Premier cycle universitaire

Le premier cycle universitaire correspond dans différents pays aux deux, trois ou quatre premières années d'études universitaires qui suivent directement la fin des études secondaires. C'est un cycle de formation fondamentale et d'orientation qui comporte des enseignements pluridisciplinaires, incluant souvent des périodes d'orientation dont la durée varie selon les pays et les universités. La spécialisation dans un domaine se fait quant à elle durant le deuxième cycle universitaire.

En Afrique francophone

En Afrique francophone, le premier cycle universitaire est composé de la licence[1].

En Haiti

En Haïti, le premier cycle universitaire dure 4 ans, celui-ci est representé par un Diplôme ou un Certificat de fin d'etudes du premier cycle universitaire selon l'etablissement.

En Allemagne

Avant le processus de Bologne le premier cycle universitaire correspondait en Allemagne au Vordiplom. De nos jours il comprend le diplôme de Bachelor très similaire au système anglo-saxon.

En Belgique

Au Canada

Le premier cycle universitaire canadien comprend plusieurs diplômes dont principalement le baccalauréat. Normalement, comme aux États-Unis, un étudiant canadien doit obtenir entre 120 et 150 crédits universitaires pour accéder au titre de bachelier, sauf dans les universités francophones du Québec où il faut généralement entre 90 et 120 crédits, puisqu’ils ont fait une année préuniversitaire de plus au collège.

Dans la plupart des provinces dont le Québec, il existe aussi des certificats de 30 crédits qui équivalent à une année d’étude, qui peuvent à certaines conditions être cumulés.

Québec

Au Canada, la structure du système d'éducation diffère d'une province à une autre. Au Québec, province dont le réseau universitaire est à prédominance francophone, le niveau universitaire équivalant au cycle undergraduate des États-Unis - donc premier cycle - est précédé du niveau collégial. Appelé cégep (collège d'enseignement général et professionnel), celui-ci est géré par le gouvernement provincial et permet de se préparer aux études universitaires sur 2 ans ou encore de suivre un programme spécialisé d'enseignement professionnel sur 3 ans : c'est ce qu'on appelle l'enseignement collégial.

Les cégeps ont la particularité de faire cohabiter l’enseignement préuniversitaire, qui mène à l’université, et l’enseignement technique, qui prépare au marché du travail. Quel que soit le programme auquel ils sont inscrits, les étudiants suivent des cours de formation générale, dont une partie est commune à tous.

Aux États-Unis

Le diplôme de premier cycle américain se nomme le diplôme de baccalauréat ou bachelor's degree en anglais. Le système américain est fondé sur le système écossais avec un cycle undergraduate en 4 ans couronné par le bachelor. Les deux premières années permettent l'étude d'un large ensemble de disciplines (généralement une majeure et plusieurs mineures) alors que les deux dernières années se concentrent sur un domaine beaucoup plus spécialisé. Un Associate degree peut être obtenu au bout de 2 ans.

Dans le système universitaire anglo-saxon, le cycle undergraduate (prégradué) désigne, par opposition à postgraduate (postgrade), le cycle d'études supérieures jusqu'à l'obtention d'un premier grade, généralement le baccalauréat anglo-saxon (à ne pas confondre avec le baccalauréat français). Ce cycle dure de trois à quatre ans selon les pays et correspond au premier cycle universitaire français et canadien (certificat ou baccalauréat). En moyenne, les étudiants undergraduate sont âgés de 18 à 22 ans.

Le cycle undergraduate est l'héritier du cycle artien dans les universités anciennes (Oxford, Cambridge, etc.).

En France

À compter de la loi du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur, le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat et à ceux qui ont obtenu l'équivalence ou la dispense de ce grade. Une sélection peut être opérée, pour l'accès aux sections de techniciens supérieurs, instituts, écoles et préparations à celles-ci, grands établissements, et tous établissements où l'admission est subordonnée à un concours national ou à un concours de recrutement de la fonction publique. Lorsque l'effectif des candidatures excède les capacités d'accueil, les inscriptions sont prononcées, par le recteur chancelier, en fonction du domicile, de la situation de famille du candidat et des préférences exprimées par celui-ci[2]. Une révision de cette loi était prévue par le projet de loi sur l'enseignement supérieur présenté en 1986, qui n'a pas été adopté[3]. En 2001 le Conseil Constitutionnel rappelle qu’il existe une « exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction »[4].

À compter de la loi du relative à l'orientation et à la réussite des étudiants, lorsque l'effectif des candidatures excède les capacités d'accueil d’une formation, les inscriptions sont prononcées par le président ou le directeur de l’établissement dans la limite des capacités d’accueil, au regard de la cohérence entre, d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation et ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation. L'inscription dans une formation du premier cycle dispensée par un établissement public est précédée d'une procédure nationale de préinscription qui permet aux candidats de bénéficier d'un dispositif d'information et d'orientation qui, dans le prolongement de celui proposé au cours de la scolarité du second degré, est mis en place par les établissements d'enseignement supérieur[5].

