Conflent
Conflent | |
![]() Crédit image: licence CC BY-SA 4.0 🛈 L'église romane Saint-Clément de Sirach | |
Subdivision administrative | Occitanie |
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Subdivision administrative | Pyrénées-Orientales |
Villes principales | Prades (Prada) Mont-Louis (Montlluís) Vernet-les-Bains (Vernet) Vinça (Vinçà) |
Coordonnées | 42° 36′ nord, 2° 23′ est |
Superficie approximative | 882[1] km2 |
Communes | 55 |
Population totale | 19 192 hab. (1999) |
Régions naturelles voisines |
Cerdagne (Cerdanya) Capcir Aspres Fenouillèdes (Fenolleda) Ribéral (Riberal) Vallespir |
Régions et espaces connexes | Massif du Canigou Massif du Madrès |
![]() Localisation | |
Le Conflent est une comarque et région naturelle des Pyrénées-Orientales, héritière de l'ancien comté de Conflent et de la viguerie de Conflent.
Toponymie
Du latin "Confluentes", venant de "Confluere" voulant dire: couler ensemble, en référence à la moyenne vallée du Têt, ou confluent les principaux affluents de cette rivière.
Géographie
La région du Conflent correspond géographiquement aux haute et moyenne vallées de la Têt (Tet) et ses alentours entre Rodès et Mont-Louis[1]. En amont, c'est la Haute-Cerdagne ; en aval, le Riberal.
Au Moyen-Âge, il incluait le comté de Conflent[1].
Sa capitale est Prades (Prada).
Le Conflent est dominé par le Canigou (Canigó) au sud et le massif du Madrès au nord.
Une partie de la région est incluse dans le parc naturel régional des Pyrénées catalanes.
La zone montagneuse qui longe la frontière sud-ouest du Conflent présente des sections au relief très contrasté. Dans certains endroits, la glace en mouvement a sculpté un paysage extrêmement déchiqueté (par exemple, à la Conca, près de Cambre d'Aze), alors que dans des zones adjacentes, les nappes glaciaires semblent être restées immobiles sur de grandes étendues, laissant des parties importantes du relief pré-quaternaire modéré largement intactes (par exemple, au pla Guillem, communes de Py et Casteil). À cet égard, le Conflent offre un bon exemple de la nature souvent très variable de l'érosion glaciaire dans les zones montagneuses partout dans le monde[2].
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La Conca - un cirque glaciaire au sommet de la vallée de Planès
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Pla Guillem - un vaste plateau d'altitude au relief peu marqué
Géologie
Pour résumer ci-dessous la géologie du Conflent, il est commode d'étendre la limite du Conflent dans son coin sud-ouest à partir de celle définie dans la Gran Enciclopèdia Catalana[1], jusqu'à une ligne qui passe par Cambre d'Aze - c'est-à-dire jusqu'à approximativement la limite occidentale du massif gneissique de Carança.
En ce qui concerne le risque sismique, la partie occidentale du Conflent se trouve dans une zone de sismicité 4 (moyenne), et la partie orientale dans une zone de sismicité 3 (modérée).
Comme le montre la carte géologique[3],[4], la géologie de Conflent est complexe. Les paragraphes suivants tentent simplement de résumer les principales caractéristiques de manière très simplifiée[5].
Conflent est située dans la zone axiale de la chaîne de montagnes des Pyrénées, c'est-à-dire le socle varisque des Pyrénées. L'orientation générale de cette zone est ouest-est. Les Pyrénées se sont formées lors de l'orogenèse pyrénéenne, c'est-à-dire une période de compression tectonique où la plaque tectonique ibérique, au sud, est entrée en collision avec la plaque européenne, au nord, il y a environ 70 à 30 millions d'années.
Chronologie
Les formations géologiques les plus anciennes du Conflent datent d'environ 600 à 470 millions d'années et sont d'âge précambrien (édiacarien), cambrien et ordovicien inférieur. À l'origine, ces formations étaient principalement constituées de sédiments marins - argile, sable, gravier et dépôts calcaires.
Au cours de l'Ordovicien, il y a 470 millions d'années, du magma en grand volume et provenant de grandes profondeurs s'est infiltré dans ces formations sédimentaires[6]. Ce magma s'est solidifié en granites de composition variable.
Après cette période, au cours de l'Ordovicien supérieur, du Silurien, du Dévonien et du Carbonifère, d'autres sédiments marins, notamment calcaires, datent d'environ 450 à 330 millions d'années, se sont déposés.
