Ripon (plate-forme logicielle)

Ripon (plate-forme logicielle)
Christopher Wylie, le lanceur d'alerte canadien, ancien directeur de la Recherche chez Cambridge Analytica, plaidant ici contre le vote sous influence, permis par l'outil Ripon, mis au point par Aggregate IQ

Ripon est le nom d'une plate-forme logicielle, et parfois présentée comme incluant une intelligence artificielle (AI), intégrant des algorithmes d'utilisation de données personnelles volées sur les comptes Facebook, créant des profils psychographiques utilisés à des fins de campagne électorale microciblée visant à influer sur les émotions des électeurs pour modifier leurs intentions de vote ou les inciter à être abstentionnistes[1],[2],[3].

Cet outil a été créée et mis au point par les data scientists de la start-up alors inconnue du grand public AggregateIQ (AIQ), pour le compte de la société sœur Cambridge Analytica, sous l'égide du groupe SCL (leur société mère) afin d'influencer les votes, pour notamment répondre à une demande de Steve Bannon et du milliardaire Mercer.

Ripon a été au cœur du scandale Facebook-Cambridge Analytica/Aggregate IQ.

Plusieurs parties prenantes décisives dans le processus ayant conduit au Brexit ont dit que sans l'aide d'AggregateIQ (AIQ) le Brexit n'aurait pas pu avoir lieu[4]. Ripon est un outil resté secret durant quelques années, puis révélé par le lanceur d'alerte canadien Christopher Wylie[5].

Origines

Rapport d'Enquête (2018) de l'Information Commissioner's Office (ICO) sur l'utilisation, via le logiciel Ricon, de l'analyse du big data et de données personnelles fournies par Vote Leave à Aggregate IQ, lors de la campagne qui a abouti au Brexit

L'histoire de la plate forme logicielle « Ripon » semble commencer avec une demande faite par le Groupe SCL à AIQ. SCL voulait « créer un outil politique de gestion de la relation client » pour influencer une campagne électorale de Trinité-et-Tobago en 2014 en faveur du client de SCL[6].

Et, selon les résultats de l'enquête de l'OIC et le parlement anglais, SCL Elections se serait - début 2014 - rapproché d'AIQ pour « l'aider à construire un nouvel outil politique de gestion des relations avec la clientèle (CRM) à utiliser lors des élections américaines de mi-mandat de 2014 ». Il s'agissait de travailler selon des principes inspirés de la guerre psychologique (contrôle réflexif notamment que SCL connait bien), mais dans un temps bref, grâce à de grandes quantités de données personnelles (celles des résidents/électeurs de Trinité-et-Tobago)[6].

Remarque : Ripon est le nom de la ville du Wisconsin où le Parti républicain est né en 1854, et l'outil logiciel du même nom, commandé par le Groupe SCL, semble n'avoir (hors pays en développement) été utilisé qu'au service de groupes politiques conservateurs, libertariens, de droite et d'extrême droite.

Propriété, propriété intellectuelle

La plate forme logicielle « Ripon » semble avoir été développé par AIQ, tout en restant juridiquement propriété du groupe SCL (sa maison mère, qui a été payé pour influencer des dizaines d'élections dans des pays émergents)[7].

Le groupe SCL (et ses filiales) se sont mis en faillite à la suite du scandale Facebook-Cambridge Analytica/Aggregate IQ, mais semble avoir été recrée sous le nom d'Emerdata, avec les mêmes personnes. Emerdata n'a pas communiqué à propos de « Ripon ».

Exemple d'utilisations

Pour ceux des usages dont les résultats ont été plus médiatisés en Occident, « Ripon » semble avoir d'abord été utilisée pour tenter de faire élire le sénateur américain Ted Cruz, après que le Dr Aleksandr Kogan ait travaillé, en accord avec Google, pour fournir des données volées sur Facebook, relatives à des électeurs en tant qu'individus. Il s'agissait par des messages ciblés de soutenir les candidats américains promus par le John Bolton Super PAC lors des élections de mi-mandat en novembre 2014[8].

