Ventura Caro
Capitaine général de Valence () | |
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Nicolás Antonio de Arredondo (en) Domingo Izquierdo () | |
Capitaine général de Galice () | |
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Pedro Martín-Paredes Cermeño () Francisco Javier Pacheco Sousa Silva y Almeida () |
Naissance | |
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Décès | |
Nom dans la langue maternelle |
Ventura Caro |
Nationalité | |
Activités |
Chef militaire, militaire |
Père |
José Caro Maza de Lizana y Roca () |
Fratrie |
Pedro Caro Fontes y Maza de Lizana (en) |
Grades militaires |
Général Capitaine général () Capitaine général |
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Conflits | |
Distinctions | Liste détaillée Grand-croix de l'ordre de Charles III d'Espagne () Ordre d'Alcántara Gentilhombre de cámara con ejercicio (en) Grand commandeur |
Ventura Caro, né le à Valence et mort le , fut un général espagnol pendant la guerre d'indépendance.
Biographie
Ventura Caro naquit à Valence, le . Militaire et chevalier de Malte dès sa jeunesse, il était lieutenant dans les gardes wallonnes, lorsqu'en 1775 il fit partie de la malheureuse expedition contre Alger, où périt son frère aîné, le marquis de La Romana, maréchal de camp. Des bruits calomnieux ayant attribué à l'imprudenee et à l'insubordination de ce général le mauvais résultat d'une entreprise mal conçue et plus mal exécutée, Caro le justifia dans un mémoire qu'il présenta au roi, et il obtint de ce monarque les témoignages les plus authentiques et les plus flatteurs pour l'honneur de son frère. Employé pendant la guerre contre l'Angleterre, Caro se distingua, en 1781, aux siéges de Mahon et du fort St-Philippe. Il était alors colonel et premier aide de camp du duc de Crillon, qui lui fit donner le commandement de Minorque, après l'entière réduction de cette île en 1782. Il fut nommé en même temps brigadier et parvint bientôt aux grades de maréchal de camp et de lieutenant général. Sur la fin de 1790, il fut envoyé dans la Galice où quelques troubles avaient éclaté ; quand l'ordre fut rétabli dans cette province, il en devint le capitaine général. ll passa avec le même titre dans celle de Guipuscoa, lorsque la guerre parut immineute entre la France et l'Espagne ; et dès qu'elle fut déclarée (mars 1793), il reçut le commandement de l'armée, et vint occuper la montagne de St-Martial et les hauteurs de Vera, depuis Fontarrabie jusqu'à Etchalar, où il établit de nombreuses batteries qui rendirent cette position inexpugnable. Il traversa la Bidassoa le 22 avril, prit et detruisit une redoute construite par les Français sur la montagne de Louis XIV, brûla leur camp de Biriatou et obtint des succès tels qu'on craignit pour Bayonne. Le 1er mai, il força le camp que le général Servan avait établi à Sare, et l'incendia malgré les efforts du brave La Tour d'Auvergne. S'il eût su profiter de cette victoire, il se serait rendu maître du cours de l'Adour. Le 6 juin il en remporta une seconde à Château-Pignon, et fit prisonnier le général Lagénetière. Trop de circonspection l'arrêta encore et l'empêcha de marcher sur Saint-Jean-Pied-de-Port. Il se contenta de détruire le fort d'Hendaye et d'occuper plusieurs positions sur la rive droite de la Bidassoa, d'où il fut bientôt rejeté sur la rive gauche, quoique a l'attaque de Biriatou, le 13 juillet, le marquis de La Romana son neveu eût repoussé les Français conduits par La Tour d'Auvergne. À l'affaire d'Urrugne, où Caro commandait en personne, le 23 juiliet, il fut renversé de cheval, tandis qu'il ralliait les fuyards, et il aurait été fait prisonnier, sans le secours des contrebandiers espagnols qui le ramenèrent à Irun. Il répara ces échecs, et à la fin de la campagne il était maître du cours entier de la