Hôpital Saint-Jean (Angers)

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Hôpital Saint-Jean
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La façade de la salle des malades
Présentation
Destination initiale
Hôpital
Destination actuelle
Musée
Style
Construction
1175
Occupant
Propriétaire
Patrimonialité
Localisation
Commune
Coordonnées
47° 28′ 41″ N, 0° 33′ 28″ O
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L'hôpital Saint-Jean est un monument d'Angers (Maine-et-Loire). Il abritait jusqu'en 1870 l'Hôtel-Dieu d'Angers, l'un des plus anciens hôpitaux de France encore existant[1].

Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2].

Historique

Henri II et Thomas Becket

En 1175, Étienne de Marsay, sénéchal d'Anjou, fonde à Angers au bord de la Maine un hôtel-Dieu : l'hôpital Saint-Jean. Il répond ainsi à la demande d'Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre et comte d'Anjou, désireux d'expier l'assassinat de Thomas Becket.

L'hôpital est de fondation laïque mais dirigé par des ecclésiastiques. il est fondé sur des terrains donnés par l'abbaye du Ronceray[3]. En 1183, l'abbesse de Ronceray concède au sénéchal le droit de nommer quatre prêtes ou chapelains pour l'administration spirituelle de l’elemosinaria ou aumônerie[4]. Sa fondation ne peut être antérieure à 1174, date d'entrée en fonction du sénéchal de Marsay, c'est donc entre 1174 et 1188 que date la fondation de la commanderie[5] mais dans la bulle du pape Alexandre III datée de 1181, il est déjà fait allusion à la salle des malades[6].

Entre 1188 et 1208 l'histoire de l'hôpital est mal connue. Entre ces dates se place la mainmise des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem avec l'aide de Richard Cœur de Lion, l'adoption de la règle de l'Ordre et l'élection d'un commandeur entre 1198 et 1207. Il y aurait eu une tentative de reprise par l'abbaye de Ronceray en 1200 ainsi que deux arbitrages pontificaux en 1205 et 1208 qui ne seront approuvés par une compositio qu'en 1232, date à laquelle des achats de terrains vont constituer le domaine foncier de la commanderie[7]. À partir de cette date, il est alors sous la responsabilité du commandeur hospitalier, aidé par huit frères prêtres et vingt laïques (dix hommes et dix femmes) ; l'hôpital servait aussi de maternité[8]. Les statuts furent confirmés par le pape en 1267. Les statuts du XIIIe siècle, conservés sur parchemin, stipulent « qu’ici sont admis les pauvres, à l’exclusion des incurables, des contagieux, des dangereux déjà condamnés, des simulateurs, comme les faux estropiés ou les tout jeunes enfants[8]. » À l'arrivée du malade, celui-ci frappe au portail de la rue Gay-Lussac, traverse le cloître puis se dirige vers la chapelle, pour se confesser ou recevoir les derniers sacrements[8].

Mais au XVIIe siècle, les Hospitaliers en son maître depuis environ quatre-cents cinquante ans, la situation se dégrade et les bourgeois d'Angers décident d'en prendre la charge. Le des Filles de la charité de saint Vincent de Paul, emmenées par Louise de Marillac, assurent le soin aux malades. Une apothicairerie, en partie conservée aujourd'hui, y est installée. En 1645, le personnel comptait dix religieux, huit filles de la charité, un médecin, un apothicaire, un chirurgien, quarante-six serviteurs et vingt lavandières[9].

Du XVIIe au XIXe siècle, il peut accueillir jusqu'à 500 malades. Il abrite une école de charité créé par l'architecte Louis François vers 1824. Mais avec la construction de l'hôpital Sainte-Marguerite, il perd sa fonction hospitalière. Désaffecté et vendu à la ville d'Angers en 1865, l'hôpital Saint-Jean est pour l'essentiel converti en musée archéologique en 1874, accueillant de nombreux éléments lapidaires; le puits de l'ancien hôtel de ville de la place Louis-Imbach s'élève dans la cour ainsi que l'avion du pionnier René Gasnier. Des travaux de restauration interviennent jusque dans les années 1920. Dans le même temps, des bâtiments de toutes périodes sont détruits pour faire place à une rénovation du quartier[10]. À nouveau désaffecté, il accueille depuis 1967 la tapisserie du Chant du monde et devient le musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine.

Description

L'hôpital Saint-Jean est un témoignage médiéval du style architectural du gothique angevin.

Salle des malades

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grande salle des malades,
tapisserie du Chant du monde
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l'apothicairerie

La salle des malades, de 60 m sur 22,50 m est attestée dès 1188 mais son voûtement date du début du XIIIe siècle. Des ogives soutiennent des voûtes qui lui donnent un aspect gothique angevin ou gothique plantagenêt.

Elle est composée de trois vaisseaux séparés par deux rangées de colonnes. La salle était cloisonnée d'un mur peu élevé séparant le vaisseau central en deux, un dortoir des hommes de 110 lits séparés par des cloisons de bois et un dortoir de 112 lits pour les femmes, lui aussi séparé par des cloisons de bois[11].

L'apothicairerie du XVIIe siècle se trouve maintenant dans la salle des malades.

Le musée Jean Lurçat

En 1966, après la mort de Jean Lurçat, la Ville d'Angers acquiert le Chant du monde auprès de sa femme Simone Lurçat pour faire écho au plus grand ensemble de tapisseries médiévales connu, la tapisserie de l'Apocalypse. L'œuvre est installée dans la salle des malades de la commanderie Saint-Jean d'Angers, qui deviendra le musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine.

Notes et références

Sources

Annexes

Articles connexes

Liens externes