Il y a environ 300 millions d'années, toutes les formations susmentionnées ont été prises dans une période majeure de construction de montagnes connue sous le nom d'orogenèse hercynienne ou varisque. Les formations sédimentaires pré-hercyniennes ont été métamorphisées, notamment en schistes et en marbres. Les granites ordoviciens ont également été métamorphosés en divers types de gneiss.
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Affleurements de micaschistes et de marbres, précambrien, dans les hautes montagnes de la commune de Fontpédrouse[7].
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Les ruines de Falguerosa, à deux kilomètres au nord-ouest du village de Conat. Le bâtiment a été construit avec des pierres locales, en utilisant un affleurement de schiste cambro-ordovicien comme contrefort.
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈
Au cours de cette orogenèse hercynienne, du magma s'est à nouveau infiltré dans les formations susmentionnées. Il s'est solidifié en profondeur en diverses formes de granite.
Il y a également eu à cette époque hercynienne une minéralisation ferrugineuse (et autre) importante, en particulier dans certaines couches calcaires précambriennes[10].
En plus, on pense que c'était vers la fin de l'orogenèse hercynienne quand plusieurs filons de quartz ont été injectées dans diverses formations[11]. Par exemple, le filon des Esquerdes de Rotjà, longues d'environ 5 km et larges de 20 à 30 mètres, a été mis en place dans le granite de Costabonne[12]. On pourrait raisonnablement dire qu'il s'agit de l'affleurement d'un filon de quartz le plus frappant des Pyrénées[13].
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Un tor en granite - Piló de la Miranda, Massif du Madrès
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Front de taille de minerai de fer dans le vieux village de Vernet-les-Bains[14].
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Une section des Esquerdes de Rotjà, un grand filon de quartz. Les roches au premier plan sont de granite de Costabonne.
Les plissements et les failles ont été intenses pendant l'orogenèse hercynienne, mais deux structures majeures dominaient. L'une était un très large anticlinal traversant la zone Canigou-Carança, et l'autre était un synclinal large dont l'axe s'étend aujourd'hui vers le nord-ouest à partir des environs de Villefranche-de-Conflent. Ainsi, les formations pré-hercyniennes les plus anciennes apparaissent à la surface au cœur du massif du Canigou (par exemple), et les plus récentes autour du Mont Coronat[15].
Au cours des 250 millions d'années qui ont suivi, les formations susmentionnées ont été recouvertes par des couches sédimentaires plus jeunes. Toutefois, il ne reste que très peu de traces de ces formations mézozoïques en Conflent (bien qu'elles apparaissent en surface plus au nord, dans le Fenouillèdes, et au sud-est, près d'Amélie-les-Bains).
Cependant, il est possible que les importants gisements hydrothermaux de fluorine découverts près d'Escaro aient été mis en place pendant une période de rifting mésozoïque, il y a environ 90 millions d'années[16]. Ces gisements ont été extraits dans une immense carrière qui a fermé en 1991. On dit que c'est le plus important gîte de fluor de France[17].
Pendant la période de formation des montagnes dans les Pyrénées mentionnée ci-dessus (il y a environ 70 à 30 millions d'années, notamment pendant l'Éocène), les formations mésozoïques du Conflent ont été éliminées presque partout par le soulèvement et l'érosion. Les roches plus anciennes de la zone axiale ont été comprimées vers le haut et ramenées à la surface.
Au cours de l'activité tectonique de la période de construction des montagnes pyrénéennes et/ou plus tard, un certain nombre de failles majeures étaient actives en Conflent. Certaines de ces failles marquent aujourd’hui des limites importantes entre différentes formations géologiques. En plus, l’activité de certaines d’entre elles a eu un impact significatif sur la topographie du Conflent.
Par exemple, la faille de Merens marque une limite entre les calcaires dévoniens qui s'étendent au nord-ouest de Villefranche-de-Conflent et les formations cambriennes au nord-est[18].
Par ailleurs, la faille de la Têt, une faille normale majeure à pendage nord-ouest s'étend de la Cerdagne, au nord-est jusqu'à Nyer, puis vers Taurinya et ensuite au-delà de Rigarda [19],[20]. Elle définit une ligne le long de laquelle se trouvent de nombreuses sources d'eau chaude[21]. Certaines de ces sources chaudes sont aujourd'hui utilisées dans des centres thérapeutiques, comme à Vernet-les-Bains et à Thuès-les-Bains [22].
