Bataille de Wertingen
| Date | 16 vendémiaire an XIV () |
|---|---|
| Lieu | Wertingen (Allemagne actuelle) |
| Issue | Victoire française |
| Joachim Murat Jean Lannes |
Franz Xaver von Auffenberg |
| 15 000 hommes | 5 500 hommes |
| > 200 morts ou blessés | 400 morts ou blessés 3 000 prisonniers |
Batailles
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| Coordonnées | 48° 33′ 20″ nord, 10° 40′ 45″ est | |
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Crédit image:
licence CC BY-SA 3.0 🛈 |
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La bataille de Wertingen, qui a lieu le , oppose les armées françaises et autrichiennes lors de la Troisième Coalition, qui marque l'apogée des guerres napoléoniennes.
Le feld-maréchal-lieutenant Franz Xaver von Auffenberg se retrouve seul et isolé à Wertingen lorsqu'il a la surprise de voir les armées françaises, sous les ordres des maréchaux Joachim Murat et Jean Lannes, l'attaquer avec 12 000 hommes. Avec seulement 5 500 hommes à sa disposition, il ne peut opposer une sérieuse résistance aux Français.
À la fin de la bataille, Auffenberg a perdu la moitié de ses hommes, la plupart ayant été capturés.
Début de campagne
Avant de commencer ses opérations militaires, Napoléon, qui redoute les dispositions équivoques du cabinet de Berlin, a, le jour même où les mouvements hostiles de l'Autriche et l'invasion de la Bavière lui sont connus, chargé le général Duroc de s'assurer à Berlin de la neutralité du roi de Prusse. Ce dernier, en butte aux suggestions des diplomaties russe et anglaise, se trouve placé dans une position embarrassante ; pressé par l'imminence de la guerre, il lui est difficile d'échapper aux conséquences de celle-ci. Il proclame son pays en état de neutralité armée, tout en négociant, à Potsdam, un traité d'alliance offensive et défensive avec l'empereur de Russie.
Cependant, les opérations militaires sur le terrain suivent leur cours. Le commandant en chef autrichien est le général Karl Mack, élève de Lacy et de Laudon, battu à plusieurs reprises sous la Révolution par les généraux français Pichegru, Macdonald et Championnet. Prisonnier de guerre en 1800, mais libre sur parole à Paris, il s'évade de la capitale et retrouve une place importante à l'état-major impérial. Lorsque se rallume la guerre avec la France, Mack persuade son souverain d'être en capacité de vaincre les troupes de Napoléon.
Au commencement de la campagne, il prend le change sur la direction que l'empereur français a donnée aux différents corps de son armée, et considérant comme un piège qu'on lui tend les démonstrations de la cavalerie du maréchal Joachim Murat, il ordonne quelques autres mouvements ; mais, ne pouvant plus douter qu'afin d'éviter les montagnes Noires et la ligne des rivières parallèles qui se jettent dans la vallée du Danube, l'intention de Napoléon ne soit de se porter sur ce fleuve, le général autrichien opère subitement un changement de front dans sa ligne.
Cependant, incertain sur le point où son adversaire se propose de commencer son attaque, il fait concentrer ses troupes dans les environs d'Ulm, de Stockach et de Memmingen.
Manœuvres stratégiques
Après avoir renforcé le corps d'armée du général Kienmayer, établi sur la rive gauche du Danube, Mack passe lui-même ce fleuve, pendant que l'armée française continue son grand mouvement, et que la gauche, composée des corps du maréchal Bernadotte, du général Marmont et de l'armée bavaroise, s'est mise en marche les 1er et pour se réunir à Weissenburg.
Le maréchal Davout, parti de Neckareltz, suit la route de Möckmühl à Harburg. Le maréchal Soult s'est mis en marche d'Heilbronn, et s'avance sur le Danube par Oettingen en direction de Nordlingen. Le maréchal Ney, venant de Stuttgart, prend la route d'Esslingen.
Le maréchal Lannes, qui a quitté Ludwigsbourg, suit la route de Beutelsbach, Plüderhausen, Gmünd, Aalen et Nordlingen.
