Sulayman Ibn Abd Allah al-Kamil

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Sulaymān
سليمان
Biographie
Date de naissance vers 730
Lieu de naissance Arabie
Date de décès peut-être vers 814
Lieu de décès peut-être à Aïn El Hout
Sépulture Aïn El Hout
Père ʿAbd Allāh al-Kāmil
Fratrie Idrīs I, Muḥammad, Ibrāhīm,ʿĪsā, Yaḥyā
Enfants Muḥammad Ibn Sulaymān
Religion Islam

Sulaymān, de son nom complet Sulaymān Ibn ʿAbd Allāh al-Kāmil, en arabe سليمان بن عبد الله الكامل , dit parfois Sidi Sliman ou Moulay Slimane, est le frère d'Idrīs I, fils de l'arrière petit-fils du calife Ali et de Fatima, fille de Mahomet[1]. Il est né probablement vers 730[2] et serait mort vers 814[3], peut-être à Aïn El Hout[4] dans l'actuelle province de Tlemcen en Algérie[3].

Selon Ibn Khaldoun, il serait parvenu à Tlemcen après l'assassinat de son frère Idrīs I en 791[note 1] et en aurait pris le contrôle[6]. Mais selon Ibn Idhari et Al-Bakri, il se serait installé à Tlemcen du vivant de son frère et sans doute avec son approbation[7]. C'est la version que retiennent les historiens Philippe Sénac et Patrice Cressier qui indiquent que Sulaymān a été gouverneur de Tlemcen entre 786 et 813[8]. Cependant, selon d'autres auteurs arabes anciens, il n'aurait pas échappé au massacre de Fakh et serait mort en [9].

Face à ces contradictions, l'historien Daniel Eustache se risque à conjecturer que Sulaymān se serait rendu à Tlemcen avant la bataille de Fakh puis serait reparti en Orient. Là, il aurait vanté les mérites de la ville à son fils Muḥammad. Il aurait été tué lors de la bataille en 786, puis son fils serait à son tour venu dans cette ville, peut-être en même temps qu'Idrīs I[10].

Quoi qu'il en soit, il donne son nom à la dynastie des Sulaymanides dans l'actuelle Oranie, étant le père de Muḥammad qui gouverne déjà la région en 806[9].

Notes et références

Notes

  1. La date de la mort d'Idrīs I est incertaine ; selon certains auteurs il aurait été assassiné en 793[5].

Références

  1. Ibn Khaldūn 1854, p. 559-560.
  2. Benmansour 2019.
  3. a et b Bekkaï 2009.
  4. Baghli 2007.
  5. Benchekroun 2014, p. 9-10.
  6. Ibn Khaldūn 1854, p. 569-571.
  7. Marçais 1941, p. 59-60.
  8. Sénac et Cressier 2012, p. 118.
  9. a et b Eustache 1970, p. 49.
  10. Eustache 1970, p. 138-139.

Bibliographie

  • Ibn Khaldūn, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale - Tome 2, Alger, Impr. du Gouvernement, (OCLC 313120435, lire en ligne), « Origine et chute de la dynastie des Idricides - Rétablissement de leur autorité dans plusieurs endroits du Maghreb »
  • Georges Marçais, « La Berbérie au IXe siècle d’après El-Ya’qoûbî », Revue Africaine, Alger, Office des publications universitaires, vol. 85, nos 386-387,‎ , p. 40-61 (lire en ligne)
  • Daniel Eustache, Corpus des dirhams idrīsites et contemporains: collection de la Banque du Maroc et autres collections mondiales, publiques et privées, Rabat, Banque du Maroc, (OCLC 875887851, lire en ligne), « Sulaymānides »
  • Philippe Sénac et Patrice Cressier, Histoire du Maghreb médiéval: VIIe-XIe siècle, Paris, Armand Colin, (ISBN 978-2-200-28342-1, lire en ligne), « Point 6 - La ville de Tlemcen »
  • Abderrahim Benmansour, « SOLAÏMAN Ibn ABDALLAH EL-KAMIL », sur vitaminedz.com, (consulté le 22 octobre 2019)
  • Allal Bekkaï, « Tlemcen: Aïn El Hout, le village des Alaouites, revisité », Le Quotidien d'Oran,‎ (lire en ligne)
  • Mohammed Baghli, « Sidi Slimane Ibn Abdallah Al-Kamil de Aïn Al-Houtz », Le Quotidien d'Oran,‎ (lire en ligne)
  • Chafik T. Benchekroun, « Rāšid et les Idrissides: l’histoire “originelle” du Maroc entre marginalisation et glorification », Al-Qanṭara, vol. 35, no 1,‎ (ISSN 1988-2955 et 0211-3589, DOI 10.3989/alqantara.2014.v35.i1, lire en ligne, consulté le 5 novembre 2019)

Articles connexes

Sulaymanides