Institut du monde arabe

Institut du monde arabe
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Le logo de l'Institut, avec son nom en français et en arabe (معهد العالم العربي, que l'on peut transcrire en Maʻhad al-ʻĀlam al-ʻArabī[1],[2]).
Informations générales
Ouverture
Gestionnaire
Fondation de l'Institut du monde arabe ()
Site web
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Bâtiment
Architectes
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Coordonnées
48° 50′ 57″ N, 2° 21′ 25″ E
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L'Institut du monde arabe (IMA) est un institut culturel français consacré au monde arabe. Il est situé au cœur du Paris historique, dans le 5e arrondissement, sur la place Mohammed-V, entre le quai Saint-Bernard et le campus de Jussieu. L'édifice est conçu par un collectif d'architectes (Jean Nouvel et Architecture-Studio[3]) qui tente une synthèse entre culture arabe et culture occidentale.

La construction de ce bâtiment, bien qu'étant inscrite dans la politique de grands travaux voulus par François Mitterrand, est décidée sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing en vue d'améliorer les relations diplomatiques entre la France et les pays arabes. L'IMA est inauguré le 30 novembre 1987 par le président Mitterrand[4].

L'Institut est membre du Forum des instituts culturels étrangers à Paris et d'Échanges et productions radiophoniques (EPRA). Il est parfois surnommé le « Beaubourg arabe », en référence au centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, dit centre Beaubourg[5]. En 2016, il ouvre une antenne à Tourcoing[6].

Fondation

Carte représentant les États membres de l'IMA.

L'Institut est soutenu par une fondation créée en commun par la République française et les États suivants, tous membres de la Ligue arabe : l'Algérie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, Djibouti, les Émirats arabes unis, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Mauritanie, Oman, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Yémen (à l'époque la République démocratique populaire du Yémen et la République arabe du Yémen).

L'acte de fondation est signé le 28 février 1980 au siège du ministère des Affaires étrangères[7] par les ambassadeurs de ces États :

Les statuts sont approuvés par les représentants des États fondateurs le .

Ces États fondateurs sont par la suite rejoints par trois membres de la Ligue arabe qui n'en faisaient pas encore partie : la Libye en 1988, puis l'Égypte et la Palestine en 1989[7].

Le 14 octobre 1980, la fondation fut également reconnue d'utilité publique par un décret du ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, et du ministre des Affaires étrangères, Jean François-Poncet[8],[9].

Cette forme d'établissement est unique, qualifiée de sui generis[10],[rapport 1].

Architecture

Le bâtiment de l'IMA avec le pont de Sully au premier plan.
Détail des moucharabiehs de la façade sud.

La façade nord est tournée vers le Paris historique, elle symbolise la relation à la ville ancienne, présente de façon allusive sur la façade.

Dessinée par Jean Nouvel et Architecture-Studio, la façade sud reprend les thèmes historiques de la géométrie arabe puisqu'elle est composée de 240 moucharabiehs. Ces derniers sont munis de diaphragmes qui peuvent s'ouvrir et se fermer ; ceci devait initialement se faire en fonction de l'ensoleillement, afin de remplir le rôle de régulateur thermique, mais les cellules photoélectriques chargées de piloter ce dispositif ont montré des défaillances, si bien que l'ouverture et la fermeture se font désormais à chaque changement d'heure.

Le bâtiment reçoit le prix de l'Équerre d'argent en 1987[11], ainsi que l'un des prix Aga Khan d'architecture décernés au cours de son 4e cycle (1987-1989)[12].

Direction des musées et des expositions

Exemple de pièce appartenant aux collections de l'IMA : une mosaïque du IIIe siècle découverte à Althiburos en Tunisie.

Cette direction, créée à l'été de 2007, regroupe les expositions temporaires et le musée permanent de l'IMA. L'objectif de la direction est de faire connaître la culture et la civilisation arabes par le biais de ses réalisations artistiques.

Collections permanentes

Le musée permanent se décline sur trois étages et propose aux visiteurs :

Expositions temporaires

Le bâtiment de l'IMA orné d'une affiche pour l'exposition Bonaparte et l'Égypte (2008-2009).

