Coup Fabre
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Coup aux dames () |
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Le coup Fabre désigne trois combinaisons différentes du jeu de dames qui doivent leur nom à l'ancien champion du monde français Marius Fabre.
Coup Fabre de début de partie
Le « coup Fabre » désigne un coup de début de partie permettant le gain d'un pion[1]. L'appellation fait référence à l'habitude de Fabre de tenter ce piège et en particulier à une partie jouée en 1921 au championnat de Paris[2], face au maître international Frédéric Dutto, alias Ricou[3],[4]. Le coup était déjà connu à l'époque.
Le coup intervient après l'ouverture 33-28 (18-23) 39-33 (12-18) 34-30 (7-12) 30-25 (1-7) 40-34 (20-24) 34-30 (14-20) 25x14 (9x20) 30-25! si les Noirs répondent fautivement à l'attaque par (4-9)? Voir animation.
C'est le fait d'écarter en 34 le pion central adverse 23 qui est le principe essentiel de ce coup[5]. Le pion 34 étant indéfendable après la rafle réalisée par le pion 32.
D'autres combinaisons, basées sur le même mécanisme, sont parfois appelées « coup Fabre » et certaines variantes présentent, après le sacrifice 27-21 (16x27), la rafle spectaculaire 32x21x12x23x14…[6].
Quand, dans des variantes de ce coup, la rafle part de la case 41 on parle du « coup Zimmermann », du nom du grand joueur parisien de la fin du XIXe siècle[7],[8].
Coup Fabre (Coup du cheval)
Le coup Fabre est aussi internationalement associé au coup du cheval[9], et ce depuis 1962, par l'entremise de Keller en référence à des travaux de Fabre concernant ce thème[10]. Le coup, déjà bien connu, est appelé en France « coup du cheval » mais n'avait pas de nom dans la littérature damique hollandaise, du moins jusqu'en 1955 où Freek Raman proposa « Maanslag », littéralement le coup de la Lune.
Construction de rafle appelée « coup Fabre »
Par ailleurs, dans la classification des mécanismes de constitution de rafle, le « coup Fabre » désigne celui dans lequel le pion rafleur attaque la pièce constituant le premier chaînon de la rafle, tandis que le deuxième chaînon est mis en place par un mécanisme de « trappe-chenille »[11],[12].
Bibliographie
- Daniel Lanfrey, « Le coup Fabre », sur www.jeudedames-rhonealpes.fr.
- René Polydor, Si le jeu de dames vous était conté…, ASPTT Marseille, , 80 p. (ASIN B003WTX6DE).
- (nl) Harry Zandvliet, Typezetjes uit de praktijk : De bouwstenen van combinaties en de indeling van alle praktische typezetjes, , 284 p.
- (nl + fr) Arie van der Stoep, Alle typezetjes. Tous les coups pratiques, van der Stoep, , 2e éd. (1re éd. 2002), 232 p. (ISBN 9070871297).
- Claude Fougeret (en collaboration avec Pierre Lucot, Germain Avid, Jean Gamen, Johann Friedrich Moser), Incroyable… mais vrai - les blancs jouent… et gagnent : Répertoire des coups au jeu de dames, Claude Fougeret, , 20 p.
Notes et références
- ↑ Polydor 1964, diagramme n°74, p. 61.
- ↑ Lanfrey. « Ce coup était déjà connu, mais il le tentait souvent en partie et le plaça notamment en 1921, à F. Ricou, au championnat de Paris. »
- ↑ « Recherche prénom du joueur marseillais F.RICOU », sur www.ffjd.fr.
- ↑ Fabre. « LE « COUP FABRE » Ce coup, plus inattendu que difficile, à son histoire. Je n'en revendique pas la paternité quoiqu'il soit connu dans les cercles damistes de la capitale sous le nom de « coup Fabre ». Cette appellation provient sans doute du fait que je pense être le joueur qui l'ai réussi le plus grand nombre de fois. »
- ↑ Zandvliet, p. 76. « Het kenmerkende thema van de Fabre slagzet is dat door een offer een schijfe in de lucht resteert. Deze kan opgepeuzeld worden, vaakwordt deze arrestatie de plusschijf. » N.D.L.R. Traduction : « Le thème caractéristique du coup Fabre est qu'un sacrifice laisse un pion en l'air. Ce pion peut-être pris, c'est souvent cette capture qui constitue l'avantage. »
- ↑ Zandvliet, p. 77.
- ↑ Zandvliet, p. 78. « Zimmermann slagzet (Coup Zimmermann) J. Zimmermann (Frans, Parijs) was eind 19e eeuw een top 10 speler op het wereldtoneel. » N.D.L.R. Traduction : « J. Zimmermann (Français, Paris) faisait partie du top 10 des joueurs de la scène mondiale à la fin du 19e siècle. »
- ↑ Stoep, p. 217. « COUP ZIMMERMANN (Zetje van Zimmermann) »
- ↑ (nl) « Coup Fabre », sur www.dezlaren.nl, .
- ↑ (nl) collectif, Utrechts Damnieuws, vol. 10, t. 2, U.D.G.- Vriendenkring en ons genoegen, (lire en ligne), p. 59-68.
- ↑ Fougeret 1974, diagramme n°36d..
- ↑ Doubovy 2019, « Le coup Fabre : Placement du pion rafleur qui attaque le premier chaînon et placement du deuxième chaînon par trappe-chenille »., p. 30.