Orthodoxes vieux-calendaristes

Les Orthodoxes vieux-calendaristes, aussi appelés Vieux-calendaristes, Vétéro-calendaristes, anciens calendaristes, ou en grec moderne : παλαιοημερολογίτες (Palaioēmerologítes), désignent différents groupes d' orthodoxes traditionalistes ayant rompu toute communion avec plusieurs Églises orthodoxes suite à l'abandon du calendrier julien par celles-ci au profit du calendrier julien révisé. Les vieux-calendaristes ne sont pas non plus en communion avec les autres Églises orthodoxes ayant conservé le calendrier julien. .

Grèce

Origine

A partir du XXème siècle, différents hommes politiques libéraux grecs sont favorables à une « occidentalisation » du pays qui passe selon eux obligatoirement par une modernisation de la religion. Ainsi, Andreas Michalakópoulos, l'un des plus importants collaborateurs d'Elefthérios Venizélos, prône dès 1916 une profonde réforme de l'église orthodoxe grecque, qu'il présente comme rétrograde[1].

A cette époque, le calendrier julien est le calendrier officiel tant de l'église orthodoxe [2]que de l'Etat grec. En 1922, Stylianos Gonatas devient premier ministre grec. Lui aussi libéral, il est persuadé que l'adoption du calendrier grégorien rapprochera son pays de l'Europe. En conséquence, le calendrier grégorien devient calendrier civil de l'Etat en mars 1923.

Quelques mois plus tard, en mai, le controversé congrès de Constantinople de 1923 convoqué sous l'impulsion du Patriarche de Constantinople Meletios IV valide l'utilisation du calendrier julien révisé.

En décembre 1923, l'église orthodoxe grecque finit par passer au calendrier julien révisé suite à de fortes pressions du gouvernement grec[3]. Dès lors, les partisans du maintien du calendrier julien originel se voient qualifiés de vieux-calendaristes.

Suites du mouvement

Au début, la réforme ne suscite pas d'opposition sérieuse et rares sont les clercs et les fidèles qui protestent[3]. Quant aux autorités du pays, elles font tout pour dissuader ceux qui souhaiteraient le faire[1].

Cependant, dès septembre 1925,une importante augmentation des partisans du calendrier julien se produit. Entre 1925 et 1935, 800 paroisses et communautés vieilles-calendaristes sont formées dans le pays[1].

en 1935, trois évêques décident de revenir au calendrier julien, suite à quoi le Saint-Synode de l'église orthodoxe grecque leur retire leurs diocèses. Ces évêques consacrent alors (et sans autorisation) d'autres évêques, créant ainsi une hiérarchie ecclésiastique parallèle[2]. Toutefois, à l'origine, ces évêques ne souhaitent pas créer un schisme et veulent seulement ramener l'église toute entière à l'ancien calendrier[3]. Néanmoins, au fur et à mesure que la séparation avec l'église officielle se creuse, le mouvement devient schismatique.

Quant aux nouveaux évêques, ils peinent à s'accorder sur des thèses communes et à partir de 1937, les vieux-calendaristes se divisent progressivement en différents groupes, certains modérés, d'autres fanatisés[1]. Par ailleurs, certains ecclésiastiques vieux-calendaristes font acte de repentir et finissent par revenir à l'église officielle. Ainsi en 1998, deux évêques vieux-calendaristes basés aux Etats-Unis ont rejoint le Patriarcat de Constantinople, qui les a ré-ordonnés[2].

Situation aujourd'hui

Après la fin de la dictature des colonels et la promulgation de la Constitution de 1975, une déclaration solennelle fut adoptée par le Parlement grec reconnaissant la liberté de culte aux vieux-calendaristes[4].

Ceux-ci forment aujourd'hui une minorité religieuse en Grèce, toutefois difficile à quantifier en raison de la pluralité de mouvements existants. Selon un rapport de 2001, ils seraient 40 000 à 50 000 dans le pays[5]. Ils ne sont en communion avec aucune église orthodoxe canonique, y compris avec celles qui continuent d'utiliser le calendrier julien.

Groupes vieux-calendaristes

Grecs

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Goran tek-en
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Ligne du temps des principales Églises vieilles-calendaristes et vraie-chrétiennes-orthodoxes grecques jusqu'en 2021, en anglais

Églises orthodoxes vieilles-calendaristes de Grèce :

Autre

Voir aussi

Articles connexes

Références

  1. a b c et d >Kitsikis Dimitri. Les anciens calendaristes depuis 1923 et la montée de l'intégrisme en Grèce. In: CEMOTI, n°17, 1994. Grèce: identités, territoires, voisinages, modernisations. pp. 17-51
  2. a b et c https://encyclopedia.pub/entry/36287
  3. a b et c https://mospat.ru/en/authors-analytics/87148/
  4. Affaire Vergos c. Grèce, https://hudoc.echr.coe.int/eng#{%22itemid%22:[%22001-66404%22]}, consid.22
  5. https://omhksea.org/archives/2301

Bibliographie complémentaire