Discobolos

Discobolos
Artiste
Date
2010
Technique
bronze
Localisation
carrefour avenue des Nations-Unies, rue Saint Antoine, Roubaix (France)
Coordonnées
50° 41′ 40″ N, 3° 10′ 37″ E
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licence CC BY-SA 4.0 🛈
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Discobolos est une œuvre de Wim Delvoye directement inspiré du Discobole. Cette version contemporaine de cette œuvre classique a été commandée par un groupe d'habitants du quartier aidé par l'association Artconnexion, la Fondation de France [1] et la mairie de Roubaix[2]. Contrairement aux œuvres très polémiques de l'artiste la volonté du comité de quartier de l'Hommelet était d'avoir une œuvre classique et rassembleuse. Le thème du sport c'est imposé de lui même dans ce quartier très cosmopolite.

Elle est installé dans le square Saint-Antoine à l'angle de la rue Saint Antoine et de l'avenue des Nations-Unie à Roubaix

La commande publique

Normalement, une œuvre d'art destinée à l'espace public est commandée par une institution, une mairie, le maire ou son représentant, sans obligatoirement l'avis du citoyen. Dans le cas présent, il s'agit d'un processus inversé et remontant qui intègre aussi bien une démarche culturelle, d'éducation populaire et aussi relative à la démocratie participative (le citoyen lui-même qui transforme son environnement, contribue à la construction de son quartier, de sa ville, en tant qu'acteur de la cité).

les acteurs du projet

À travers les Nouveaux commanditaires, la Fondation de France permet à tous les citoyens qui le désirent, isolés ou regroupés, de prendre l'initiative d'une commande d'œuvre à un artiste contemporain, afin de faire face au défi culturel de l'époque, et dans toutes les disciplines - arts plastiques, musique, architecture, etc. L'originalité du dispositif repose sur la collaboration entre trois acteurs : l'artiste, le citoyen commanditaire et le médiateur culturel agréé par la Fondation de France, accompagnés des partenaires publics et privés réunis autour du projet.

Sur cette œuvre,

  • l'artiste: Wim Delvoye, artiste belge qui a révolutionné l'art contemporain et est l'un des plus importants au rang mondial dans l'art contemporain.
  • les commanditaires: le Comité de quartier de l'Hommelet, qui est une association d'habitants qui organise régulièrement des actions sociales, citoyennes, culturelles, principalement dans le quartier dit de l"Hommelet, à Roubaix,
  • le médiateur agréé par la Fondation de France, artconnexion, basée à Lille.

les financeurs

L'œuvre a été financée avec le soutien de la Fondation de France (programme les Nouveaux Commanditaires[3]), de la Ville de Roubaix, de M. Ivan Renar Sénateur du Nord, et dans le cadre du projet face2face, programme européen Interreg IVa, 2 Mers Seas Zeeën. « Investir dans votre futur ».

Coût

L'œuvre prise en charge par des mécènes privés et de l'argent public a couté 110000 € dont 70000 € par la Ville de Roubaix (ce qui est à l'heure actuel hors marché de l'art) et l'aménagement du square a couté 200000 €[4].

l'histoire du projet

Contexte politique

Entre 2004 et 2012, le maire est René Vandierendonck. La politique culturelle consiste alors en la création et la promotion de lieux culturels, à fort potentiel de communication, offrant des loisirs culturels pour un public à faire venir qui sont les étudiants, les CSP+, les touristes (marketing territorial oblige) et ce parallèlement à des incitations fiscales, une politique de réhabilitation urbaine et de promotion des lofts[5], et une zone franche qui voit arriver de nombreux cabinets d'avocats[6], de commerces branchés et de publicitaires. Autant dire que les habitants des quartiers (Roubaix est la ville la plus pauvre de France[7]) sont exclus de ces choix de programmation culturelle descendants. S'il est exceptionnel que des habitants construisent leur quartier en commandant une œuvre d'art, à Roubaix la manœuvre vient un peu plus encore mettre les pieds dans le plat municipal et elle soulève quelques blocages.

