Bushi

Bushi (武士?), aussi lu de façon archaïque Mononofu, est un terme d'origine japonaise signifiant littéralement « guerrier gentilhomme » en japonais.

Le terme apparaît pour la première fois dans le livre d'histoire japonaise, Shoku Nihongi (続日本記?) écrit sous l'ère Heian, vers l'an 800. Il provient du chinois wushi (武士, pinyin wǔshì, voir l'article Jiang hu).

Bushi et samouraï sont souvent confondus mais ils correspondent à des périodes et des fonctions différentes.

Les bushi étaient des cavaliers en armure dont l'arme principale était le yumi (arc). Ils étaient chargés de la protection des clans familiaux appelés uji. C'est cette proximité avec la noblesse qui est à l'origine de leur nom de « guerrier gentilhomme ».

Sous l'ère Heian, une scission s'opère entre la noblesse à part entière, la très raffinée aristocratie impériale (kuge) et la classe des bushi (mi-guerrière, mi-noble et surtout moins raffinée).

En 1156, les trois principaux bushidan (武士団?, « clans guerriers »), Fujiwara, Taïra et Minamoto, s'affrontent lors de la rébellion de Hōgen pour succéder au pouvoir à la noblesse impériale contrainte de se retirer en province.

En 1185, à l'issue de la rébellion de Heiji et de la guerre de Gempei, Minamoto no Yoritomo établit la suprématie de la caste guerrière et met en place le shogunat de Kamakura.

Traduction

En japonais En français En anglais En allemand
Texte Bushi Samouraï Samurai Samurai
Texte en phonétique [bu.ʃi] [sa.mu.ʁaj] [ˈsæm(j)əˌɹaɪ] [zamuˈʀaɪ̯]

Du bushi au samouraï

Au XVIIe siècle, au début de la période Edo, les shoguns Tokugawa créent une hiérarchie sociale à quatre échelons surnommée « système shi-no-ko-sho » :

  • la noblesse guerrière (, shi?, gentilhommes regroupés au sein du buke (武家), littéralement « maison des guerriers »),
  • les paysans (, ?),
  • les artisans (, ?),
  • et les commerçants (, shô?).

Les bushi les plus riches sont nommés daimyos. Ils sont entourés d'une troupe de guerriers serviteurs reconnaissables au fait qu'ils portent deux sabres (daisho). Ces guerriers serviteurs accompagnaient les daimyos lors des résidences alternées obligatoires (sankin-kotai) à la cour du shogun.

Le mot « samurai » provient du verbe saburau qui signifie « servir » ou « rester à côté de », lorsqu'il s'agit d'une personne importante. Le substantif du verbe saburau est saburai qui est devenu « samurai » vers le XVIe siècle. Depuis cette époque, le terme « samurai » est utilisé pour nommer les différents types de guerriers appliquant le code bushidō.

Le bushi se distingue donc du samouraï par le fait que le samouraï a un lien de subordination plus marqué envers celui qu'il protège. Le samouraï appartient à une classe supérieure de guerriers, en tant que garde de la cour impériale et de la haute noblesse[1].

Bibliographie

  • Collectif, Dictionnaire historique du Japon, Éditions Maisonneuve et Larose, 2993 p., 2002 (ISBN 2706816333).
  • Pierre-François Souyri, Le Monde à l'envers. La dynamique de la société médiévale, Éditions Maisonneuve et Larose, 321 p., 1998 (ISBN 2706812974).

Références

  1. Shingen, (consulté le 28 août 2015)