Boghni

Boghni
Boghni

Vue générale sur Boghni
Noms
Nom arabe بوغني
Nom amazigh ⴱⵓⵖⵏⵉ
Nom kabyle Vuɣni/Buɣni
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Kabylie
Wilaya Tizi Ouzou
Daïra Boghni[1]
Chef-lieu Boghni
Président de l'APC
Mandat
Mohammed Belhadj
2021-2026
Code postal 15003
Code ONS 1540
Démographie
Population 31 263 hab. (2008[2])
Densité 607 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 32′ 37″ nord, 3° 57′ 08″ est
Altitude 249 m
Superficie 51,5 km2
Localisation
Localisation de Boghni

Localisation de la commune dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
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Boghni
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Boghni
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Éric Gaba (Sting), GrandEscogriffe
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Boghni

Boghni (en kabyle : Vuɣni ou Buɣni, en tifinagh : ⴱⵓⵖⵏⵉ ; en arabe : بوغني) est une commune de la wilaya de Tizi Ouzou, dans la région de Kabylie, en Algérie. Chef-lieu de la daïra de Boghni, qui regroupe les communes de Boghni, Assi Youcef, Bounouh et Mechtras[3], elle est située à environ 38 km au sud-ouest de Tizi Ouzou, au pied du massif du Djurdjura.

Toponymie

Le nom de la localité se transcrit Vuɣni ou Buɣni en kabyle. En raison de l'ancienne forteresse ottomane qui la domine, elle est également désignée sous le nom de « Bordj Boghni »[4].

Géographie

Localisation

La commune de Boghni est située dans la partie sud-ouest de la wilaya de Tizi Ouzou, au pied du versant nord du massif du Djurdjura. Elle se trouve à environ 38 km au sud-ouest de Tizi Ouzou, à 15 km à l'ouest d'Ouadhia et à 13 km à l'est de Draâ El Mizan.

Communes limitrophes de Boghni
Aïn Zaouia Maatkas Mechtras
Bounouh Boghni Assi Youcef
Bounouh Taghzout (Wilaya de Bouira)

Localités de la commune

Outre la ville de Boghni, la commune est composée, à sa création en 1984 dans ses limites actuelles, de 26 localités[5] :

  • Aït Ali
  • Aït Hamouda
  • Amrous
  • Ath Moh Ouslimane
  • Azaghar
  • Ath Kouffi
  • Ath Mendès
  • Besri
  • Elma
  • Iaskren
  • Ichiouache
  • Ighil Anane
  • Ighil N'Bil
  • Ighveguelène
  • Ighzer N'Chebel
  • Ihadrienne
  • Ilousathène
  • Iouahianène
  • Maala
  • Mahbane
  • Nidjilène
  • Ouchallal
  • Taghzat
  • Tala Braham
  • Tirmitine
  • Tisseline

Histoire

Période ottomane

Boghni tire une part de son importance historique de l'ancien bordj (fort) ottoman établi dans la vallée de l'oued Boghni. Édifié au début du XVIIIe siècle et attribué au caïd Ali Khodja, il compte parmi les principales forteresses élevées par les Ottomans en Kabylie[6],[7]. Doté de quatre bastions, il servait à surveiller les voies de communication et à asseoir l'autorité du pouvoir d'Alger sur les populations kabyles.

La forteresse fut au cœur des affrontements entre les tribus kabyles et le pouvoir ottoman. Le 16 juillet 1756, une révolte aboutit à la prise et à la destruction du fort, à la mort de son caïd et à l'expulsion de la garnison[7]. Le bordj fut ultérieurement reconstruit, un accord conclu en 1823 entre le bey et les tribus autorisant son rétablissement[7]. Le site figure parmi les principaux éléments du patrimoine historique de la commune.

Période française

La gare de Boghni au début du XXe siècle.

Sous la colonisation française, Boghni est rattaché en 1876 à la commune mixte de Draâ El Mizan, dans l'arrondissement de Palestro (département d'Alger)[4]. La localité, établie au pied du Djurdjura, est progressivement dotée d'équipements administratifs et scolaires ainsi que d'une gare desservie par le réseau ferré régional. Devenue commune de plein exercice, elle est rattachée en 1958 au nouveau département de Tizi-Ouzou[4].

