Białystok

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Białystok
Bialistock
Blason de Białystok
Héraldique
Drapeau de Białystok
Drapeau
Białystok
Administration
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Région Podlachie
District Białystok
Maire Tadeusz Truskolaski  (PO)
Code postal 15-001 à 15-899
Indicatif téléphonique international +(48)
Indicatif téléphonique local 85
Immatriculation BI
Démographie
Population 297 356 hab. (2019)
Densité 2 912 hab./km2
Population de l'agglomération 370 000 hab.
Géographie
Coordonnées 53° 20′ nord, 23° 10′ est
Altitude 120 - 160 m
Superficie 10 212 ha = 102,12 km2
Localisation
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Białystok
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Białystok
Liens
Site web www.bialystok.pl

Białystok (prononciation polonaise : [bʲaˈwɨstɔk] ; biélorusse : Беласток, Bielastok ; ukrainien : Білосток, Bilostok ; russe : Белосток, Belostok ; lituanien : Balstogė ; allemand : Bjelostock ; yiddish : ביאַליסטאָק, Bialistok ; espéranto : Bjalistoko), parfois appelée en français Bialistock[1],[2],[3], est la plus grande ville du nord-est de la Pologne et le chef-lieu de la voïvodie de Podlasie, du powiat de Białystok et du powiat-ville de Białystok. Elle est située près des frontières biélorusse et lituanienne. 11e ville de Pologne par sa population ainsi que la plus peuplée du nord-est de la Pologne, elle comptait 297 356 habitants en 2012. C'est une ville industrielle (industries textiles, alimentaires, chimiques et mécaniques).

Histoire

Époque moderne

Palais Lubomirski .

Fondée par Gediminas, la ville apparaît dans des sources historiques en 1437 lorsque la région située près de la rivière Biala est offerte à Raczko Tabutowicz par le grand-duc de Lituanie Casimir IV Jagellon. En 1547, la ville devient la possession de la famille des Wiesiołowski qui y construisent un château en briques et une église. À la mort de Krzysztof Wiesiołowski, le dernier des Wiesiołowski en 1645, Białystok est incorporée au grand-duché de Lituanie. En 1661, elle est donnée à Stefan Czarniecki comme récompense pour sa contribution à la victoire contre les Suédois. Quatre ans plus tard, il la donne à la famille Branicki, comme dot de sa fille Aleksandra.

Białystok reçoit sa charte de ville en 1749.

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le chef de guerre Jan Klemens Branicki hérite de la région de Białystok. C'est lui qui transforme la vieille demeure préexistente en résidence d'un grand noble, le Palais Branicki. De nombreux artistes et scientifiques viennent alors à Białystok pour se placer sous le patronage de Branicki.

Après la troisième partition de la Pologne en 1795, Białystok est rattachée au Royaume de Prusse (chef-lieu de département de la province de Nouvelle-Prusse-Orientale), avant de passer à la Russie après la Paix de Tilsit en 1807.

Pogrom de Bialystok, vu par Henryk Nowodworski

Durant le XIXe siècle, la ville devient un centre majeur de l'industrie textile. La population passe alors de 13 787 habitants en 1857 à 56 629 en 1889 et 65 781 en 1901.


XXe siècle

Pour les Juifs de la ville, l'Empire russe se montra moins tolérant que la Pologne ou la Prusse, et en 1906 ils furent frappés par un pogrom durant lequel plus de 100 d'entre eux furent massacrés et de nombreux autres blessés. La communauté juive de Białystok, formant alors les trois-quarts des habitants, survécut jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Gare ferroviaire.
Palais Hasbach .

Lors de la Première Guerre mondiale, la ville est violemment bombardée pour la première fois le . Le 13 août de la même année, les troupes allemandes occupent la ville, qui est rattachée à la région d'occupation Ober Ost. En mars 1918, la ville fait partie de la République populaire biélorusse nouvellement proclamée. En juillet de la même année, elle est rattachée à la province allemande de Lituanie au sein de l’Ober Ost. Le 19 février 1919, la ville devient polonaise. En 1920, lors de l'invasion soviétique pendant la guerre russo-polonaise, Białystok sert brièvement de quartier général au Comité révolutionnaire provisoire polonais dirigé par Julian Marchlewski, qui tente de créer une République socialiste soviétique de Pologne.

La ville fait ensuite à nouveau partie de la Pologne indépendante de 1920 à 1939. En septembre 1939, Białystok est occupée par l'armée allemande, avant d'être remise à l'Union soviétique, comme prévu par le protocole secret du Pacte germano-soviétique. La ville est alors rattachée à la République socialiste soviétique de Biélorussie, devient la capitale de la nouvelle voblast de Belastok, et subit la déportation par le NKVD vers le Goulag des citoyens qui avaient servi l'État polonais (fonctionnaires, enseignants, juges, forces de l'ordre), des prêtres et des possédants (propriétaires de terres, d'industries ou de commerces), conformément à la politique de terreur rouge de Staline[4].

Le , cinq jours après le début de l'opération Barbarossa, Białystok tombe aux mains de l'Allemagne nazie, et subit le pillage, la déportation et l'extermination par la Gestapo de la population non-allemande de la ville, conformément à la politique raciale des nazis, selon laquelle slaves et juifs sont des « sous-hommes » à réduire en esclavage et à liquider. Entre autres, accusés d'avoir soutenu l'URSS, plus de 2 000 Juifs (hommes, femmes et enfants) sont massacrés par le 309e bataillon allemand de police, cinq cents d'entre eux enfermés dans la synagogue et brûlés vifs. Ce massacre survient trois jours après celui de Garsden[5]. Les 56 000 Juifs sont regroupés dans le ghetto de la ville. Leur extermination débute au mois d'août 1941. Le éclate le soulèvement du ghetto de Białystok, qui ne dure que quelques jours avant d'être écrasé.

C'est dans cette ville que se suicide Henning von Tresckow, le , après l'échec de son attentat contre Adolf Hitler, le .

Durant les discussions des Alliés sur la question polonaise de 1943 à 1945, Białystok est revendiquée par l'URSS mais finalement attribuée à la république populaire de Pologne. La ville retrouve la démocratie et les libertés civiles en 1989, lors de la libération de la Pologne. Une université est ouverte en juin 1997. En 2008, elle accueille plus de 15 000 étudiants.

Démographie

Population, et genre (%).

Évolution

Évolution de la population de la ville depuis 1946 :

Minorités

Depuis le XVe siècle et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la population de la ville était composée aux trois-quarts de Juifs, qui ont presque tous été exterminés par les nazis durant la Shoah. Actuellement la ville compte trois minorités principales : entre 10 000 et 15 000 Russes, 7 500 Biélorusses et 1 800 Tatars baltiques.

Religions

Un évêché catholique a été établi à Białystok le 5 juin 1991. Auparavant, la ville dépendait de l'archevêché de Vilnius, en Lituanie. Le 25 mars 1992, l'évêché est transformé en archevêché ayant autorité sur deux évêchés : celui de Drohiczyn et celui de Łomża.

Białystok est le siège de la Cathédrale de l'Assomption (Białystok)

Cathédrale de l'Assomption

La ville est célèbre pour son Sanctuaire de la Miséricorde Divine avec les reliques principales de Michał Sopoćko[6].

En outre, Białystok a la particularité d'avoir en son sein la plus large concentration de chrétiens orthodoxes en Pologne. La ville est le siège de l'éparchie de Białystok et Gdańsk.

Personnalités

Événements

Du 25 juillet au , Białystok accueille le 94e congrès mondial d'espéranto[7] en l'honneur du 150e anniversaire de la naissance du docteur Zamenhof, initiateur de cette langue internationale.

Le , une marche de l'égalité, première du genre à Białystok, se déroule sous protection policière en raison d'importantes manifestations homophobes organisées par des militants nationalistes et ultracatholiques, dont l'une à l'initiative du préfet de la région, membre du parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir.[8]. Des militants nationalistes projettent contre les manifestants des pétards, des pierres et des bouteilles[9].

Sports

  • Jagiellonia Białystok (club professionnel polonais de football)
  • Hetman Białystok (club polonais de football)

Jumelages

La ville de Białystok est jumelée avec :

Panorama

Place du Marché de Tadeusz Kościuszko avec son hôtel de ville (Ratusz).

Notes et références

  1. Saint-René Taillandier, « Maurice de Saxe — III. Dernières aventures et loisirs d'un duc détrôné », Revue des Deux Mondes,‎ (lire en ligne)
  2. « Importants succès allemands en U.R.S.S. : Brest-Litovsk, Bialistock, Lomza et Kovno sont aux mains des armées du Reich », L'Ouest-Éclair,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  3. Raymond Cartier et Jean-Pierre Cartier, La Première Guerre mondiale, t. I : 1914-1915, Paris, Presses de la Cité, , 344 p. (ISBN 2-258-01101-9, lire en ligne), p. 264
  4. Keith Sword, The Soviet Takeover of the Polish Eastern Provinces, 1939–41, pp. 28-33.
  5. Christopher Browning, Les Origines de la solution finale, Points/Histoire, Seuil, 2009, p. 530
  6. Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde
  7. (eo) « Universala Esperanto-Asocio : Universala Kongreso », sur uea.org (consulté le 15 mai 2021).
  8. Jakub Iwaniuk, « Une Marche des fiertés LGBT à Białystok, bastion nationaliste en Pologne, vire au cauchemar », sur lemonde.fr, Le Monde (consulté le 22 juillet 2019).
  9. « Pologne: une gay pride attaquée par des ultranationalistes », sur BFMTV,

Liens externes