Laid

Vieille Femme grotesque, 1525-30, de Quentin Metsys.
Une œuvre picturale jugée belle, représentant la laideur visuelle .

Le laid ou la laideur est généralement la caractéristique opposée au beau (jugement esthétique).

Parfois le laid est une caractéristique inspirant le mépris, la désapprobation ; dans cette acception, le laid n'est ainsi pas une valeur esthétique, et peut être opposée au bien (jugement moral).

Étymologie

Le sens primitif de « laid » est « désagréable, outrageant, odieux ». Cette signification est attestée dès le début du XIIe siècle en français et s'est maintenue dans les dérivés dialectaux, comme le normand laidure « outrage » et le manceau laidanger « outrager ».

Exemples d'usages anciens :

  • Vers 1100, au sens de « désagréable, horrible, odieux, repoussant (personne) » : « La premere [eschele] est des Canelius les laiz » Roland, éd. J. Bédier, 3238
  • Au sens de « causer un préjudice » : « faire grant lait » — dans Philippe de Thaon, Bestiaire, 1104

Le sens esthétique, bien que déjà attesté au tout début du XIIe siècle ne s'est répandu qu'à partir du XIVe siècle, et a fini par évincer le sens premier du mot[1].

Caractéristiques

Au sens esthétique, le laid s'oppose au beau. Mais le laid n'est pas l'absence de beau ; ce non-beau, en tant qu'absence des critères de beauté correspondrait plutôt par exemple au médiocre, au banal, au vulgaire, au commun ou à la fadeur, qui prennent généralement sens comme « ni beau, ni laid ». Le laid s'affirme plutôt comme un contraire du beau, un inverse, un négatif : à travers la présence d'éléments propres définissant la laideur.

Représentation artistique du laid

Dans le domaine de l'art (au sens général : peinture, littérature, etc), une des confusions fréquentes est celle d'assimiler la laideur de l'objet représenté et la laideur de la représentation (l'œuvre). Cette confusion commune est critiquée dès l'Antiquité chez Aristote ; on retrouve la mention ultérieurement chez Nicolas Boileau (XVIIe) et dans de nombreux mouvements artistiques (romantisme, réalisme, etc).

« La preuve en est dans ce qui arrive à propos des œuvres artistiques; car les mêmes choses que nous voyons avec peine, nous nous plaisons à en contempler l'exacte représentation, telles, par exemple, que les formes des bêtes les plus viles et celles des cadavres. »
— Aristote, Poétique, Chap. IV

Le laid comme type particulier de beauté

  • relativisme
  • catégorie esthétique
  • sociologie

Notes et références

  1. Littré laid »

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Francis de Miomandre, Éloge de la laideur, Paris, Hachette, 1925 ; rééd. Les éditions Cartouche, 2010 (ISBN 9782915842685) [présentation en ligne]
  • Murielle Gagnebin, Fascination de la laideur : l'en deçà psychanalytique du laid, Champ Vallon, 1994
  • Étienne Souriau, Vocabulaire d'esthétique, PUF, 1990 ; et rééd. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Umberto Eco (dir.) (trad. Myriam Bouzaher), Histoire de la laideur [« Storia della bruttezza »], Flammarion, , 450 p. (ISBN 978-2-0812-0265-8)
  • Karl Rosenkranz, Esthétique du laid, CIRCE, 2004.
  • Gwenaëlle Aubry, Le (dé)goût de la laideur, Paris, Mercure de France, 2007.
  • Claudine Sagaert, Histoire de la laideur féminine, Imago 2015

Voir aussi la bibliographie de « Beau ».

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