Maurice Janets

Maurice Janets
Biographie
Naissance
Décès
(à 84 ans)
Moulins
Nom de naissance
Maurice Georges Auguste Janets
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Conflit

Maurice Janets (1896 - 1980) est un syndicaliste enseignant français.

Il était professeur agrégé de grammaire et a été militant socialiste SFIO, syndicaliste, secrétaire général du Syndicat des professeurs de lycée de la FGE-CGT (1931-1937), du SPES (1937-1940) et du SNES (1944-1946).

Biographie

Né le à Orange (Vaucluse)[1], il suit ses études secondaires au Lycée Henri-IV de Paris et obtient le baccalauréat en 1913. Il commence des études de lettres à la Sorbonne mais doit les interrompre lorsqu’il est mobilisé en 1916. Libéré de ses obligations en 1919, il reprend ses études à Lille, et entame sa carrière d’enseignant à Cambrai, comme professeur délégué, puis après son succès à l’agrégation, au Lycée de Nevers en 1924.

Nommé au Lycée de Chartres en 1925, il est ensuite muté à Neuilly-sur-Seine en 1930 et au Lycée Montaigne de Paris l’année suivante.

Engagé politiquement au sein de la SFIO dès 1920, il est élu conseiller municipal socialiste de Chartres juste avant sa mutation pour la région parisienne.

Après son arrivée à Neuilly, il s’implique prioritairement dans le syndicalisme. Pratiquant la double affiliation au syndicat autonome (le “S3”) et au petit syndicat CGT des professeurs de lycée, c’est dans ce dernier qu’il prend des responsabilités. Il en devient le secrétaire général de 1931 à 1935. En 1933, il est secrétaire de la section de la région parisienne de la fédération générale de l’enseignement CGT. Partisan de l’unité avec la fédération unitaire (membre de la CGTU), il impulse des actions locales communes dès cette période et devient assez naturellement, après la réunification de entre la FGE (CGT) et la FU (CGTU) le secrétaire général du nouveau syndicat national des professeurs de lycée.

Après un ultime échec à faire adhérer le S3 à la CGT, en 1937, Janets fait partie des majoritaires qui le quittent pour créer le SPES[2], dont il devient le secrétaire général. Il le reste jusqu’à la dissolution du syndicat par les autorités de Vichy, en 1940.

En 1939, il refuse d’engager des procédures d’exclusion des militants communistes du SPES, à la suite de la signature du pacte germano-soviétique. Mobilisé en septembre, il est libéré en , et reprend ses fonctions juste avant la dissolution du syndicat.

Engagé dans le syndicalisme résistant, en relation avec le réseau Libération-Nord, il participe au bureau clandestin de la Fédération Générale de l’Enseignement (FGE) reconstitué en 1941, au comité de résistance universitaire à partir de 1942, et prend dès 1943 les contacts avec les ex-autonomes du SNALC (nouveau nom du “S3” après 1937) pour la constitution d’un syndicat unifié du secondaire. En , c’est la concrétisation de ce projet avec la création du SNES[3],[4], dont Janets est secrétaire général.

Membre de la Commission Langevin-Wallon à la Libération, il est aussi secrétaire de la commission corporative de la FGE-CGT en 1945-46.

Ses prises de positions sur le reclassement (création d’un “cadre supérieur” transitoire entre l’existence d’un cadre parisien et d’un cadre provincial, et le “cadre unique” qui était un mandat ancien) suscitèrent de vives oppositions dans le SNES, précipitant sans doute sa décision de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat de secrétaire général, lors du congrès de Pâques 1946. Responsable de la commission de l’enseignement à l’étranger jusqu’en 1947, il prend progressivement des distances avec le syndicalisme à partir de cette date.

Partisan, par fidélité, à la SFIO, dont il était toujours membre, du passage à FO en 1948, il n’alla cependant pas jusqu’à figurer sur la liste “FO” pour l’élection à la C.A. nationale de 1949, mais pratiqua la double affiliation individuelle à la FEN-FO[5].

Élu à la CAPN des agrégés en 1948, il réorienta son activité militante vers l’action politique, notamment dans l’animation de La Revue Socialiste, tout en restant adhérent du SNES, même après sa retraite, en 1961.

Il meurt le à Moulins (Allier)[1],[6].

Bibliographie

  • Archives nationales, F1a 3252, 3207, F17/ 17820, 27599 (dossier Binon), 27852, 28077 (dossier Ballicioni).
  • Archives IRHSES (SPES, SNES, congrès, CA, L’Université syndicaliste, L’Enseignement public).
  • Yves Verneuil, Le Conseil supérieur de l’Éducation nationale : un enjeu dans la définition du rôle du syndicalisme. L’exemple de l’enseignement secondaire (1928-1960), Presses universitaires du Septentrion[7].
  • Yves Verneuil, Les organisations corporatives des professeurs de lycée et les associations de spécialistes : un enjeu identitaire (1905-1940), Histoire de l'éducation, 2014[8].
  • Luc Bentz et Maxime Blanc, Genèse et évolutions de l’« éducation permanente » au prisme d’un regard syndical. L’enseignement et la formation des adultes, la FEN et l’UNSA (1944-2014), IRES, 2019[9].
  • Quentin Portron, Du tronc commun au socle commun (1945-2005) : La question de la culture commune au coeur de la démocratisation de l’école, thèse de doctorat, Normandie Université, 2018[10].
  • Laurent Frajerman, L’interaction entre la Fédération de l’Education Nationale et sa principale minorité, le courant unitaire, 1944-1959, thèse de doctorat, Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2003[11].

Notes et références