Rachel Ertel

Rachel Ertel
Fonction
Professeure des universités
Biographie
Naissance
(80 ans)
Slonim
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Œuvres principales
  • Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité (1982)

Rachel Ertel, née le à Słonim en Pologne, est une essayiste et traductrice française, professeure émérite de l'université Paris-Diderot, spécialiste de la langue et de la littérature yiddish.

Biographie

Rachel Ertel naît à Słonim, ville biélorusse alors située en Pologne. Sa mère, Riwa Mirski, écrit des poèmes et des récits yiddish, sous le nom de Menuha Ram[1], son père Moishe Waldman (propriétaire d'une scierie) est lui aussi un poète yiddish. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père bundiste et menchevik est déporté au goulag, sa mère et elle sont exilées en Sibérie et assignées à résidence[2]. Elles reviennent à Łódź en 1946, à Varsovie en 1948. Son père revenu plus tôt du goulag meurt plus tôt dans un bombardement de Lodz. Avec sa mère et son beau père elle s'installe au cours de l'année 1948 à , au foyer « Le Toit familial », situé 9 rue Guy-Patin, dans le 10e arrondissement de Paris[3].

Elle est agrégée d'anglais et soutient en 1978 une thèse d'État intitulée Aspects du roman juif américain : contribution à une ethnologie de la littérature[4]. Elle est professeure de littérature anglaise à l'université Paris 7, où elle fonde le Centre d'études judéo-américaines (CEJA), qui est durant les décennies 1970-1980, le principal lieu d’enseignement de langue et de littérature yiddish en France[5]. Elle a contribué, dans un espace universitaire, à former des traducteurs de yiddish, dans un souci d'assurer la « permanence du yiddish », et de son espace culturel[6].

Dans le même souci de transmission, elle édite des textes yiddish devenus inaccessibles, notamment Khaliastra, revue littéraire Varsovie 1922-Paris 1924 : la bande[7], et traduit des œuvres d'auteurs yiddish de l'anglais en français, notamment les poèmes de Jacob Glatstein, Eli Chekhtman, Jerome Rothenberg[8] ou encore Leïb Rochman[9].

Son ouvrage consacré au « shtetl », terme yiddish qui désigne des bourgades ou quartiers juifs polonais, s'applique à montrer l'organisation de la société juive ashkénaze ; elle y voit un idéal-type, structurant pour l'historiographie, mais surtout pour la création littéraire yiddish[10].

Activités éditoriales et associatives

Rachel Ertel dirige la collection « Domaine yiddish ». Elle est présidente d’honneur de la Maison de la culture yiddish – Bibliothèque Medem[11].

Œuvres

Essais et poésie

  • En marge : sur les minorités aux États-Unis, avec Élise Marienstras et Geneviève Fabre, Paris, Maspero, coll. « Cahiers libres », no 189-191.
  • Le Roman juif américain, une écriture minoritaire, Paris, Payot, 1980.
  • Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité, Paris, Payot, 1982 (rééd. 1986).
  • Dans la langue de personne : poésie yiddish de l’anéantissement, Paris, Le Seuil, 1993.
  • Brasiers de mots, Paris, Liana Levi, 2003.

Articles

  • « Nous sommes les souvenants qui refusons l'oubli ». Pouvoir de la poésie, Le Coq-Héron, « La vie des morts parmi les vivants », 2015, no 221, p. 14-21.
  • « Les fantômes du 9 rue Guy Patin (en souvenirs) », Les Temps modernes, mai 2015, no 686, p. 21-54.
  • « La permanence du yiddish », Vacarme, janvier 2013, no 62, p. 173-193, [lire en ligne].

Document audiovisuel

  • New-York, tendances yiddish, avec David Unger, Paris, JEM productions, 2012, DVD 52 min.

Documents audio

Rachel Ertel, mémoire du Yiddish- A voie nue sur France Culture -5 épisodes - Mars 2017[12]

Autobiographie

  • Mémoire du yiddish. Transmettre une langue assassinée. Entretiens avec Stéphane Bou, Paris, Albin Michel, 2019, (ISBN 978-2226436948)[13]

Notes et références

  1. Notice BNF. Le Vent qui passe, éditions Julliard, 1974.
  2. Par Ghis Korman, « Rachel Ertel : le yiddish et la mémoire dans la peau ! », Times of Israël,
  3. Rachel Ertel, « Les fantômes du 9 rue Guy-Patin (en souvenirs) », in Les Temps modernes, mai 2015, no 686, p. 21-54.
  4. Thèse d'État, notice du Sudoc.
  5. Notice sur le site La règle du jeu (consulté le 12 décembre 2015)
  6. Rachel Ertel, conférence inaugurale, colloque international » La permanence du yiddish » (2012), éditée par la revue Vacarme, 2013, en ligne.
  7. Khaliastra, revue littéraire Varsovie 1922-Paris 1924, notice du Sudoc
  8. Jerome Rothenberg, Khurbn : poèmes, Éditions Caractères (ISBN 978-2-85446-535-8).
  9. Leïb Rochmann, À pas aveugles de par le monde, éditions Denoël, 2012.
  10. Joëlle Bahloul, « R. Ertel – Le shtetl, la bourgade juive de Pologne : de la tradition à la modernité » [compte rendu], in L'Homme, 1988, vol. 28 no 106 p. 375-376.
  11. Organigramme de la Maison de la culture yiddish, Paris (consulté le 12 décembre 2015)
  12. « Rachel Ertel, mémoire du Yiddish », sur France Culture
  13. Carole Ksiazenicer-Matheron, « Mémoire du yiddish. Transmettre une langue assassinée, de Rachel Ertel », sur En attendant Nadeau,

Liens externes