Maurice Allard (homme politique)
Maurice Allard | |
Maurice Allard vers 1890. | |
Fonctions | |
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Député français | |
– (11 ans, 11 mois et 30 jours) |
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Élection | 22 mai 1898 |
Réélection | 27 avril 1902 6 mai 1906 |
Circonscription | Var |
Législature | VIIe, VIIIe et IXe (Troisième République) |
Groupe politique | Socialistes parlementaires (1898-1906) Socialistes unifiés (1906-1910) |
Prédécesseur | Joseph-Auguste Jourdan |
Successeur | Gustave Fourment |
Biographie | |
Nom de naissance | Maurice Edouard Eugène Allard |
Date de naissance | |
Lieu de naissance | Amboise |
Date de décès | (à 82 ans) |
Lieu de décès | Amboise |
Parti politique | Parti socialiste révolutionnaire (blanquiste)
SFIO (Parti socialiste) |
Profession | Journaliste |
Maurice Édouard Eugène Allard, dit Maurice Allard, né le à Amboise (Indre-et-Loire) et mort le dans la même ville, est un avocat, journaliste et homme politique socialiste français.
Biographie
Débuts en politique
Né en 1860, Maurice Allard naît dans une famille aisée avec son père exerçant la profession de notaire. Placé au lycée de Tours, il commence par l'étude des mathématiques pour ensuite entamer un baccalauréat ès-science afin d'intégrer l'école Polytechnique. Finalement, il change d'avis et déménage à Paris pour devenir bachelier ès-lettre. Une fois arrivé dans la capitale, il s'intéresse à la politique en parallèle de ses études et fonde le "Groupe socialiste révolutionnaire des Ecole". Il est nommé par son groupement délégué à la réception des communards amnistiés et fait notamment la connaissance de Jean Allemane revenant tout juste du bagne de Nouvelle-Calédonie. Quelque temps après, il fonde au Quartier latin plusieurs journaux dont les éphémères "L'Etudiant" ou "L'Echo de la Rive Gauche" auxquels participent Maurice Ajam et Louis Martin[1].
Après la disparition de son journal, Allard est reçu comme avocat stagiaire, entre à la rédaction du journal "La Bataille" afin de combattre le Boulangisme et réalise plusieurs déplacement dans le département d'Indre-et-Loire pour donner des conférences en compagnie des blanquistes Édouard Vaillant, Emmanuel Chauvière, Marcel Sembat et Victor Dejeante. Durant sa campagne, il quitte Paris pour venir s'occuper de la direction du journal "Le Républicain d'Indre-et-Loire" basé à Tours mais se retrouve immédiatement entravé dans son action politique à la suite d'un duel avec un journaliste monarchiste qui arrive à lui loger une balle en plein ventre. Pendant deux mois, il agonise, et, après deux opérations successives, les médecins prédisent sa mort. Il arrive cependant à s'en sortir et entame un parcours de réhabilitation. Une fois remis, il revient à Paris et rentre au journal "La Lanterne" dirigé alors par Aristide Briand où il fait la connaissance de René Viviani et Alexandre Millerand[2].
Le Dreyfusard et l'anticlérical
Après avoir quitté "La Lanterne", Allard est élu député socialiste du Var, adhère au Parti socialiste révolutionnaire de tendance blanquiste et siège à l'extrême-gauche de l'Assemblée. Après avoir mené une importante campagne pour la réhabilitation de Alfred Dreyfus[3], il se prononce, lors des débats à la Chambre des députés, pour une séparation stricte de l'Église et de l'Etat et dépose en conséquence de nombreux amendements, notamment sur l’interdiction du port de la tenue ecclésiastique en public, le remplacement des jours fériés religieux par des jours fériés laïcs et sur la confiscation des lieux de culte, pour un usage qu’il estime être de service public. Il est de ceux qui pensent que l’éclatement de l’Église catholique en plusieurs mouvements schismatiques peut réduire son influence sur la société. En réponse à cet argument, Jean Jaurès déclare, devant cette même assemblée : « La France n’est pas schismatique mais révolutionnaire ! ». Lors de ces débats, il déclare que « la religion n'est que la caricature de la philosophie » (), que « ce que nous poursuivons, c'est la lutte contre l'Église qui est un danger politique et un danger social » et que « le christianisme est un obstacle permanent au développement social de la République et à tout progrès vers la civilisation » ()[4]. Toujours journaliste, il collabore à L'Humanité et se présente comme un partisan engagé d’une application plus stricte de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905[5]
Lorsqu’il meurt en 1942, il est l’un des derniers grands témoins de ce changement du paysage politique de la France et il voit le régime de Vichy de Philippe Pétain revenir sur cette loi, en s’appuyant sur l’Église catholique pour asseoir son autorité sur le pays[réf. nécessaire].
Notes et références
- ↑ « Maurice Allard », Les Hommes du jour, , page 2 (lire en ligne)
- ↑ « Maurice Allard », Les Hommes du jour, , page 3 (lire en ligne)
- ↑ Sur son engagement dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/01/12/maurice-allard/}.
- ↑ Compte-rendu des débats à l'Assemblée nationale.
- ↑ Anne Chemin, « « La loi de 1905, étape fondamentale de la laïcisation de la République française, est libérale et tolérante » », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
Annexes
Bibliographie
- « Maurice Allard (homme politique) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
Liens externes
- Ressources relatives à la vie publique :
- Député du Var (Troisième République)
- Député de la septième législature de la Troisième République
- Député de la huitième législature de la Troisième République
- Député de la neuvième législature de la Troisième République
- Député membre de la Section française de l'Internationale ouvrière
- Journaliste français du XIXe siècle
- Journaliste français du XXe siècle
- Collaborateur de L'Humanité
- Naissance en mai 1860
- Naissance à Amboise
- Décès en novembre 1942
- Décès à Amboise
- Décès à 82 ans