Au nord-est de Nyer, la faille de la Têt se bifurque. Sa branche sud définit la limite nord-ouest des gneiss des massifs de la Carança et du Canigou. La branche nord définit la limite sud-est du bassin miocène du Conflent (voir ci-dessous)[23],[24]. Les deux branches se rejoignent à proximité d'Estoher. Entre ces deux branches se trouve une zone, large de trois kilomètres maximum en général, elle-même traversée par plusieurs failles secondaires, de formations à dominante précambrienne. Entre Escaro et Taurinya, cette zone marque une partie de la « ceinture de fer du Canigou » dans lequel l'exploitation minière s'est déroulée pendant des siècles[25].
L'activité tectonique le long d'une faille entre Fillols, Py et Mantet, aussi à pendage nord-ouest, a accentué le soulèvement du massif du Canigou[26]. Entre Fillols et Py, cette faille marque également la limite ouest du granite hercynien du massif du Canigou.
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Le village de Conat dans la vallée de Caillan. La faille de Merens (ligne noire en pointillés) sépare les formations calcaires du Dévonien sur le versant opposé des formations cambriennes à dominance schisteuse sur le versant proche.
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Source chaude (60°C), commune de Fontpédrouse. La source se situe presque sur la ligne de la faille de la Têt[27].
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Exposition de roche concassée dans la zone de faille de Fillols-Py-Mantet, au parking du village de Mantet[28].
Lors d'une période d'extension crustale sur le flanc nord des massifs du Canigou et de Carança, à partir d'environ il y a 25 millions d'années, le bassin tectonique du Conflent s'est ouvert[29]. Au cours de la période du Miocène, d'énormes quantités de sables grossiers et de blocs de gneiss ont été déversés dans ce bassin par les rivières descendant des flancs de ces massifs. Des matériaux dérivés du schiste et du granite ont également été transportés dans ce bassin en provenance du nord et du sud-est[30],[31].
Il y a environ 5 Ma, pendant le Pliocène, le niveau de la mer Méditerranée s'est élevé rapidement (la « transgression zancléenne »)[32]. La mer est montée jusqu'à Rodès et Vinça. La mer a laissé des couches de dépôts marins sableux. Au fur et à mesure du retrait de la mer, le fleuve Têt a déposé sur le dessus des matériaux plus grossiers dits « fluviotorrentiels ». Ces derniers contiennent des galets de nature variée - granite, gneiss, schiste, marbre, quartz, etc.
Enfin, au cours de la période quaternaire des deux derniers millions d'années, des conditions glaciaires et périglaciaires ont prédominé la plupart du temps. Des rivières au débit puissant, charriant parfois de grandes quantités de galets, de sable et de limon, ont creusé de larges terrasses dans certaines vallées, puis y ont déposé les matériaux qu'elles transportaient. On trouve ces terrasses aujourd'hui dans la vallée de la Têt et dans les parties inférieures de certains de ses affluents[33].
Des dépôts fluviaux quaternaires sous forme de cônes de déjection sont également présents dans certaines zones.
Les périodes froides du Quaternaire ont également vu le développement de plusieurs glaciers dans les hauteurs du Conflent[34]. Les moraines et autres dépôts glaciaires sont donc présents dans cette région, surtout dans les hautes vallées des massifs du Canigou, de Carança et du Madrès.
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Exposition d'une formation miocène, commune de Corneilla-de-Conflent, au pied du Canigou[35].
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Pliocène de Vinça - Couche inférieure (de couleur plus claire) : formation marine ; couche supérieure (de couleur rouille) : formation continentale.
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Pla de Cady, Massif du Canigou. Accumulations morainiques quaternaires dans la large combe (traversée par un sentier) immédiatement en dessous, et latéralement sur le côté de la vallée à gauche[36].
