Les Chèvrefeuilles (genre Lonicera) sont des arbustes ou lianes de la famille des caprifoliacées. Certaines espèces sont aussi nommées communément camérisiers. On en connaît environ 158 espèces dans les régions tempérées de l'hémisphère nord et les régions subtropicales. L'habitat de la plupart des espèces de chèvrefeuilles est la lisière des forêts et, par extension, les haies, bords de chemins creux. Les chèvrefeuilles, autochtones ou exotiques, sont fréquemment utilisés pour former des haies ou parois décoratives.
Noisetier déformé par l'enlacement d'un chèvrefeuille
Comme les autres lianes, ils offrent un habitat supplémentaire aux oiseaux, et facilitent le déplacement dans les arbres et buissons de certains insectes et petits mammifères. Leurs fleurs sont surtout liées à diverses espèces d'insectes de l'environnement nocturne, souvent à longue trompe, qui sont en Europe :
Les feuilles sont mangées par des noctuelles, notamment la Cléophane du chèvrefeuille, le Iota, la Noctuelle du camérisier, la Noctuelle aréolée, la Noctuelle rameuse (inféodée au chèvrefeuille et surtout trouvée sur L. xylosteum). Les chenilles de ces papillons sont dites cryptiques (camouflées) et ne sont généralement actives que la nuit[4].
Une quinzaine de papillons de la famille des Geometridae produisent des chenilles arpenteuses qui peuvent se nourrir de chèvrefeuille (sans en être dépendant, sauf l'Ennomos du lilas qui lui semble plus associé).
Les espèces cultivées sont parfois endommagées par un microlépidoptère, l'Ypsolophe dentelé[4].
D'autres insectes que des papillons apprécient le chèvrefeuille :
le jour, certains bourdons et xylocopes peuvent s'y nourrir de nectar en perforant les corolles trop longues pour qu'ils y aient directement accès[4]. Quelques papillons de jour s'y nourrissent, mais c'est la nuit que son odeur attire les pollinisateurs ;
plusieurs espèces de tenthrèdes (Hyménoptères symphytes) produisent des larves de 2 cm maximum qui ressemblent à des chenilles, et qui consomment aussi les feuilles de chèvrefeuille. C'est le cas en France de Tenthredo vespaet T. livida, qui se cachent le jour, enroulés sous les feuilles, pour s'activer la nuit[4] ;
en France, au moins 4 espèces de Cimbicidés (du genre Abia) consomment le chèvrefeuille. Ce sont : A. lonicerae, A. fasciata, A. aurulenta et A. mutica, Abia mutica étant inféodée à L. periclymenum[4] ;
des pucerons se développent sous les feuilles de Lonicera, dont le Puceron du Chèvrefeuille et le puceron du fenouil, proche du précédent, se développant sur L. xylosteum uniquement. Des aleurodes et plus rarement des cochenilles (Cochenille du cornouiller et Cochenille à carapace du pêcher) sucent également la sève du Chèvrefeuille. Ces 3 groupes d'insectes opophages peuvent se montrer nombreux quand leurs prédateurs sont absents. Leur miellat peuvent alors noircir les feuilles de fumagine et freiner l'expansion de chèvrefeuilles d'ornement[4] ;
un très petit bupreste, l'Agrile bleuâtre, vit (non exclusivement) sur cette plante (dans toute la France métropolitaine). Sa larve vit dans les branches mortes ou sénescentes, d'où l'adulte émerge en juin-juillet[4] ;
un petit longicorne filiforme, l'Obérée pupillée, est (pour sa larve) inféodé à quelques espèces de chèvrefeuilles (L. caprifolium, L. tatarica, L. xylosteumetL. etrusca) ;
divers charançons, dont Otiorhynchus clavipes qui produit des larves pouvant endommager les racines de plusieurs espèces de chèvrefeuille, alors que l'adulte (nocturne) se nourrit sur les feuilles en y creusant des « entailles marginales semi-circulaires caractéristiques »[4] ;
On y trouve aussi des moucherons (quelques Cécidomyies, dont Contarinia lonicerae, ou diverses espèces de Dasineuraet Macrolabis). De très petites gallesparenchymateuses peuvent abriter une larve de Dasineura xylostei (encore méconnu), de même pour Dasineura excavans sur les feuilles de L. xylosteum[4]. La Mouche mineuse des chèvrefeuilles des bois (1,5 à 2,2 mm) pond des œufs d'où émergent des larves mineuses creusant en été des galeries (« Mines ») dans l'épaisseur de la feuille où l'on voit par transparence la larve blanche[4]. Une autre espèce de mouche mineuse, Aulagromyza hendeliana, est plus précoce (galeries dès avril) et se nymphose hors de la feuille[4].
