Stade Jean-Bouin (Paris)

Stade Jean-Bouin
Tribune présidentielle nouveau stade Jean Boin Paris.JPG
Généralités
Adresse
20-40, avenue du Général-Sarrail
75016 Paris
Construction et ouverture
Construction
Ouverture
1925
Architecte
Rénovation
1968-1970, 2010-2013
Extension
1968-1970, 1975, 2013
Utilisation
Clubs résidents
Propriétaire
Administration
Équipement
Surface
Pelouse synthétique
Capacité
12 000 (1975)
9 205 (2008)
20 000 (2013)
Dimensions
100 m × 70 m
Localisation
Coordonnées
48° 50′ 36″ N, 2° 15′ 11″ E
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris
Red pog.svg

Le stade Jean-Bouin est un stade de 20 000 places, situé dans le 16e arrondissement de Paris, juste à côté du Parc des Princes.

Histoire

1925 : construction de la première enceinte

En 1925, les terrains de l'avenue du Général-Sarrail sont aménagés par le CASG Paris ; ils quittent ainsi l'ancien stade Jean-Bouin à proximité des serres de Paris. Ces nouvelles installations conservent alors leur appellation de stade Jean-Bouin, en usage depuis 1916[1].

Le stade est rénové en 1968[1].

En 1975 un gymnase lui avait été adjoint, ainsi qu'un terrain de hockey sur gazon en 1982. Il dispose de quinze courts de tennis dont dix en terre battue. Le stade est baptisé en hommage au coureur français Jean Bouin, mort pour la France lors de la Première Guerre mondiale.

Reconstruction de 2010 à 2013

Panoramique du Stade Jean-Bouin (Paris)
Stade français-Castres olympique au stade Jean-Bouin (31 mai 2008).

Un projet de rénovation du stade faisait partie du dossier de candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012, afin de faire de l'enceinte le lieu des rencontres de hockey sur gazon. Il était entendu que ce projet de rénovation était maintenu malgré l'échec de la candidature, mais il fallut près de deux années supplémentaires pour que le conseil municipal de Paris accepte enfin le projet, le , par 80 voix contre 59. Ce projet est notablement différent du projet initial de Paris 2012 et prévoit en particulier la création d'un parking souterrain de 500 places (dont 100 réservées aux riverains), de 8 000 m2 de commerce dont une brasserie et boutique du club résident, 850 m2 de bureaux et la mise en conformité des infrastructures d'un stade de 20 000 places avec les règles d'homologation de la Fédération française de rugby et la Fédération française de football. Afin d'assurer une proximité des spectateurs avec l'aire de jeu, la piste d'athlétisme sera transférée et accessible à des centaines de scolaires voisins du stade, sur les "pelouses d'Auteuil" (à l'intérieur de l'hippodrome d'Auteuil). Le terrain de hockey sur gazon, à l'époque non homologué et sans gazon, déplacé pour permettre la construction de quatre terrains de tennis, sera également restitué sur les pelouses d'Auteuil, homologué par la section de hockey sur gazon (de niveau national) du Paris Jean-Bouin, association utilisatrice du stade Jean-Bouin jusqu'en . Finalement, 35 000 m2 (sur 57 000 m2) de l'ancien stade seront détruits pour faire place à un stade de rugby à usage professionnel et à plusieurs cellules commerciales. Aucune rénovation de la partie restante du stade Jean-Bouin (gymnase de 1975 avec deux salles d'arts martiaux et de gymnastique, tennis et club house) n'est prévue par la ville de Paris.

La transformation rencontre une forte opposition locale, rassemblée dans un collectif[2] de Boulonnais et de riverains du 16e arrondissement, notamment mené par les députés-maires UMP du 16e arrondissement et de la ville de Boulogne, Claude Goasguen et Pierre-Christophe Baguet, par les riverains qui sont également ceux du Parc des Princes et par l'association du Paris Jean-Bouin, dont la concession renouvelée par la ville de Paris le pour 20 ans a été résiliée par la ville de Paris, le . Sont évoqués par les opposants : la destruction d'un élégant stade "art-déco" qui pouvait être réaménagé, la forte intrusion visuelle du nouveau stade massif et opaque, le déplacement très malcommode des activités sportives des scolaires (traversée de l'immense porte d'Auteuil puis d'une partie de l'hippodrome) et la fin d'un grand club d'athlétisme, le C.A.S.G., définitivement privé d'installations dignes de cette discipline. À l'inverse, un collectif de soutien s'est également formé pour porter ce projet qui offre à une équipe de rugby professionnel évoluant dans l'élite du sport national et européen, un outil digne de ses ambitions.

Panoramique du Stade Jean-Bouin
Panoramique du nouveau Jean-Bouin (28 décembre 2014)
Vue extérieure du nouveau Jean-Bouin.

Le , le projet de Rudy Ricciotti (grand prix national d'architecture 2006) est retenu par le jury désigné par la ville de Paris, chef de projet Christophe Kayser.