Zones géologiques en Conflent
Les formations géologiques les plus anciennes (essentiellement édiacariennes et cambriennes) se trouvent :
- dans une vaste zone qui s'étend au sud-est du col de Sansa, au-delà de Canaveilles et de Jujols (ces deux villages ont donné leur nom à des groupes géologiques de cette période) ;
- dans une autre grande zone qui se situe au nord-est de la faille de Merens, centrée sur Urbanya, et qui s'étend presque jusqu'à Prades ;
- dans une zone relativement étroite au pied de la faille de la Têt, du nord-est d'Escaro jusqu'à Clara-Villerach (c'est dans cette zone que l'on trouve d'importants gisements de minerai de fer et de fluorine) ;
- dans une zone en forme de croissant dans le massif du Canigou, de Balaig, vers le sud jusqu'au Pic du Canigou, puis à l'est jusqu'à Py ; et
- dans une zone située à l'est du massif du Canigou, qui s'étend d'Estoher vers le sud-est jusqu'à Baillestavy et Valmanya. Cette zone peut également être considérée comme une extension nord-ouest du massif des Aspres. Autour de Baillestavy et Valmanya, on trouve également d'importants gisements de minéraux[25].
- dans une zone située en bordure du massif de Carança, dans un coin sud-ouest du Conflent.
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Affleurement de « marbre de Canaveilles », sur la pente entre le village du méme nom et la rivière Têt en contrebas[37].
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Fontaine et oratoire Ste-Famille, village de Jujols. Cette fontaine, comme de nombreux bâtiments du village, a été construite en schiste cambro-ordovicien du coin.
Les gneiss ordoviciens occupent une zone presque continue qui se trouve au sud de la faille de la Têt et qui s'étend vers l'ouest depuis le massif du Canigou jusqu'à Cambre d'Aze en passant par les massifs de Tres Estelles et de Carança.
Une zone continue de sédiments métamorphisés préhercyniens plus jeunes s'étend vers le nord-ouest depuis Villefranche-de-Conflent (où la zone est assez large) jusqu'au Mont Coronat et au Pic de la Pelade (où la zone est étroite). Le marbre dévonien est prédominant dans cette zone. La limite nord-est de cette zone correspond au tracé de la faille de Merens.
Le granite hercynien apparaît en surface :
- dans une large zone le long de la frontière nord du Conflent, de Rodès à l'ouest en passant par Eus et Mosset jusqu'au massif du Madrès (dans le cadre des plutons de Millas et de Quérigut) ;
- dans une zone située sur la limite occidentale du Conflent, du col de Sansa vers le sud jusqu'à Mont-Louis (dans le cadre du pluton de Mont-Louis). Le granite est également un composant principal d'une extension complexe en forme de losange de cette zone qui s'étend vers l'est de Mont-Louis à Nyer.
- en larges zones isolées, dans le massif du Canigou à l'est de Casteil, et également au nord-est du Pic de Costabonne.
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Affleurement d'orthogneiss œillé - Ras de Prat Cabrera, Massif du Canigou[38].
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Crédit image:licence CC BY-SA 3.0 🛈Falaises siluro-dévoniennes de marbre, massif du Mont Coronat.
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Granite du pluton de Millas, et l'église du village d'Eus.
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Affleurement de leucogranite, avec une ancienne cabane en pierre (« Cicerola ») construite avec la même roche (commune de Casteil).
La zone du bassin du Conflent (Miocène) se trouve au nord-ouest de la faille de la Têt, entre Escaro et Vinça. Les dépôts de sable grossier et de blocs de gneiss prédominent dans les parties occidentales de cette zone. Vers l'est, ces dépôts cèdent la place à des sables plus fins, parfois de couleur rougeâtre, brun ou gris.
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Affleurement miocène près de Vernet-les-Bains : sable très grossier avec de gros blocs de gneiss.
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Affleurement miocène près de Los Masos : sable plus fin.
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Affleurement miocène près de Codalet : sable rougeâtre.
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Affleurement miocène près de Marquixanes : sable brun-gris, avec clastes de granite.
Certains sables pliocènes de la plaine du Roussillon s'étendent sur la marge orientale du bassin du Conflent, par exemple près de Rodès.
Des zones notables de dépôts de terrasses fluviales du Quaternaire se trouvent dans la vallée de la Têt à l'est de Ria, et dans les parties inférieures de certaines vallées tributaires, telles que celles des rivières Rotjà, Cady, Llitera et Rigarda. En plus, il y a des cônes de déjection quaternaires près de Fillols et au sud de Vinça.
Les zones de dépôts glaciaires quaternaires se trouvent dans les parties supérieures des vallées du massif du Canigou, du massif de Carança (par exemple, dans les vallées de Mantet (Alemany), de Carança et de Riberola), et dans le massif du Madrès (par exemple, dans la vallée supérieure de la Castellane).
