Chiolite

Chiolite
Catégorie III : halogénures[1]
Image illustrative de l’article Chiolite
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Rob Lavinsky, iRocks.com – CC-BY-SA-3.0
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Général
Symbole IMA Cio[2]
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique Na5Al3F14
Identification
Masse formulaire 461,87 uma
Couleur presque incolore, blanc neige
Système cristallin tétragonal
Classe cristalline et groupe d'espace 4/mmm (4/m 2/m 2/m) - dipyramidal ditétragonal

P4/mnc

Clivage parfait. Le {001} ; sur {011} distinct
Habitus cristaux dipyramidaux {011}. Cristaux distincts petits et rares. Massif, granuleux.

Jumelage : sur {011}, parfois déformé en formes prismatiques

Jumelage sur {011}, parfois déformé en formes prismatiques.
Échelle de Mohs 2,5. Précédemment donnée à 3.5-4. Mesure moderne par Pauly (1985)
Éclat vitreux, nacré
Propriétés optiques
Indice de réfraction nω = 1,349, nε = 1,342
Biréfringence δ = 0,007 – uniaxe (-)
Transparence oui, translucide
Propriétés chimiques
Densité 2,998 g/cm3 (mesurée), 2,989 g/cm3 (calculée)

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La chiolite est un minéral dipyramidal tétragonal-ditétragonal, composé de sodium, de fluor et d'aluminium et dont la formule est Na5Al3F14[3]. Son nom vient des mots grecs signifiant « neige » (χιών / kiˈon) et « pierre » (λίθος / lithos). C'est une allusion à son apparence et à sa similitude avec la cryolite (pierre de glace). Approuvée à posteriori par l'IMA, la chiolite est une espèce valide depuis l'année de sa découverte[4]. Les synonymes de chiolite sont l'arksudite, l'arksutite, la chodneffite, la chodnewite et le nipholithe[5]. Elle a été découverte pour la première fois dans les montagnes d'Ilmen, en Russie, en 1846[6].

Propriétés

La chiolite est composée de fluor (57,59 %), de sodium (24,89 %) et d'aluminium (17,53 %). Elle n'est pas radioactive[4]. Le jumelage déforme parfois les cristaux en leur donnant une forme prismatique[5]. La littérature courante donne à la chiolite une dureté généralement de 3,5 à 4 sur l'échelle de Mohs. Cependant, elle est plus douce que la cryolite, qui a une dureté de 2,5 à 3. Après avoir examiné de nombreux échantillons, les chercheurs ont corrigé et donné la dureté à 2,5[7]. Lorsqu'elle est liée à la topaze, la chiolite bréchique se transforme en cryolite parmi les bords des fragments selon une étude. Ces transformations en lames minces apparaissent comme des remplacements à l’état solide. Cette transformation libère à la fois de l'aluminium et du potassium. L'ajout de silice, amorce une réaction qui la dégrade et forme de la topaze et du mica de potassium[8].

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Échantillon de la localité type

Occurrences et utilisation

La localité type est en Russie[9], mais on en trouve au Groenland, en Ukraine, au Brésil et en Virginie. Son environnement demeure des pegmatites granitiques. Dans sa localité type, la chiolite est associée à la cryolite, la topaze, la fluorine, la thomsénolite, la cryolithionite, la phénacite, la pachnolite et l'elpasolite[6]. En raison de sa rareté, des difficultés de taille du minéral et du manque d'intérêt à son égard, la chiolite est rarement taillée en pierre précieuse, c'est pourquoi on estime qu'il existe moins de deux douzaines de spécimens taillés. Après la taille, elle pèsent toujours 1 à 2 carats, car il n’existe pas de spécimens plus gros et propres pouvant être taillés[10].

Notes et références

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  3. (en) « Chiolite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  4. a et b (en) « Chiolite Mineral Data », webmineral.com (consulté le )
  5. a et b (en) « Chiolite », sur Mindat.org (consulté le )
  6. a et b (en) « Chiolite - Occurrence, Properties, and Distribution », AZoMining.com, (consulté le )
  7. (en) Hans Pauly, « Hardness of cryolite, chiolite, cryolithionite and other fluorides from Ivigtut, South Greenland », Bulletin of the Geological Society of Denmark, vol. 34,‎ , p. 145–150 (ISSN 2245-7070, DOI 10.37570/bgsd-1985-34-13, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) Hans Pauly, « Topaz, prosopite and closing stages of formation of the Ivigtut cryolite deposit, South Greenland », Meddelelser om Grønland. Geoscience, vol. 28,‎ (ISSN 1600-4590 et 0106-1046, DOI 10.7146/moggeosci.v28i.140200, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) « Pit No. 69 (G.I. Gasberg's Topaz-Cryolite Pit), Ilmen Mountains, Chelyabinsk Oblast, Russia », sur Mindat.org (consulté le )
  10. (en) « Chiolite Value, Price, and Jewelry Information », sur gemsociety.org (consulté le )