Étapes chronologiques du projet

C'est le 5 novembre 2004 que les membres du Comité de quartier de l'Hommelet, lors de l'inauguration à la Maison des Associations de Roubaix, de la création de Maurizio Nannucci intitulée « MDA, du nord au sud et d'est en ouest », font connaissance de l'association artconnexion, structure d'art contemporain. Ils ont l'idée de commander une œuvre d'art sur l'espace public de Roubaix, destinée au Parc du Nouveau Monde, parc co-conçu par les habitants dans les années 90 et que les gens ne le savent pas. L'œuvre serait une manière de signaler.

  • entre 2004 et 2006 : réflexions sur l'œuvre souhaitée, soit par échange direct entre médiateurs et habitants, soit par le biais de jeux d'écriture, de description sur de mots des concepts. Sont évoqués un manège, un portail, un lieu où s'asseoir, des vitraux, etc. Les commanditaires posent même comme indication que l'œuvre doit représenter la notion de participation des habitants.
  • 14 mars 2005 : séjour à Londres avec artconnexion et des habitants pour une opération de sensibilisation aux grands noms de l'art contemporain (lieux visités : la Tate Modern).[9]
  • juillet 2005 : installation surprise d'un mobile sur le parc du Nouveau Monde de la Mairie de Quartier Nord, sans inauguration, sans information publique. Ce qui a pour conséquence de compromettre l'idée de ce lieu pour un temps.
  • 14 février 2006 : Wim Delvoye vient à Roubaix présenter un premier projet aux commanditaires. Ce premier projet sera refusé par les Commanditaires car il était très drôle mais aurait pu être très mal interprété. Dès lors, la notion de ne pas choquer s'impose comme contrainte posée à l'artiste, connu pourtant pour être parfois provocateur (Cloaca, les cochons tatoués, etc). A un moment, les valeurs sont définies : l'œuvre ne doit pas diviser, ni être polémique, ni faire référence à la religion (l'artiste ayant plusieurs œuvres autour du christ).
  • 19 avril 2006 : visite de l'atelier de Wim Delvoye à Gent : l'artiste discute autour de ses œuvres en cours et en développement (on y voit les cochons tatoués, un portail sculpté façon Walt Disney, WD... (etc…). Il fait visiter son atelier de création et explique comment sont travaillées ses œuvres qui font appel à des techniques très pointues, que ce soit dans le découpe de l'acier (ses œuvres gothiques) ou dans la conception (les twisted, réalisés par logiciel après dessins)
  • mars 2007 : présentation de l'œuvre le Discobolos (via des fichiers vidéo et des powerpoints) par les mediateurs aux commanditaires.
  • juillet 2007 : la mairie propose que l'œuvre soit rue du Collège, sur le parvis de la nouvelle salle de sport Dubly. C'est donc un 2e lieu envisagé, et mis à l'étude, ce qui retarde le projet.
  • 27 septembre 2007 : première présentation de l'œuvre au maire de Roubaix au local des Commanditaires. Interpellation sur le devenir du projet (qui tarde à se concrétiser).
  • décembre 2007 : proposition de la mairie de faire au square rue Saint-Antoine, 3e lieu proposé par la mairie, mais cette fois en réaménageant le terrain (qui n'était qu'un chemin). Ce qui occasionne un nouveau retard.
  • 30 décembre 2007 : publication dans le Libé des Solutions (numéro spécial avec Reporters d'Espoir) où est évoqué le projet de la commande publique par des habitants de Roubaix.
  • février 2008 : première proposition d'aménagement du square par la paysagiste Céline Gygleux, dessin très sobre, qui place l'œuvre au centre, des bancs et des arbres tout autour. Les commanditaires valident l'idée de cet écrin.
  • Courant 2008 : finalement la mairie n'a pas le budget pour sonder le terrain. L'œuvre repart donc au parc du Nouveau Monde et le projet est mise en pause pendant plus d'un an.
  • 6 octobre 2009 : début des premiers travaux rue St Antoine sans aucune information aux habitants. Les arbres trentenaires sont abattus, le sol est creusé. Des voisins s'inquiètent. C'est un véritable chantier qui commence et va durer près de 9 mois.
  • 15 novembre 2009 : première polémique dans la presse, une locataire de résidences voisines organise une pétition contre la venue de l'œuvre. Cette personne est soutenue par la mairie de quartier Nord.
  • le 24 novembre 2009 : les Commanditaires propose au Conseil de quartier Nord la création d'une commission Wim Delvoye" pour accompagner le projet et associer plus de monde, plus de riverains et d'habitants.
  • 20 novembre 2009 : le conseil de quartier Nord vote contre une formation destinée à en former les membres (voyage au Tate Modern de Londres, accompagné de guides, plus d'autres rendez-vous) ce qui ne permet pas aux 60 conseillers de quartier de se former au projet. Du coup, artconnexion finance une grande partie et les participants sont de toutes la métropole lilloise[10].
  • 29 novembre 2009 : pétition organisée à la résidence latine « 98 % des sondés seraient contre » (une œuvre qu'ils n'ont jamais vue, puisqu'elle a été tenue secrète par les Commanditaires).
  • Lancement d'un groupe Facebook [11] pour soutenir l'œuvre (qui atteint 400 membres avant la refonte du site)
  • dimanche 13 décembre 2009 : visite de l'exposition Bloomberry, au Musée de Roubaix avec le Médiateur afin de sensibiliser les gens à l'art
  • 24 janvier 2010 : visite au Tate Modern pour 60 personnes, les membres du comité de soutien [12]
  • février 2010 : interview de Wim Delvoye à Nice, avant son vernissage au MAMAC. L'interview sera publiée sur le blog2Roubaix. C'est la première fois que la Discobolos est montré au public niçois lors de cet événement (dans une version de 20 cm).
  • février 2010 : à Roubaix, pose du socle sur le square rue Saint Antoine qui est coulé profondément dans le sol.
  • mars 2010 : le socle est cassé accidentellement par l'entreprise qui fait le dallage du sol. Il faut refaire le socle donc !
  • mai 2010 : la pose des bancs
  • 7 mai 2010 : première réunion officielle par la mairie de Roubaix pour l'organisation de l'inauguration, sans élu présent. Il est alors trop tard pour toute forme de communication imprimées (hors carton d'invitation). La mairie promet pourtant un concours de noms pour baptiser le square (afin de faire participer les habitants et les associations roubaisiennes, et communiquer par ce biais, après l'inauguration).
  • 3 juin 2010 : l'œuvre est installée sur le square, dès 10h00 du matin. Les commanditaires et les médiateurs culturels sont présents. Elle sera gardiennée jusque l'inauguration. La chaine locale Grand Lille TV revient sur la polémique[13].
  • 5 juin 2010 : inauguration de l'œuvre, le square n'est toujours pas terminé au niveau des plantations (les tapis d'herbe ayant brulé sous une forte température) et sera dans un état "à l'abandon" pendant plusieurs mois ensuite. L'œuvre est inaugurée à 11h00 devant de nombreuses personnalités locales et les habitants. Après les discours, un pot sur place, une animation musicale, l'après-midi se déroule dans les locaux du Comité de quartier avec l'artiste et les invités.
  • décembre 2010 : le conseil municipal vote le nom du square en évoquant une concertation qui n'a pas eu lieu, trompant ainsi les conseillers municipaux. Le nom en est la rue intérieure et privée de la résidence Latine opposant à l'œuvre, soutenus par la mairie des quartiers Nord[14]
  • 24 juin 2011 : première "fête des jardins" sur le square du Discobolos avec un orchestre philharmonique
  • 5 juillet 2011 : organisation du premier anniversaire : "Discobolos en fête" avec pendant une semaine, des ateliers pour les enfants de confection de freebees en papier mâché recyclé. Les plus beaux sont récompensés d'un disque d'or et de lots. Lancement d'un badge "i Love Discobolos" à Roubaix en édition limitée.
  • juin 2012 : l'œuvre n'est toujours pas signalée à Roubaix, alors que Wim Delvoye fait la Une de magazines culturels pour son événement au Louvre.