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Crédit image:licence CC BY-SA 4.0 🛈Vue géologique vers le village de Rodès, avec formations pliocènes.
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Affleurement de dépôts fluviatiles quaternaires dans la vallée de la Rigarda, commune de Rodès.
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Zone montagneuse vue depuis le pic de les Nou Fonts. L'action des glaciers a laissé des moraines au fond de la vallée de la Valleta (en bas, à gauche), un affluent de la Riberola.
Sites et localités remarquables

- Villefranche-de-Conflent, ville fortifiée par Vauban
- Corneilla-de-Conflent
- Vallée de la Castellane
- Réseau des Embulla ou Réseau (André) Lachambre, ensemble karstique souterrain esthétique et de grande ampleur
- Grotte d'En-Gorner
- Grotte des Grandes Canalettes
- Grotte des Petites Canalettes
- Abbaye Saint-Martin du Canigou, monastère de moines bénédictins fondé au XIe siècle.
- Le prieuré de Marcevol, du XIIe siècle.
- L'Église Saint-Julien-et-Sainte-Baselisse de Vinça.
La Résistance dans le Conflent (1940-1944)
Les premières sources de résistance
Dans le Conflent, la première source de résistance est Combat: première organisation de la Résistance dans les Pyrénées-Orientales. Elle naît en 1941 de deux mouvements : Mouvement de libération nationale et Liberté. Structuré et organisé par un commissaire de police à Oran révoqué par le gouvernement de Vichy, Marceau Gitard, il comprend trois responsables : le commandant de réserve Ricart à Perpignan, Pierre Mau à Céret et à Elne et enfin Marcel Clos pour le Conflent et l'arrière-pays.
En ce qui concerne les personnages principaux de la résistance dans le Conflent, on peut citer Julien Panchot, résistant qui fut arrêté dans la grotte de la Pinouse, près de Valmanya. Il fut torturé et exécuté, par les Allemands. Également, il y a Gilbert Brutus, qui sera dénoncé, arrêté, torturé par la Gestapo et la Milice. On pense qu'il s'est suicidé dans les geôles de l'ancienne citadelle de Perpignan.
La Résistance à Valmanya
Comme mouvement de Résistance notable dans le Conflent on peut noter les conflits dans, et autour du village de Valmanya, dans le canton Le Canigou. Le maquis Henri-Barbusse était le groupe des Francs-tireurs et partisans (FTP) dans le Conflent. On note aussi la présence du groupe Agrupación de Guerrilleros Españoles (AGE). Le , l'armée allemande fait une extension de la zone interdite à des communes du versant nord du Canigou (dont Valmanya), avec une interdiction du trafic de touristes. Le , l'AGE et les FTP attaquent et occupent pendant un certain temps la ville de Prades, sous-préfecture du Conflent. D'abord, ils y font l’attaque infructueuse de la villa Lafabrègue, siège local de la Sipo-SD puis les attaques de postes et de banques, où furent prélevés des fonds importants.
Le premier , les Allemands attaquent le maquis situé à Valmanya. ils tuent quatre habitants qui n’avaient pas fui et pillent le village durant la nuit avec la Milice. Dès le début de la matinée, les Allemands vont à l’assaut des mines de La Pinouse, où les résistants s’étaient installés quelques jours plus tôt. Ainsi s’engage la bataille des Crêtes, durant laquelle Julien Panchot, figure clé de la résistance dans le Conflent est blessé par balle. Il sera ensuite capturé, torturé et exécuté par les Allemands.
Les civils
On sait qu'il y eut des familles ayant hébergé des personnes persécutées par le régime nazi. En effet, dans le Conflent, il y avait des persécutés, et des "Justes" (ceux qui hébergeaient et cachaient les persécutés). À Codalet, entre 1943 et 1944 : Marie-Thérèse Camps sauvera la vie de Sabetaï Mouchabac, de sa femme Nelly et de leur petite fille Renée, des juifs de nationalité turque réfugiés de Paris. Parmi les vingt-cinq Justes des Pyrénées-Orientales, nous pouvons retrouver dans le Conflent différents noms : Catherine et François Authier, Marie-Thérèse Camps, Marcelle et Marius Ribes et Joseph et Juliette Salvador.