Les expositions temporaires présentent au grand public le patrimoine des pays arabes, de la préhistoire à nos jours. Une grande exposition est inaugurée chaque année à l'automne et des expositions thématiques (art contemporain, actualité, photographie...) émaille l'année culturelle.

Dernières expositions notoires :

  • Les Mille et Une Nuits (du au ) ;
  • Il était une fois l'Orient Express (du 4 avril au ) ;
  • Hajj, le pèlerinage à La Mecque (du 23 avril au ) ;
  • Le Maroc contemporain (du au ) ;
  • Desdémone… entre désir et désespoir (du 26 mars au ).

La bibliothèque

Bibliothèque de l'IMA.

La bibliothèque de l'Institut du monde arabe (BIMA) présente, à travers ses collections encyclopédiques et multilingues, la culture et la civilisation arabe. Elle s'inscrit ainsi dans l'un des objectifs que s'est fixé l'IMA : développer et approfondir en France l'étude, la connaissance et la compréhension du monde arabe, de sa langue, de sa civilisation et de son effort de développement. Tournée délibérément vers la période contemporaine, la BIMA rassemble également les sources de la culture arabe classique. Elle s'efforce ainsi de satisfaire les besoins des spécialistes comme ceux d'un large public. L'accès est libre, gratuit et sans aucune formalité d'inscription. Pour s'inscrire, il faut habiter Paris ou l'île de France, ce qui permet d'emprunter des documents[13].

Il existe également une médiathèque jeunesse destinée au jeune public jusqu'à 12 ans. Lieu d'animation avec une heure du conte bi-hebdomadaire, c'est aussi un centre de ressources sur la littérature jeunesse arabe pour les professionnels (enseignants, bibliothécaires, documentalistes et médiateurs du livre) grâce à son fonds de plusieurs milliers de livres pour les enfants en français, en arabe et en bilingue. Elle propose sur son site des bibliographies thématiques pour les scolaires, des coups de cœur d'ouvrages jeunesse et des ressources documentaires.

Après trois ans de travaux, la bibliothèque de l'IMA a annoncé la réouverture de ses portes le 31 mars 2017, en offrant aux visiteurs trois sites de lectures qui offrent un total de 150 places[14].

Services

Spectacle de la compagnie Raghunath Manet à l'IMA.
Restaurant Noura à l'IMA.

L'Institut compte aussi :

En mars 2019, l'Institut lance un nouveau festival trimestriel, Arabofolies, « à la fois centré sur la musique et ouvert à l’interdisciplinarité. L’enjeu est de faire vivre, pendant une dizaine de jours et autour d’un fil thématique, les liens existants entre les diverses disciplines et la cohésion qui en découle. Première édition du 1er au 10 mars, sur le thème "Résistances", en lien avec la Journée internationale des droits des femmes[16]. »

Antenne de Tourcoing

En 2012, l'Institut a ouvert une antenne à Tourcoing. Fin 2015, l'antenne, désormais autonome et formée en groupement d'intérêt public, se nomme l'Institut du monde arabe-Tourcoing et poursuit un projet scientifique et culturel propre. Fin 2016, l'IMA-Tourcoing s'installe dans l'ancienne école de natation, rue Gabriel-Péri, avec un espace consacré à une collection permanente, un centre de langue et un espace consacré à de petites formes de spectacles et conférences. Avec le soutien financier de la région Hauts-de-France, de la ville de Tourcoing, de la Métropole européenne de Lille et du FEDER, la première phase de cette reconversion permet à l’IMA-Tourcoing de déployer une partie de ses activités dans un lieu ouvert sur le monde dès le .

Activités d'édition

L'Institut édite notamment la revue Qantara.

Présidents

Présidents du conseil d'administration

Présidents du Haut conseil

Président du conseil d'administration et du Haut conseil

Gestion

L'Institut a été placé sous le contrôle financier de l'État par un arrêté du [18].

La gestion de l'Institut a fait l'objet en 2008 d'un rapport d'information au Sénat par Adrien Gouteyron au nom de la commission des Finances à la suite d'un déficit d'exploitation cumulé de 38,5 millions d'euros. À cette époque, l'IMA est en « quasi cessation de paiement »[rapport 2] après la défaillance des pays de la Ligue arabe qui devaient assurer le financement de l'Institut à hauteur de 40 %[19]. Aujourd'hui, cette participation ne dépasse plus les 10 %[20], laissant une ardoise pour l'État français de plus de 12 millions d'euros par an.

