Puissance tribunitienne

Puissance tribunitienne

La puissance tribunitienne, en latin potestas tribunicia, désignait dans le monde romain antique le pouvoir spécifique du tribun de la plèbe. Différente de l'auctoritas, de la potestas traditionnelle des magistrats supérieurs et de l'imperium constituant le pouvoir de commandement civil et militaire, sa définition s'est faite tout au long de la période républicaine qui voit l'élaboration progressive du tribunat de la plèbe et de ses domaines d'attribution. Des privilèges particuliers sont attachés à ce pouvoir, détenu par un magistrat investi d'abord par la plèbe, et non par le sénat romain. Parmi ces privilèges, on trouve la sacrosanctitas, qui fait de celui qui la détient une personne sacrée et physiquement inviolable ; quiconque lui porte atteinte est maudit et subit la mort. Le tribun de la plèbe peut aussi casser les décisions rendues par un magistrat quand il les désapprouve.

Sous l’Empire, Auguste a le premier cumulé imperium et puissance tribunitienne, sans être lui-même tribun de la plèbe. Dès lors, la puissance tribunicienne a fait partie des pouvoirs détenus par l'empereur. L'empereur désignait d'ailleurs souvent son successeur en enjoignant au Sénat de lui attribuer cette qualité.

Documentation

Tacite, Annales, III, 56, 1-2 : « La puissance tribunitienne est le mot trouvé par Auguste pour désigner le pouvoir suprême afin de ne prendre ni celui de roi, ni celui de dictateur, tout en dominant par un titre quelconque tous les autres pouvoirs ».