L'œuvre

Description

La sculpture en bronze intitulée « Discobolos » est une réinterprétation de la statue antique du discobole de Myron. Grâce à une grande torsion du personnage sur lui-même, l'œuvre contemporaine donne une très forte impression de mouvement et d'élévation. Elle symbolise les valeurs universelles du sport qui touchent chacun sans distinction sociale, religieuse ou culturelle. Pour accueillir le « Discobolos », un square a été spécialement aménagé par la mairie de Roubaix.

Elle est unique en Europe, l'artiste s'étant engagé à en faire qu'une autre à New York. Cela dit, elle symbolise une série (les twisted) que l'artiste développe depuis quelques années. Il existe d'autres versions, de tailles réduites (20 cm environ) qui ont été pour la première fois montrées au public au MAMAC de Nice en février 2010. Ces versions sont des torsions différentes de l'œuvre à Roubaix. Elle s'inscrit dans une série d'œuvres classiques twistées : Daphne & Chloe[15]. Elle a aussi été exposée au Musée des Beaux Arts de Bruxelles [16] et à Lille, à la Maison de l'Architecture et de la Ville en 2013 [17]

Cette statue est la première œuvre d'art contemporain dans l'espace public à Roubaix[18]. C'est un élément de fierté pour les habitants et un symbole de cohésion et de renouveau de la ville.

Wim Delvoye est devenu l'un des artistes majeurs de l'art contemporain actuel. Il a notamment exposé au Louvre en 2012 [19] et au Musée Rodin en 2011 [20].

Mentions obligatoires contractuelles devant figurer sur le panneau promis par la mairie de Roubaix

Discobolos, inauguré en 2010. œuvre réalisée par Wim Delvoye à l'initiative du comité de quartier de l'Hommelet, dans le cadre de l'action Nouveaux commanditaires avec le soutien de la Fondation de France et de la Ville de Roubaix, ainsi que le programme européen Interreg IVa 2 mers. Production-médiation : artconnexion, Lille.

Liens externes

Notes et références

  1. Un totem pour roubaix
  2. La sculpture de Win Delvoye est là
  3. http://www.fondationdefrance.org/Nos-Actions/Developper-la-connaissance/Culture/Les-nouveaux-commanditaires
  4. [1]
  5. http://www.nordeclair.fr/Locales/Roubaix/2010/09/16/c-est-noel-pour-les-lofters-ils-paieront.shtml
  6. http://www.nordeclair.fr/Locales/Roubaix/2011/03/30/la-ville-de-roubaix-futur-pays-de-l-avoc.shtml
  7. http://www.lavoixdunord.fr/region/roubaix-le-pire-taux-de-pauvrete-de-france-ia24b0n602756
  8. http://www.artconnexion.org/others/247-journee-detude-tate-modern-londres
  9. http://www.nordeclair.fr/Locales/Roubaix/2009/11/28/square-saint-antoine-une-sculpture-et-qu.shtml
  10. https://www.facebook.com/groups/215405571342/
  11. http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Roubaix/actualite/Secteur_Roubaix/2010/02/03/article_a-londres-pour-mieux-apprehender-l-art-c.shtml
  12. http://www.dailymotion.com/video/xdjpza_une-sculpture-de-wim-delvoye-a-roub_creation
  13. http://www.flickr.com/photos/leblog2roubaix/5272781982/
  14. « http://www.wimdelvoye.be/twisted.php »(Archive.org • Wikiwix • Archive.isGoogleQue faire ?) (consulté le )
  15. http://www.bozar.be/activity.php?id=8613
  16. http://artconnexion.org/hors-les-murs-away/326-aux-commandes-
  17. http://www.fondationdefrance.org/Nos-Actions/Developper-la-connaissance/Culture/Les-nouveaux-commanditaires/Un-totem-pour-l-Hommelet
  18. http://www.louvre.fr/expositions/art-contemporain-wim-delvoye-au-louvre
  19. http://madame.lefigaro.fr/art-de-vivre/wim-delvoye-musee-rodin-120710-28570

Article publié sur Wikimonde Plus

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