Ayant commencé son changement de direction au passage du Rhin, l'armée le continue par un mouvement circulaire de conversion, dont la droite est le pivot. Chaque partie de la ligne parcourt son rayon, et vient faire face au Danube par cette seule manœuvre. Après avoir traversé une partie de la Souabe et de la Franconie, elle se trouve portée dans les plaines de Bavière par une marche de quelques jours ; ayant évité les montagnes et les obstacles de la Forêt-Noire, elle débouche sur les arrières de l'armée autrichienne qui, tournée et prise à revers, se trouve dans une position très délicate.
D'après la grande marche qu'elle vient de faire, l'armée française, au , est disposée de la manière suivante : la cavalerie de Murat borde le Danube; Lannes est à Neresheim; Ney à Kösingen; Soult, maître du pont de Munster, est aux portes de Donauworth; le corps de Davout à Oettingen, à cheval sur la Wörnitz; et le corps de Bernadotte et l'armée bavaroise réunis sont en position à Weissenburg. Par cette marche, Napoléon a évité d'avoir en flanc les débouchés du Tyrol.
Dès les premiers jours d'octobre, le corps autrichien du feld-maréchal-lieutenant comte Giulay se réunit à Ulm. Dans la nuit du 4 au , le comte de Klenau arrive dans cette ville avec plusieurs régiments du corps d'avant-garde, et plus de six mille hommes que Mack a fait revenir en toute hâte des gorges de la Forêt-Noire et des bords de l'Iller.
Le général en chef autrichien, dérouté par l'apparition subite de l'armée française sur ses arrières, perd le seul instant qui lui reste pour opérer un mouvement sur toute l'étendue de sa ligne qui, facilitant le développement de ses troupes, l'aurait placé en bataille vis-à-vis de l'armée française, aurait favorisé sa jonction avec les troupes russes en marche vers le Danube, et lui aurait ménagé ses communications avec le Tyrol.
Le , à huit heures du soir, la deuxième division du corps de Soult, commandée par le général Vandamme, étant arrivée à Donauworth, se heurte la première à l'armée autrichienne. Elle repousse le régiment de Colloredo, qui défend le pont de la ville, tue une soixantaine d'hommes et fait cent cinquante prisonniers.
Après avoir fait réparer le pont, le maréchal Soult le traverse avec les deux divisions Vandamme et Legrand, pour se porter sur Augsbourg. Pendant ce temps, la division du général Saint-Hilaire remonte le Danube par la rive gauche, afin d'observer le mouvement des troupes autrichiennes qui sont réunies autour d'Ulm ; cette division doit ensuite se rabattre dans la même direction que les deux premières divisions.
Le au matin, le prince Murat arrive à Donauworth avec la division de dragons commandée par le général Walther ; il traverse le fleuve pour se porter rapidement sur le Lech. Pour s'emparer d'un pont situé sur la route de Rain, et gardé par un régiment de cuirassiers autrichiens, le colonel Wathier, à la tête de deux cents dragons du 4e régiment, franchit cette rivière à la nage, charge le régiment adverse et s'empare du pont.
Forces en présence
Les forces françaises sont composées de 7 000 fantassins, 7 400 cavaliers et 14 pièces d'artillerie.
Les forces autrichiennes sont composées de 5 000 fantassins, 400 cavaliers et 9 pièces d'artillerie.
Début de la bataille
Le maréchal Murat, qui a couché à Rain am Lech, se met en route le à la tête des divisions de dragons des généraux Beaumont et Klein, et de celle du général Nansouty composée d'une brigade de carabiniers et d'une brigade de cuirassiers. Le but de cette marche est de couper le chemin d'Ulm à Augsbourg. Murat apprit, à son arrivée à Wertingen, sur la rive gauche de la Zusam, qu'une forte division d'infanterie autrichienne, composée de douze bataillons de grenadiers, et soutenue par quatre escadrons du régiment d'Albert (cuirassiers), se trouve aux environs.