Élection de Donald Trump

Cette version de « Ripon » a été le prototype des plateformes mise à disposition par le SCL, Cambridge Analytica et AggregateIQ à l'équipe de campagne de Donald Trump pour l'élection présidentielle américaine de 2016.

Cas particulier du référendum ayant abouti au Brexit

Chris Vickery a montré que AIQ, Cambridge Analytica, SCL et d'autres clients étaient bien en relation commerciale et/ou de travail, contrairement à leurs dénégations lorsqu'à émergé le scandale[9]. Plusieurs projets AIQ-repository-present concernaient des entités britanniques, toutes conservatrices, souvent libertariennes de droite ou de l'extrême droite et prônant un Brexit dur et rapide. Les noms de leurs registres (ci dessous) désignent explicitement Vote Leave, mais aussi le DUP, le groupe Veterans For Britain, Countryside Alliance, Change Britain[9] :

  • « Client-VoteLeave-Gove »
  • « Client-VoteLeave-MyPollingStation »
  • « Client-VoteLeave-PlatformSync »
  • « Client-DUP-ActionSite »
  • « Client-VeteransForBritain-Site »
  • « Client-CountrysideAlliance-Action »
  • « Client-ChangeBritain-MailSend »
  • « Client-ChangeBritain-Site »
  • « Client-S8-Action » (Sauvez le 8ème amendement est un groupe de droite qui voulait 'sauver' le 8ème amendement de la constitution irlandaise, amendement adopté en 1983 interdisant l'avortement, qui sera finalement supprimé en juin 2017 un an après le Brexit, à la suite d'un autre référendum)[10]. Ce groupe existe encore.

Remarque : on ne trouve pas dans cette liste l'autre grand parti pro-Brexit qui était Leave.EU. Mais des lanceurs d'alerte et des enquêtes journalistiques, parlementaire et de police ont montré (après le vote du Brexit) que Leave.Eu avait aussi rencontré Cambridge Analytica, qui lui a présenté ses outils (ainsi qu'à Nigel Farage de l'UKIP). Arron Banks et Andy Wigmore (son ami et responsable de la communication chez Leave.EU) ont d'abord nié avoir eu une quelconque relation avec Cambridge Analytica et nient connaitre AIQ.
Mais ils ont fini (en 2018) par reconnaître que Banks disposait en fait déjà d'une équipe dédiée à l'intelligence artificielle à Bristol (au service de ses entreprises d'assurance)[11] ; il a expliqué que « l'intelligence artificielle peut être utilisée de telle manière que vous puissiez savoir si quelqu'un est susceptible de renouveler une police en fonction de son profil psychologique. Il y a toutes sortes de choses que vous pouvez apprendre des données en utilisant l'intelligence artificielle qui sont utiles pour le secteur de l'assurance »[12]. Et Andy Wigmore et lui ont reconnu avoir utilisé, en lien avec une équipe de créatifs présents à leur côté, au moins 4 data scientists, pour effectuer un travail inspiré par celui fait par Cambridge Analytica (qui avait livré à l'UKIP les résultats d'un travail de démonstration).

Arron Banks dit d'ailleurs avoir ensuite dopé ses résultats financiers d'assureur grâce aux systèmes de ciblage par intelligence artificielle qu'il a découvert à l'occasion de la campagne pro-Brexit (campagne qu'il a également largement financé).

Premières preuves de l'existence de « Ripon »

Chris Vickery dirige la section Cyber Risk Research du cabinet de conseil en cybersécurité « UpGuard ».

Ce « chasseur de violation de données » a repéré sur le Net des données exposées et tissant un réseau commun d'« ingénierie politique » lié aux groupes pro-Brexit, réseau qu'il a appelé la Brexit Connection.

