Le Saphir

Le Saphir est un navire négrier français qui opérait au départ de La Rochelle, en France. Un ex-voto le représentant, situé dans la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle et propriété de l'État, est classé monument historique au titre objet le [2].
Histoire
Le Saphir est construit en 1737 dans un chantier naval de Bordeaux[1] pour le compte de l'armateur rochelais Élie Giraudeau. Il effectue ensuite deux expéditions de traite négrière. La première a lieu de 1737 à 1739, sous le commandement de Jean-Élie Giraudeau, fils de l'armateur. Après être parti du port de La Rochelle, il récupère 273 esclaves au fort de traite néerlandais d'Elmina, sur la Côte de l'Or, et en livre 236 dans les colonies américaines, soit une perte de 37 captifs[3].
La seconde expédition se déroule de 1739 à 41. Le navire, dirigé par le capitaine Henry Rossal, quitte La Rochelle en novembre 1739 pour se rendre sur la côte de Guinée où 271 captifs sont embarqués[4]. Au cours du deuxième voyage, le manque de vent double la durée de la traversée de l'océan Atlantique, qui dure 136 jours, entrainant une crise alimentaire et une révolte d'esclaves à bord[2]. Finalement, 54 captifs et 16 membres d'équipages trouvent la mort. Les 217 esclaves survivants sont vendus dans le port de Saint-Marc, dans la colonie française de Saint-Domingue (actuelle Haïti)[4].
Hommage et critiques
Une rue porte son nom à La Rochelle[5]. En raison du lien avec la traite négrière, l'association Mémoires & Partages, fondée par l'essayiste Karfa Diallo, demande depuis 2009 d'ouvrir un débat sur cette odonymie. L'association suggère notamment, soit de rebaptiser les rues, soit a minima d'apposer des plaques explicatives[6],[7]. Finalement, en 2021, vingt ans après la loi Taubira, la ville de La Rochelle accepte d'étoffer certaines plaques de rues, afin de mentionner le lien entre leurs noms et la traite négrière[8].
Notes et références
- Laurent Vidal, « Sur le pont des navires (1) : une saisissante attente », sur TERRIAT, (consulté le )
- « Tableau, ex-voto : Le Saphir. », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ (en) « Voyage 32093, Saphir (1737) », sur www.slavevoyages.org (consulté le )
- (en) « Voyage 32119, Saphir (1740) », sur www.slavevoyages.org (consulté le )
- ↑ « L'histoire négrière au coin de la rue » [archive], sur www.larochelle.fr (consulté le )
- ↑ Isabelle Moreau et Philippe Gambert, « Faut-il renommer les rues de négriers ? », sur Ouest-France.fr, (consulté le )
- ↑ AFP, « "Débaptiser les rues de négriers" », sur Le Figaro.fr, (consulté le )
- ↑ Agnès Lanoëlle, « Passé colonial de La Rochelle : des plaques de rue plus explicites », SudOuest.fr, (ISSN 1760-6454, lire en ligne [archive], consulté le )