Le premier cycle correspondait, avant les années 2000, au diplôme d'études universitaires générales, et est désormais celui où le grade de licence est conféré[6]. Dans la continuité des enseignements dispensés dans le second cycle de l'enseignement du second degré, qui préparent à la poursuite d'études dans l'enseignement supérieur, le premier cycle a pour finalités :

  • de permettre à l'étudiant d'acquérir, d'approfondir et de diversifier ses connaissances dans des disciplines fondamentales ouvrant sur un grand secteur d'activité, de perfectionner sa maîtrise de la langue française, d'acquérir des méthodes de travail et de se sensibiliser à la recherche ;
  • de mettre l'étudiant en mesure d'évaluer ses capacités d'assimilation des bases scientifiques requises pour chaque niveau et type de formation et de réunir les éléments d'un choix professionnel ;
  • d'accompagner tout étudiant dans l'identification et dans la constitution d'un projet personnel et professionnel, sur la base d'un enseignement pluridisciplinaire et ainsi d'une spécialisation progressive des études ;
  • de permettre l'orientation de l'étudiant, dans le respect de sa liberté de choix, en le préparant soit aux formations qu'il se propose de suivre dans le deuxième cycle, soit à l'entrée dans la vie active après l'acquisition d'une qualification sanctionnée par un titre ou un diplôme.[7].

En Italie

Le système universitaire, après le Processus de Bologne, était séparé en Laurea Triennale (3 ans, équivalent au BAC+3) et Laurea Specialistica (2 ans, équivalent au BAC+5).

Actuellement, le premier cycle dure 3 ans (180 crédits ECTS), et la licence n'est obtenue qu'après la rédaction d'un mémoire et la présentation de son contenu devant un jury de professeurs. La remise de la licence, avec la déclaration des notes, suit la soutenance.

Au Royaume-Uni

En Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, le cycle undergraduate dure 3 ans jusqu'à l'obtention d'un bachelor ou 4 ans jusqu'à l'obtention d'un master. Les grades sont : Bachelor of Arts (BA), Bachelor of Science (BSc), Bachelor of Education (BEd), Bachelor of Engineering (BE), Bachelor of Laws (LLB), Master of Engineering (MEng), Master of Physics (MPhy), Master of Mathematics (MMath), etc. (à ne pas confondre avec le Master of science (MSc), diplôme du cycle postgraduate)

Les grades peuvent être ordinary ou honors, les honors degrees étant plus difficiles et avec plus de cours. Ils sont signalés par l'adjonction de (Hons) après le diminutif du diplôme, par exemple : « BSc (Hons) ». Les mentions associées à ces grades sont : First-class (1st), Upper Second (2.1), Lower Second (2.2), Third Class (3rd).

Combined honors degree désigne le fait d'étudier deux sujets, un sujet majeur et un sujet mineur ; joint honors degree désigne le fait d'étudier deux sujets à parts égales.

À la différence des systèmes américains et écossais, l'étudiant doit choisir dès la première année universitaire une spécialité alors qu'aux États-Unis ou en Écosse le choix est beaucoup plus vaste durant les deux premières années du cycle de quatre ans.

Écosse

En Écosse, le cycle d'étude undergraduate dure quatre ans et mène généralement au Master of Arts. Pour éviter la confusion avec les masters of arts classiques, qui sont généralement des diplômes postgraduate, certaines universités écossaises ont choisi de transformer le nom de ce diplôme en bachelor ou master of autre chose. Dans les universités anciennes d'Écosse, le système est différent et le diplôme obtenu est un BSc (Hons) en quatre ans ou un BSc sans honors en trois ans, le MA a alors la même signification honorifique qu'à Oxford ou Cambridge.

En Irlande

Le système irlandais (hors Irlande du Nord) est proche du système écossais.

En Suisse

En Suisse, le baccalauréat universitaire (bachelor) correspond à un enseignement universitaire d'une durée de trois ans, soit 180 crédits ECTS. Les hautes écoles spécialisées offrent la possibilité d'effectuer ce cursus en quatre ans en alternance avec un emploi.

Références

  1. Collectif, Les universités africaines francophones face au LMD, Karthala Editions, Belgique, 2012, p. 7
  2. Article 14 de la loi du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur, devenu article L612-3 du code de l’Éducation
  3. « Projet de loi sur l'enseignement supérieur », sur www.senat.fr,
  4. Conseil constitutionnel, « Décision no 2001-450 DC du 11 juillet 2001 »
  5. Article L612-3 du code de l’Éducation, dans sa rédaction résultant de la loi no 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l'orientation et à la réussite des étudiants
  6. Article L612-1 du code de l’Éducation en vigueur au 24 juillet 2013
  7. Article L612-2 du code de l’Éducation en vigueur au 8 mars 2018, ancien article 14 de la loi du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur.