Plexus de Kobelt

Le plexus de Kobelt, nommé d'après l'anatomiste Georg Ludwig Kobelt qui l'a décrit en 1844 sous le nom de pars intermedia[2], est un réseau veineux situé sous le coude du clitoris, permettant les échanges vasculaires entre les différentes parties du clitoris et avec d'autres partie de l'appareil génital féminin[3]. Il est inséré dans un tissu conjonctif riche en collagène.

Historique et terminologie

Le plexus lui-même est décrit pour la première fois, de façon exacte et très précise, par Georg Ludwig Kobelt en 1844 dans son ouvrage De l’appareil du sens génital des deux sexes, sous le nom de pars intermedia. Il est ensuite rarement étudié avant le XXIe siècle[4]

La terminologie n'est pas encore très fixée. « Pars intermedia » ne figure dans Terminologia Anatomica que dans la description anatomique de l'urètre masculin[5]. Le nom de plexus de Kobelt, qui lui est attribué en l'honneur de son découvreur désigne pour certains uniquement, stricto sensu, le réseau veineux inclus dans le tissu conjonctif et qui préfèrent parler pour ce dernier de « tissu de type septum »[5]. D'autres préfèrent le terme de « pars intermedia »[6] incluant le plexus veineux , et d'autres enfin le désignent sous le nom de plexus de Kobelt[4].

Description

Ce tissu conjonctif de type septum, riche en collagène et entouré de nombreuses veines longitudinales, est situé à la jonction entre la commissure des bulbes et l’inflexion supérieure du clitoris dite coude (ou genou) du clitoris[4]. En ce dernier endroit, le plexus est dense et étalé. Le plexus de Kobelt contient plusieurs veines partant de l'urètre et reliant les tuniques albuginées des corps caverneux du clitoris et des bulbes[6]. Il est aussi relié aux systèmes vasculaires des grandes lèvres[7] et des petites lèvres[4].

Le plexus de Kobelt est l'unique structure vasculaire identifiée permettant la circulation sanguine entre les bulbes et les piliers du clitoris, à l'exception d'une possible connexion sur un des côtés de ces piliers, ce qui accrédite l'idée du rôle central du plexus dans une réponse vasculaire coordonnée de ces structures pendant la phase d'excitation sexuelle[5].

De grosses fibres nerveuses courent latéralement vers le plexus. Leur rôle potentiel dans la fonction sexuelle reste à identifier[5].

Références

  1. Alessandra Cencin, « Les différentes versions de la « découverte » du clitoris par Helen O’Connell (1998-2005) », Genre, sexualité & société, no Hors-série n° 3,‎ (ISSN 2104-3736, DOI 10.4000/gss.4403, lire en ligne, consulté le )
  2. Sylvie Chaperon et Odile Fillod, Idées reçues sur le clitoris: Histoire et anatomie politique d’un organe méconnu, Le Cavalier Bleu, (ISBN 979-10-318-0550-4, lire en ligne)
  3. Lucile Doucet, Maeva Badre, Mirjam Anna Kielholz et Francesca Arena, « Le clitoris, état des lieux pluridisciplinaire », Obstetrica,‎ , p. 44 (ISSN 2624-7747, lire en ligne, consulté le )
  4. a b c et d (en) Cheryl Shih, Christopher J. Cold et Claire C. Yang, « The Pars Intermedia: An Anatomic Basis for a Coordinated Vascular Response to Female Genital Arousal », The Journal of Sexual Medicine, vol. 10, no 6,‎ , p. 1526–1530 (ISSN 1743-6109 et 1743-6095, DOI 10.1111/j.1743-6109.2012.02996.x, lire en ligne, consulté le )
  5. a b c et d Erryn E. Tappy, Kelley S. Carrick, Denise M.O. Ramirez et Polina Sawyer, « Anatomic relationships of the clitoral body, bulbs of the vestibule, and urethra », American Journal of Obstetrics and Gynecology, vol. 228, no 6,‎ , p. 720.e1–720.e8 (ISSN 0002-9378, DOI 10.1016/j.ajog.2023.02.011, lire en ligne, consulté le )
  6. a et b (en) Vincent Di Marino et Hubert Lepidi, Anatomic Study of the Clitoris and the Bulbo-Clitoral Organ, Springer International Publishing, , 152 p. (ISBN 978-3-319-04893-2 et 978-3-319-04894-9, DOI 10.1007/978-3-319-04894-9, lire en ligne), p. 51-52
  7. (de) Georg Ludwig Kobelt, Die männlichen und weiblichen Wollust-Organe des Menschen und einiger Säugethiere: in anatomisch-physiolog., Fribourg, , p. 63