Humusation

L’HUMUSATION® est un terme passé dans le langage courant créé en 2014 par ses adeptes de l'époque, principalement belges et français — dont Francis Busigny, à l'origine du concept —, désignant un processus particulier de réduction organique des corps humains, transformation du corps des défunts en humus. Ce processus naturel contrôlé non industriel, établi sur le modèle de la vie de la forêt, se déroule sur 12 mois. Il permet au corps humain de réintégrer le cycle du vivant et de perpétuer la vie, au lieu d'être source de pollution. L’HUMUSATION® constitue une alternative écologique aux deux modalités funéraires principales que sont l'inhumation et la crémation.

À ce jour, cependant, elle n'est pas encore autorisée en Europe.

L'objectif du processus est double. L’HUMUSATION® permet tout d'abord de traiter le corps après la mort de façon 100 % soutenable pour l'avenir de l'humanité et la continuité de la vie sur terre —, tout en garantissant la régénération de l'humus dans le respect des défunts et des familles. Elle permet également de fixer du CO2, grâce à la plantation d'arbres rendue possible par l'utilisation de l'humus ainsi créé.

Processus

Le processus d'HUMUSATION® [1] se déroule en trois étapes distinctes.

Le CHRYSALIUM® contenant le corps sera installé dans un lieu protégé l’HUMUSARIUM®[2]

L’Humusation® est un processus naturel contrôlé low-tech de transformation progressive d’un corps en humus, sous l’action des micro-organismes présents dans le corps et dans les premiers centimètres du sol. Le processus complet dure environ 12 mois. Il se déroule, à l’air libre, dans une butte végétale protégée par le CHRYSALIUM®

Il ne ressemble en rien aux autres processus industriels de réduction des corps d'humains décédés.

C’est un retour à la terre entièrement naturel. L'HUMUSATION® n'est pas du compostage du corps humain.

Première phase : la Métamorphose

La première étape est l’« accueil » du corps. Revêtu d’un linceul biodégradable, le corps du défunt repose dans un cercueil réutilisable. Ce corps n'aura subit aucun processus de conservation (thanatopraxie) qui libère dans le sol des substances toxiques et sont néfastes pour le processus d’HUMUSATION® .

Elle dure environ 100 jours. Elle permet d’obtenir la décomposition complète des chairs grâce au microbiote du corps et à ses milliards de bactéries qui interviennent.

Grâce au broyat de végétaux frais disposé autour de la dépouille entourée d’un linceul, une montée en température (dite phase thermophile) pouvant aller jusqu’à 70° favorise une hygiénisation de la matière au cours de laquelle les pathogènes, éventuellement présents, sont neutralisés et les chaînes moléculaires composant certains produits toxiques sont scindées, les rendant inoffensifs.

Cette première phase n’est pas du compostage de corps humain décédé.

Deuxième phase : l'Humification

Elle dure environ 9 mois et démarre avec la réduction mécanique des os et leur dispersion dans la butte. Elle correspond à la maturation de la matière qui se transforme totalement en humus à l’issue du processus grâce aux innombrables acteurs composant la microfaune du sol chargée de « digérer » la matière organique pour la rendre assimilable sous forme minérale au profit de l’alimentation des végétaux.

Comment  se déroule une cérémonie d’Humusation® ?

Après la cérémonie funèbre, le jour de la mise en Humusation®, le corps du défunt, enveloppé d’un linceul biodégradable, est déposé sur un lit de 25 cm de matière végétale adéquate (fin broyat de bois) qui va servir de bio filtre. Le corps n’est donc pas  enterré. Il est ensuite recouvert de 2m³ de la même matière végétale bien humidifiée, qui va permettre une montée rapide en température naturelle (entre 55 et 70°C). Cette phase thermophile et la présence du broyat (retenant les odeurs), permettent d’éloigner les animaux nuisibles et éliminent les germes potentiellement pathogènes que pourrait contenir le corps.

Après 3 mois, les humusateurs (personnels formés à l’Humusation®) retirent les éléments non biodégradables éventuellement présents (prothèses, pacemakers, etc.) et procèdent à la réduction des os afin de libérer dans la butte les matières minérales importantes pour le sol (calcium, magnésium, phosphore…) qu’ils contiennent. Ainsi fractionnés, ils seront bio assimilables par la microfaune et contribueront à l’obtention d’un humus riche et fertile durant la phase suivante de maturation.

Pendant ces 9 mois, grâce à l’action simultanée de l’oxygène, de l’humidité et de cette microfaune, toutes les parties du corps sont transformées en humus. Le devenir de cet humus dépendra de la législation mais nous suggérons qu’une partie soit remise à la famille pour le transférer vers une forêt du souvenir afin d’y faire pousser un arbre, en hommage à la personne disparue.

La Coopérative Humusation® en accord avec ses partenaires a déposé 3 marques et protocoles aux Instances qui protègent la propriété intellectuelle aux niveaux européen et nationaux afin d’éviter toutes confusions :

~ HUMUSATION ® ~ CHRYSALIUM ® ~ HUMUSARIUM ®

Troisième phase : l'offrande à la Terre

Douze mois après la mise en HUMUSATION ®, une partie de l'humus obtenu (+/- 1 % = +/- 15 litres[a]) est réinsérée par les humusateurs, dans de l'humus originel, au sein d'un espace distinct dédié au souvenir et au recueillement des proches, nommé « Forêt du souvenir », pour y faire pousser un arbre en mémoire du défunt[b].

Le passage (transfert de l'humus) d'un lieu à un autre, peut donner lieu à une cérémonie symbolique.

La stèle commémorative est déplacée à l'endroit de pousse de l'arbre.

Sous le contrôle des humusateurs et selon les techniques agréées, l'humus restant est utilisé par exemple, pour régénérer, de manière non commerciale, des sols malmenés de la région entourant l'Humusarium et nécessitant d'être régénérés.

5 personnes morales travaillent à la légalisation de l' HUMUSATION ® en Europe :

A/ En Belgique :

1/ Humusation® Belgique avec la Fondation Métamorphose, reconnue d'Utilité publique, ayant pour site Internet : www.humusation.org

2/ La Coopérative internationale Humusation® www.cooperative-humusation.eu

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B/ En France :

l' Association Humusation® France : https://humusationfrance.org

C/ En Suisse :

Humusation® Suisse : https//:www.humusation.ch

D/ Espagne

Humusation® Espagne : [email protected]

Dans le monde

Belgique

  • 2014 : pétition lancée pour légaliser l'humusation[3].
  • 2017 : approbation d'une motion, à l'unanimité, par le Conseil Communal de la ville de Liège visant à faire reconnaître le principe d’Humusation comme mode légal de sépulture en demandant à la Région Wallonne de financer des tests scientifiques[4]. Ces derniers ont été confiés à l’UCLouvain par le Ministre de l’Environnement de l’époque, Carlo di Antonio, justifiant cette démarche par le fait que les pratiques actuelles sont très polluantes[5].
  • 2018 :
    • 15 janvier : motion déposée au conseil communal de Mons par le groupe Ecolo pour faire reconnaître l’humusation comme mode légal de sépulture[6].
    • 19 novembre : adoption par la région de Bruxelles-Capitale d'une ordonnance en faveur de l’humusation, qui ne sera d’application qu’après confirmation de tests concluants. C’est la première mention du terme " humusation" dans la législation belge.
    • 14 décembre : l'UCLouvain, mandaté par la Région Wallonne en vue de valider scientifiquement le processus d'humusation, engage des expérimentations sur des porcs[7].
  • 2020 :
    • 26 octobre : à la suite des conclusions de l'étude de l’UCLouvain (non encore publiées), le ministre des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon déclare qu'« il a été décidé de ne pas prolonger la réflexion sur une possible réglementation de l’humusation en Wallonie », tant pour les animaux que pour les humains[8].
    • 03 décembre : publication du rapport d'expérimentation de l'UCLouvain[7]. L'UCLouvain conclut que « l'humusation naturelle telle qu'étudiée ici n'apporte pas une réponse satisfaisante aux enjeux présentés dans la préface ».
    • 04 décembre : publication de la critique du rapport de l'UCLouvain par la Fondation Métamorphose[9] (créatrice de la technique) expliquant que contrairement à ce que l'UCLouvain aurait conclu, l'UCLouvain n'aurait pas utilisé les techniques précises préconisées par la Fondation Métamorphose ni même collaboré avec cette dernière pour la réalisation des tests pour garantir ainsi l'efficacité du procédé créé. Certains paramètres (taux d’humidité du broyat, épaisseur du linceul, influence de certains activateurs de compost, taille du tas, ...) méritant d’être étudiés de manière plus approfondie afin que l’humusation puisse être validée "scientifiquement" et fournir toutes les garanties nécessaires pour la réussite du procédé préconisé dont, par exemple, un taux d'humidité adéquat dans les buttes (l'une d'elles ayant été enterrée lors des tests de l'UCLouvain, ce qui n’est pas le processus préconisé) et l'impérieuse nécessité de recourir à des spécialistes du compostage experts en humusation pour la réalisation des tests.
  • 2021 :
    • 8 juin : pétition lancée sur le site du Parlement wallon[10] afin que des porteurs du projet puissent se faire entendre des autorités "pour que le Parlement Wallon autorise les tests scientifiques sur l'humusation de quelques corps humains", aucune des demandes d’audition adressées à la Commission des Pouvoirs Locaux chargée des funérailles et sépultures n’ayant abouti.


  • 2023 :
    • 9 novembre : Après deux ans de blocage, à la suite d'une décision du ministre des Pouvoirs Locaux de Wallonie responsable des modes de sépulture, les essais menés, depuis ce printemps, par un centre de recherches agricoles agréé, à l’initiative de la coopérative à finalité sociale « Humusation », montrent que le compostage à chaud, mené dans des conditions bien contrôlées, est tout à fait performant pour décomposer complètement, en une centaine de jours, les chairs de dépouilles de porc[11]. Ces tests sont considérés comme illégaux[12].
  • 2024 :
La Coopérative Humusation met en place des Tests 2 pour humuser des porcs comme en conditions les plus proches de celles de corps humains Les résultats sont très concluants et il est très clair que l' Humusation fonctionne bien et même très bien.

Les test 1 et les test 2 sont financée intégralement par les 520 coopérateurs. Le coopérative ayant été encouragée par la Commission de l'Environnement à poursuivre les tests comme l'avait suggéré le Pr Barret de l'UCLouvain dans la conclusion de son rapport.

Le 14 décembre la Coopérative publie ses résultats.

Canada

Depuis 2010, le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires Rurales de la Province d’Ontario préconise aux éleveurs industriels de faire le compostage des cadavres de leurs bovins à la ferme plutôt que de faire appel aux services d’équarrissage[13].

États-Unis

  • Depuis 2008, le Cornell Waste Management Institute, financé par le département des transports de New York, Cornell Cooperative Extension et le Collège d'Agriculture et des Sciences Vivantes, préconise de composter les biches et cerfs qui ont été percutés par des véhicules[14].
  • En 2019, l’État de Washington légalise la méthode "Recompose[15]"[16]. Le gouverneur Jay Inslee la présente comme un « effort réfléchi pour réduire notre empreinte environnementale »[16]. Cette technique se rapproche de l’humusation dans une version plus « high tech » même si restant quelque peu différente. Le processus a depuis été légalisé dans d'autres États, dont la Californie et New York[17].

France

Actuellement interdite en vertu de l'article 16-1-1 du Code civil qui dispose que « les restes des personnes décédées […] doivent être traités avec respect, dignité et décence ».

En 2016, le ministère de l'Intérieur répond à la sénatrice du Rhône Élisabeth Lamure (Les Républicains) que la pratique « soulèverait des questions importantes, tenant notamment à l’absence de statut juridique des particules issues de cette technique », et évoque la nécessité d'« une réflexion approfondie qui pourrait se poursuivre dans le cadre du Conseil national des opérations funéraires »[16].

En 2019, le mensuel Science et Vie souligne cependant que « les mentalités changent et, avec elles, le sens du "respect", de la "dignité" et de la "décence" »[18]. Ainsi, le cercueil est encore obligatoire, mais outre le bois, « les cercueils peuvent également être fabriqués dans un matériau ayant fait l'objet d'un agrément par le ministre chargé de la santé, après avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France », comme l'indique l'article R. 2213-25 du Code général des collectivités territoriales. Après leur utilisation en Europe du nord, des cercueils en "carton" (« matériau complexe de papier ») ont été mis sur le marché (moins coûteux et plus légers que les cercueils en bois)[19].

