Relativity Space

Relativity Space
Création 2015[1]
Fondateurs Tim Ellis et Jordan Noone
Siège social Los Angeles
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité Astronautique
Produits Lanceurs Terran 1 et Terran R
Effectif 230[2] personnes (2020)
Site web https://www.relativityspace.com/

Relativity Space est une société aérospatiale américaine basé à Los Angeles, en Californie. Elle a été fondée en 2015 par Tim Ellis et Jordan Noone[3]. Relativity développe ses propres lanceurs et moteurs-fusée pour ses services de lancements orbitaux commerciaux[4].

Historique

Relativity Space a été fondé par Tim Ellis  (CEO) et Jordan Noone  (CTO) avec l'idée que les entreprises existantes du NewSpace comme Blue Origin et SpaceX n'en faisaient pas assez pour utiliser l'impression 3D dans le cadre de la fabrication de fusées[5]. Relativity prévoit d'imprimer en 3D un lanceur complet[6]. L'utilisation intensive de l'impression 3D a permis à la société d'itérer rapidement des conceptions, d'utiliser moins d'outils et de main-d'œuvre humaine.

Relativity Space a annoncé son financement de série D de 500 millions de dollars à une évaluation de 2,3 milliards de dollars en novembre 2020[2], portant son montant total de financement à 685,7 millions de dollars[7]. Relativity est financé par Tiger Management , Fidelity Investments, Baillie Gifford , Bond , Tribe Capital , Playground Global , Social Capital , Y Combinator, et Mark Cuban. L’entreprise prévoit lancer sa première fusée, baptisée Terran 1, fin 2021[5].

Installations

Siège et usine

Relativity Space a annoncé un nouveau siège social et une usine de 11 000 mètres carrés à Long Beach, en Californie, en février 2020[8]. Ce nouveau siège social abrite à la fois les opérations commerciales et l’usine autonome de Relativity[9]. Selon une interview avec le PDG Tim Ellis, l’usine n’a pas d’outillage fixe, ce qui lui permet d’être rapidement reconfiguré et autonome[10].

Stennis Space Center

En , Relativity Space a signé un bail de 20 ans au John C. Stennis Space Center, un centre d'essais de moteurs-fusées de la NASA, situé dans le Mississippi, pour tester ses composants de moteurs et pour tester son nouveau moteur-fusée, nommé Aeon 1[3],[11]. En juin 2019, Relativity Space a développé ses travaux avec le Centre spatial Stennis pour inclure l’utilisation exclusive de 20 000 m2 dans le Bâtiment 9101[12]. Relativity Space prévoit de créer 200 emplois et d’investir 59 millions de dollars dans le Mississippi au cours de ce bail de neuf ans, qui offre une option de prolongation de 10 ans[12].

Cape Canaveral LC-16

Le , Relativity a annoncé qu'elle avait remporté un appel d'offres concurrentiel de la United States Air Force pour la reconstruction et l'exploitation du Launch Complex 16 (LC-16), aujourd'hui désaffecté, à la Base de lancement de Cap Canaveral[13].

Vandenberg Air Force Base Building 330

En juin 2020, Relativity Space a annoncé son intention de développer un deuxième pas de tir à la Vandenberg Air Force Base en Californie pour lancer des charges utiles sur des orbites polaires et des orbites héliosynchrones, notamment les satellites Iridium, entre 2023 et 2030[14].

Produits

Imprimante 3D Stargate

Afin d'imprimer en 3D de gros composants, Relativity Space a créé un système nommé Stargate, qui est, selon elle, la plus grande imprimante 3D de métaux au monde[15],[16]. Le système est basé sur le Direct Energie Deposition, qui utilise des faisceaux laser pour lier le métal en poudre, couche par couche, en structures précises et complexes qui comportent peu de pièces[17]. La société souhaite imprimer au moins 95% de son lanceur, dont les moteurs, d'ici fin 2020[16]. La société envisage à terme d'imprimer en 3D un lanceur complet en 60 jours[18],[11].

Moteur-fusée Aeon 1

Le moteur-fusée Aeon 1 est conçu pour générer 69 000 Newton de poussée au niveau de la mer et 113 000 Newton de poussée dans le vide. Le moteur est alimenté par du méthane liquide et de l'oxygène liquide (LOX). Fabriqué à partir d'un alliage spécifique, il comporte environ 100 pièces et est imprimé en 3D[19], en utilisant le frittage sélectif par laser. Relativity a effectué plus de 300 essais du moteur Aeon 1 à l'aide de l'installation E-3 du John C. Stennis Space Center de la NASA, dans le Mississippi[11]. Initialement conçu avec une chambre de combustion en un alliage de nickel, Aeon 1 est modifié et utilise un alliage de cuivre, matériau qui permet d'augmenter l'efficacité du moteur. Cette modification est nécessaire pour l'étage supérieur du lanceur Terran R a été reportée sur tous les exemplaires d'Aeon 1[20].