Le projet architectural s’articule autour de la couverture qui englobe de manière homogène l’ensemble du stade en se retournant en façade du déambulatoire périphérique. Cette peau est composée de plus de 3000 triangles différents préfabriqués en BFUP (Béton Fibré Ultra Performant) installés sur 78 fléaux métalliques dont les plus grands dépassent 40m de porte-à-faux. Les panneaux en façade sont ouverts, ceux en toiture voient leurs alvéoles fermées par l’inclusion de pastilles de verre afin de protéger les spectateurs des intempéries et les riverains des désagréments acoustiques. Ce procédé unique fit alors l’objet d’études d’ingénierie de pointe certifiées par plusieurs ATEx (Appréciation Technique Expérimentale) délivrée par le CSTB et conduisit au titre de plus grande couverture en béton fibré du monde et à une première place aux World Concrete Awards ACI Excellence dans la catégorie « béton décoratif ».

Autre prouesse technique, la tribune sur l’avenue du Général Sarrail est suspendu au-dessus du boulevard périphérique souterrain. Ceci permet sa stabilité et l’évacuation du public qu’elle accueille même si le tunnel s’effondre en dessous.

La capacité assise du stade sera portée à 20 000 places assises (précisément), toutes couvertes. Le stade comprend en outre 51 loges, un salon de réception, un secteur administratif accueillant le personnel du Stade Français, un pôle sportif réservé aux joueurs professionnels et composé d’une salle de musculation sur deux niveaux, d’un espace de balnéothérapie et d’un gymnase en sous-sol, une tribune de presse avec une salle de rédaction, un studio d’interview et une salle de conférences associés, un parking de 500 places en infrastructure et plusieurs cellules commerciales. [4]. Une enquête publique a été menée par la Mairie de Paris à la fin de l'année 2009 afin de pouvoir présenter aux riverains et aux différents acteurs locaux le projet du nouveau stade Jean-Bouin, mais également le projet d'aménagement du quartier Auteuil. Malgré les oppositions et les recours judiciaires, les travaux ont débuté, à l'été 2010[5]. L’enceinte rénovée est inaugurée le à l’occasion d’un match de Championnat victorieux contre le Biarritz Olympique.[6]. Le coût prévisionnel était de 110 millions d’euros[7]. Le stade est composé de la tribune « Présidentielle », la « Paris », la « Parc des Princes » et la « Gilardi ».

Utilisation du stade

Aujourd'hui, le stade Jean-Bouin sert d'enceinte sportive au Stade français Paris, club de rugby à XV évoluant dans le Top 14. Le stade Jean-Bouin disposait également d'installations pour pratiquer l'athlétisme jusqu'en 2010 et accueillait notamment le meeting d'athlétisme de Paris jusqu'au début des années 1990. C'est là que le perchiste ukrainien (soviétique à l'époque) Sergueï Bubka porta le record du monde à la marque mythique des 6 mètres, le [8],[9].

Le stade fut également utilisé (de 1983 à 1993) pour quelques finales du Casque d'Or (championnat de France de football américain).

En 2016, le stade accueillera la plateforme d'innovation sportive « Le Tremplin ». Cette plateforme comportera notamment un incubateur de startups[10].

Lors de la saison 2016-2017, le club de football du Red Star FC y joua ses rencontres à domicile à la suite de la convention signée entre le club audonien, la ville de Paris, propriétaire de l'enceinte, et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis[11]. Le club retourne dans son antre de Saint-Ouen au stade Bauer l'année suivante, après sa relégation en National [12].

À partir de 2018, la section féminine du Paris Saint-Germain y élit également domicile. Elle joue l'ensemble de ses matchs au stade Jean-Bouin[13].

À l’été 2019, le Stade français Paris rugby récupère la gestion du stade Jean-Bouin et l’équipe d’une nouvelle pelouse synthétique[14], ce qui permet aux rugbymen de s’entraîner sur la pelouse de Jean-Bouin quelle que soit la saison et d'axer l'organisation de l'enceinte autour de l’équipe de rugby[15].

Galerie

Évènements

Notes et références

  1. a et b « Histoire du club », sur parisjeanbouin.fr (consulté le 19 août 2020).
  2. Site du Collectif Jean-Bouin.
  3. « Les grands stades : Le stade Jean Bouin », sur paris.fr.
  4. « La démolition de Jean Bouin commencera cet été », sur LaVieImmo.com, .
  5. Audrey Natalizi, « Un Stade Jean-Bouin flambant neuf pour le premier match à domicile du Stade-Français », sur france3-regions.francetvinfo.fr, .
  6. « Rudy Ricciotti, lauréat du concours pour la construction du nouveau stade Jean-Bouin » et dossier de presse, Paris.fr
  7. « Top 14: Jean-Bouin, point final d'une longue saga », sur lexpress.fr, .
  8. « Athlétisme : Sergueï Bubka saute les 6 m à la perche », sur ina.fr (consulté le 14 mai 2016).
  9. newspress.fr
  10. « Le Red Star jouera au stade Jean-Bouin la saison prochaine », sur lequipe.fr, .
  11. « Football : retour à la maison pour le Red Star », sur lemonde.fr,
  12. « PSG féminin : tous les matchs à Jean-Bouin, c’est officiel ! », sur www.leparisien.fr, Le Parisien, (consulté le 10 septembre 2018)
  13. « Stade Français : une nouvelle pelouse synthétique à Jean-Bouin - Rugby - Top 14 - SF », sur L'Équipe (consulté le 25 août 2019)
  14. Olivier François, « Stade Français : le stade Jean-Bouin change d’ère », sur leparisien.fr, (consulté le 25 août 2019)
  15. « Coupe du monde », Hand-ball : organe officiel de la Fédération française de hand-ball, Fédération française de handball, no 24,‎ (lire en ligne, consulté le 6 février 2019)

Liens externes