Grand tric

Le grand tric est une révolte des ouvriers typographes lyonnais en 1539.

Étymologie

Le mot tric désigne la grève au XVIe siècle. Il vient du cri de ralliement des ouvriers pour cesser le travail. Une origine possible est celle du son d'une réglette tapant dans les ateliers, annonçant les interruptions autorisées de travail. Il est passé dans le langage courant des ouvriers, pour qui tric est devenu l'onomatopée employée entre ceux qui voulaient cesser le travail pour protester. Il est de la même famille que l'Allemand « Streik », ou l'anglais « strike » : grève.

Histoire

Il s'agit peut-être de la première grève ouvrière de l'histoire de France[réf. nécessaire]. En avril 1539, sous l'influence de confréries secrètes comme les Griffarins, les ouvriers typographes lyonnais, insuffisamment payés pour leurs quinze heures de travail quotidiennes, décident de cesser le travail.

Autorisés à porter des armes, ils intimident les autorités et les ouvriers qui seraient tentés de faire repartir la production. Durant quatre mois, aucune des imprimeries lyonnaises n'a fonctionné. Lyon était à l'époque une des grandes places de l'imprimerie en Europe.

Les négociations avec les maîtres imprimeurs n'aboutissant pas, l'autorité représentant le roi à Lyon, le sénéchal, fait éditer un arrêt qui dicte les droits et les devoirs des ouvriers typographes. La profession étant récente du fait de l'utilisation nouvelle de l'imprimerie en Occident, ils étaient encore mal définis.

Les employeurs sont tenus de fournir à leurs ouvriers une quantité suffisante de nourriture, des jours fériés chômés, et les ouvriers ne pourront plus porter les armes, ni arrêter un travail entrepris ou entraver le travail des autres.

Les revendications des Griffarins ne sont pas satisfaites par cet arrêt ni par l'édit du roi qui suivra dans l'année. Les ouvriers reprennent le travail en juillet, mais se lancent dans une longue procédure de négociation sur l'interprétation de l'édit, jusqu'à la clarification finale en 1542, qui vient d'une déclaration du roi qui entérine la priorité donnée par le pouvoir aux droits des maîtres.


Bibliographie

  • Georges Dangon, « Orages sur l'imprimerie : le grand tric de Lyon (1539-1544) », Le Courrier graphique, no 84, février-mars 1956, p. 7, no 85, avril-mai 1956, p. 17

Notes et références