En 2009, avec l'élection de Dominique Baudis au Parlement européen, la fonction de président avait été dédoublée afin de lui permettre de continuer à diriger l'Institut sans y exercer de fonction exécutive. Pour ce faire, le conseil d'administration était désormais présidé par Bruno Levallois cependant qu'un Haut conseil était créé avec M. Baudis comme président[21].

Depuis la nomination de Jack Lang à la présidence de l'IMA, la fréquentation augmente fortement : d'une moyenne de 530 000 visiteurs avant son arrivée, elle dépasse un million de visiteurs en 2014, et atteint 757 000 visiteurs en 2015 et 840 000 en 2016[22]. Ce renouveau, combiné au rétablissement des équilibres financiers de l'Institut, est salué par la presse[23]. L'Institut reçoit une subvention annuelle de 12 millions d’euros versée depuis 2008 par le ministère des Affaires étrangères[24]. Les coûts de fonctionnement sont élevés du fait des effectifs importants avec 145 permanents, ce qui représente la moitié du budget. Quant au bâtiment créé par Jean Nouvel, ses frais de maintenance sont lourds également et s’élèvent à trois millions d'euros par an. Mais l'Institut du monde arabe parvient à dégager des recettes propres importantes, issues du mécénat, de privatisations d'espaces, ou de l'enseignement de la langue arabe[22]. Outre des expositions à fort succès, l'IMA organise à l'initiative de Jack Lang plusieurs nouvelles manifestations telles les Rendez-vous de l'Histoire du monde arabe[25] ou les Rencontres économiques du monde arabe[26]. À la suite de la publication par le magazine Capital d'un article mettant en cause sa gestion, l'IMA publie un droit de réponse pour dénoncer des « contrevérités et approximations »[27]. Ce droit de réponse conteste en particulier très vivement les fausses informations de l'article relatives à de prétendus frais de bouche de Jack Lang[24]. Dès 2014, l'institut du monde arabe avait dénoncé une « campagne d'enfumage »[28] fomentée par le traiteur dont l'IMA avait initié la résiliation du contrat.

Dans les arts et la culture

L'Institut est objet d'un timbre français émis en 1990[29], créé par Claude Andréotto[30]. La façade de moucharabiehs (extérieur et intérieur) sert de décor en 2007 dans un spot publicitaire réalisé par Michael Haussman  pour le parfum Elle de Yves Saint Laurent, mettant en scène Coco Rocha[31].

