Naum Gabo

Naum Gabo
Naissance
Décès
(à 87 ans)
Waterbury
Période d'activité
Pseudonymes
Pevsner, Naum Neemia, Pevzner, Naum Borisovich
Nationalités
Activités
Formation
Maître
Mouvements
Fratrie
Antoine Pevsner
Alexei Pevsner ()
Conjoint
Miriam Gabo () (à partir de )
Enfant
Nina Williams ()
Distinctions
Archives conservées par

Naum Gabo (en russe : Наум Абрамович Певзнер, Naoum Abramovitch Pevsner), né le à Briansk (Empire russe) et mort le à Waterbury (Connecticut, États-Unis), est un architecte, sculpteur, peintre, graveur et théoricienaméricain influent de l'art d'avant-garde.

Biographie

Naoum Neemija naît dans une famille juive ashkénaze de sept enfants dans la ville provinciale russe de Briansk où son père, Boris (Berko) Grigorievich Pevsner, travaille comme ingénieur et sa mère Agripina (Fanny) Borisovna Pevzner (née Oserski), au foyer[1]. Il parle couramment l'allemand, le français et l'anglais, en plus de sa langue maternelle, le russe. La maîtrise de plusieurs langues contribue grandement à la mobilité de Gabo tout au long de sa carrière.

En 1910, après avoir étudié à l'école à Tomsk puis à Koursk, Gabo entre à l'université de Munich pour étudier la médecine, tout en s'intéressant à la chimie et à la physique, puis il suit le cours d'histoire de l'art d'Heinrich Wölfflin[2]. En 1912, il s'inscrit finalement en ingénierie des structures à l'université technique de Munich, où il découvre l'art abstrait et rencontre le peintre Vassily Kandinsky.

Il voyage en Italie en 1912 et sent que l'art y est « mort et n'est plus d'actualité » ; mûrit en lui le désir d'une nouvelle compréhension de la sculpture.

Il se rend à Paris où il rejoint son frère aîné Antoine Pevsner, devenu un peintre reconnu[3]. En 1915, il se réfugie en Norvège à cause de la guerre, d'abord à Copenhague puis à Oslo, et compose ses premières constructions figuratives, à l'origine en carton ou en bois. Pour éviter toute confusion avec son Antoine, artiste constructiviste, il adopte à partir de ce moment le nom de « Naum Gabo ».

En 1917, il revient en Russie pour s'impliquer dans la politique et l'art, passant cinq ans à Moscou avec son frère Antoine, et se tourne vers l'art abstrait. Il réalise deux ans plus tard des dessins constructivistes, dont Projet pour une station de radio.

En 1920, il rédige avec son frère le Manifeste réaliste considéré comme le manifeste du constructivisme russe[4]. Ils y écrivent :

« Nous nous appelons constructivistes parce nos tableaux ne sont plus peints ni nos sculptures modelées mais au contraire construits dans l’espace, à l’aide de l’espace. Nous détruisons ce qui auparavant séparait la peinture de la sculpture »[5].

Comme ses conceptions artistiques ne correspondaient pas aux directives communistes, il part en 1922 à Berlin où il fait connaissance d'Adolf Oberländer , artiste allemand âgé, de retour des États-Unis où il a enseigné à l'Université Harvard. Cette même année, la « Première exposition d'art russe » est présentée à Unter den Linden, où Naum Gabo supervise les trois salles d'exposition dédiées à l'avant-garde russe et dans lesquelles certaines de ses sculptures sont également exposées, qui font la renommée de l’exposition[6]. Il se rapproche également du groupe De Stijl et du Bauhaus où il enseigne en 1928[3].

Gabo et Antoine Pevsner font une exposition commune à la Galerie Percier à Paris, en 1924 et le duo conçoit le décor et les costumes du ballet La Chatte (1926) d'Henri Sauguet pour Diaghilev et les Ballets russes qui tournent à Paris et à Londres.

En 1931, il est, avec Theo van Doesburg, Antoine Pevsner, Auguste Herbin et Georges Vantongerloo, fondateur du mouvement Abstraction-Création à Paris. Pour échapper à la montée du nazisme en Allemagne, et après l'attaque de l'atelier de Gabo par des voyous nazis[6], les frères Pevsner séjournent à Paris entre 1932 et 1935 en tant que membres du groupe Abstraction-Création avec Piet Mondrian.