Il ordonne alors une manœuvre pour envelopper ces troupes, et, par suite d'un mouvement de la division Nansouty, toute l'infanterie autrichienne se trouve entourée ; mais le général qui commande cette colonne, arrivant à marche forcée du Tyrol pour renforcer l'armée, réalise le danger qui le menace et forme ses bataillons en un grand carré, flanqué à droite et à gauche par deux escadrons de cuirassiers d'Albert. Le combat s'engage, les Autrichiens résistant aux attaques françaises.
Le colonel Maupetit, chargeant à la tête de son régiment, est blessé grièvement ; les cuirassiers d'Albert sont assaillis par le 1er régiment de dragons, dont le colonel Arrighi a deux chevaux tués sous lui. Le colonel Beaumont, commandant le 10e hussards, en chargeant à la tête de son régiment les cuirassiers autrichiens, fait prisonnier un capitaine de ce corps et tue plusieurs cavaliers. Après deux heures de combat, les cuirassiers d'Albert sont vaincus et le carré, enfoncé, se disperse.
Après avoir passé le Danube, le corps du maréchal Lannes a suivi le mouvement de la cavalerie de Murat, la division de grenadiers d'Oudinot s'avançant en tête de colonne, mais ne peut envoyer qu'une seule brigade pour seconder les troupes engagées à Wertingen. La vue de ce renfort contribue à accélérer la retraite des Autrichiens, qui abandonnent leur artillerie derrière eux ; les Français, qui se sont emparés de la plus grande partie des drapeaux autrichiens, font prisonniers 2 lieutenants-colonels, 6 majors, 60 officiers, et près de 4 000 soldats. Le reste ne doit son salut qu'à un marais qui arrête la seconde brigade des grenadiers d'Oudinot, qui, dans l'intention de tourner les fuyards, a fait marcher sur eux au pas de charge.

Après la bataille

Après ce combat, Murat continue son mouvement et se porte sur le village de Zusmers-Hauzen, situé sur la route d'Ulm à Augsbourg. La division Suchet rejoint celle d'Oudinot ; le maréchal Lannes suit la réserve de cavalerie et prend position au même village le 9 au soir.
Après avoir établi son quartier-général à Zusmers-Hauzen, Napoléon, qui marche avec ce corps d'armée, passe en revue les deux divisions d'Oudinot et de Suchet, ainsi que la cavalerie de Murat.
Le chef d'escadron Exelmans, aide de camp de Murat, ayant apporté dans la même matinée les drapeaux pris au combat de Wertingen, l'empereur lui remet la Légion d'honneur. Napoléon donne également cette décoration à un dragon de chaque régiment. Les grenadiers d'Oudinot sont eux aussi récompensés et complimentés.
Après avoir manœuvré les 7 et avec la division Legrand, Soult rejoint celle de Vandamme pour marcher avec elle sur Augsbourg, par la rive droite du Lech, en même temps que le général Saint-Hilaire s'y porte par la rive gauche. En passant par Aichach, le maréchal retrouve les débris de la colonne autrichienne défaite à Wertingen ; il les chasse de ce village et entre dans Augsbourg le .
Les difficultés du terrain ayant arrêté le maréchal Davout dans sa marche, il n'arrive que le à Neubourg. Les trois divisions de son corps remplacent, dans la soirée du lendemain, les troupes de Soult à Aichach. Après avoir passé le Danube, le général Marmont se porte sur le même point avec les divisions Boudet et Grouchy, tandis que le général Dumonceau, qui commande la division batave, prend position entre Aichach et Augsbourg.
Les divisions bavaroises Deroy et de Wrede, ainsi que le corps d'armée du maréchal Bernadotte, arrivent à Eichstätt le , et prennent ensuite position à Ingolstadt. Le maréchal Bessières, qui commande la Garde impériale, se rend à Augsbourg, de même que la division de cuirassiers du général d'Hautpoul.
Divers
À Paris, la rue de Furstemberg reçoit le nom de rue de Wertingen en 1806, avant de reprendre son ancien nom en 1815.
Notes et références
Bibliographie
- Histoire des campagnes d'Allemagne et de Prusse, depuis 1802 jusqu'en 1807 par Charles-R.-E. de Saint-Maurice - 1827
