Cobza

Cobza

La cobza, kobza, kobuza, kobouz ou coboz est un instrument de musique à cordes d'Europe de l'Est dont le nom dérive du kopuz d'Asie centrale. Elle existe en Ukraine, Moldavie, Roumanie et Hongrie. Le joueur de cobza est un cobzar et en joue avec un plectre en plume.

Différents modèles de cobze.
Dans le taraf de Dinicou (groupe de musiciens populaires) du XIXe siècle jouant au pavillon roumain de l'Exposition universelle de Paris, photographié par Nadar, le cobzar est en haut à gauche.
Cobza moldave.
Cobza moderne.

Dans les pays roumains, ces instruments ont gardé des formes symétriques, alors qu'en Ukraine, au XIXe siècle, des modèles asymétriques, plus larges et plus proches d'une cithare à manche, sont apparus. Ces modèles ukrainiens peuvent avoir jusqu'à 24 cordes et celles-ci ne sont pas pressées sur des frettes pour changer de note.

Il existe plusieurs formes de cobze :

  • la cobza roumaine, moldave et hongroise se rapproche de l'oud ottoman, et peut être d'orchestre, avec 4 cordes accordées en quintes (comme le violon) et plusieurs tailles : prima, alto, ténor et contrebasse, ou bien d'accompagnement, ayant en général 6 ou 7 cordes et un manche à frettes :
  • la kobza ukrainienne est plus proche d'une cithare à manche ou de la bandoura, avec six ou sept cordes hautes du côté gauche de l'instrument, mais pouvant en présenter plus : la version à six cordes est accordée comme une guitare, et la version à 7 cordes comme une guitare russe, et le manche n'a pas de frettes[1]).

Considérée comme « archaïque », la tradition des cobzari a été combattue par le régime communiste de Roumanie (1946-1989) de sorte que la plupart des cobze ont disparu : il ne restait que très peu d'instruments, qui ont permis la renaissance d'une lutherie moderne après la chute de la dictature dite « communiste ». La renaissance des mélodies et chansons jouées par les cobzari repose notamment sur des partitions et documents comme ceux d'Anton Pann, et sur des enregistrements anciens comme ceux du musicologue Constantin Brăiloiu[2].

Lutherie moderne

La caisse de résonance piriforme est formée sur un moule avec des côtes en bois lamellé-collé. Plus petit, la cobza pourrait se loger dans la caisse du oud. Il a un manche extrêmement court qui est en fait intégré dans la caisse de résonance et qui s'y prolonge par une touche sur la table d'harmonie. Celle-ci est percée de quatre fines ouïes en forme de croix à la place d'une rosace centrale. Le cobza est encore plus petit, et a quant à lui une grande ouïe centrale, mais décalée vers le chevalet et cerclée de mini-ouïes.

La touche est lisse et le chevillier, coudé, à l'ancienne porte huit cordes en nylon ou en métal qui passent sur un sillet, puis un petit chevalet avant d'être attachées sur une pièce de bois collée sur la table (à l'inverse du oud où les cordes s'attachent au chevalet). Cette de pièce de bois est d'ailleurs placée à l'extrémité de la table d'harmonie de la cobza. Il y a aussi une plaque protectrice de la table d'harmonie à hauteur de jeu du plectre. Les cordes, accordées à l'unisson et à l'octave, forment quatre doubles chœurs. Une bande de cuir protège le bas de la caisse de résonance.

Notes et références

  1. (en) « Veresai, Ostap », sur Encyclopedia of Ukraine (consulté le 28 novembre 2011)
  2. François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Karthala 2012, (ISBN 9782811107901) ; duo de cobze d'orchestre à quatre cordes (Béatrice et Florin Iordan du Musée du Paysan roumain) accompagnées d'un violon et d'une percussion ici [1] ou [2].

Liens externes