Ours noir du Japon
VUBraconnage : Vulnérable
Selenarctos thibetanus japonicus
L’ours noir du Japon (Ursus thibetanus japonicus), ou l’ours-lune japonais ニホンツキノワグマ (Nihon tsuki-no-wa-kuma ), est une sous-espèce de l'Ours noir d'Asie (Ursus thibetanus) qui vit sur deux des îles principales du Japon, Honshū et Shikoku.
Description
Caractéristiques
À l’instar des autres sous espèces d’ours noirs d’Asie, l’ours noir du Japon se distingue par une silhouette où les épaules ne sont pas particulièrement proéminentes, tandis que le dos est plus élevé. Son pelage est généralement noir, bien que certains individus présentent une teinte brun-roux ou brun foncé. Une marque blanchâtre en forme de croissant ou de lettre « V » est souvent visible sur la poitrine, bien que certains ours en soient dépourvus. Cette caractéristique a inspiré l'ancien nom de genre selenarctos (« ours de la lune ») ainsi que son nom japonais[1].
Dimensions
Cette espèce particulière d'ours est généralement plus petite, les mâles n'atteignant que 60 à 120 kg et les femelles ne pesant qu'environ 40 à 100 kg. La longueur de leur corps est d'environ de 120 à 140 cm. Le plus grand spécimen enregistré a été capturé en 1967 dans la préfecture de Miyagi et pesait 220 kg. Plus récemment, en 2001, un spécimen mesurant 1.65m de long et pesant 200 kg a été signalé dans la préfecture de Yamagata.
Évolution
L'ours noir du Japon a migré du continent asiatique vers l'archipel japonais au Pléistocène, où il semble s'être différencié en plusieurs groupes géographiquement restreints, il y a environ 100 000 à 500 000 ans[2]. Cependant, selon une analyse de l'ADN mitochondrial, il a été suggéré que ces différences ne sont devenues génétiquement marquées qu'il y a environ 30 000 ans[2].
En raison de la typographie particulière du Japon constitué de montagnes et de vallées, les populations d’ours sont souvent très isolés géographiquement les uns des autres. Dans la préfecture d'Iwate, qui abrite une importante population d'ours noirs, celle-ci est divisée en deux groupes distincts : ceux des monts Ōu et ceux des monts Kitakami[3].
Écologie
Répartition et habitat
Les ours ne sont présents que sur deux îles japonaises : Honshu et Shikoku. Ils peuvent être trouvés dans la région de neige élevée du nord-est et la région de neige faible du sud-ouest ; cependant, ils ont été repérés aussi haut que la région alpine à plus de 3 000 m de haut. Ils ont tendance à vivre dans des zones où il y a une abondance d'herbe et d'arbres avec des baies pour soutenir leur alimentation[4].
Alimentation
Ces ours sont généralement herbivores, mangeant principalement des graminées et des herbes au printemps. Pendant l'été, ils se tournent vers les baies et les noix pour se nourrir pendant leur hibernation. L'ours est capable d'obtenir les baies et les noix en grimpant aux arbres en utilisant ses griffes pour saisir la nourriture. Ces animaux peuvent être dans certains cas omnivores et manger d'autres animaux sauvages et du bétail en cas de besoin[4]. Comme d'autres ours, le cannibalisme se produit, comme cela a été démontré lorsque des fragments d'os et des griffes d'un ourson ont été trouvés à l'intérieur de l'estomac d'un congénère mâle.
Impact écologique
Les forêts comptent sur les ours comme excellente méthode pour que les plantes et les arbres répandent leurs graines. Les ours consommeront les graines et se déplaceront 40 % plus loin qu'une distance de 500 m de l'arbre mère. Ils ont le potentiel de répandre des graines sur de vastes zones, aidant la vie végétale à se répandre dans l'intégralité de cette zone plus facilement. En automne, les ours ont un taux de dispersion des graines plus élevé et, généralement, les mâles ont des zones de dispersion plus grandes que les femelles[5].
