Buguélès
| Buguélès Bugelez | |||||
Crédit image: licence CC BY-SA 4.0 🛈 Moulin à marée du Bilo ou moulin mer du Vorlan. | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Lannion | ||||
| Canton | Tréguier | ||||
| Commune | Penvénan | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 50′ 13″ nord, 3° 16′ 49″ ouest | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
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Buguélès est un village et un petit port breton rattaché à la commune française de Penvénan dans les Côtes-d'Armor, dans le pays historique du Trégor. Il est situé sur la pointe entre les anses de Pellinec et de Gouermel. La côte naturellement préservée et, au large, le chapelet d'îlots sauvages, a valu à Buguélès d'être nommé parmi les plus beaux villages de France[1].
Géographie
Le village se caractérise par l'aspect déchiqueté et minéral de sa côte, où s'entremêlent roches, ilots et sillons de galets. Stratégiquement situé sur une pointe de terre, derrière cette barrière naturelle d'iles et de chaos rocheux, Buguélès se protège ainsi des vents violents qui peuvent balayer la côte.

L'habitat y est dense, en majorité granitique. Les maisons les plus anciennes se situant autour de la chapelle Saint-Nicolas du Bilo.
Partant du village, le réseau de chemins pour accès à l'estran est très important.
Toponymie
Le nom breton du village est Bugelez, dérivant de bugel qui signifie enfant[2].
Histoire
De nombreux sites préhistoriques (menhirs, dolmens, etc.) présents sur les territoires des communes de Penvénan, Port-Blanc et Buguélès témoignent d'une occupation très ancienne des lieux[3].
L'activité du village est liée, durant des années à celle des goémoniers. Les algues était ramassées principalement pour servir de fumier aux récoltes locales ou alors utilisées comme combustible avec de l'ajonc et encore brûlée pour en extraire l'iode et servir à l'industrie du verre ou de la médecine[4].
Malgré son isolement apparent, le hameau entretient durant des décennies un lien étroit avec le large, nombre de ses habitants vivant de la pêche, du cabotage ou de la marine marchande. Cette tradition maritime demeure encore très vivace au début du XXe siècle, comme en témoigne par exemple la célébration du centenaire du marin Yves Nicolas, surnommé Erwan Morice. Le 2 février 1930, celui-ci est honoré avec faste dans la petite chapelle Saint-Nicolas de Buguélès[5],[6]. À cette occasion, il reçoit la Légion d’honneur pour sa longue carrière maritime : ancien combattant de la guerre de Crimée — notamment lors de la prise de Sébastopol à bord du Jupiter — puis de la guerre de 1870, il aurait navigué pendant près de 80 ans, dont 77 sur des mers lointaines, sans connaître de naufrage[7],[8],[9]. Il meurt en octobre 1932 à l’âge de 102 ans[10].
Buguélès a été, en et via les réseaux de résistances locaux, le théâtre d'une tentative d'évasion d'officiers, de résistants français et d'un aviateur américain vers l'Angleterre. Cette tentative a malheureusement avorté à la suite d'une série d’événements imprévisibles[11].
Après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, le journal partisan France-Soir qualifie ironiquement Buguélès de « Stalingrad », dans un contexte de forte poussée du vote communiste observée alors dans une grande partie du pays[12]
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments


- Le moulin à marée : les traces d'un premier moulin, situé à l'emplacement du site actuel, entre les îles Balanec, Ozac'h et l'île Illiec apparaissent à la fin du XVIe siècle. Édifié par le Seigneur de Kersalio de Plougrescant, il aurait été en fonctionnement jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, avant d'être détruit[13]. Les archives témoignent de la reconstruction, en 1837, d'un nouveau moulin sur le site de l'ancien. le sieur Ozou, armateur et commerçant de Tréguier, aurait décidé de cette reconstruction. Le moulin est un des rares à être composé de deux digues distinctes, l'une rattachée au sillon de galets d'Illiec et acceptant l'eau à marée basse, l'autre adjointe directement au moulin et libérant l'eau à marée descendante. L'étang créé par l'enfermement du site (îles et digues) se remplit ou se vide donc en fonction des marées[13].
- La chapelle Saint-Nicolas : les premières traces de la construction d'une chapelle dans Buguélès remontent à la fin du XVe siècle. La chapelle actuelle est restaurée en 1935. À l'intérieur on trouve un ex-voto, celui d'un trois mâts voiles carrées[14]. La chapelle et le village sont placés sous le patronage de saint Nicolas, saint patron des enfants et des marins. Ce n'est pas sans raison, car bugel veut dire enfant en breton[2].
- À proximité directe de l'église, la croix semble porter la date de 1514[15].
Patrimoine naturel

