Topaze (Pagnol)

Marcel Pagnol en 1931.

Topaze est une pièce de théâtre de Marcel Pagnol, représentée pour la première fois à Paris, le [1], sur la scène du Théâtre des Variétés.

Topaze est, au début de la pièce, un maître d'école au sens civique irréprochable et au salaire modeste. Licencié pour s'être montré trop honnête, et influencé par les exemples qu'il a sous les yeux, il devient peu à peu malhonnête et heureux de l'être, en se lançant, sous l'influence d'une femme et d'un conseiller municipal peu scrupuleux, dans le monde des affaires.

Écriture et représentation

En 1923[2], Pagnol rédige l'ébauche de La Belle et la bête, l'histoire d'un professeur naïf qu'il nomme M. Martinet. Il en reprend l'écriture en 1927[2], et la laisse de côté lorsqu'il commence à écrire Marius. Puis il termine La Belle et la bête : c'est le premier titre de Monsieur Topaze puis de Topaze, le personnage principal ayant été ainsi rebaptisé.

André Lefaur (vers 1925).
Max Maurey.

Pagnol dépose un exemplaire de Topaze dans plusieurs théâtres, ceux où se produisent de grands interprètes, mais Jouvet, intéressé par le rôle, ne sera pas disponible avant plusieurs mois ; Max Dearly veut créer la pièce en province, à Nice où il vient d’être nommé directeur d'un théâtre ; Victor Boucher souhaite apporter quelques modifications à la pièce.

Finalement, sur les conseils d'André Antoine, la pièce est acceptée par un ami de celui-ci, Max Maurey, le directeur du théâtre des Variétés. Pour interpréter le rôle principal, le choix se porte sur André Lefaur, comédien chevronné que Pagnol considère un peu trop âgé pour jouer le personnage ; mais les réticences de l'auteur disparaissent dès les premières répétitions[3]. L’attribution du rôle de Castel-Bénac à Paul Pauley suscite certains doutes[4], qui seront également dissipés. Un marchand de jouets qui a gagné un concours de comédiens amateurs, Pierre Larquey, est engagé pour un petit rôle ; celui de Tamise lui est confié lorsque le comédien d'abord prévu pour le jouer ne peut pas honorer son engagement[2].

Max Maurey hésite à monter cette pièce d'un auteur inconnu et préfère programmer des valeurs sûres comme Louis Verneuil ou Sacha Guitry, mais ces pièces ne restent pas longtemps à l'affiche[2]. Finalement créée le 9 octobre 1928, Topaze remporte un grand succès[2] (la pièce est jouée pendant trois années de suite), et apporte la consécration à Marcel Pagnol.

L'œuvre est publiée en 1931 par les Éditions Fasquelle.

Après la diffusion de Topaze dans Au théâtre ce soir, le 8 avril 1967, Pagnol écrit en septembre à Jean-Jacques Bricaire : « Plus jamais ce Topaze dont les comédiens, qui étaient excellents sur la scène, ont été ridicules sur l'écran[réf. souhaitée] ! »

Résumé

Acte I

Topaze est un modeste professeur, amoureux de sa collègue Ernestine, la fille de M. Muche, le directeur de la pension où il enseigne. Ernestine le mène par le bout du nez, lui faisant corriger ses copies ou surveiller ses élèves, ce que Topaze, naïf, prend pour une marque d'affection. Il charge son ami Tamise, également professeur, de tâter discrètement le terrain auprès du père pour une demande en mariage. Arrive alors une jeune femme élégante, Suzy Courtois, tante d'un enfant auquel il donne des cours à l'extérieur de l'établissement. Elle a l'intention d'y faire admettre l'enfant, mais elle se ravise après l'avoir visité. Puis l'honnête Topaze refuse naïvement d'inventer une erreur dans le bulletin de notes du fils d’une baronne, malgré l'insistance du directeur. Sur ce, Tamise révèle étourdiment à Muche l'intention de Topaze d'épouser sa fille. Tout ceci fait que Muche, furieux, licencie Topaze.

Acte II

Topaze donne une leçon à son élève, chez Suzy Courtois. Celle-ci est la maîtresse d'un conseiller municipal, Régis Castel-Bénac qui, grâce à sa situation, fait des affaires douteuses et lucratives dont Suzy profite largement. Roger, l'homme de paille de Castel-Bénac réclame une plus grosse part des bénéfices, ce que refuse le conseiller municipal. L'affaire en cours devant être traitée sans délai, Suzy lui propose alors d'utiliser le naïf Topaze. Sans se douter de rien, celui-ci accepte d’être le directeur d'une nouvelle agence d'affaires et de signer certains documents à la place de Castel-Bénac. Lorsque Roger (le prête-nom) fait comprendre à Topaze la vraie nature de ces « affaires », Suzy parvient à le dissuader de les dénoncer, prétendant que Castel-Bénac l'oblige à être sa complice ; Topaze accepte alors de se taire et de faire bonne figure au conseiller municipal pour, croit-il, « sauver » Suzy.

Acte III

Topaze est maintenant directeur d'un cabinet d'affaires, mais sa brillante situation ne le rend pas du tout heureux. Persuadé que « l'argent ne fait pas le bonheur », il est tourmenté par sa conscience et craint à tout moment qu'on vienne l'arrêter ; et il a découvert que Suzy est la maîtresse et complice de Castel-Bénac, et non sa victime. Pourtant, il avoue son amour à Suzy, mais celle-ci ne recherche que son amitié. Il éconduit Muche et Ernestine, prête à se donner à cet ancien soupirant devenu si intéressant. Il n'est plus dupe mais continue malgré tout à servir d’homme de paille à Castel-Bénac.

Acte IV

Suzy reproche à Castel-Bénac de la tenir à l’écart de sa nouvelle affaire, ce qu’il nie ; en réalité, cette affaire a été initiée par Topaze seul, devenu très élégant et sûr de lui. Il annonce à Castel-Bénac son intention de travailler désormais seul sur des affaires d'envergure. C'est la rupture, le conseiller municipal n'a aucun recours possible contre son ex prête-nom. Suzy rompt également avec Castel-Bénac, elle va devenir la maîtresse de Topaze. Son ami Tamise qui est resté un honnête professeur lui rend visite. D’abord horrifié et peiné de constater que Topaze est corrompu par l'argent, Tamise ne refuse cependant pas sa proposition de venir travailler avec lui.

Distribution

Créateurs 

Adaptations

La pièce a fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques :

Interprètes du rôle de Topaze

(à compléter)

Sur scène 
À l'écran 

Notes et références

  1. Georges Berni, Merveilleux Pagnol. L'histoire de ses œuvres à travers celle de sa carrière, Pastorelly, , p. 55.
  2. a, b, c, d et e Raymond Castans, Marcel Pagnol, Éditions de Fallois, 1995.
  3. Marcel Pagnol, Confidences, Éditions de Fallois, 1990.
  4. Dans Confidences, Pagnol raconte la mise en garde d'André Antoine : « Pauley est un très bon comique de vaudeville. […] Si on lui confie le rôle du conseiller municipal, ce sera un festival de pitreries. »
  5. a et b (en) « Marcel Pagnol - Notes », sur TCM (consulté le 23 mai 2010).
  6. Francis Perrin dans Topaze sur ina.fr. Consulté le 28 septembre 2011.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes