Relations entre l'Arabie saoudite et la France

Relations entre l'Arabie saoudite et la France
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Drapeau de l'Arabie saoudite
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Les relations entre l'Arabie saoudite et la France remontent au XIXe siècle avec l’ouverture d’un premier consulat français à Djeddah en 1841[1], et se concrétisent dès la proclamation officielle de la constitution du Royaume le par Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud. Avec d’autres puissances, la France reconnaît directement la légitimité de l’Arabie saoudite et de ses frontières avant même la déclaration officielle de l’État saoudien en 1932. En 2014, les relations diplomatiques, commerciales et culturelles sont bonnes, l’Arabie saoudite est le premier partenaire commercial de la France dans le Golfe, et le troisième investisseur étranger dans le royaume.

Histoire

Grâce à la reconnaissance de la France, de la Grande-Bretagne et de l'URSS, Ibn Saoud parvient à concrétiser et légitimer à l'international ses conquêtes et affirme les frontières de son Royaume en 1932. Si la France reconnait dès mars 1926 la souveraineté saoudienne, elle s’en tient essentiellement à des relations formelles[2]. En 1963, le premier accord de coopération culturelle et technique entre les deux pays est signé[3].

Les relations franco-saoudiennes prennent une autre dimension sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing et sous le règne de Khaled ben Abdelaziz Al Saoud. À partir des années 1970, la France et l’Arabie saoudite commencent à développer une coopération tant militaire qu’économique et nucléaire. L'événement qui incarne la concrétisation de cette coopération est celui de la prise de la Grande Mosquée de La Mecque le . Le roi sollicite l’aide du GIGN français afin de collaborer avec les forces de sécurité saoudiennes. Ensemble, ils parviennent à mettre fin à la prise d’otage. À la suite de cet évènement, des contrats militaires tels que Sawari 1 sont mis en place dans les années 1980[4],[5].

Les mandats de François Mitterrand en 1981 et de Jacques Chirac en 1995 vont dans le même sens d'une entente positive entre le Royaume saoudien et la France. Le soutien de cette dernière à l'Irak et aux pays du Golfe dans la guerre Iran-Irak de 1980-1988, puis contre l'Irak lors de l'invasion du Koweït pérennise la relation entre la France avec l'Arabie saoudite[6],[7]

Si les échanges économiques diminuent substantiellement entre la France et l'Arabie saoudite sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le président français affirme néanmoins son attachement à la culture saoudienne[8]. Élu en 2012, François Hollande prend la suite de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy en privilégiant les partenaires du Golfe, jugés plus stables sur le plan politique et économique. Il opère un rééquilibrage des relations avec l'Arabie saoudite par rapport au Qatar. Pour restaurer les liens entre les deux pays, François Hollande réserve au roi Abdallah sa première visite dans le Golfe en tant que président de la République[9],[10]. Trois visites de délégations françaises mais aussi de François Hollande dans le Royaume saoudien sont organisées en 2015. En mai 2015, François Hollande est invité à assister au sommet du Conseil de coopération du Golfe par l'Arabie saoudite, une première dans la mesure où aucun autre chef d'État occidental n'avait jamais été ainsi accueilli à ce sommet[11].

Les investissements français en Arabie saoudite se multiplient en 2015[12], et sont accompagnés de plusieurs contrats d'armement[13],[14].

L’élection d’Emmanuel Macron coïncide avec la perte de territoires et la chute progressive de l’organisation dite État islamique, aussi ce dernier entame le dialogue très tôt avec ses homologues moyen-orientaux en vue de préparer l’après-Daech[15],[16]. En décembre 2017, Emmanuel Macron appelle Mohammed ben Salmane Al Saoud à lever le blocus imposé au Yémen par la coalition, et rappelle à cette occasion la condamnation par la France des tirs houthis à l’encontre de l’Arabie saoudite[17].

Dans la même logique que ses prédécesseurs, Emmanuel Macron se positionne en défaveur de la politique régionale iranienne, et rappelle l’importance cruciale d’une stabilité politique au Liban en novembre 2017[18],[19].

Économie

La France capte 3 % (829 millions d’euros) des IDE saoudiens dans le monde. 24 sociétés saoudiennes sont implantées en France, généralement le résultat du rachat d’une entité déjà existante. Ces entreprises emploient directement 3200 personnes pour un chiffre d’affaires cumulé d’environ 350 millions d’euros. Les IDE saoudiens en France sont concentrés dans les secteurs de l’hôtellerie de luxe, des loisirs et de l’agro-alimentaire[20].

L’équipement militaire de l’Arabie saoudite est l’un des plus dense au monde et ses fournisseurs sont principalement les États-Unis, le Royaume-Uni et la France[21]. L’Arabie saoudite est le premier client de la France en termes de contrats militaires. En 2015, la France se classe dixième des partenaires de l'Arabie saoudite avec 2,39% de part de marché militaire[22].

En 2006, Saudi Aramco et Total annoncent la signature du projet de construction d’une raffinerie à Jubail. Grâce à une joint-venture nommée Satorp, chacune des deux parties détient 35% du capital et les 30% restant sont introduits en bourse[23].

Géopolitique

En 2012 et 2013, les gouvernements français et saoudiens se rapprochent au sujet de la Guerre civile syrienne et du programme nucléaire de l'Iran. Pour contrer l'influence iranienne, ils décident de moderniser et d'équiper l'armée libanaise[24],[25].

Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud utilise la France comme un challenger diplomatique, militaire et commercial vis-à-vis des Britanniques et des Américains, il soigne aussi les relations avec la présidence de François Hollande après que son prédécesseur Nicolas Sarkozy (2007-2012) a porté à leur apogée l'alliance franco-qatarie, Doha restant un concurrent, voire un adversaire de Riyad dans la région[26],[27].

Coopération culturelle et scientifique

En 2014, une exposition sur l’art et l’archéologie de l'Arabie saoudite est organisée au Musée du Louvre. Il s'agit de la première fois qu’un État est invité en tant que tel au sein du musée[28].

Les accords bilatéraux de 1963 et 2008 indiquent que la France et l'Arabie saoudite s'encouragent à développer des relations universitaires et scientifiques notamment via des échanges de chercheurs, enseignants et étudiants[29]. Dans le domaine de la santé, un programme de formation de médecins spécialistes, basé sur un accord intergouvernemental signé en 2011, a permis d'accueillir plusieurs centaines de médecins saoudiens depuis 2006[30].

La France et l'Arabie saoudite ont entrepris une coopération au niveau archéologique. Le site de Madâin Sâlih a fait l'objet d'une coopération franco-saoudienne qui débute en 2001 pour s'achever en 2005. Ces fouilles ont été l'occasion d’attirer l'attention des autorités saoudiennes sur son patrimoine préislamique et l’occasion de la reconnaissance du travail de recherche français par le prince Sultan ben Salmane al Saoud, alors Secrétaire général de la Haute commission pour le tourisme[31].

