Association des écrivains et artistes révolutionnaires

L'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), créée en France en mars 1932, est une section de l'Union internationale des écrivains révolutionnaires (UIER), fondée à Moscou en novembre 1927[1]. À sa tête furent placés Paul Vaillant-Couturier, Léon Moussinac, Charles Vildrac et Francis Jourdain.

Historique

Originellement Association des Écrivains Révolutionnaires (A.E.R.), elle a pour objectif de mettre en application et de promouvoir les principes littéraires déterminés au congrès de Kharkov de 1930. Alors que l'Union Soviétique se dote d'une doctrine esthétique officielle, le réalisme socialiste, à la suite de la création de l'Union des Écrivains Soviétiques, l'A.E.R. s'étend au-delà de la littérature et devient l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.) en 1932[2].

L'A.E.A.R. est placée sous la direction de Paul Vaillant-Couturier. Celui-ci en définit les principes qui régissent son positionnement politique et idéologique dans la préface d'une brochure éditée par l'association à l'automne 1933, intitulée Ceux qui ont choisi. Contre le fascisme en Allemagne. Contre l'impérialisme français[3]. Assouplissant par la même occasion sa ligne directrice initiale et élargissant son audience[4]. Ces principes sont résumés ainsi :

. Il n’y a pas d’art ni de littérature neutres.

. Il faut organiser la littérature et l’art révolutionnaires qui existent en France pour mener la lutte contre la littérature et l’art conformistes et les tendances fascistes qui s’y font jour.

. Il faut développer et organiser la littérature et l’art prolétariens qui sont en train de naître en France.

. Il faut que l’interpénétration de l’art et de la littérature révolutionnaires et prolétariens traduisent  le rapprochement des intellectuels et des ouvriers.

. L’art et la littérature révolutionnaires et prolétariens ne peuvent avoir pour but l'exposé permanent et schématique d’une thèse.

. Les conditions économiques et politiques sont en France favorables au développement d’une action prolétarienne et révolutionnaire dans le domaine de l’art et de la littérature.

Sous l'autorité tacite du Parti communiste français, l'association — de même que son organe Commune — avait pour mission de réunir, en un même groupe, les différents courants culturels qui, en France, questionnaient les rapports de l'engagement révolutionnaire avec la culture, ainsi que quelques compagnons de route.

L'AEAR organise un « salon des peintres révolutionnaires » Porte de Versailles, à Paris, en janvier 1934[5]. À cette occasion est édité un catalogue préfacé par le peintre Mathieu Rosianu, et qui renferme la liste des œuvres exposées de Carlu, Estève, Léger, Lhote, Lipchitz, Lurçat, Masereel, Pignon, Signac, Henry Valensi, etc., et quatre reproductions hors texte.

L'association comporte une section photographique, mise en place dès sa création par Aragon et dirigée par Eli Lotar. Elle réunit alors Henri Cartier-Bresson, Henri Tracol, Brassaï, Dora Maar, André Papillon, Jacques-André Boiffard, Pierre Jamet, Claude Cahun, André Kertész, Pierre Ichac, Jean Painlevé, et René Zuber[6].

Elle organise à Paris en juin 1935 une exposition collective intitulée « Documents de la vie sociale »[7]. Elle a existé jusqu'en 1939.

L'AEAR a été réactualisée un temps en 2006[8].

Membres notables de l'association

Références

  1. Nicole Racine, « L'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) », Le Mouvement Social, no 54,‎ , p. 29-47 (p. 29) (lire en ligne, consulté le 23 juin 2018).
  2. Jean-Pierre Bernard, « Le Parti communiste français et les problèmes littéraires (1920-1939) », Revue française de science politique, vol. 17, no 3,‎ , p. 520–544 (ISSN 0035-2950, DOI 10.3406/rfsp.1967.393020, lire en ligne, consulté le 16 janvier 2020)
  3. Association des écrivains et des artistes révolutionnaires., Ceux qui ont choisi ... contre le fascisme en Allemagne, contre l'imperialisme français., Édité par l'A.E.A.R, [1933?] (OCLC 10635859, lire en ligne)
  4. Nicole Racine, « L'Association des Ecrivains et Artistes Revolutionnaires (A.E.A.R.). La revue "Commune" et la lutte ideologique contre le fascisme (1932-1936) », Le Mouvement social, no 54,‎ , p. 29 (ISSN 0027-2671, DOI 10.2307/3777432, lire en ligne, consulté le 16 janvier 2020)
  5. Nicole Racine, « La Querelle du Réalisme (1935-1936) », Sociétés & Représentations, no 15,‎ , p. 113-131 (lire en ligne, consulté le 23 juin 2018).
  6. Joschke Christian, « L’histoire de la photographie sociale et documentaire dans l’entre-deux-guerres. Paris dans le contexte transnational », In: Perspective. Actualité en histoire de l’art, 2017, no 1, p. 113‑128
  7. (en) Maria Morris Hambourg, « Exposition de l'AEAR–Documents de la vie sociale at Galerie de la Pléiade », sur moma.org (consulté le 10 janvier 2019).
  8. Notice de la BNF.

Annexes

Bibliographie

  • Nicole Racine, « L'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). La revue Commune et la lutte idéologique contre le fascisme (1935/1936) », Le Mouvement social, janvier-mars 1966, no 54, p. 29-47.
  • Jean-Pierre Bernard, « Le Parti communiste français et les problèmes littéraires (1920-1939) », Revue française de science politique, no 3,‎ , p. 520-544 (lire en ligne, consulté le 24 juin 2018)
  • Wolfgang Klein, Commune. Revue pour la défense de la culture (1933-1939), « Esthétique et politique », éditions du CNRS, Paris, 1988, p. 231 (ISBN 2-222-04122-8)

Articles connexes

Lien externe