. Après des études secondaires, Serge Magnien entrait à l'École des Beaux-arts pour des études d'architecte. Il milite activement à l'Union de la Jeunesse Républicaine de France, nom de la Jeunesse communiste, dès sa création en 1945 et a adhéré au Parti communiste français en 1949.

Aux étudiants communistes

Les étudiants communistes parisiens, sans avoir une structure nationale, militaient dans des cellules du Parti mais publiaient une revue destinée aux étudiants, Clarté. Selon son témoignage Serge Magnien devient vers 1953-1954, rédacteur en chef de Clarté. Tout naturellement, mais comme toute réorganisation, non sans débat[3], il participe en 1956 à la création de l'Union des étudiants communistes de France (UEC), dont il est nommé secrétaire national lors de la réunion constitutive en octobre 1956. Il est à cette responsabilité jusqu'à son appel aux armées.

Le refus de combattre en Algérie

Il est incorporé dans l'armée en janvier 1957[4]. Le 11 février 1958, il est à l'initiative d'une pétition, adressée au Président de la République René Coty, pour un cessez-le-feu et l'ouverture de négociations en Algérie : il recueille la signature de 177 soldats de son unité. Arrêté pour cette action, et condamné à deux mois de prison militaire, il est envoyé d'office dans une unité opérationnelle en Algérie. Il adresse alors, à titre personnel, une seconde lettre au Président de la République, ce qui lui vaut d'être à nouveau arrêté et condamné, par le tribunal militaire d'Alger, à deux ans de prison. Il se marie à Brigitte Dresch[5] durant sa peine, à la mairie de Fresnes; le 3 mai 1959. À sa sortie de prison en mai 1960, il termine ses études d'architecture et poursuit son engagement militant au sein de Parti communiste français[6].

Notes

  1. notice « Carnet », dans L'Humanité du 27 juin 2012 et faire-part de décès dans Le Monde daté du 27 juin 2012
  2. Selon l'expression imagée utilisée par Serge Magnien lui-même. Cf. Interview de Serge et Brigitte Magnien, par l'historien Roger Bourderon pour le dossier Soldats de la guerre d'Algérie paru dans les Cahiers d'Histoire de l'Institut de recherches marxistes (n° 50, Paris, 1993), suivi d'un dossier contenant les lettres que Serge Magnien adressa de sa prison à la direction du PCF, en particulier à Maurice Thorez. Cet entretien sert de base à cette notice. Le dossier s'appuie aussi sur un interview d'Alban Liechti, autre soldat qui refusait de participer à la "guerre sans nom"
  3. Selon Brigitte Magnien, co-interviewée par R. Bourderon, op. cit. Voir aussi Jacques Varin, Les étudiants communistes, des origines à Mai 1968, article paru dans Matériaux pour l'histoire du temps présent, BDIC, N° 74, 2004.
  4. Nous renvoyons ici au numéro des Cahiers d'Histoire de l'Institut de recherches marxistes cité précédemment
  5. Brigitte Magnien (Dresch), fille de Jean Dresch, devenue enseignante à l'université Paris VIII-Vincennes, est morte en juillet 2018. Cf. L'Humanité, rubrique « carnet », 1er août 2018
  6. Pour eux, la guerre avait un nom, L'Humanité, article paru dans l'édition du 13 février 1992

Voir aussi

  • Soldats du refus
  • L'Humanité, 4 juillet 2012, article d'hommage de la journaliste D. Stive, page 22 : La prison plutôt que le déshonneur. Serge Magnien est décédé récemment. Appelé en Algérie, il refusa de combattre et fut emprisonné deux ans.

Lien externe