Il a récupéré[13] sur Gitlab (plateforme en ligne non sécurisée, utilisée par les développeurs pour écrire et partager du code) plus de 20 000 dossiers et 113 000 fichiers d'AIQ, qui lui ont permis de comprendre comment Cambridge Analytica et SCL, avec la plate-forme Ripon, ont cherché à, secrètement et illégalement, orienter les résultats du référendum britannique en faveur du camp pro-Brexit[13], dont en produisant les fake-news visant à instaurer un sentiment s'insécurité vis à vis des réfugiés et d'autres populations étrangères[5].

Il a été interrogé à ce sujet par The Observer, Channel 4 et le New York Times, puis par un comité parlementaire britannique dit DCMS[14] chargé d'enquêter sur la désinformation et les «fake news» (DCMS, qui a transmis ses données à l'Information Commissioner's Office (ICO), qui a rendu un rapport le 6 novembre 2018)[15] sur Cambridge Analytica (et ses sociétés associées), Upguard a publié quatre articles expliquant les liens entre AIQ[13].

Éléments de description

Ripon a été décrit de manière floue par Jeff Silvester[16] (cofondateur d'AIQ)[17] comme « un outil politique de gestion de la relation client axé sur le marché américain »[16], et plus concrètement par Christopher Wylie (ancien cadre de Cambridge Analytica, devenu lanceur d'alerte) comme « le logiciel qui utilisait les algorithmes des données Facebook »[18].

Selon les éléments logiciels observés par Vickery, Ce référentiel est :

« un ensemble d'applications sophistiquées, de programmes de gestion de données, de traqueurs publicitaires et de bases de données d'informations qui, collectivement, peuvent être agrégées afin de pour cibler et influencer les individus par diverses méthodes, y compris les appels téléphoniques automatisés, les courriels, les sites Web politiques, la prospection de bénévoles et Publicités Facebook »[13],[16].

Principes de fonctionnement

« Ripon » utilise une classification (psychographie) les électeurs potentiels selon cinq marqueurs de personnalité, puis produit des messages politiques ciblés pouvant être diffusé par téléphone (par des « robots » ou des personnes), via des courriels personnels, via des plate-forme et sites Web politiques, via une prospection par des bénévoles d'un parti politique, et via des messages/publicités Facebook[19] (le 26 juillet 2018, Facebook a reconnu avoir diffusé 1 390 annonces différentes créées par AggregateIQ pour le compte de pages Facebook pro-Brexit durant la campagne référendaire (entre février 2016 au 23 juin 2016 inclus, c'est-à-dire le jour même du vote référendaire)»[20],[19].

Projet concurrent non abouti, dédié au secteur de l'assurance (Big Data Dolphins)

Fin 2016, après avoir atteint son but politique (vote effectif du Brexit), Arron Banks crée une société (Big Data Dolphins). Cette entreprise codirigée par lui, par Alison Marshall (née Roper) et par Elizabeth Bilney (née Murphy)[21],[22],[23] vise à développer ce que Banks présente comme une intelligence artificiel au service du secteur de l'assurance, en lien avec les FinTech[12]. Elle est basée au Royaume-Uni (siège), mais son travail de développement doit se faire à l'Université Ole Miss du Mississippi. Banks a aussi décrit cette société comme « l'université de l'Assurance » ; chargée d'encore améliorer l'intelligence artificielle mise au service du Big data du secteur de l'assurance[12].

L'entreprise Big Data Dolphins est alors détenue à 91 % par une société inconnue « Deep DD limited » (qui pourrait signifier Deep Data Dolphins Ltd) et a la même adresse que celle des bureaux de la société d'assurance d'Arron Banks à Bristol (Lysander House, où sont installés au dernier étage les locaux d'Eldon Insurance). « Deep DD limited » est dirigée, selon le formulaire de déclaration de l'entreprise par Gold Directors Limited, un organisme basé dans un paradis fiscal (Gibraltar), qui dirige aussi « Somerset Bridge (Bermuda) Ltd »… dont Aaron Banks est l'un des trois directeurs[24] ; le reste des parts est détenu par Steven Perkins (3 %), David Taylor (3 %) et Ayshea Khadim (mathématicien, actuariel puis Directeur actuariel de Rock Services Ltd)[25],[26] qui possède les 3 % restant), tous sont basés Lysander House à Bristol (bâtiment qui abrite des dizaines de sociétés financières et d'assurance dont Eldon Insurance au dernier étage)[23],[27].

