Maurice Keller
Maurice Keller | |
Naissance | ![]() |
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Décès | (à 39 ans)![]() |
Origine | Français |
Allégeance | IIIe République ![]() |
Arme | Troupes coloniales Gendarmerie nationale |
Grade | 1937 maréchal des logis chef 1939 lieutenant |
Années de service | 1934 – 1945 |
Conflits | Seconde Guerre mondiale |
Faits d'armes | aide au maquis, aide aux réfractaires |
Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1939-1945 |
Autres fonctions | commandant de brigade de gendarmerie |
Maurice Édouard Keller ( – ) est un Résistant et un officier de gendarmerie français. Réserviste, militaire d'active puis officier, le capitaine Maurice Keller, commandant de compagnie de la Gendarmerie nationale de Saint-Girons, s'engage, dès le début du Régime de Vichy, dans la Résistance. Arrêté le 10 juin 1944, il meurt en déportation le 28 janvier 1945[1].
Biographie
Né en 1905 en Alsace à Epfig, alors dans l'Empire allemand, sous les prénoms de Moritz Edward[2], il est le fils de Joseph Édouard Keller et de Marie Bronner. Il est le deuxième enfant d'une fratrie de huit. Il effectue son service militaire dans les troupes d'Afrique[3]. Il en sort lieutenant de réserve en 1934 et intègre la gendarmerie en 1937 en tant que maréchal des logis chef et entre à l'EOGN, alors à Versailles. Il épouse Madeleine Blampain le 6 septembre 1938 à la mairie du 16e arrondissement de Paris. Le couple a plusieurs enfants. Sous-lieutenant puis lieutenant en 1939, il occupe de premiers postes, (Saint-Amand-Montrond en 1940 puis Lapalisse en 1941).
Dès janvier 1942, il participe avec un étudiant en médecine, Claude Schaller, à la recherche de réfractaires alsaciens blessés lors du franchissement illégal de la frontière entre l'Espagne et la France. Le 10 novembre 1942, il prend le commandement de la section de gendarmerie de Saint-Girons, ville d'Ariège proche de la frontière espagnole. Peu après son arrivée à cette fonction, Maurice Keller s'engage dans une organisation clandestine, le service évasion dirigé par Pierre Delnom Dedieu[1]. Il assure la sécurité des convois des évadés vers la frontière espagnole. Il aide efficacement les responsables chargés de mettre en place les premiers maquis et parvient à détourner les enquêtes officielles menées à l'encontre des milieux résistants.
Il est également en liaison avec Maurice Gardelle, chef militaire de l'arrondissement de Saint-Girons pour le compte des Mouvements unis de la Résistance (MUR). Grâce à sa connaissance de l'allemand, il lui fournit des renseignements précieux. Il défend encore le gendarme Durand accusé par les Allemands d'avoir laissé échapper trois réfractaires. En février 1944[1], il obtient la libération de deux chefs de la Résistance locale, Maurice Gardelle et Pierre Lacroix, chef du secteur de Castillon-en-Couserans. Il réconforte en prison un jeune résistant d'origine russe arrêté par certains gendarmes hostiles aux maquis. Enfin, après le Débarquement de Normandie le 6 juin 1944, il donne son approbation aux gendarmes, volontaires pour rejoindre le maquis.
Méfiantes, les autorités allemandes et les collaborateurs français le repèrent. Arrêté dans la nuit du 10 juin 1944 par la Gestapo, il est interné à la prison Saint-Michel à Toulouse et déporté le 31 juillet 1944 au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne. Affecté au Kommando annexe de Langenstein, il est astreint à un dur travail de terrassement avec notamment le creusement de galeries pour une usine d'aviation souterraine Junkers [4]. Il meurt en déportation le 28 janvier 1945 à Langenstein, annexe de Buchenwald[5]. Ses cendres reposent au cimetière allemand de Quedlinburg.
Honneurs
- Promu capitaine à titre posthume
Chevalier de la Légion d'honneur, cité à l'ordre de la division
Médaille de la Résistance française à titre posthume (décret du 24 avril 1946)[6]
Croix de guerre – avec médaille d'argent[7],[8],[9].
- Une stèle est située devant la gendarmerie de Saint-Girons[1]
- Le 13 février 2024, une cérémonie est organisée devant la stèle[3].
Notes et références
- https://museedelaresistanceenligne.org/media9813-Stle-la-mmoire-du-capitaine-de-gendarmerie-Maurice-Keller-Saint-Girons-Arige
- ↑ https://archives.bas-rhin.fr/detail-document/ETAT-CIVIL-C125-P1-R343801#visio/page:ETAT-CIVIL-C125-P1-R343801-4370656
- https://lavoixdugendarme.fr/ariege-hommage-au-capitaine-maurice-keller/
- ↑ https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IA09ANEX/IA09000586_01.pdf
- ↑ Mention marginale de décès sur son acte de naissance : décédé le 27 janvier 1945 (sic) à Langenstein (Allemagne) - Acte transcrit à la mairie de Saint-Girons (Ariège) - Avis du ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre à Paris en date du 17 décembre 1946 - 533.886 D -
- ↑ SGA Mémoire des Hommes
- ↑ Service historique de la Défense, Caen, côte SHD/ AC 21 P 579349
- ↑ https://www.geneanet.org/cercles/view/colgnecmmhtitresre/308533
- ↑ Par décret du 19 avril 1946, https://www.geneanet.org/cercles/view/colgnecmmhresistance/33902
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes