Jean-Baptiste Houillon
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Prêtre catholique, missionnaire catholique |
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Jean-Baptiste Houillon né à Dommartin-lès-Remiremont le est un prêtre missionnaire qui fut exécuté à Paris par les Fédérés pendant la semaine sanglante, le .
Jeunesse
J-B Houillon voit le jour au hameau de Pont sur la commune de Dommartin-lès-Remiremont. Fils de Marie Thérèse Dieudonné et de Nicolas Houillon, cultivateur. Il est le troisième enfant d'une fratrie de six. Il n'a que dix ans à la mort de son père. Il intègre le petit séminaire de Châtel-sur-Moselle puis il poursuit ses études au grand séminaire de Saint-Dié. Il est ordonné prêtre le 5 juin 1852 par Monseigneur Louis-Marie Caverot évêque de Saint-Dié.
Il est nommé vicaire à Rupt-sur-Moselle puis à Vagney[1]. Après une formation au Séminaire des Missions étrangères de Paris de 1860 à 1862, il embarque pour la Chine.
En Chine
Le père Houillon embarque le 13 avril 1862 à bord d'un trois-mats le Lord of the Isles[2]. Le voyage sera long via le Cap de Bonne Espérance, le canal de Suez n'est pas encore terminé. Le 24 juillet, le bateau est en mer de Chine lorsqu'un violent incendie se déclare[3]. Le navire contenant de la poudre risque d'exploser, les passagers embarquent sur des chaloupes. Aidés par des pêcheurs chinois, ils touchent terre à Hoi-Hao.Le voyage repris jusqu'à Macao, puis Hong-kong et le père Houillon put enfin rejoindre sa mission dans la province de Sichuan sur le district de Fuling[4]. Il apprend la langue du pays et travaille à des ouvrages d'histoire traitant du peuple chinois[5]. Malade, il doit rejoindre la France en 1869.

Retour à Paris

Revenu en France pour se soigner, le R.P Houillon réside au séminaire des Missions étrangères. La vie n'est pas facile à Paris, après la levée du siège de Paris éclate la Commune. Les séminaristes de la Communauté des missions étrangères ne se sentent pas en sécurité. Alors qu'il sort du séminaire en habit ecclésiastique avec le R.P Perny, ils sont arrêtés[6] dans le quartier du Panthéon. Ils se rendaient à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Ils sont conduits au dépôt de la Préfecture de police puis envoyés à la prison Mazas et enfin transférés à la prison de la Grande Roquette. Le transfert se fait dans une cage grillagée[7] contenant dix-huit prisonniers dont l'Archevêque de Paris, Monseigneur Darbois, le Président Bonjean et le père Gaspard Deguerry. À la Roquette il est retenu dans la quatrième section, celle réservée aux ecclésiastiques, où il occupe la cellule 14[8].
Le 27 mai, la Roquette est bombardée par les Versaillais, les portes de la prison sont ouvertes et les prisonniers s'en échappent. Hélas ne trouvant pas d'abri sûr, il est de nouveau capturé près du Boulevard Richard-Lenoir. Vers 19h, le R.P. Houillon sera roué de coups et tué par de nombreuses balles. Trois autres personnes[9], Monseigneur Surat, l'abbé Bécourt[10] et un jeune officier de la Préfecture de police, Chaulieu, seront exécutés avec lui sur l'angle d'un mur de la petite Roquette. Son corps est tellement abîmé qu'il est impossible de l'identifier avec certitude. Le corps est enseveli au cimetière de Montmartre, le cercueil porte la mention prêtre inconnu. Le corps sera exhumé le 30 décembre et le corps identifié grâce aux bas noirs qui portaient le chiffre de la communauté des Missionnaires. Après une cérémonie religieuse, le cercueil du R. P. Houillon fut déposé au cimetière Montparnasse dans la sépulture des Missions étrangères.
Sur la plaque on peut lire : Ici reposent les dépouilles mortelles de Jean-Baptiste Houillon missionnaire en Chine. Il fut massacré par les rebelles de Paris le 27 mai 1871 à l'âge de 45 ans.
Bibliographie
- Un martyr sous la commune de Paris ou biographie de M. Jean-Baptiste Houillon, mis à mort le 27 mai 1871. Louis de Savigny, Paul Perny, éd. Théodore Olmer, 1878.
- Notice sur les prêtres du diocèse de Paris massacrés à la prison de la Roquette dans les journées des 23, 24, 25, 26 et 27 mai 1871 d'après les documents officiels, Cyprien Ordioni, Paris, 1871.
Références
- ↑ L'Eucharistie, p. 383, 1911
- ↑ Annales de la Société des missions étrangères,Une traversée perilleuse, janvier 1935, p. 57-64
- ↑ Souvenir de Chine par un missionnaire, chap. 1, pages 5 à 19, ed. Imp. Polyglotte, 1873 [1]
- ↑ Notice de l'I.R.F.A no 799 [2]
- ↑ C. Ordioni, Notice R. P. Houillon, Biographie de Monseigneur Georges Darboy; p. 92, ed. Leclere, 1871
- ↑ Histoire génerale de la Société des missions-étrangères, Adrien Launay, vol. 3, p. 496, ed. Téqui, 1894.
- ↑ Études historiques et morales sur les prisons du département de la Seine et de la ville de Londres, A. Regnault, p. 64, éd. Guillaumin, 1877.
- ↑ Picpus pendant le Commune, p. 111, éd.Imprimerie de l'Eure, 1898
- ↑ Le Correspondant: religion, philosophie, politique, abbé Lamazou, p. 170, vol.84, éd.Douniol, 1871
- ↑ Fleurs sacerdotales déposées sur la tombe de M. l'abbé Bécourt, E. Rolland, p. 26, éd. Soussens (Paris), 1879