Annexes
Bibliographie
- Bernard Alart, « Géographie historique du Conflent », Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales, Perpignan, no 10,
- Genna A., Carte géologique harmonisée du département des Pyrénées-Orientales. Notice technique, Rapport final, BRGM, (lire en ligne [PDF])
- (en) Marc Calvet, Magali Delmas, Yanni Gunnell et Bernard Laumonier, Geology and Landscapes of the Eastern Pyrenees: A Field Guide with Excursions, Springer International Publishing (Kindle Edition), .
- B. Laumonier, M. Calvet, M. Wiazemsky, P. Barbey, C. Marignac, J. Lambert et J. Lenoble, Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Céret (1096), Orléans, BRGM Éditions, (lire en ligne [PDF]).
- B. Laumonier, M. Calvet, B. Le Bayon, P. Barbey et J. Lenoble, Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Prats-de-Mollo-la-Preste (1099), Orléans, BRGM Éditions, 2015a (lire en ligne [PDF]).
- G. Guitard, B. Laumonier, A. Autran, Y. Bandet et G.M. Berger, Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Prades (1095), Orléans, BRGM Éditions, (lire en ligne [PDF]).
- B. Laumonier, M. Calvet, M. Delmas, P. Barbey, J.-L. LeNoble et A. Autran, Notice explicative de la feuille Mont-Louis à 1/50 000(1094), Orléans, BRGM Éditions, (lire en ligne [PDF]).
- Bernard Laumonier et Alexandre Laumonier, « Géologie et Art Roman : pierres romanes du Conflent (Pyrénées-Orientales) », dans Michel Martzluff, Roches ornées, roches dressées, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, , 574 p. (ISBN 978-2-914518-61-1, lire en ligne).
- Gaétan Milesi, Analyse thermochronologique, géochimique et structurale du système hydrothermal de la faille de la Têt (Pyrénées, France), un nouvel outil d’exploration géothermique, Université de Montpellier (UM), FRA, (lire en ligne).
- Elisabeth Le Goff, Marc Calvet et Anne-Marie Moigne, Curiosités Géologiques des Pyrénées-Orientales, BRGM Éditions, (ISBN 978-2-7159-2660-8).
- B. Colas, A. Roullé, M. Terrier et E. Le Goff, Macrozonage sismique des Pyrénées-Orientales. Rapport final, BRGM, (lire en ligne [PDF]).
- B. Colas, A. Roullé, M. Terrier et E. Le Goff, Macrozonage sismique des Pyrénées-Orientales. Rapport final (Annexes), BRGM, (lire en ligne [PDF]).
- (en) Magali Delmas, Marc Calvet, Yanni Gunnell, Pierre Voinchet et Camille Manel, et al., « Terrestrial 10 Be and electron spin resonance dating of fluvial terraces quantifies quaternary tectonic uplift gradients in the eastern Pyrenees », Quaternary Science Reviews, vol. 193, , p. 188-211 (lire en ligne)
- Magali Delmas, Chronologie et impact géomorphologique des glaciations quaternaires dans l'est des Pyrénées, Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, (lire en ligne).
Articles connexes
- Parc naturel régional des Pyrénées catalanes
- Randonnée dans les Pyrénées-Orientales
- Syndicat mixte Canigó Grand Site
- Civet de langouste
Liens externes
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- (ca) « Conflent », Gran Enciclopèdia Catalana, sur enciclopedia.cat, Barcelone, Edicions 62.
- « Gorges de la Moyenne vallée de la Têt », Inventaire national du patrimoine naturel
- https://www.lindependant.fr/2011/05/17/l-argent-nerf-de-la-guerre-au-coeur-de-la-polemique,18948.php, article de L'Indépendant (journal) d'Estelle Devic, (consulté le )
- http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article175987, article du Maitron sur Valmanya et son martyre écrit par André Balent (consulté le )
- http://www.ajpn.org/departement-Pyrenees-Orientales-66.html, article de l'AJPN traitant de la résistance dans les Pyrénées-Orientales (consulté le )
Notes et références
- Gran Enciclopèdia Catalana
- ↑ La sélectivité de l'érosion glaciaire en zone de montagne est discutée dans Delmas 2009. Delmas fait notamment référence aux travaux de D E Sugden. Voir aussi : (en) D.E. Sugden, « Selectivity of Glacial Erosion in the Cairngorm Mountains, Scotland », Transactions of the Institute of British Geographers, no 45, , p. 79-92 (lire en ligne).
- « Carte géologique » sur Géoportail.
- Genna 2000, en particulier pages 417-8.
