Mangina

Mangina est une localité du territoire de Beni de la province du Nord-Kivu, à l'est de la République Démocratique du Congo[1]. Mangina se veut une entité agricole. Dès les années 1950, elle se voit entourée des plantations des caféiers ; à l'est la plantation de M. Belair alias "Kibwindi" devenue, à la faveur de la zaïrianisation, la plantation de Kayihembako, à l'ouest celle de M. Zanetos et au nord, celle de M. Duvignaud. Cette culture péréenne du café robusta développée par des colons belges fut copiée à l'identique par le reste de la population.

En plus du café, il s'y développa la culture des papayers dont la récolte hebdomadaire du latex de papaïne permit aux paysans d'avoir quelque revenu régulier et une certaine prospérité matérielle qui attira des gens venus d'autres régions en vue de se lancer dans l'aventure. Alors que la papaïne permettait à l'usine ENRA basée à Beni d'avoir la matière première dont elle avait besoin pour son fonctionnement, elle alimenta aussi le marché de la contrebande à la frontière avec l'Ouganda.

La culture des haricots blancs se développa à cette même période (1970) et permit d'approvisionner les cités Beni et Butembo, et même la ville de Kisangani, en vivres de première nécessité ; ce qui fit connaître cette contrée comme un vivier agricole au-delà des frontières régionales. Plus tard, la culture de soja fut vulgarisée grâce aux émissions de la radio Candip, une radio communautaire de développement rattachée à l'ISP/Bunia, animée en kinande par Mama Wasukundi (1976-1979).

Sur le plan socio-culturel, l'Eglise catholique se positionna en tant qu'acteur de développement de premier plan en implantant un dispensaire et une maternité dès les années 1970, grâce au dynamisme de Père Dominique, un prêtre assomptionniste hollandais et de la Sœur Oblate Marie Marcella, de nationalité française. La mission CECA-20, une Eglise protestante évangélique a, pour sa part, occupé l'est de la bourgade en installant son temple et son dispensaire à Mangodomu, avec possibilité d'organiser périodiquement des consultations oculaires par des praticiens qui venaient de Reti (Ituri).

La population de Mangina s'est informellement regroupée autour de ces deux entités : les protestants majoritairement à l'est et les catholiques à l'ouest. Dans les années 1960, le bassin de vie de Mangina se situait à Makeke, village frontalier se trouvant dans l'actuelle province de l'Ituri. En effet, c'est à Makeke que le Père Dominique construisit une kermesse sous laquelle il officiait ses messes avant de s'établir dans la concession "Misioni" en face de "Deux Vérités", un bar de renom.

Jusqu'en 1970, les écoliers de Mangina devaient parfaire leur cycle primaire à Makeke ou à Bingo, les seuls villages où il y avait des classes terminales (6ème année primaire). L'école secondaire fut implantée à Misioni en 1976 ; il s'agissait d'une succursale de l'Institut Lwa-Nzururu de Beni-Païda.

Mangina qui était, au demeurant, une agglomération composée de plusieurs hameaux (Home II, Home IV, Masimbembe, Makukulu, Manzanzaba, Mangodomu...) fut découpée en parcelles, pour la première fois, par le très rigoureux géomètre Dutsuma au début des années 1970. Elle est devenue une commune rurale en 2016.

Géographie

La localité est située sur la route nationale RN 44 à 27 km au nord-ouest de la ville de Beni.

Histoire

Administration

Localité de 22 698 électeurs enrôlés en 2018, elle a le statut de commune rurale de moins de 80 000 électeurs, elle compte 7 conseillers municipaux en 2019[2].

Population

Le recensement date de 1984[3],[4].

Évolution démographique
1984 2004 2012
-32 02239 351

Économie

Modèle:Le peuple de cette localité vit généralement de l'agriculture et des petits commerces des biens , qu'ils prennent de la ville de Beni et Butembo

Notes et références