Le chemin de fer Dellys-Boghni

Boghni constituait le terminus de la ligne de chemin de fer reliant Dellys à Boghni, longue de 67 km et à voie de 1 055 mm. Destinée à désenclaver l'arrière-pays kabyle et à dynamiser le port de Dellys, elle desservait notamment Mirabeau (aujourd'hui Draâ Ben Khedda), où elle rejoignait la ligne de Tizi Ouzou. Son exploitation fut confiée aux Chemins de fer sur routes d'Algérie (CFRA). Mise en service le , elle fut fermée en 1949.

Guerre d'indépendance

La région de Boghni est étroitement liée au déclenchement de la guerre d'Algérie. Ali Zamoum (1933-2004), natif de Boghni, participe à la reproduction et à la diffusion de la Proclamation du 1er novembre 1954 : le texte, remis par Krim Belkacem à la fin d'octobre 1954, est ronéotypé dans le village voisin d'Ighil Imoula[8]. Condamné à mort puis emprisonné plusieurs années, il exerce après l'indépendance diverses responsabilités administratives, dont celle de préfet de Tizi Ouzou, et publie ses mémoires, Tamurt Imazighen. Mémoires d'un survivant 1940-1962 (1993)[9]. Son frère, Si Salah (Mohamed Zamoum), est colonel de l'Armée de libération nationale et chef par intérim de la Wilaya IV.

Économie

L'agriculture est une activité importante de la commune, l'élevage y occupant une place majeure : le cheptel est composé de bovins, de chèvres et de moutons. Le village d'Aït Mendès est réputé pour ses fromages (tomme, fromage de chèvre…). Un tissu de petites et moyennes entreprises s'est développé dans la commune, notamment dans la fabrication d'articles scolaires, de boissons, de produits alimentaires, d'articles en plastique et dans l'imprimerie.

Tourisme

La commune constitue l'une des portes d'accès au versant nord du Djurdjura. Son principal site touristique est la station climatique de Tala Guilef, située en altitude dans le massif, dans un environnement forestier de cédraies. L'hôtel El Arz, principal établissement de la station, endommagé et fermé durant la décennie 1990, a rouvert en janvier 2024 après une opération de réhabilitation[10].

Santé

La daïra de Boghni dispose d'un établissement public hospitalier (EPH) d'une capacité de 200 lits et d'une polyclinique. Une clinique médico-chirurgicale multidisciplinaire y a également ouvert ses portes en .

Personnalités liées à la commune

  • Ali Zamoum (1933-2004), militant nationaliste, acteur de l'impression de la Proclamation du 1er novembre 1954, préfet de Tizi Ouzou après l'indépendance et auteur de Tamurt Imazighen. Mémoires d'un survivant 1940-1962[9].
  • Si Salah (Mohamed Zamoum), colonel de l'ALN et chef par intérim de la Wilaya IV historique, frère d'Ali Zamoum.

Bibliographie

  • Saïd Boulifa, Le Djurdjura à travers l'histoire depuis l'Antiquité jusqu'à 1830 : organisation et indépendance des Zouaoua (Grande Kabylie), Alger, A. Bringau, (lire en ligne).
  • Adolphe Hanoteau et Aristide Letourneux, La Kabylie et les coutumes kabyles, Paris, Imprimerie nationale, 1872-1873 (BNF 30806665).

Notes et références

  1. ↑ « Décret exécutif n° 91-306 du 24 août 1991 fixant la liste des communes animées par chaque chef de daïra. 15 - Wilaya de Tizi Ouzoou », Journal officiel de la République algérienne, (consulté le ), p. 1301
  2. ↑ [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya de Tizi Ouzou, sur le site de l'ONS.
  3. ↑ « Décret exécutif n° 91-306 du 24 août 1991 fixant la liste des communes animées par chaque chef de daïra, wilaya de Tizi Ouzou », sur Journal officiel de la République algérienne (consulté le ), p. 1301.
  4. ↑ a b et c « Boghni (Algérie) », sur Archives nationales d'outre-mer (ANOM) (consulté le ).
  5. ↑ Journal officiel de la République algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes. Wilaya de Tizi Ouzou, p. 1504 à 1510.
  6. ↑ Daniel Babo, Algérie, Méolans-Revel, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux », , 206 p. (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 79
  7. ↑ a b et c « Le fort turc de Boghni », sur El Moudjahid (consulté le ).
  8. ↑ « Ighil Imoula et la ronéo de la Révolution », sur El Moudjahid (consulté le ).
  9. ↑ a et b « Ali Zamoum », sur Casbah Éditions (consulté le ).
  10. ↑ « Station climatique de Tala Guilef (Tizi-Ouzou) : réouverture de l'hôtel El Arz », sur Radio algérienne, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes