Mohamed Sayah

Mohamed Sayah
PortraitMohamedSayehAv1975.jpg
Mohamed Sayah au palais de Carthage en 1975.
Biographie
Naissance
Décès
(à 84 ans)
Bouhjar
Nom dans la langue maternelle
محمد الصيّاح
Nationalité
Formation
Collège Sadiki
École normale supérieure ()
Activité
Autres informations
Religion
Partis politiques

Mohamed Sayah (arabe : محمد الصيّاح), né le à Bouhjar (Sahel tunisien) et mort le dans la même ville[1],[2], est un homme politique tunisien.

Historiographe du président Habib Bourguiba[3], il en est aussi le principal bras droit. Il est connu pour être l'architecte de la milice du Parti socialiste destourien (PSD) dont a hérité le Rassemblement constitutionnel démocratique[4].

Biographie

Jeunesse

Mohamed Sayah poursuit ses études secondaires au Collège Sadiki, pôle de développement des idées nationalistes. Il en est renvoyé pour avoir manifesté son hostilité au protectorat français et termine ses études au collège des garçons de Sfax où il obtient un baccalauréat littéraire[5]. À l'indépendance en 1956, il obtient une bourse qui lui permet d'accéder à la toute nouvelle École normale supérieure de Tunis. En parallèle, il poursuit ses activités politiques au sein du syndicat étudiant de l'Union générale des étudiants de Tunisie dont il prend la tête, ce qui lui permet de se faire remarquer par Habib Bourguiba[6].

Carrière

Mohamed Sayah (au centre) accompagné du ministre Azzouz Rebaï.

Mohamed Sayah entame sa carrière au Parti socialiste destourien (PSD) en devenant secrétaire général de la Jeunesse destourienne puis directeur-adjoint du l'administration centrale du parti. Il est désigné membre du comité central (baptisé bureau politique élargi à l'époque) du PSD lors du congrès de Bizerte en 1964. Le 11 novembre de la même année, il devient directeur du PSD, poste qu'il occupe jusqu'au 27 septembre 1969. C'est pendant cette période, plus précisément en 1965, qu'il initie la milice estudiantine qui guette les étudiants tunisiens en France ; cette structure est le prélude de la milice du parti qu'il instaure plus tard[7]. Il retrouve sa position à la tête de l'administration centrale du PSD entre le 5 juin 1973 et le 25 avril 1980[8]. Il est par ailleurs membre de son bureau politique de 1964 à 1987.

Sayah prend la tête d'une série de ministères jusqu'à l'arrivée au pouvoir du président Zine el-Abidine Ben Ali[9],[10] :

  • ministère de l'Information (7 novembre 1969 au 12 juin 1970) ;
  • ministère des Travaux publics (29 octobre 1971 au 5 juin 1973) ;
  • ministère de la Jeunesse et des Sports (5 juin au 30 novembre] 1973) ;
  • ministère délégué auprès du Premier ministre (30 novembre 1973 au 25 avril 1980) ;
  • ministère de l'Habitat (25 avril 1980 au 25 novembre 1983) ;
  • ministère de l'Équipement (25 avril 1984 au 16 mai 1987) ;
  • ministère de l'Éducation (16 mai au 7 novembre 1987).

Il est également député de la deuxième circonscription de Sousse, de 1964 à 1974, puis de Monastir, de 1974 à 1981 puis de 1986 à 1988. Il est aussi maire de la municipalité de « Sa-Lam-Bo », réunissant les actuelles municipalités de Sayada, Lamta et Bouhjar, de 1966 à 1980. Il occupe enfin les fonctions d'ambassadeur de Tunisie en Italie puis auprès de l'Office des Nations unies à Genève[11].

Figure-clé du sérail de Habib Bourguiba[12], on lui impute d’avoir mis sur pied, dès 1965, une milice chargée de surveiller les étudiants tunisiens, notamment en France, et d’avoir contribué à faire échouer des tentatives de démocratisation du régime de Bourguiba[13]. Après l'arrivée de Zine el-Abidine Ben Ali au pouvoir, le 7 novembre 1987, il se retire de la vie politique par fidélité à Bourguiba[14]. En 2013, il crée la Fondation Bourguiba, association dédiée à la personne et à l'œuvre du premier président de la République tunisienne[11].

Vie privée

Mohamed Sayah est marié avec trois enfants et six petits-enfants ainsi qu'une fille adoptive[9].

En 2017, il perd l'un de ses fils, décédé suite à une crise cardiaque[15].

Il décède le 15 mars 2018 à l’issue d’une longue maladie[16],[17].

Publications

  • Le Néo-Destour face à la troisième épreuve, 1952-1956, tome I « L'échec de la répression », éd. Dar El Amal, Tunis, 1979
  • Le Néo-Destour face à la troisième épreuve, 1952-1956, tome II « La victoire », éd. Dar El Amal, Tunis, 1979
  • Le Néo-Destour face à la troisième épreuve, 1952-1956, tome III « L'indépendance », éd. Dar El Amal, Tunis, 1979
  • Le Nouvel État aux prises avec le complot yousséfiste, 1956-1958, éd. Dar El Amal, Tunis, 1982
  • La République délivrée de l'occupation étrangère, éd. Dar El Amal, Tunis, 1984
  • (ar) L'Acteur et le témoin (entretien avec Mouldi Lahmer), éd. Cérès, Tunis, 2012[18]

Notes et références

  1. « Décès de l’ancien ministre Mohamed Sayah », sur kapitalis.com, (consulté le 15 mars 2018)
  2. « La présidence rend hommage à Mohamed Sayah, saluant son "patriotisme sincère" », sur gnet.tn, (consulté le 15 mars 2018)
  3. « Historiographe du président Habib Bourguiba et plusieurs fois ministre, Mohamed Sayah n'est plus », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 15 mars 2018)
  4. « Sayah traité en héros ! », sur espacemanager.com, (consulté le 15 mars 2018)
  5. « Qui était Mohamed Sayah, l’ancien bras droit de Bourguiba ? », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le 15 mars 2018)
  6. Taoufik Habaieb, « Figure de proue du vourguibisme, Mohamed Sayah est décédé », sur leaders.com.tn, (consulté le 15 mars 2018)
  7. « Mohamed Sayah livre enfin son témoignage de l'ère Bourguiba », sur kapitalis.com, (consulté le 15 mars 2018)
  8. « Mohamed Sayah : une personnalité controversée », sur lemonde.fr, (consulté le 15 mars 2018)
  9. a et b Abdelaziz Barrouhi, « Mohamed Sayah », sur jeuneafrique.com, (consulté le 15 mars 2018)
  10. Jamil Sayah, « Mohamed Sayah : la richesse d’une vie et l’honnêteté d’un parcours », sur lapresse.tn, (consulté le 15 mars 2018)
  11. a et b Moncef Mahroug, « Mohamed Sayah crée la Fondation Bourguiba », sur webmanagercenter.com, (consulté le 15 mars 2018)
  12. « La ténacité de Mohamed Sayah pour obtenir la fin de la séquestration de Bourguiba », sur leaders.com.tn, (consulté le 15 mars 2018)
  13. Frida Dahmani, « Décès de Mohamed Sayah, figure clé des années Bourguiba », sur jeuneafrique.com, (consulté le 16 mars 2018)
  14. Habib Ofakhri, « Mohamed Sayah et la boutade kairouanaise », sur leaders.com.tn, (consulté le 16 mars 2018)
  15. « Décès de Zied, le fils de l'ancien ministre Mohamed Sayah », sur kapitalis.com, (consulté le 15 mars 2018)
  16. « Mohamed Sayah, ancien directeur du PSD et ministre de Bourguiba n’est plus », sur realites.com.tn, (consulté le 15 mars 2018)
  17. « Décès de Mohamed Sayah à l’âge de 85 ans », sur tunisienumerique.com, (consulté le 15 mars 2018)
  18. « Mohamed Sayah : l'acteur et le témoin », sur leaders.com.tn, (consulté le 15 mai 2018)

Liens externes