Au piano

Au piano
Auteur Jean Echenoz
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur éditions de Minuit
Date de parution
Nombre de pages 224
ISBN 978-2707318121
Chronologie

Au piano est un roman de Jean Echenoz paru le aux éditions de Minuit.

Résumé

La pratique professionnelle du piano suppose une discipline stricte. Elle exclut tout divertissement susceptible d'éloigner l'artiste de son clavier. Pourtant il aimerait, lui aussi, jouir de la lumière du monde, de la douceur de vivre, de la tiédeur de l'air et de l'amour des femmes. Eh bien non ! Mort ou vif, le pianiste se doit d'abord à son public.

Max a peur. Pas du fait qu’il va mourir violemment dans vingt-deux jours, ça il l’ignore, mais il a peur de son piano, peur de lui-même surtout. Un soir, après un concert de gala, il est agressé et la mort s’ensuit au coin d’une rue. N’avait-il pas donc raison d’avoir peur ? Fin de la première partie.

On range le piano, on ne consomme plus d’alcool, on se retrouve dans une clinique bizarre, le Centre qui est une version moderne du purgatoire. Là, on recycle « des personnalités pour faire partie du personnel ». Max fera partie du personnel, avec à ses côtés Dean Martin et Doris Day. Il attend. Ira-t-il au Parc, le paradis, ou à la Section urbaine, l’enfer ? La deuxième solution est choisie et Max revient sur terre avec l’interdiction formelle de retrouver quiconque a fait partie de son passé.

Troisième volet. L’Amérique du Sud. Mais Max veut retrouver sa Rose, une femme à qui il n’a jamais avoué son grand amour et qu’il a perdu de vue depuis ses années d’étude.

Analyse du titre

« Au piano » se révèle être une action : jouer au piano. En effet, un homme, le pianiste, serait en face de son piano pour en jouer et non pour le regarder[2].

Utilisation des noms propres

Max

Max est un grand homme, un grand pianiste virtuose. Cependant il est seul, victime d’alcoolisme, célibataire, angoissé. Ceci montre sa petite vie minable. Max est le surnom de Maxime ; or Maxime vient du superlatif latin maximus signifiant « le plus grand ».

Lors de sa mort, à la deuxième partie du roman, il change de personne, d’identité : il ne s’appelle plus Max mais Paul. Et Paul, en latin, vient du mot paulus qui veut dire « faible ». On peut alors en conclure que c’est un homme faible, misérable.

Néanmoins, il était déjà faible dans sa vie antérieure : Max était petit dans sa vie quotidienne. Paul est donc l’image de son ombre, Max ; Paul est le fantôme de Max. On peut donc en retenir que Jean Echenoz joue avec les noms : Max (grand) est en opposition avec Paul (petit).

Christian Béliard

Dans ce nom, réside aussi une opposition. « Béliar » est un nom donné au diable dans des textes au début de l’ère chrétienne. De plus, Béliard a aussi une origine germanique qui si exprime « l’homme brutal ».

Toutefois, Christian est un nom d’origine grecque : krystos qui qualifie « le Messie » Ce personnage est donc double ; parfois il peut être sympathique, parfois il peut être diabolique. On constate encore une dissonance entre Christian (Christ) et Béliard (diable).

À la fin du roman, on sait qu’il recherche Rose, tout comme Max ; là, apparaît un point commun entre Christian Béliard et Max. Quoiqu'il soit vu comme le diable qui a volé l'amour de Max[2].

Rose

Rose est un nom latin qui signifie, évidemment, la rose. Elle est un symbole de la femme aimée, l'amour idéal et non l'amour charnel. Et justement, Max aime cette femme ; c'est pourquoi Jean Echenoz a décidé de la nommer Rose[2].

Éditions

Notes et références

  1. a, b et c GODARD, R., Itinéraires du roman contemporain, Paris, Ed. Armand Colin, 2006

Lien externe