Francesco Masci

Francesco Masci
Naissance
Nationalité
Influencé par
Machiavel, Thomas Hobbes, F.Nietzsche, Robert Musil, Franz Kafka, Carl Schmitt, Arnold Gehlen.

Francesco Masci (né en 1967 à Pérouse, Italie) est un philosophe contemporain, d’expression française, spécialiste de la question de la culture et de son rôle dans la société moderne ou postmoderne.

Biographie

Francesco Masci a étudié la philosophie à l'Université de Pérouse en Italie. Il a effectué un séjour d'études auprès de la Heinrich-Heine-Universität à Düsseldorf.

Orientations de sa pensée

Francesco Masci s'intéresse en particulier à la culture moderne en affirmant que celle-ci est le lieu où le Sujet de la tradition métaphysique occidentale, après avoir été expulsé de la société, trouve refuge en tant que subjectivité fictive, c’est-à-dire comme agrégat d’images auto-référentielles. Les événements de la culture moderne inscrivent le sujet dans une temporalité neutralisée à travers laquelle la volonté belliqueuse de s’attaquer à la société, qui, depuis le romantisme, représente le langage commun de ces événements, se transforme immanquablement en une apologie de cette même société. Les œuvres d’art de la tradition avant-gardiste, comme les « installations » ou les « happenings », n’offrent que les exemples les plus spectaculaires de ce mécanisme qui réussit à concilier rhétorique du changement et pratique de l’impuissance.

Francesco Masci s'attache à démontrer que la culture fonctionne comme un catalyseur d’« événements », toujours attendus, consommés puis oubliés. Ils ne sont pas seulement ontologiquement incapables de révolutionner la société, mais ils en constituent la justification la plus solide. Il nomme « superstition » ce sentiment d’attente, que la culture moderne parvient à créer entre chaque événement et la définit ainsi : « cette invention résolument moderne qui doit être comprise comme une abêtissante contrainte interne à croire que quelque chose doit être vrai. » Elle façonne chez l’homme moderne une forme d’obéissance qui est le miroir de celle qu’exige le pouvoir qui traverse la société[1].

Sa pensée s’appuie sur une érudition philosophique et artistique[2]. Depuis son premier livre, Superstitions, sa pensée a évolué vers une lecture de la Modernité comme Modernité culturelle dans laquelle les promesses d’émancipation de l'individu de la société totale auraient été réalisées de manière fictive par l'association de la morale et de l'économie sous le couvert de l'esthétique, avec l'exclusion du politique entendu comme principe de l'opposition ami/ennemi. L'individu ne retrouve sa dimension de sujet entier et souverain qu'en tant que subjectivité fictive, c'est-à-dire comme produit secondaire d'un flux d'événements de la culture entertainment qui le dépasse[3]. Dans l'espace séparé de la culture absolue, il est désormais un individu doté d'une liberté presque infinie mais cette liberté est payée au prix de sa propre inconsistance[4].

Publications

  • Superstitions, Allia, , 109 p. (ISBN 978-2-84485-177-2) [lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2013)]
  • Entertainment ! : Apologie de la domination, Paris, Allia, , 111 p. (ISBN 978-2-84485-392-9)
  • L'Ordre règne à Berlin, Paris, Allia, , 96 p. (ISBN 978-2-84485-645-6) , traduction allemande, Die Ordnung herrscht in Berlin, Matthes & Seitz Berlin, 2014[5].
  • Traité anti-sentimental, Allia, Les Chemins de la philosophie, France culture, 2018.

Ligne Mascienne

Selon Alexandre Gurita, la ligne mascienne désigne une ligne mentale qui sépare le champ artistique de sa disparition. Mascienne est un qualificatif donné par Jean-Baptiste Farkas à ce qui relève de la pensée de Francesco Masci.

Notes et références

  1. « Entertainment », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Essay: Politische Kämpfe als Krawall domestiziert », Die Zeit,‎ (ISSN 0044-2070, lire en ligne, consulté le )
  3. https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-ea594a1278558796bb77deae994b7c3e&param.idSource=FR_P-7593dd3fde8447618f2c4c8c580472e
  4. Fabrizio Tribuzio-Bugatti, « Francesco Masci : « La culture n’est en rien une contre-institution » », sur Accattone, (consulté le )
  5. « Allemagne d'aujourd'hui, n°211/janvier - mars 2015 », sur Google Books (consulté le ).

Liens externes

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