En 2021, la députée de l'Isère, Elodie Jacquier-Laforge (Modem) propose devant l'Assemblée Nationale un amendement visant à légaliser l'humusation. Cet amendement est rejeté, mais la proposition de cette députée remet le débat à l'ordre du jour[20]. Cette même parlementaire dépose en 2023 une proposition de loi[21].

La même année, l'association "HUMUSATION France" voit le jour, composée de citoyens engagés et déterminés à faire reconnaître légalement l'humusation en France. De nombreuses initiatives individuelles avaient déjà préparé le terrain. Leurs auteurs ont souhaité unir leurs forces au sein de cette structure commune afin d'agir plus efficacement de façon concertée[22]. En juillet 2022, la pétition initiée par l'association obtient plus de 25 000 signatures[23].

Notes et références

Notes

  1. L’arbre n’a besoin, au départ, que d’un seau de terreau de plus ou moins 15 litres pour couvrir le sol autour de la graine. C’est dans la phase critique de la mise en terre qu’il aura besoin d’un coup de pouce. Après, c'est l’arbre lui-même qui nourrit l’humus. Il est alors autonome.
  2. En accord avec les lois forestières en vigueur du pays.

Références

  1. Francis Busigny, " Playdoyer pour l'Humusation : une nouvelle pratique funéraire en harmonie avec les processus du vivant. ", Belgique, à compte d'auteur, , 122 p.
  2. « Coopérative Humusation », sur cooperative-humusation.eu (consulté le )
  3. « Pétition pour légaliser l'HUMUSATION / Petitie om HUMUSATIE te legaliseren: », sur Petitionenligne.fr (consulté le )
  4. « Humusation des corps : pas pour demain mais l'idée progresse », sur rtbf.be, (consulté le )
  5. Florence Lambeaux, « Feu vert pour expérimenter le compostage des morts (humusation) ! – Canal C – Votre média en Province de Namur », sur www.canalc.be (consulté le )
  6. « De cadavre à compost : l'humusation fait débat à Mons », sur lavenir.net, (consulté le )
  7. a et b « Compostage des corps, une fausse bonne idée écologique ? », sur UCLouvain (consulté le )
  8. « Funérailles: la Wallonie tourne le dos à l’humusation, jugée trop polluante », sur sudinfo.be, (consulté le )
  9. « Critique scientifique du rapport de l'UCLouvain daté du 19/10/2020 », sur HUMUSATION, (consulté le )
  10. « Une pétition sur le site internet du Parlement de Wallonie », sur Parlement de Wallonie (consulté le )
  11. Elsa Lefort, « Humusation : enfin des essais concluants ! », sur Nature & Progrès, (consulté le )
  12. Philippe Lawson, « Humusation : plainte au pénal dans le dossier de la pratique qui transforme les morts en compost », sur L-Post, (consulté le )
  13. « Compostage de cadavres de bovins à la ferme », sur www.omafra.gov.on.ca (consulté le )
  14. (en-US) Cornell Waste Management Institute, « Composting Road Kill », video/moving image,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. (en-US) « Recompose — Ecological Death Care », sur Recompose (consulté le )
  16. a b et c Claire Lesegretain, « Aux États-Unis, « l’humusation des corps » est désormais légalisée », sur la-croix.com, (consulté le ).
  17. (en-US) « Tracker: Where is human composting legal in the US? », sur Earth (consulté le )
  18. Kheira Bettayeb, « La nouvelle vogue des enterrements "écologiques" », Science et Vie, no 1227,‎ , p. 46-47 (lire en ligne, consulté le ).
  19. S. M.-P., « Toussaint ; Funérailles : et si vous choisissiez un cercueil en carton ? », Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. Damien Charabidze, « Composter les défunts : l’humusation, pratique funéraire du futur ? », sur lepoint.fr, (consulté le )
  21. Lucas Planavergne, « Quels sont les enjeux du "compostage humain", ces "funérailles vertes" interdites en France ? », sur marianne.net, (consulté le )
  22. humusationfrance.org
  23. La pétition sur "MesOpinions.com", Pétition en ligne.

Voir aussi