Il se rend à Londres en 1936 où il trouve un « esprit d'optimisme et de sympathie pour sa position d'artiste abstrait ». En 1937, il publie avec Ben Nicholson un almanach dans la revue Circle : International Survey of Constructive Art. Ils posent la question de l'aspect artistique d'une sculpture[7]. Sa formation d'ingénieur est essentielle au développement de son œuvre sculpturale qui intègre souvent des éléments usinés. À la même date, dans le cadre de la campagne nazie « Art dégénéré », trois dessins de Gabo sont confisqués au musée provincial de Hanovre et détruits[8].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il suit ses amis Barbara Hepworth et Ben Nicholson à St Ives en Cornouailles , où il séjourne d'abord chez un critique d'art et son épouse. Il continue à travailler, bien qu'à une échelle plus réduite. Son influence est importante pour le développement du modernisme à St Ives, et elle se manifeste de manière particulièrement visible dans les peintures et les constructions de John Wells et Peter Lanyon, qui développent tous deux une forme plus douce et plus pastorale de constructivisme.

Gabo émigre définitivement après la guerre, en 1946, avec sa femme, la peintre Miriam (née Israels, de la famille de Jozef Israëls) et leur fille Nina-Serafima (née en 1941) aux États-Unis, à Woodbury puis à Middlebury, dont il obtient la nationalité en 1952. Il enseigne à la Graduate School of Architecture de l'université Havard. Il reste dans le Connecticut jusqu'à la fin de sa vie, où il acquiert un garage qu'il transforme en atelier[7]. Au cours de cette période, il est acclamé par de nombreux critiques et remporte des prix tels que la Logan Medal of the Arts (1954) et les AW Mellon Lectures in the Fine Arts (1959). En 1961, il visite l'URSS.

Il participe à l'exposition « documenta 1 » (première grande exposition d'Art moderne en Allemagne, après-guerre) à Cassel, en 1955 et à la deuxième édition, « documenta 2 », en 1959.

Naum Gabo meurt à Waterbury, en 1977 et sa femme en 1993[9],[10].

Citations

« Jusqu'à présent, les sculpteurs ont donné la préférence à la Masse et n'ont pas ou quasiment pas porté leur attention sur une composante si importante de la Masse qu'est l'Espace. […] Nous le considérons comme un élément absolument sculptural. »

« Dans l'optique de l'idée constructiviste, l'attitude purement philosophique consistant à s'interroger sur la réalité des êtres et des choses est stérile. En art, tout est réel. (...) il n'est, il ne peut-être qu'une réalité : l'existence[11]. »

Œuvres

Naum Gabo mêle ses compétences d'ingénieur et d'artiste pour créer des œuvres stéréométriques[Quoi ?] et qui mettent en valeur la structure[5] . Différents musées abritent certaines de ses œuvres :

Galerie

Publication

Source

Références

  1. (en) Martin Hammer, Professor Christina Lodder, Naum Gabo et Christina Lodder, Constructing Modernity: The Art & Career of Naum Gabo, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-07688-2, lire en ligne)
  2. (en-US) « Naum Gabo », sur The Guggenheim Museums and Foundation (consulté le )
  3. a et b (en-GB) Tate, « Naum Gabo 1890–1977 », sur Tate (consulté le )
  4. (de) « Das Realistische Manifest von Naum Gabo », sur berlinischegalerie (consulté le )
  5. a b et c « Construction linéaire dans l'espace n°2 », sur www.museedegrenoble.fr (consulté le )
  6. a et b (de) « Jüdisches Museum Berlin: Sonderausstellung »Berlin Transit« - Galerie Van Diemen (Unter den Linden 41) », sur www.jmberlin.de (consulté le )
  7. a et b Yves-Alain Bois, « GABO NEEMIA PEVSNER dit NAUM - (1890-1977) », Encyclopedia Universalis,‎ consulté le 19 juillet 2023 (lire en ligne)
  8. (de)Datenbank zum Beschlagnahmeinventar der Aktion "Entartete Kunst", Forschungsstelle "Entartete Kunst", FU Berlin (trad. Base de données sur l'inventaire des confiscations de la campagne « Art dégénéré », Centre de recherche « Art dégénéré », FU Berlin)
  9. Encyclopædia Britannica
  10. « Naum Gabo Sculptures, Bio, Ideas », sur The Art Story (consulté le )
  11. Jean Luc Daval, Journal des avant-gardes, les années vingt, les années trente, Genève, Skira, , p. 203
    citation provenant de l'article de 1937 Circle de Garbo.
  12. (en) « Constructed Head no. 1 », sur Digital Collection (consulté le )
  13. (en-GB) Tate, « Naum Gabo | Tate St Ives », sur Tate (consulté le )
  14. (en-US) « Column », sur The Guggenheim Museums and Foundation (consulté le )
  15. (en-GB) Tate, « ‘Construction in Space (Crystal)‘, Naum Gabo, 1937–9 », sur Tate (consulté le )
  16. « Linear Construction in Space n° 4 (Construction linéaire dans l'espace n°4) », sur Centre Pompidou (consulté le )

Annexes

Bibliographie

Liens externes