Bofors 40 mm L/60

Bofors 40 mm L/60
Image illustrative de l'article Bofors 40 mm L/60

Servants canadiens d’un canon Bofors 40 mm durant la Seconde Guerre mondiale
Présentation
Type Canon mitrailleur
Pays Drapeau de la Suède Suède
Fabricant Bofors
Période d'utilisation 1930
Période d’utilisation 1932 -
Caractéristiques
Longueur du canon 60 calibres
Masse (non chargé) 2 800 kg, du tube 134 kg
Munitions Obus de 40 mm
Cadence de tir 120 coups/min, pratique 80 coups/min par lame-chargeur de 4 obus
Vitesse initiale 850 m/s
Portée maximale 9 000 m sans autodestruction, par autodestruction 3 200 m

Le 40 mm Bofors L/60 est un canon antiaérien conçu par l’armurier suédois Bofors au début des années 1930. Il a été conçu comme un canon intermédiaire polyvalent. Sa version initiale était baptisée 40L60, car le tube a une longueur théorique égale à 60 fois le calibre. Il fut fabriqué en Suède par la société Bofors elle-même, mais également sous licence dans de nombreux autres pays. Il gagnera un statut prestigieux grâce à son efficacité et son grand succès lors de la défense londonienne de la bataille d'Angleterre[1].

Il entre sur le marché d'exportation vers 1932 et était en service dans 18 pays en 1939, à l'entrée de la Seconde Guerre mondiale²[2]. Une grande partie des nations impliquées dans la Seconde Guerre mondiale l'ont utilisé sous des versions différentes. Dans l'après-guerre, le modèle est adapté en L/70, mais le modèle L/60 a longtemps continué d'être utilisé en raison du nombre massif de canons excédentaires. Certains seront utilisés jusqu'à la guerre du Golfe et de Yougoslavie. De nombreuses versions sont toujours en service dans les années 2020.

Conception

En 1928, la marine suédoise signait un contrat avec la société Bofors afin d'améliorer les canons antiaériens sur base des modèles Vickers de calibre 40 mm dont elle était alors équipée[3]. À l’été 1930, après plusieurs modèles d'essai, Bofors atteint une cadence de tir acceptable et commence à élaborer un prototype.

Au cours de cette période, l'entreprise allemande Krupp achète un tiers des actions de Bofors et met à jour les usines. Toutefois, le projet du 40 mm aurait été gardé secret.

Le prototype, achevé en , tirait des salves de deux et trois coups. En fin d'année, il atteignait les 130 coups par minute. La première version commandée par la marine suédoise était destinée à être utilisée sur des sous-marins car le gros calibre permettait au canon d'être utilisé à la fois comme canon antiaérien et contre des navires plus petits.

Les premières commandes pour les versions terrestres datent d' pour l'armée belge ; suivent ensuite la Pologne, la Norvège et la Finlande.

Historique

Affut quadruple MK 12 de Bofors sur le porte-avions Hornet (lors d'un exercice vers février 1945).

Le Bofors 40 mm fut utilisé sur presque tous les navires britanniques et américains de 1943 à 1945. Équipé du nouveau système de visée Mark 51, il devint une arme redoutée, à laquelle ont été attribués la moitié des appareils japonais abattus entre le et le [4].

Un canon construit aux États-Unis coûte environ 10 000 dollars américains en [5].

En France, où le Bofors 40 mm avait été adopté en 1939, la version 40 AA 39/55[6] était encore en service dans les régiments d'artillerie « sol-air » de l'Armée française dans les années 1960, en particulier au 7e groupe d’artillerie antiaérienne de marine (7e GAAMa) à Colmar, devenu le 57e régiment d'artillerie le [7], ou le 24e régiment d'artillerie à Reutlingen et Tübingen en R.F.A. jusque dans les années 1980 avant d'y être remplacé par le Canon Mitrailleur de 20 mm sur affût tracté antiaérien 53 T1 - F1, fabriqué par GIAT Industries.

Dans la Marine française, ce canon équipait les patrouilleurs de la classe P400, dont le dernier sera désarmé en 2022[réf. nécessaire].

Caractéristiques

Le Bofors de calibre 40 mm est d'origine suédoise.

Portée utile

  • en antiaérien : 3 800 m par autodestruction de l'obus ;
  • en antipersonnel : 3 000 m ;
  • en antichar : 1 000 m ;
  • portée maximale supérieure à 7 000 m.

Masse de l'obus antiaérien

0,890 kg pour 68 g d'explosif. Le coup complet (douille, obus et charge propulsive) a une masse de 2,12 kg.