Les chèvrefeuilles sont des plantes-hôtes de Rhagoletis cerasi, la mouche du cerisier[5].
L'OPIE (Office pour les insectes et leur environnement) signale en 2009[4] un développement récent apparent de la Sésie du chèvrefeuille (facilement confondue avec un Hyménoptère), à partir des Alpes vers le reste de la France. Sa chenille se développe très lentement (2 à 3 ans) et uniquement sur certains chèvrefeuilles.
Toxicologie
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Les chèvrefeuilles seraient toxiques par leurs baies.
Selon la flore de France, six espèces non grimpantes (dont L. xylosteum) et 5 espèces grimpantes (dont L. caprifolium et L. periclymenum…) peuvent être observées en France, outre quelques espèces exotiques introduites.
Lonicera japonica Thunberg in Murray, Syst. Veg., ed. 14. 216. 1784, Chèvrefeuille du Japon
Lonicera ligustrina Wallich in Roxburgh, 1824.
Lonicera ligustrina var. yunnanensis Franchet, 1896.=Lonicera nitida E. H. Wilson, Gard. Chron. ser. 3, 50:102. 1911 (d'après GRIN) =L. pileata Oliver f. yunnanensis (Franchet) Rehder
En 1888 Legrand, déplorant le remplacement des noms de genre de Tournefort, nous dit « Si Linné est le créateur de la combinaison binaire, n'oublions pas que Tournefort est le créateur du genre » et il cite notamment, en le regrettant, le remplacement de Caprifolium par Lonicera[9].
Le mot caprifolium, désignant à l'origine le chèvrefeuille, remonte au Haut Moyen Âge. On trouve dans un manuscrit du IXe siècle, le Codex Parisinus Latinus, une liste de plantes dont Dorcadis caprolus dont on ne peut être sûr qu’il se réfère au caprifolium[10].
Dans nombre d’encyclopédies médicales médiévales, qui ont été compilées à la Renaissance, on trouve le nom de caprifolium.
Un écrit de Simón Januensis, encyclopédiste du XIIIe siècle, nous dit, à propos d'une plante qu'il nous est difficile d'identifier, « Periclimenos [...] certains l'appellent caprifolium »[11].
Le nom est mentionné aussi dans Matthaeus Silvaticus (1280-1342)[12] dans son Pandectae Medicinae[note 2],[13].
Personnification du chèvrefeuille par Grandville (extrait de LesFleurs animées, tome 1, 1847, Bibliothèque de Nancy).De même, Ruellius et Fuchsius [note 3] appellent la plante caprifolium.
Noms vernaculaires, populaires ou locaux du chèvrefeuille
Le chèvrefeuille était appelé par Dioscoride (40-90 ap. J.-C), médecin et botaniste grec, periclymenus[note 4].
Cependant, la plante désignée par le mot caprifolium a pu être confondue avec le troène (Ligustrum). En effet, dans un dictionnaire étymologique allemand, nous trouvons « caprifolium liguster », « liguster » étant le nom commun allemand pour « troène »[14].
Une multitude de noms vernaculaires, noms communs ou noms locaux ont été donnés au Caprifoilum, citons notamment « Chamécerisier » ou « Camécerisier » [15].
Les anglophones l’appellent « honeysuckle », littéralement « suceur de miel » probablement en raison de son caractère mellifère.
La Flore Populaire d’Eugène Rolland (1846-1909) de 1906 fait une compilation exhaustive des noms donnés à plusieurs espèces de chèvrefeuille, en Europe francophone et dans les régions et villages de France allant de Capra mater à « cerisier des Alpes »[16]. Parmi plus de 200 appellations, citons :