- ↑ Un résumé faisant autorité sur la géologie du Conflent peut être trouvé à paras 3-8 de : Laumoniers 2005.
- ↑ Calvet et al. 2022, p. 576.
- ↑ Laumonier et al. 2015a, p. 22-23.
- ↑ Ce marbre « griotte » provient d'une carrière située au-dessus de Villefranche-de-Conflent. Michel Martzluff, Pierrre Giresse, Aymat Catafau et Caroline de Barrau, « Le marbre griotte des Pyrénées-Orientales : carrières et monuments (XIe au XXe siècle) », Patrimoines du Sud, vol. 4, , para 13 (lire en ligne).
- ↑ Laumonier et al. 2015a, p. 41. Tres Estelles figure en fait sur la feuille de Prades (1095), mais l'explication dans la notice de Prats-de-Mollo (1099) de la formation du gneiss de ce massif est plus à jour.
- ↑ Laumonier et al. 2015, p. 115-121.
- ↑ Laumonier et al. 2015a, p. 59.
- ↑ (ca) Carles Ayora et Josep Maria Casas Tuset, « Estudi microtermomètric dels filons de quars de les Esquerdes de Rojà, Massís del Canigó, Pirineu Oriental », Acta Geologica Hispanica, vol. 18, no 1, , p. 35-46 (lire en ligne).
- ↑ (en) Eloi González-Esvertit et al., « Compiling regional structures in geological databases: The giant quartz veins of the Pyrenees as a case study », Journal of Structural Geology, vol. 163, (lire en ligne) : "The largest and widest giant quartz veins of the Pyrenees are found in the Canigó Massif." (« Les filons de quartz géants les plus grands et les plus larges des Pyrénées se trouvent dans le massif du Canigó. »). Les Esquerdes de Rotjà présentent le plus impressionnant de ces affleurements de filons de quartz dans le massif. On pourrait donc raisonnablement dire qu'il s'agit également de l'affleurement d'un filon de quartz le plus frappant des Pyrénées.
- ↑ C. Puig, F. Covato et D. Maso, Vernet-les-Bains au cœur du Canigo, La mairie de Vernet-les-Bains, (ISBN 978-2-9528768-1-0), p. 93.
- ↑ Laumoniers 2005, para 6.
- ↑ Milesi 2020, p. 71.
- ↑ Guitard et al. 1998, p. 170.
- ↑ Colas et al. (Annexes) 2013, Annexe 2, F104.
- ↑ Colas et al. 2013, p. 39-41.
- ↑ Colas et al. (Annexes) 2013, Annexe 2, F137.
- ↑ Milesi 2020.
- ↑ Le Goff et al. 2018, p. 81.
- ↑ Calvet et al. 2022, p. 530 (Fig. 11.2).
- ↑ Guitard et al. 1998, p. 131-132.
- « Ceinture ferrifère du Canigou », sur inpn.mnhn.fr, Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le ).
- ↑ Colas et al. (Annexes) 2013, Annexe 2, F130.
- ↑ Guitard et al. 1998, p. 166.
- ↑ Calvet et al. 2022, p. 588.
- ↑ (en) Milesi G., Monié P., Soliva R., Münch P., Valla P.G. et Brichau S., et al., « Deciphering the Cenozoic exhumation history of the eastern Pyrenees along a crustal-scale normal fault using low-temperature thermochronology », Tectonics, vol. 41, e2021TC007172, (lire en ligne), Fig. 8.
- ↑ Calvet et al. 2022, p. 530-535.
- ↑ Guitard et al. 1998, p. 66-71.
- ↑ Laumonier et al. 2015, p. 57 & 62.
- ↑ Delmas et al. 2018.
- ↑ Delmas 2009.
- ↑ Cette exposition à Corneilla-de-Conflent est une zone de « badlands », « des terrains instables et très sensibles à la pluie et au ruissellement ». Parc naturel regional des Pyrenees catalanes, « Le panneau du belvédère du Pla d'Amunt », sur www.facebook.com/Parc.naturel.regional.des.Pyrenees.catalanes, (consulté le ).
- ↑ Guitard et al. 1998, p. 74-75.
- ↑ L'église Saint-Martin de Canaveilles a été construite en utilisant du micaschiste et du marbre provenant d'affleurements voisins. Voir Tableau III (édifice 94) dans : Laumoniers 2005.
- ↑ Guitard et al. 1998, p. 23.
- ↑ "L'Indépendant", le 26 mai 2023.