Les îles de Buguélès : ce chapelet d'îles et d'îlots sauvages qui s'étend de Port-Blanc à Plougrescant (Île aux Pins), vaut à Buguélès la réputation d'être une côte où il est particulièrement difficile de naviguer. Le nombre de roches, de sillons de galets demandent à chaque marin une connaissance solide des lieux. Les îles principales sont : Ozac'h, Balanec, Illiec et son sillon de galets abritant des espèces rares de flore et de faune marines, l'île du Milieu, Coz Castel, Marquer, Guiben et l'île des Levrettes. Chaque île est plus ou moins densément boisée, avec un relief souvent marqué. Illiec, Marquer, Coz Castel et Balanec sont habitées. La particularité du port de plaisance de Buguélès[16] est qu'il est situé sur une presqu'île qui, à marée haute et à fort coefficient de marée, forme une île appelée île Bilo. L'eau monte ainsi sur la route durant quelques heures, rendant tout accès au port impossible aux véhicules.
Au large de Port-Blanc on trouve l'île Saint-Gildas, l'île du Château-Neuf et l'île des Femmes.
Buguélès et la littérature
Buguélès apparaît dans la nouvelle La bague du capitaine[17], tirée de l'ouvrage La Légende de la Mort[18] d'Anatole Le Braz.
Le village est également représenté à plusieurs reprises dans la bande-dessinée Danevell-Destins trégorrois[19], éditée en aux éditions Coop Breizh.
Festival
Tous les deux ans, et depuis 2002, est organisé, sur le site du vieux port, le festival de Buguélès. Le festival a lieu au cours du mois de juillet. Plusieurs artistes célèbres y ont déjà joué, parmi eux Tiken Jah Fakoly, Johnny Clegg, Da Silva, Fréro Delavega ou encore Alan Stivell[20].
Personnalités liées
Ambroise Thomas, compositeur français, avait acheté et habité l'île Illiec. À sa mort, il céda l'endroit à Charles Lindbergh, le célèbre aviateur américain, qui y résida aussi une partie de sa vie[21].
Notes et références
- ↑ GEO no 219 du 1er mai 1997, p. 83.
- https://www.ouest-france.fr/bretagne/la-petite-ecole-du-breton-2111496
- ↑ « Présentation de la commune de Penvénan », sur La Bretagne via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ « Histoire maritime de Bretagne Nord - Activités maritimes », sur Site Jimdo de histoiremaritimebretagneno… (consulté le ).
- ↑ Florian Le Roy, « Le centenaire du doyen des marins de France », L'Ouest-Éclair, , p. 4 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « 2 février 1930 : on célèbre le « doyen des marins » à Buguélès », sur enenvor.fr (consulté le ).
- ↑ « Une distinction bien méritée », L'Ouest-Éclair, , p. 5 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le regret du matelot », L'Écho du Nord, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le doyen des combattants », L'Est républicain, , p. 5 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Mort du doyen des marins de France », Journal d'Yvetot, L'Abeille cauchoise, , p. 4 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ouest-France, « Novembre 1943 : l'évasion manquée de Gouermel », sur Ouest-France.fr, (consulté le )
- ↑ Yves Grosrichard, « À 8 km de Tréguier Stalingrad est le bureau de vote le plus communiste de France.. », France-Soir, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- « Moulin à marée de Buguéles, Morlan Bras (Penvénan) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur www.patrimoine.bzh (consulté le ).
- ↑ « La chapelle de Buguélès », sur La Bretagne via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ « Chapelle Saint-Nicolas », sur La Bretagne via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ [1] 1port de Buguélès
- ↑ Anatole Le Braz, « La bague du capitaine », Le Courrier de Sézanne, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Le Braz, Anatole., La légende de la mort en Basse-Bretagne, Paris, TohuBohu éditions, 228 p. (ISBN 978-2-37622-043-5 et 2-37622-043-2, OCLC 1036318791, lire en ligne)
- ↑ de Beauregard, Nicolas de, 1983-...., Frappier, Patrick, 1966-.... et Printcorp), Danevell : destins trégorrois, Spézet/22-Saint-Brieuc, Coop Breizh, dl 2018, 51 p. (ISBN 978-2-84346-842-1 et 2-84346-842-6, OCLC 1089218293, lire en ligne)
- ↑ « Site du festival de Bugélès », sur festivaldebugueles.fr (consulté le ).
- ↑ « Ile Illiec », sur La Bretagne via Internet Archive (consulté le ).