Le projet a été abandonné[28],[12] (sous ce nom en tous cas), mais Arron Banks a dit que s'il avait persisté, il aurait aussi porté sur les données de Facebook, car au Royaume-Uni, Facebook a, selon lui, alors déjà commencé à travailler avec le groupe d'assureurs Admiral « pour voir comment récupérer les données Facebook et comment les utiliser dans le secteur de l'assurance »[12],[29].

La société a été un temps déclarée « compagnie dormante » au registre anglais du commerce, puis a été officiellement déclarée auto-dissoute le [23].

Suites

Le scandale Facebook-Cambridge Analytica/Aggregate IQ et l'émergence de Ripon comptent parmi les raisons de la création de l'ONG AlgorithmWatch, fondée à Berlin en 2016-2017[30] pour, dans le contexte de développement des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle, améliorer la transparence de la gouvernance et plus généralement de la démocratie, dont en examinant et classant les processus de prise de décision algorithmiques automatiques[31].

Notes et références

  1. (en) Matthew Rosenberg, Nicholas Confessore et Carole Cadwalladr, « How Trump Consultants Exploited the Facebook Data of Millions » [archive du ], The New York Times,
  2. (en) Emma Graham-Harrison et Carole Cadwalladr, « Revealed: 50 million Facebook profiles harvested for Cambridge Analytica in major data breach » [archive du ], sur theguardian.com,
  3. « PUTIN'S ASYMMETRIC ASSAULT ON DEMOCRACY IN RUSSIA AND EUROPE: IMPLICATIONS FOR U.S. NATIONAL SECURITY », sur www.govinfo.gov (consulté le )
  4. « "Sans Cambridge Analytica, il n'y aurait pas eu de Brexit", affirme le lanceur d'alerte Christopher Wylie », sur francetvinfo.fr, (consulté le )
  5. a et b (en) Reuters Staff, « Whistleblower says Canadian company worked on software to find Republican voters », sur Reuters, (consulté le )
  6. a et b House of Commons ; Digital, Culture, Media and Sport Committee (2019) Disinformation and ‘fake news’: Final Report ; Eighth Report of Session 2017–19 ; Report, together with formal minutes relating to the report ; rapport commandé par the House of Commons, Ref HC 1791, publié le 18 février 2019, imprimé le 14 février 2019 pour le Gouvernement britannique. Voir notamment paragraphes 149 et 162.
  7. House of Commons Digital, Culture, Media and Sport Committee (2019) Disinformation and ‘fake news’: Final Report ; Eighth Report of Session 2017–19 ; Report, together with formal minutes relating to the report ; rapport commandé par the House of Commons, Ref HC 1791, publié le 18 février 2019, imprimé le 14 février 2019 pour le Gouvernement britannique. Voir notamment paragraphe 149.
  8. Voir paragraphe 110 du rapport intérimaire Désinformation et «fake news» ; comité DCMS, cinquième rapport de la session 2017–19, HC 363, 29 ; publié en août 2014.
  9. a et b House of Commons ; Digital, Culture, Media and Sport Committee (2019) Disinformation and ‘fake news’: Final Report ; Eighth Report of Session 2017–19 ; Report, together with formal minutes relating to the report ; rapport commandé par the House of Commons, Ref HC 1791, publié le 18 février 2019, imprimé le 14 février 2019 pour le Gouvernement britannique. Voir notamment le paragraphe 153.
  10. « L’Irlande rompt catégoriquement avec des siècles de prohibition de l’avortement », sur Le Monde.fr, (consulté le )
  11. voir à ce propos la référence Q3501 in « Oral evidence - Fake news - 12 Jun 2018 », sur data.parliament.uk (consulté le )