Généralement, quatre coups sont réunis sur une lame-chargeur, pour être introduits facilement à la main dans la trémie située sur la face supérieure de la pièce. La trémie peut recevoir deux lames, soit huit coups, qui seront tirés en quatre secondes. Sur la plateforme tournante de la pièce, une étagère peut contenir sept lames supplémentaires (28 coups, soit quatorze secondes de tir), que le servant pourvoyeur pourra amener successivement dans la trémie pendant le tir. Un servant au sol peut introduire de l'extérieur de nouvelles lames dans l'étagère de la plate-forme si nécessaire.

Vitesse initiale

850 m/s à la sortie du tube.

Cadence de tir

120 coups par minute[8].

Au moins pour le modèle encore en service dans l'armée de terre française dans les années 1970, chaque pièce avait deux tubes : un en place sur la pièce, l'autre en réserve dans une caisse. Le tube est assemblé sur la pièce par un filetage interrompu, permettant son démontage par rotation d'un sixième de tour : ceci permettait, après démontage, de laisser refroidir le tube utilisé tout en conservant la pièce en service avec le second tube remonté en place. L'opération de changement de tube nécessitait au moins trois servants et pouvait être faite en environ 30 secondes par une équipe bien entraînée ; en école à feu, le changement de tube se faisait tous les 80 coups. Le tube de réserve dans sa caisse était transporté dans le camion GMC CCKW tracteur de la pièce.

Outre l'obus anti-aérien, il existait un autre obus explosif pour usage antichar et un obus d'exercice non explosif (surnommé « boulet »).

Le canon Bofor 40mm sur camion GMC en Indochine ː un technical avant l'heure

Le CEFEO, conçu initialement pour combattre une armée régulière, à savoir l'armée impériale japonaise, accoste en Cochinchine avec de l'infanterie, mais aussi des unités blindées (cavalerie) et de l'artillerie. Une partie de ces artilleurs sont équipés de canons antiaériens Bofor de 40mm.

Ces artilleurs proviennent du 4e RACM (régiment d'artillerie coloniale du Maroc) rattaché à la 9e DIC, et du 26e GCDCA(groupe colonial de défense contre les aéronefs).

Henri de Brancion[9], alors jeune officier, raconte comment ces canons antiaériens, vu comme inutiles contre des bandes armées mobiles, seront adaptées à la contre-insurrection. Le sous-lieutenant Legrand propose d'installer chacun des 32 canons Bofor sur un camion 6x6 GMC CCKW.

Son projet est acceptéː les canons sont dépouillés de leur conduite de tir DCA, de leurs roues afin d'être allégés.

Leur premier engagement de ces "autocanons" survint le 1er février 1946 ː un autocanon Bofor/GMC intervient pour dégager un poste attaqué par l'ennemi.

Cette réussite permet de transformer plusieurs canons Bofor en autocannon avec l'aide de l'arsenal de la marine nationale de Saigon.

Ces autocannons sont de véritables technicals avant l'heure, très efficaces contre de l'infanterie et les véhicules faiblement blindés en raison de leur cadence de tir élevée.

De nos jours, la formule canon antiaérien installé sur camion/pickup est toujours employée, notamment avec le ZU-23 monté sur pickup Toyota Land Cruiser ou le canon S-60 de 57mm monté sur camion.

Notes et références

  1. ↑ (en) « The Bofors gun that revolutionised air defences | Stories | Saab », sur Start (consulté le )
  2. ↑ « Canon antiaérien de 40 Bofors », sur web.archive.org, (consulté le )
  3. ↑ "Bofors de 40 mm". Encyclopédie des armes : Les forces armées du monde (in French). Vol. II. Atlas. 1986. pp. 1749–1753.
  4. ↑ (en) « United States of America 40 mm/56 (1.57") Mark 1, Mark 2 and M1 », NavWeaps.com, (consulté le )
  5. ↑ « Gunship guru saves $14 million », sur Air Force (consulté le ).
  6. ↑ Canon antiaérien de 40 Bofors en France
  7. ↑ Historique du 7e GAAMa
  8. ↑ Les armements de défense anti-aérienne par canons et armes automatiques, publié par le Comité français pour l’histoire de l’armement terrestre.
  9. ↑ Henri de Brancion, Retour en Indochine du Sud ː artilleurs des rizières 1946-1951, Paris, Presses de la Cité, (ISBN 2-258-05004-9)

Voir aussi

Articles connexes

  • Bofors 57 mm L/70

Liens externes