Lanceur Terran 1

Terran 1 est un lanceur non réutilisable en cours de développement à deux étages. Le premier étage utilisera 9 moteurs Aeon 1, tandis que le second utilisera un seul moteur Aeon 1. La charge utile maximale sera de 1250 kg pour une orbite terrestre basse de 185 km, ou de 900 kg pour orbite héliosynchrone de 500 km, et de 700 kg pour une orbite héliosynchrone plus élevée (1200 km). La fusée n'utilisera pas d'hélium pour la pressurisation mais utilisera une pressurisation autogène[21]. Le prix de lancement annoncé est de 12 millions de dollars en juin 2020[14].

Lanceur Terran R

Le Terran R est un lanceur réutilisable en cours de développement conçu pour concurrencer la fusée Falcon 9 de SpaceX. C'est une évolution du Terran 1, avec une capacité de charge utile maximale de 20 000 kg en orbite terrestre basse. Le premier étage utilisera neuf moteurs Aeon R, tandis que le deuxième étage utilisera un moteur Aeon 1 amélioré avec une chambre de combustion en cuivre[22].

Clients

En juin 2020, Relativity Space a pré-vendu plus de lancements que toute autre entreprise dans l’industrie spatiale privée depuis SpaceX[23].

Chronologie des contrats de lancement annoncés publiquement

Le 5 avril 2019, Relativity Space a annoncé son premier contrat signé. Ce contrat était conclu avec Telesat, l’opérateur de satellites de télécommunications canadien. Les termes de ce contrat n’ont pas été précisés, mais il incluait des lancements « multiples » de Terran 1[24].

Relativity Space a annoncé publiquement son contrat avec mu Space  en avril 2019. On s’attend à ce que Relativity Space lance un satellite de mu Space en orbite terrestre basse au second semestre 2022, à bord de la fusée Terran 1[25].

En mai 2019, Relativity Space a signé un contrat avec Spaceflight Industries, un fournisseur de « covoiturage spatial » et de gestion de mission. Les termes de cet accord n’ont toutefois pas été divulgués, cependant il a été partagé que le contrat comprenait un lancement de la fusée Terran 1 au troisième trimestre 2021, avec une option pour un nombre non précisé de lancements supplémentaires[26].

En septembre 2019, Relativity Space et Momentus Space ont annoncé leur accord de service de lancement lors de la 2019 World Satellite Business Week à Paris. L’accord précisait que les lanceurs Terran 1 de Relativity Space lanceront en orbite les remorqueurs spatiaux Vigoride  de Momentus Space. Le contrat est pour un lancement, avec une option pour cinq missions supplémentaires.[27].

En juin 2020, Relativity Space a annoncé la signature d’un nouveau contrat de lancement avec Iridium[23]. Ce contrat comprend jusqu’à six lancements dédiés pour déployer des satellites de rechange (déjà construits) en orbite terrestre basse pour la constellation Iridium Next. Selon Suzi McBride, directeur de l'exploitation d’Iridium, le fournisseur de communication par satellite a choisi de s’associer à Relativity Space en raison de sa capacité de lancement flexible et de la capacité de l’entreprise à lancer un satellite à la fois[28]. Selon l’accord, ces lancements ne commenceront pas avant 2023[28].

Lockheed Martin a annoncé le 16 octobre 2020 qu’il lancerait une mission de démonstration de gestion de l’hydrogène liquide sur Terran 1. Lockheed Martin a également précisé que le lancement utilisera le véhicule de transfert orbital Vigoride de Momentus pour abriter la charge utile cryogénique[29]. Cette annonce est venue deux jours après que la NASA ait annoncé les récipiendaires de ses Tipping Point awards[30].

En mars 2021, le ministère de la Défense américain a passé un contrat pour un lancement de Terran 1 en 2023[31].

Notes et références

  1. « Accelerating the future of space, faster », Relativity Space (consulté le 9 juin 2019)
  2. a et b (en) Michael Sheetz, « Relativity Space adds $500 million to 'war chest' for scaling production of 3D-printed rockets », sur CNBC, (consulté le 31 décembre 2020)
  3. a et b Eric Berger, « Relativity Space reveals its ambitions with big NASA deal », Ars Technica, (consulté le 25 mars 2018)
  4. Jonathan Shieber, « Relativity Space signs the satellite transportation company Momentus as a new customer », Tech Crunch,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  5. a et b Eric Berger, « Relativity Space has big dreams. Is the company for real? », Ars Technica,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  6. Denrie Caila Perez, « Relativity Space to Launch First 3D-Printed Rocket », Engineering.com,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  7. « Relativity Space », Crunchbase (consulté le 16 décembre 2020)
  8. Jeff Foust, « Relativity to move headquarters to Long Beach », SpaceNews,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  9. Mike Wall, « Relativity Space will 3D-print rockets at new autonomous factory in Long Beach, California », Space.com,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  10. Devin Coldewey, « Relativity Space Expands its Rocket Printing Operations into an Enormous New Long Beach HQ », TechCrunch,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  11. a b et c A start-up that manufactures rockets with giant 3-D printers just scored $35 million in funding. Michael Sheetz, CNBC News. 27 March 2018.
  12. a et b Ellingson Annlee, « Relativity to build 3D rocket factory in Mississippi », L.A. Biz,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  13. Loren Grush, « Aerospace startup making 3D-printed rockets now has a launch site at America's busiest spaceport », The Verge,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020)
  14. a et b « Relativity books up to six launches for Iridium, reveals plans for Vandenberg pad », Spaceflight Now, (consulté le 24 juin 2020)
  15. Jeff Foust, « Relativity Space aims to 3D print entire launch vehicles », Space News, (consulté le 25 mars 2018)
  16. a et b Defectors from SpaceX, Blue Origin, and Tesla are developing a remarkable technology called 'Stargate' to help colonize other planets. Dave Mosher, 'Business Insider. 22 October 2018.
  17. Bryce Salmi, « The World’s Largest 3D Metal Printer Is Churning Out Rockets », IEEE Spectrum, (consulté le 16 janvier 2021)
  18. Jennifer Johnson, « Rocket Plan: How 3-D Printing Is Unlocking A New Space Race », sur Forbes, (consulté le 9 juin 2019)
  19. « TMRO:Space - Relativity: How to print a rocket on Earth and Mars - Orbit 11.19 » (consulté le 20 août 2018)
  20. (en) Eric Berger, « Relativity Space printed its Terran 1 rocket’s second stage in a few weeks », sur Ars Technica, (consulté le 25 mars 2021)
  21. « Terran », Relativity Space (consulté le 20 janvier 2019)
  22. Michael Sheetz, « Relativity Space unveils a reusable, 3D-printed rocket to compete with SpaceX's Falcon 9 », sur CNBC, (consulté le 25 février 2021)
  23. a et b Devin Coldewey, « Relativity Space gains new customer in Iridium and new launch site at Vandenberg », TechCrunch,‎ (lire en ligne, consulté le 27 août 2020)
  24. Eric Berger, « Relativity Space announces first launch contract, and it's a big one », Ars Technica,‎ (lire en ligne, consulté le 27 août 2020)
  25. Elizabeth Howell, « A 3D-Printed Rocket Will Launch A Thai Satellite Into Space », Forbes,‎ (lire en ligne, consulté le 27 août 2020)
  26. Jeff Foust, « Spaceflight signs contract with Relativity for launches », SpaceNews,‎ (lire en ligne, consulté le 27 août 2020)
  27. « Relativity Space Signs Launch Services Agreement for Multiple Launches with Momentus on Terran 1, World’s First 3D Printed Rocket », businesswire.com,‎ (lire en ligne, consulté le 11 septembre 2019)
  28. a et b Vivienne Machi, « Relativity Space Signs Launch Contract with Iridium, Plans West Coast Launch Site », Satellite Today,‎ (lire en ligne, consulté le 27 août 2020)
  29. « Cryogenic fluid management is a key "tipping point" technology to get humans to the Moon, Mars and Beyond », Lockheed Martin,‎ (lire en ligne, consulté le 16 octobre 2020)
  30. « 2020 NASA Tipping Point Selections », NASA,‎ (lire en ligne, consulté le 16 octobre 2020) Cet article reprend du texte de cette source, qui est dans le domaine public.
  31. Relativity Space to launch a U.S. military mission to low orbit in 2023

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • https://www.relativityspace.com