Bidassoa et des sommets les plus avantageux des Pyrénées. Appelé à Madrid, en février 1794, pour discuter les plans de la campagne suivante, il fut promu à la grande croix de l'Ordre de Charles III. De retour à son armée, il dirigea le 23 avril une attaque générale, depuis la vallée de Bastan en Navarre jusqu'au bois d'Irati. Malgré le succès de cette expédition, elle n'aboutit qu'à venger des incendies par d'autres incendies. Les Français ayant repris la vallée de Baïgorry, et forcé les défilés qui protégeaient celle de Bastan, don Ventura Caro tenta, le 15 et le 23 juin, contre leur aile droite, qu'il croyait affaiblie par cette diversion, deux autres attaques dont la première fut sans résultat décisif, et la seconde échoua. Reconnaissant alors l'impossibilité de conserver la vallée de Bastan, il proposa au gouvernement de l'évacuer et de se borner à défendre les fortes positions d'Irun et de Vera, qui, sur ce point, suffisaient pour préserver l'Espagne d'une invasion. Les intrigants de la cour ayant fait rejeter ce système fondé sur la raison et l'expérience, Caro donna sa démission et fut remplacé dans le commandement par le vieux comte de Colomera, qui ne put empêcher les Français, commandés par Moncey, d'emporter en cinq semaines Ies redoutes de Biriatou, de Vera, d'Irun et de St-Martial ; de s'emparer de Fontarrabie, du Port du Passage, et d'etablir leur quartier général à Tolosa. Avec plus de talents et d'activité, le successeur de Golomera fit de vains efforts poar arrèter la marche des Français, dont l'arrivée jusqu'a l'Èbre contraignit la cour d'Espagne à conclure la paix de Bâle (1795). Caro, à qui l'on avait rendu ane justice tardive, fut alors nommé gentilhomme de la chambre du roi. Mais son zèle et son habi!eté pouraient être plus utilement employés, et l'occasion se présenta de les mettre à l'épreuve. Des troubles ayant eclaté en septembre 1801 à Valence, Caro fut nommé capitaine général de cette province, où l'ascendant de son nom estimé dans le pays, et la promptitude, la juste sévérité de ses mesures rétablirent bientôt la tranquillité. En 1802, il obtint le grade de capitaine général des armées[1]. Ce fut lui qui, en 1808, après les événements de Bayonne et de Madrid auxquels il ne prit aucune part, s'étant retiré dans sa province natale, ou en ayant recu le gouvernement de la part de la junte provisoire, protégea les Français établis à Valence contre la fureur populaire, et repoussa le général Moncey qui avait cru s'emparer de cette ville par un coup de main. Caro mourut peu de temps après, ne laissant que des enfants en bas âge, parce qu'il s'était marié dans les dernières années de sa vie[2].
Notes
- ↑ Le grade de capitaine général des armées équivaut en Espagne à celui de maréchal de France, et ne doit pas être confondu avec celui de capitaine général de province, qui n'est pas inamovible comme le premier, et qui est conféré temporairement à des lieutenants généraux.
- ↑ Quelques biographes ont confondu don Ventura Caro avec ses neveux, D. Juan Caro et D. Joseph Caro nés à Majorque et frères du dernier marquis de La Romana. Mais D. Juan Caro n'était pas encore colonel en 1807, comme il est constaté dans l'Almanach militaire espagnol de cette année. Il servait sous les ordres de son frère le marquis, en Poméranie, puis en Danemark, et ne revint en Espagne qu'en nov. 1808. Ce fut son frère D. Joseph qui, en avril 1810, défendit Valence contre les premières attaques de Suchet, qu'il força à la retraite. Quant à D. Juan, quoiqu'il eut suivi le parti des Cortes de 1810 à 1814, il se soumit à Ferdinand VII, fut nommé capitaine général de la Nouvelle-Castille, et mourut à Alcalá de Henares, en 1829. Le roi accorda à sa veuve une pension de douze-mille réaux.
Liens externes
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