Notes et références

  1. Affichage de toutes les éditions de 'Institut du monde arabe = Maʻhad al-ʻĀlam al-ʻArabī.' sur WorldCat, OCLC.
  2. Nicolas Beau, Paris, capitale arabe, Paris, Seuil, (ISBN 2-02-018163-0), p. 142.
  3. L'Institut du monde arabe, sur le site d'Architecture-studio.
  4. Tirthankar Chanda, « L'IMA, la vitrine parisienne du monde arabe », Label France, no 37, 1999, sur le site du ministère des Affaires étrangères.
  5. Valérie Devillard, Architecture et communication : Les médiations architecturales dans les années 80, Paris, Université Panthéon-Assas, coll. « Information et communication », , 437 p. (ISBN 2-913397-16-6), p. 54.
  6. http://ima-tourcoing.fr/
  7. a et b Thierry Fabre, « L'institut du monde arabe entre deux rives », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, no 32 « La Méditerranée : Affrontements et dialogues »,‎ , p. 75–80 (DOI 10.3406/xxs.1991.2456).
  8. Acte de fondation - Statuts - Texte du décret du 14 octobre 1980, sur le site de l'IMA.
  9. Décret du 14 octobre 1980 portant reconnaissance d'une fondation comme établissement d'utilité publique, JORF no 241 complémentaire du , p. 9092, sur Légifrance.
  10. « Mohamed Benouna sur la vocation de l'IMA », interrogé par Mouloud Mimoun, dans Les Nuits du Ramadan, Antenne 2, , reproduit sur le site de l'INA.
  11. Jean-François Pousse, « Équerre d'argent 1987 / Jean Nouvel Architecture Studio – Institut du monde arabe – Paris V », AMC, .
  12. (en) « Aga Khan Award for Architecture: Awards 1987-1989 », sur le site d'Aga Khan Development Network.
  13. « Venir à la bibliothèque », sur Institut du monde arabe, (consulté le 25 juillet 2019)
  14. Bruno Texier, « La bibliothèque du l'Institut du monde arabe rouvre ses portes le 31 mars 2017 », Archimag,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2017).
  15. « Le Mobile Art à l'IMA », communiqué de presse de l'IMA, 20 mars 2011.
  16. Pierre Monastier, « “Arabofolies” : l’Institut du monde arabe organise une « Résistance » plurielle », sur Profession Spectacle,
  17. a b c et d La politique étrangère de la France : Textes et documents, La Documentation française / Ministère des Affaires étrangères, , p. 72.
  18. Arrêté du relatif au contrôle financier de l'Institut du monde arabe, JORF no 83, , p. 5349, NOR ECOB9670001A, sur Légifrance.
  19. « Institut du monde arabe : Est-ce à nous de payer ? », Le Cri du contribuable, .
  20. « 12,6 millions par an pour l'Institut du monde arabe », Observatoire des subventions, .
  21. Jean-Marie Leforestier, « Muselier d'Arabie », Le Ravi,‎ (lire en ligne).
  22. a et b « Rapports d'activités », Institut du monde arabe,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2017)
  23. « Comment l’Institut du monde arabe a retrouvé sa vitalité - Arts et scènes - Télérama.fr », sur www.telerama.fr (consulté le 2 octobre 2017)
  24. a et b Éric Wattez, « Institut du monde arabe : les incroyables gaspillages du président Jack Lang », sur capital.fr, .
  25. « Les Rendez-Vous de l'Histoire du monde arabe 2017 », Institut du monde arabe,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2017)
  26. Alfred Mignot, « « L'Institut du monde arabe devient une véritable plateforme business » (Jack Lang, président) », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2017)
  27. « Institut du monde arabe », sur www.facebook.com (consulté le 2 octobre 2017)
  28. Antoine Izambard, « Affaire du traiteur Noura: l'IMA de Jack Lang va se pourvoir en cassation », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2017).
  29. Laurent Lemerle, La France par ses timbres, Paris, Flammarion, , 287 p. (ISBN 2-0820-1058-9), p. 214.
  30. « Timbre : 1990 Institut du monde arabe », sur WikiTimbres.
  31. Laurence Benaïm, Yves Saint-Laurent : Biographie, Paris, Grasset, , 551 p. (ISBN 2-246-45842-0).
  1. Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, p. 25.
  2. Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, p. 8.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Georges Fessy, Jean Nouvel et Hubert Tonka, Institut du monde arabe : Une architecture de Jean Nouvel, Gilbert Lezénés, Pierre Soria, Architecture studio, Seyssel, Champ Vallon, coll. « État d'architecture », , 69 p. (ISBN 2-87673-003-0) ; 2e éd. : Paris, Demi-cercle, coll. « États des lieux », 1989 (ISBN 2-907757-03-2) ; 3e éd. : Paris, Demi-cercle, coll. « Un lieu / un architecte », 1995 (ISBN 2-907757-54-7)
  • Patrice Goulet, Institut du monde arabe, Paris, Institut du monde arabe, , 46 p. (ISBN 2-84306-079-6)
  • Institut du monde arabe, Institut du monde arabe : Vingt ans d'activités, 1980-2000, Paris, Institut du monde arabe, , 436 p. (ISBN 2-84306-094-X)
  • Hugo Lacroix (préf. Dominique Baudis), L'Institut du monde arabe, Paris, La Différence, coll. « Architectures », , 128 p. (ISBN 978-2-7291-1720-7)
  • Philippe Cardinal, L'Institut du monde arabe, Paris, Nouvelles éd. Scala, coll. « L'Esprit du lieu », , 63 p. (ISBN 978-2-35988-078-6)

Liens externes

  • (fr + ar + en) Site officiel
  • Site de l'Institut du monde arabe de Tourcoing