Underwater Demolition Team

Écusson des Underwater Demolition Teams.

Les Underwater Demolition Teams (UDT) sont des unités de la marine américaine ayant existé de 1942 à 1983 et considérées comme les précurseurs des SEAL. Elles ont participé à plusieurs conflits : la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam. Leur principale fonction était de reconnaître et détruire les obstacles sur les plages avant un débarquement amphibie.

Histoire

La Seconde Guerre mondiale

Après l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, la marine américaine se rendit compte que pour permettre aux troupes de réussir des débarquements, elle aurait besoin de soldats qui effectueraient des reconnaissances des plages, repéreraient les obstacles et les défenses, puis guideraient les forces de débarquement. En conséquence, l'Amphibious Scout and Raider School fut créée conjointement par l'US Army et l'US Navy en . Les Scouts and Raiders (S&R) furent employées la première fois lors de l'opération Torch, le débarquement en Afrique du Nord en [1].

À l'été 1943, le programme de l'Amphibious Scout and Raider School, désormais basée à Fort Pierce en Floride et qui deviendra une école uniquement de la Navy, s'élargit en intégrant la spécialité de démolition sous-marine. C'est là que fut créée la « Hell Week » (littéralement la « semaine infernale »), une période de sélection très éprouvante où 65 à 75 % des candidats abandonnent et qui reste depuis une phase obligée de la sélection des UDT/SEAL. Les unités ainsi formées à Fort Pierce, les Naval Combat Demolition Units (NCDU), étaient entraînées à détruire les obstacles gênant les débarquements, en opérant en uniforme, à partir d'embarcations, de nuit. La natation n'était guère prise en compte[2]. Les NCDU, combinées avec des équipes de sapeurs de l'US Army, participèrent au débarquement en Normandie pour ouvrir les sorties des plages de Utah Beach et d'Omaha Beach. Sur cette dernière plage, les marins eurent 52 % de pertes[3].

Un panneau « bienvenue aux Marines » laissé par une UDT lors du débarquement de Guam.

À la suite du débarquement catastrophique de Tarawa en , où des récifs coralliens et autres obstacles sous les vagues provoquèrent de nombreuses pertes chez les Marines, le vice-amiral Richmond K. Turner ordonna la formation d'Underwater Demolition Teams (« équipes de démolition sous-marine ») ou UDT[4]. Les UDT, de plus grande taille que les NCDU, une centaine d'hommes chacune, furent de tous les débarquements de la guerre du Pacifique. Elles inaugurèrent rapidement la méthode d'opérer de jour, à la nage en maillot de bain. Leurs têtes seules dépassant de l'eau, montant et descendant dans les vagues, ces « Naked Warriors » (guerriers nus) constituaient des cibles difficiles pendant qu'ils travaillaient à miner les obstacles naturels ou artificiels devant les plages tenues par l'adversaire[5].

L'après-guerre

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les UDT furent massivement démobilisées, mais celles restantes se livrèrent à de nombreuses expérimentations, dont les opérations type raid commando pour détruire un objectif à l'intérieur des terres, les opérations sous-marines (nageurs de combat), et l'utilisation de la troisième dimension (expérimentation de l'emploi de l'hélicoptère et du système Fulton). Pendant la guerre de Corée, les UDT participèrent au débarquement d'Incheon, mais aussi à des raids commandos. Ainsi, les missions se tournèrent progressivement vers la guerre non conventionnelle[6]. Avec l'augmentation des besoins pour ce genre d'opérations, des unités dédiées, les SEAL, furent créées en 1962. Le choix fut alors fait de conserver les UDT car elles restaient nécessaires au sein de la force amphibie de la Navy.

Par ailleurs, les UDT participèrent, dans les programmes spatiaux Mercury et Apollo, à la récupération des astronautes après leur amerrissage.

Lors de la guerre du Viêt Nam, les UDT effectuèrent des reconnaissances hydrographiques en vue de débarquements des Marines, reconnaissance généralement sans opposition ennemie[7].

En 1983, les Underwater Demolition Teams furent transformées en unités SEAL, le raisonnement étant que les forces amphibies avaient besoin de mener des opérations type UDT et SEAL mais pas simultanément, et n'avaient de la place disponible à bord que pour embarquer une section d'une seule de ces unités[8].

Les SEAL dans la culture populaire

Le film Les Hommes-grenouilles (1951) de Lloyd Bacon se passe dans une UDT.

Le film Underwater Warrior  (1958) de Andrew Marton est basé sur les mémoires du Lieutenant-Commander Francis Douglas Fane des UDT, Naked Warriors.

Dans le film Apollo 13 (1995) de Ron Howard, l'insigne des UDT est visible sur la porte de l'hélicoptère qui dépose les astronautes sur le navire après leur récupération en mer.

Voir aussi

Notes

  1. (en) « SEAL History: Origins of Naval Special Warfare-WWII », sur navysealmuseum.org (consulté le 4 janvier 2019)
  2. Kelly 1993, p. 20-21.
  3. Kelly 1993, p. 26-27.
  4. (en) Dick Couch et William Doyle, Navy SEALs : Their Untold Story, New York, Wiliam Morrow (HarperCollins Publishers), (ISBN 978-0-06-233660-6), p. 275.
  5. Kelly 1993, p. 22-23, 30-31.
  6. Kelly 1993, chap. 5 « New Horizons–and War in Korea », p. 60-84.
  7. (en) Bill Salisbury, « Was Jesse Ventura a SEAL or a UDT guy? », San Diego Reader,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mai 2019).
  8. Kelly 1993, p. 245.

Bibliographie

  • (en) Orr Kelly, Brave Men–Dark Waters : The Untold Story of the Navy SEALs, New York, Pocket Books, Simon & Schuster, (1re éd. 1992), 330 p. (ISBN 0-671-86762-8, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes