Béotie

District régional de Béotie
Περιφερειακή ενότητα Βοιωτίας
Béotie
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Grèce centrale
Chef-lieu Livadiá
Code postal 32x xx
Code d’immatriculation BI
Code ISO 3166-2 GR-03
Démographie
Population 117 920 hab. (2011[1])
Densité 40 hab./km2
Géographie
Superficie 295 200 ha = 2 952 km2
Liens
Site web http://www.viotia.gr

La Béotie (en grec Βοιωτία, ancien Boiōtía, moderne Viotía) est un district régional de la périphérie de Grèce-Centrale.

Elle est bordée par l'Attique au sud-est, par le golfe Euboïque à l'est, par le district régional de Phthiotide au nord, par le district régional de la Phocide à l'ouest et par le golfe de Corinthe au sud.

Sa capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).

Géographie

La Béotie comprend deux massifs montagneux, celui du Parnasse (2 457 m) à l'ouest, aux confins phocidiens, et celui de l'Hélicon (1 748 m) au sud. Elle comprend aussi une plaine assez vaste, celle d'Orchomène, sur le cours moyen du Céphise. Le cours inférieur de ce petit fleuve est jalonné de deux lacs : le lac Yliki et le lac Paralimni[réf. nécessaire].

La Béotie est traversée par l'autoroute reliant Athènes et Thessalonique qui permet d'accéder à l'île d'Eubée par le pont de Chalcis et à Delphes par la route du Parnasse[réf. nécessaire].

Géographie antique

Un grand lac était situé en son centre, le Copaïs. il permettait d'irriguer les cultures lors des sécheresses estivales et assurait la prospérité du pays. Peu profond, il fut asséché au XIXe siècle afin de gagner 200 km2 de terres cultivables[réf. nécessaire].

Le Catalogue des vaisseaux fournit trente toponymes pour la Béotie, soit plus qu’aucune autre région grecque. En Béotie, l’on trouve entre autres :

  • un fleuve, l'Asopos, décrit dans l’Iliade comme ayant « un lit de joncs épais et d’herbages touffus » (IV, 383), et dont le nom vient parfois qualifier poétiquement la ville de Thèbes ou la Béotie[2] ;
  • le mont Hélicon, demeure des Muses « aoniennes » : l'épithète « aonien » s’applique également à plusieurs dieux ou héros originaires de Béotie (Dionysos, Héraclès, Hippomène, entre autres) car la Béotie était souvent nommée « Aonie » (Ἀονία / Aonia) par les poètes ;
  • un grand temple d'Athéna, à Alalcomènes, sur les rives du Triton, affluent du lac Copaïs, aux pieds du mont Tilphossion où l’on situait sa naissance : quelques ruines du temple (pillé par Sylla) subsistent près de Solinari [3].

Histoire

Antiquité

La capitale de la Béotie est Thèbes

Dotée d'un sol fertile, la Béotie est très peuplée dès l'Antiquité ; environ 200 000 habitants y vivaient au IVe siècle av. J.-C.[4].

La Béotie s'identifie, dans l'Antiquité, par son dialecte éolien différent du dialecte ionien de l'Attique. Les Béotiens avaient auprès des intellectuels Athéniens une réputation de peuple inculte, lourdaud et peu raffiné. Jusqu'à nos jours, l'adjectif « béotien » désigne en français une personne peu cultivée, indifférente à la connaissance[réf. nécessaire].

Alexandre le Grand rase la cité de Thèbes en 335 avant notre ère.

La Béotie est l'un des principaux théâtres d’opérations de la première guerre contre Mithridate VI, roi du Pont : le général romain L. Cornelius Sylla y remporte deux victoires décisives sur le général pontique Archélaos à Chéronée et Orchomène en -86. Sylla mit également à sac la ville de Thèbes. La longue période romano-byzantine (plus d'un millénaire) fut un temps de paix pour la Béotie, qui connut néanmoins deux épisodes d’invasions et de pillage : celle des Goths au IVe siècle, et celle des Slaves au VIe siècle.

Périodes médiévale et moderne

Au XIIe siècle est fondé le monastère d'Osios Loukas célèbre pour ses mosaïques byzantines.

La région est conquise après la quatrième croisade (1204) par les Latins qui fondent le duché d'Athènes. À la fin du Moyen Âge, elle est colonisée par des populations chrétiennes albanophones[5].

Les Turcs conquièrent la Béotie en 1456 : avec l'Attique et l'Eubée, elle constitue le sandjak d'Eğriboz (Nègrepont). Ils dominent la région jusqu’à la guerre d'indépendance grecque où elle est le théâtre de combats importants dont les batailles d'Arachova et de Pétra .

Dans la Grèce ottomane, le sud montagneux de la région abrite des villages appelés Dervenochoria  où les Grecs chrétiens ont le droit de porter les armes et maintiennent leur autonomie[6].

Sous des chefs albanais chrétiens, ils sont l'une des premières régions à se soulever, le , contre les Ottomans lors de la guerre d'indépendance grecque[7].

En 1831, dans la plaine de Mégare, les premiers bataillons de l'armée régulière grecque prêtent serment devant Ioánnis Kapodístrias, président de la République grecque, et les évêques de Dervenochoria et Thèbes[8].

Le , un avion postal Junkers W 33 de la Deutsche Lufthansa, venu de Thessalonique, est empêché par le mauvais temps de se poser sur l'aéroport de Tatoi  et tente d'atterrir sur la petite piste de Tanagra ; il s'écrase sans faire de victime ; les deux pilotes et les 13 sacs de courrier sont sauvés[9].

Pendant l'occupation italo-allemande de la Seconde Guerre mondiale, les Dervenochoria sont un des bastions des partisans communistes de l'ELAS[10].

En 1968, des travaux à la base aérienne militaire de Tanagra amènent la découverte fortuite d'une nécropole mycénienne[11].

District régional de Béotie

Personnalités de l'Antiquité

Annexes

Bibliographie

  • Pierre Guillon, La Béotie antique, Belles Lettres, Paris, 1948.
  • Paul Cloché, Thèbes de Béotie, des origines à la conquête romaine, Nauwelaerts, Desclée de Brouwer, Louvain, Paris, 1952.
  • Henri Van Effenterre, Les Béotiens, aux frontières de l'Athènes antique, Armand Colin, collection Civilisations U, 1989, (ISBN 2-200-21244-5).
  • G. Vottéro, Le dialecte béotien (7e s. - 2e s. av. J.-C.) I. L'écologie du dialecte, ADRA, Nancy-Paris, 1998. (ISBN 2-9509726-7-5)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

Références

  1. (el)« Résultats du recensement de la population en 2011 »
  2. V. Euripide, Suppliantes, v. 571 : ἡ Ἀσωπία / hê Asôpía
  3. Dezobry et Bachelet : Dictionnaire de biographie, tome 1, Delagrave, 1876, p. 35.
  4. Brigitte Le Guen (dir.), Marie-Cécilia d'Ercole et Julien Zurbach, Naissance de la Grèce : De Minos à Solon. 3200 à 510 avant notre ère, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », , 686 p. (ISBN 978-2-7011-6492-2), chap. 15 (« Les cités et leurs campagnes »), p. 524.
  5. John Bintliff, The Ethnoarchaeology of a “Passive” Ethnicity: The Arvanites of Central Greece, in The Usable Past: Greek Metahistories (éd. K.S. Brown et Yannis Hamilakis), 2003, pp 130-133.
  6. Nicholas Charles Pappas, Greeks in Russian Military Service in the Late Eighteenth and Early Nineteenth Centuries, Institute for Balkan Studies, 1991, p. 45 [1].
  7. Douglas Dakin, The Greek Struggle for Independence, 1821-1833, University of California, 1973, p. 59 [2].
  8. Andreas Papadopoulos-Vretos, Mémoires biographiques-historiques sur le président de la Grèce, le comte Jean Capodistrias, t. 2, Paris, 2011 (1re éd. 1838), p. 116-117.
  9. Nordic Air Crash Mail, 1933-01-13.
  10. André Kédros, La résistance grecque (1940-1944), Robert Laffont, 1966, p. 382 [3].
  11. Paul Roesch et Gilbert Argoud, La Béotie antique, CNRS, 1985, p. 16.