David Evans (virologue)
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Université La Trobe () Université de l'Alberta (depuis ) Université de Guelph (- |
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David Evans est un virologue canadien. Avec l'aide de Ryan Noyce et le soutien financier de la société Tonix Pharmaceuticals , il met au point en 2016 une souche de la variole équine. Leur travail suscite la controverse pour plusieurs raisons, notamment parce que le « vaccin antivariolique a fait ses preuves[1] » et que si « les deux scientifiques se sont attelés à reconstituer une souche équine, non contagieuse pour l'homme, une souche mortelle [pour l'homme] pourrait être reconstituée avec les mêmes techniques et la maladie réintroduite intentionnellement[2]. »
Biographie
Les chercheurs David Evans et Ryan Noyce présentent leurs travaux sur la création d'une souche de la variole équine à l'OMS en 2016, qui juge, « à l'issue d'une réunion internationale sur la variole à Genève, que l'expérience n'avait “pas requis de connaissance ou d'expertise biochimique exceptionnelles, ni d'investissement ou de temps particulièrement importants”. »[3]. Les chercheurs annoncent plus largement en 2017 avoir mis au point une souche de la variole équine[4] en ayant seulement recours à du matériel vendu par l'intermédiaire d'Internet[2]. « Ce n’est pas la première fois qu’un virus est «fabriqué» artificiellement en laboratoire, puisque cela avait déjà été fait avec une souche de la polio en 2002[5]. » « Éliminer la variole, l'une des maladies les plus mortelles de l'histoire, a pris des décennies à l'humanité tout en coûtant des milliards de dollars. Ramener le fléau n'exigerait probablement d'une petite équipe scientifique doté d'un peu de connaissances précises que six mois et 100 000 dollars[trad 1],[4]. » Les chercheurs publient en janvier 2018 la recette pour la mise au point de leur variante de la variole équine[6]. « Les scientifiques veulent ainsi souligner les défaillances des législations actuelles, qui ne permettent pas d’empêcher ce genre de production[7]. »
« Si cette expérience, révélée durant l’été [2017] et financée par le laboratoire Tonix Pharmaceuticals, a franchi une ligne jaune, selon de nombreux spécialistes, c’est qu’elle fournit, clés en main, rien moins que la « recette » de la synthèse de la variole humaine[8]. » Tom Frieden, ancien président du Centers for Disease Control and Prevention, résume sa pensée : « Nous vivons dans un meilleur des mondes où il existe une capacité à recréer des organismes qui ont existé dans le passé ou à créer des organismes qui n'ont jamais existé »[9]. D'ailleurs, les chercheurs sont accusés d'avoir mené leurs recherches pour soutenir les activités de Tonix Pharmaceuticals , société qui espère commercialiser un futur vaccin contre cette souche de variole[1].
Notes et références
Citations originales
- ↑ (en) « Eradicating smallpox, one of the deadliest diseases in history, took humanity decades and cost billions of dollars. Bringing the scourge back would probably take a small scientific team with little specialized knowledge half a year and cost about $100,000. »
Références
- Marie Lambert-Chan, « La Ligne rouge », Québec Science, , p. 4 (lire en ligne)
- 6Medias, « Ils créent un virus mortel grâce à leurs achats sur Internet », Le Point, (lire en ligne)
- ↑ Hugo Jalinière, « Menace bioterroriste : un virus de la variole créé en laboratoire », Sciences et Avenir, (lire en ligne)
- (en) Kai Kupferschmidt, « How Canadian researchers reconstituted an extinct poxvirus for $100,000 using mail-order DNA », Science, (lire en ligne)
- ↑ Cyrille Vanlerberghe, « Un virus de la variole relance la crainte d’une guerre bactériologique », Le Figaro, (lire en ligne)
- ↑ (en) Volker Thiel, Ryan S. Noyce, Seth Lederman et David H. Evans, « Construction of an infectious horsepox virus vaccine from chemically synthesized DNA fragments », PLOS One, vol. 13, no 1, , e0188453 (ISSN 1932-6203, DOI 10.1371/journal.pone.0188453).
- ↑ 20 Minutes avec agence, « Variole: Des chercheurs recréent le terrible virus avec du matériel acheté sur Internet », 20 minutes, (lire en ligne)
- ↑ Yves Sciama, « Variole, une résurrection inquiétante », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Marie Pottier, « Une équipe de chercheurs a recréé un virus proche de la variole », Slate, (lire en ligne)
Liens externes
- (en) Page professionnelle sur le site de l'université de l'Alberta