Références

  1. Relations franco-Saoudiennes, Ambafrance.org (consulté le 5 avril 2018)
  2. Présentation de l’Arabie saoudite, www.diplomatie.gouv.fr (consulté le 5 avril 2018)
  3. François Belliot, Les relations franco-saoudiennes du point de vue de la défense et de la sécurité, www.academiedegeopolitiquedeparis.com, 2 septembre 2016 (consulté le 1er avril 2018)
  4. Laurent Lagneau, La modernisation de 4 frégates saoudiennes confiée à la France, www.opex360.com, 29 août 2013 (consulté le 1er avril 2018)
  5. Jean-François Mayer, Arabie saoudite: retour sur l’occupation de la mosquée de La Mecque en 1979, www.terrorisme.net, 29 février 2008 (consulté le 1er avril 2018)
  6. La France, la guerre Iran-Irak et les affaires..., www.liberation.fr, 21 septembre 2010 (consulté le 5 avril 2018)
  7. Invasion du Koweït par l'Irak, www.usherbrooke.com, 2 août 1990 (consulté le 5 avril 2018)
  8. Sarkozy défenseur des religions en Arabie Saoudite, www.liberation.fr, 15 janvier 2008 (consulté le 9 avril 2018)
  9. Clarence Rodriguez, François Hollande en Arabie Saoudite pour une première rencontre avec le roi Abdallah, www.rfi.fr, 4 novembre 2012 (consulté le 9 avril 2018)
  10. Première visite de François Hollande en Arabie saoudite, www.bfmtv.com, 4 novembre 2012 (consulté le 9 avril 2018)
  11. Riyad: Hollande invité au sommet du Conseil de coopération du Golfe, www.rfi.fr, 5 mai 2015 (consulté le 9 avril 2018)
  12. La France conclut 10 milliards d'euros d'accords avec l'Arabie saoudite, www.latribune.fr, 13 octobre 2015 (consulté le 9 avril 2018)
  13. La France et l’Arabie saoudite signent leurs premiers contrats, www.lemonde.fr, 24 juin 2015 (consulté le 9 avril 2018)
  14. France-Arabie saoudite: entente politique et gros contrats, www.rfi.fr, 13 octobre 2015 (consulté le 9 avril 2018)
  15. Jean-Michel Gradt, Emmanuel Macron en visite au Qatar avec un agenda chargé, Lesechos.fr, 7 décembre 2017 (consulté le 1er avril 2018)
  16. Gonzalo Fuentes, Émirats arabes unis: Emmanuel Macron rend visite à un «partenaire de confiance», www.rfi.fr, 8 novembre 2017 (consulté le 1er avril 2018)
  17. Macron appelle Ryad à lever le blocus contre le Yémen, www.fr.reuters.com, 27 décembre 2017 (consulté le 1er avril 2018)
  18. Iran : un demi-siècle de relations avec la France, www.francetvinfo.fr, 26 février 2016 (consulté le 9 avril 2018)
  19. Olivier Philippe-Viela, Crise au Moyen-Orient: Pourquoi Emmanuel Macron s’est saisi du cas Saad Hariri, www.20minutes.fr, 19 novembre 2017 (consulté le 9 avril 2018)
  20. Investissements entre la France et l'Arabie saoudite, www.tresor.economie.gouv.fr, juin 2016 (consulté le 1er avril 2018)
  21. (en)EU Nations Sell the Most Arms to Saudi Arabia, www.spiegel.de, 19 mars 2012 (consulté le 1er avril 2018)
  22. Relations commerciales bilatérales, www.tresor.economie.gouv.fr, juin 2016 (consulté le 1er avril 2018)
  23. Partenariat Total-Aramco sur la construction d`une raffinerie, www.challenges.fr, 22 mai 2006 (consulté le 5 avril 2018)
  24. Alain Barluet, « François Hollande renoue avec l'Arabie saoudite », Le Figaro,‎ (ISSN 1241-1248).
  25. « L'Arabie saoudite va financer des armes françaises au Liban », France Info,‎ (lire en ligne).
  26. (ar) « الرياض وباريس.. الوفاء للمسئوليات الدولية », Al-Hayat,‎ (ISSN 0967-5590, lire en ligne).
  27. Karim Sader, « François Hollande au Qatar : que gagne vraiment la France à cette relation aux contours troubles ? », Atlantico,‎ (lire en ligne).
  28. Abdoh Khal, Montrez cet art saoudien que les Saoudiens ne sauraient voir, www.courrierinternational.com, 15 juillet 2010 (consulté le 1er avril 2018)
  29. La coopération universitaire, www.sa.ambafrance.org, 29 septembre 2013 (consulté le 8 avril 2018)
  30. fiche Arabie saoudite, www.diploatie.gouv.fr (consulté le 8 avril 2018}
  31. L. Nehmé et al. (2006), « Missions archéologiques de Madâ’in Sâlih (Arabie Saoudite) : Recherches menées de 2001 à 2003 dans l’ancienne Ḥijrā des Nabatéens », Arabian Archaeology and Epigraphy 17, 2006, p. 41‑124 (en particulier p. 99‑102).

Articles liés

Liens externes