L’ours noir du Japon et l’Homme
Menaces
La population d’ours noirs serait d’environ d’une dizaine de miliers d’individus sur l’ensemble de l’archipel. L’île de Shikoku ne compterai seulement plus qu’une trentaine d’individus et la dernière observation confirmée d'un ours sur l'île de Kyushu remonte à 1987. Estimant que le plantigrade se serait éteint sur l'île avant le XXIe siècle[6]. L’influence de l'Homme eut un impact profondément délétère sur l’ours noir au Japon au cours des derniers siècles, notamment du fait de la destruction de son habitat, au profit d’une population humaine croissante, ainsi que d’une chasse intensive pour sa peau et sa viande, où leurs membres et leurs organes peuvent être vendus sur le marché noir à un prix élevé. Pour ces raisons a été reconnu que l'ours noir du Japon court un risque élevé de danger d'extinction. Cette population insulaire aura probablement disparu d'ici la fin du XXIe siècle au rythme où elle décline actuellement[7].
Interactions avec l’Homme
En raison à la fois de l'expansion de la distribution des ours et de l'empiétement humain sur leur habitat, les contacts entre les ours et les humains ont augmenté. En plus des dommages causés à la population d'ours par la destruction de leur habitat, ces interactions augmentent le risque d'exposition humaine aux maladies zoonotiques, telles que les infections filariales (Filariose), la babésiose et la trichinellose[8].
L'apparition d'ours noirs autour des zones résidentielles, qu'elles soient suburbaines ou rurales, est associée à l'échec de la production de graines de glands durs provenant du hêtre du Japon ou du chêne mizunara. En cas de pénurie alimentaire, les ours élargissent leur aire initiales de recherche de nourriture. Les vergers de kakis ou de châtaigniers encore sur pied peuvent attirer les ours vers les zones habitées.
Galerie
Références
- ↑ Fred Bunnell, « クマ科 », traduction de Hiroyuki Watanabe, in 動物大百科1 食肉類, sous la direction de Yoshinori Imaizumi et édité par D.W. Macdonald, Heibonsha, 1986.
- (en) Kishida, Takushi, Ohashi, Masataka et Komatsu, Yosuke, « Genetic diversity and population history of the Japanese black bear (Ursus thibetanus japonicus) based on the genome-wide analyses », Ecological Research, vol. 37, no 5, , p. 647–657 (ISSN 0912-3814, DOI 10.1111/1440-1703.12335, Bibcode 2022EcoR...37..647K, lire en ligne)
- ↑ (en) Tominaga, Taisuke, Aoki, Mikiko, Biswas, Peru Gopal, Hatta, Takeshi et Itagaki, Tadashi, « Prevalence of Trichinella T9 in Japanese black bears (Ursus thibetanus japonicus) in Iwate prefecture, Japan », Parasitology International, vol. 80, , p. 102217 (ISSN 1383-5769, PMID 33137504, DOI 10.1016/j.parint.2020.102217, lire en ligne)
- (Hazumi 1994).
- ↑ (Koike, S. 2011).
- ↑ « Seeking Balance with the Bear », Nippon.com, (lire en ligne).
- ↑ (Horino, S. 2000).
- ↑ (en) Masatani, Tatsunori, Kojima, Isshu, Tashiro, Michiyo, Yamauchi, Kiyoshi, Fukui, Daisuke, Ichikawa-Seki, Madoka et Harasawa, Ryo, « Molecular detection of filarial nematode parasites in Japanese black bears (Ursus thibetanus japonicus) from Iwate Prefecture, Japan », Journal of Veterinary Medical Science, vol. 83, no 2, , p. 208–213 (ISSN 0916-7250, PMID 33311003, PMCID 7972882, DOI 10.1292/jvms.20-0466, lire en ligne)
Bibliographie
- (en) Toshihiro Hazumi, Bears: Their Biology and Management, vol. 9, International Association for Bear Research and Management , , 145–148 p. (DOI 10.2307/3872694, JSTOR 3872694), « Status of Japanese black bear ».
- (en) Horino et Miura, « Population viability analysis of a Japanese black bear population », Population Ecology, vol. 42, no 1, , p. 37–44 (DOI 10.1007/s101440050007, S2CID 38285591).
- (en) Koike, Masaki, Nemoto et Kozakai, « Estimate of the seed shadow created by the Asiatic black bear Ursus thibetanus and its characteristics as a seed disperser in Japanese cool-temperate forest », Oikos, vol. 120, no 2, , p. 280–290 (DOI 10.1111/j.1600-0706.2010.18626.x).
- (en) Shigeru Azuma et Harumi Torii, « A Selection of Papers from the Fourth International Conference on Bear Research and Management », _, Kalispell, Montana, USA, vol. 4, , p. 71–79.
Voir aussi
Liens externes
- Ressources relatives au vivant :