  12. a b c d et e voir à ce propos les références Q3669, Q3670, Q3671, Q3672, Q3673, Q3674, Q3676, Q3680, Q3682, Q3684 in « Oral evidence - Fake news - 12 Jun 2018 », sur data.parliament.uk (consulté le )
  13. a b c et d (en) « The Aggregate IQ Files, Part One: How a Political Engineering Firm Exposed Their Code Base », sur www.upguard.com (consulté le )
  14. auditions de la commission DCMS 'disinformation-and-fake-news'
  15. (en) « Investigation into data analytics for political purposes », sur ico.org.uk, (consulté le )
  16. a b et c House of Commons Digital, Culture, Media and Sport Committee (2019) Disinformation and ‘fake news’: Final Report ; Eighth Report of Session 2017–19 ; Report, together with formal minutes relating to the report ; rapport commandé par the House of Commons, Ref HC 1791, publié le 18 février 2019, imprimé le 14 février 2019 pour le Gouvernement britannique. Voir notamment paragraphe 152.
  17. Katie DeRosa, « Victoria firm AggregateIQ denies link to data-miner at heart of Facebook controversy », sur Times Colonist (consulté le )
  18. House of Commons Digital, Culture, Media and Sport Committee (2019) Disinformation and ‘fake news’: Final Report ; Eighth Report of Session 2017–19 ; Report, together with formal minutes relating to the report ; rapport commandé par the House of Commons, Ref HC 1791, publié le 18 février 2019, imprimé le 14 février 2019 pour le Gouvernement britannique. Voir notamment paragraphes 150 et 165.
  19. a et b House of Commons ; Digital, Culture, Media and Sport Committee (2019) Disinformation and ‘fake news’: Final Report ; Eighth Report of Session 2017–19 ; Report, together with formal minutes relating to the report ; rapport commandé par the House of Commons, Ref HC 1791, publié le 18 février 2019, imprimé le 14 février 2019 pour le Gouvernement britannique. Voir notamment paragraphes 151 et 167.
  20. « Un parti pro-Brexit a financé plus de 1 400 publicités sur Facebook », sur www.lesnumeriques.com, (consulté le )
  21. (en) « BIG DATA DOLPHINS LTD - Officers (free information from Companies House) », sur find-and-update.company-information.service.gov.uk (consulté le )
  22. (statuts déposés le 16 décembre 2016, sous deux libellés de raison sociale : 62012 - Business and domestic software development ; et 63110 - Data processing, hosting and related activities)
  23. a b et c (en) « BIG DATA DOLPHINS LTD - Overview (free company information from Companies House) », sur find-and-update.company-information.service.gov.uk (consulté le )
  24. (en) bcharrisonmendes, « Somerset Bridge (Bermuda) Ltd. (Alexander Meacock) - 52488 », sur www.gov.bm, (consulté le )
  25. (en) « Ayshea Khadim's email & phone - Rock Services Ltd's Actuarial Director email », sur RocketReach (consulté le )
  26. Linkedin Présentation de. Ayshea Khadim |consultée le=2021-03-17
  27. Lysander House, Catbrain Lane, Cribbs Causeway, Bristol, England, BS10 7TQ
  28. Parlement anglais, archives : Written evidence submitted by Arron Banks
  29. voir à ce propos la référence Q3685 dans les minutes de la Commission « Oral evidence - Fake news - 12 Jun 2018 », sur data.parliament.uk (consulté le )
  30. (de) « Transparenz & Governance », sur AlgorithmWatch (consulté le ).
  31. (de) Patrick Beuth, « Mitreden bei der Automatisierung der Welt », sur zeit.de, (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes