La consonne nasale alvéolaire voisée est un son consonantique fréquent dans de nombreuses langues. Son symbole dans l’alphabet phonétique international est [n], un N minuscule, mais celui-ci peut aussi représenter une consonne nasale dentale voisée ; la dentale et l’alvéolaire peuvent être distinguées en utilisant [n̪] avec le signe diacritique indiquant l’articulation dentale et [n], sans signe diacritique[1], ou [n͇], avec le signe diacritique des extensions de l’alphabet phonétique international[2], pour l’articulation alvéolaire.
Voici les caractéristiques de la consonne nasale alvéolaire voisée :
son mode d'articulation est occlusif, ce qui signifie qu'elle est produite en obstruant l’air du chenal vocal ;
son point d'articulation est alvéolaire, ce qui signifie qu'elle est articulée avec soit la pointe (apical) soit la lame (laminal) de la langue contre la crête alvéolaire ;
sa phonation est voisée, ce qui signifie que les cordes vocales vibrent lors de l’articulation ;
c'est une consonne nasale, ce qui signifie que l’air peut s’échapper par le nez ;
c'est une consonne centrale, ce qui signifie qu’elle est produite en laissant l'air passer au-dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés ;
son mécanisme de courant d'air est égressif pulmonaire, ce qui signifie qu'elle est articulée en poussant l'air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche.
En français
Le /n/ français n’est pas l'alvéolaire [n] mais la dentale [n̪].
En breton
Le breton possède le [n], prononcé à la fin d'un mot, comme dans le prénom Ronan.
Dans les autres langues
L'italien possède le [n], par exemple dans les mots nido, anello et lento.
(en) Martin J. Ball et Nicole Müller, Phonetics for communication disorders, Psychology Press, (ISBN 0-8058-5363-4 et 9780805853636)
(en) International Phonetic Association, Handbook of the International Phonetic Association : a guide to the use of the International Phonetic Alphabet, Cambridge, UK ; New York, NY, Cambridge University Press, , 204 p. (ISBN 978-0-521-63751-0 et 0521637511, lire en ligne)
Les parties grisées indiquent une articulation jugée impossible. Les cases blanches vides indiquent des articulations théoriques possibles mais non encore attestées. Les cases marquées d’un astérisque (*) indiquent des sons attestés non encore représentés officiellement dans l’API.
Lorsque deux symboles apparaissent dans une case, celui de gauche représente une consonne sourde, celui de droite une consonne voisée (ne s’applique pas aux clics, présentés au centre des cases en bas du tableau).
Les cases séparées par des pointillés emploient normalement les mêmes symboles API de base, et ne diffèrent éventuellement que par les diacritiques appliqués pour déplacer leur articulation, par exemple la nasale n represente une dentale ou une alvéolaire.
Les affriquées t͡s, d͡z, t͡ʃ, d͡ʒ, t͡ɕ, d͡ʑ sont parfois notées à l’aide des ligatures ʦ, ʣ, ʧ, ʤ, ʨ, ʥ ne faisant plus partie de l’API (il est recommandé de les remplacer par les deux articulations, liées avec une ligature tirant – suscrite ou souscrite).
Les occlusives injectives sourdes, sont parfois notées à l’aide des symboles ƥ, ƭ, ƈ, ʠ (formés sur la base de la consonne pulmonique correspondante avec une crosse ajoutée), qui ne font plus partie de l’API (il est recommandé de les remplacer par le symbole de la consonne voisée avec l'anneau diacritique de dévoisement).