Race After the Internet

Race After the Internet
Auteur Lisa Nakamura
Peter A. Chow-­White
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Essai
Version originale
Langue Anglais
Titre Race After the Internet
Éditeur Routledge
Lieu de parution New York
Date de parution 2011
ISBN 9780415802352

Race After the Internet est un ouvrage collectif de sociologie publié en 2011 par Lisa Nakamura et Peter A. Chow-­White aux éditions Routledge. Il regroupe différents essais d’auteurs touchant à plusieurs disciplines dans le but de montrer quel est l’impact des médias digitaux (et sociaux) et des nouvelles technologies sur le concept de « race » aux États-Unis.

Sommaire de l'ouvrage

  • Introduction: Nakamura et Chow-White, Race and Digital Technology: Code, the Color Line and the Information Society
  • Ch. 1: Tara McPherson, « U.S. Operating Systems at Mid-Century »
  • Ch. 2: Wendy Hui Kyong Chun, « Race And/as Technology, Or How To Do Things To Race »
  • Ch. 3: Rayvon Fouché, « From Black Inventors to One Laptop Per Child: Exporting a Racial Politics of Technology »
  • Ch. 4: Curtis Marez, « Cesar Chavez, the United Farm Workers, and the History of Star Wars »
  • Ch. 5: Alexander R. Galloway (http://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_R._Galloway), « Does the Whatever Speak? »
  • Ch. 7: Anna Everett, « Have We Become Postracial Yet? Race and Media Technology in the Age of President Obama »
  • Ch. 8: Christian Sandvig, « Connection at Ewiiaapaayp Mountain: Indigenous Internet Infrastructure »
  • Ch. 9: danah boyd, « White Flight in Networked Publics: How Race & Class Shaped American Teen Engagement with MySpace & Facebook »
  • Ch. 10: Eszter Hargittai (http://en.wikipedia.org/wiki/Eszter_Hargittai), « Open doors, closed spaces: differentiated adoption of social network sites by user background »
  • Ch. 11: Wilson et Costanza-Chock (http://en.wikipedia.org/wiki/Sasha_Costanza-Chock), « New Voices on the Net? The Digital Journalism Divide and the Costs of Network Exclusion »
  • Ch. 12: Alondra Nelson (http://en.wikipedia.org/wiki/Alondra_Nelson) et Jeong Won Hwang: « Roots and Revelation: Genetic Ancestry Testing and the YouTube Generation »
  • Ch. 13: Peter Chow-White, « Genomic Databases And An Emerging Digital Divide In Biotechnology »
  • Ch. 14: Troy Duster (http://en.wikipedia.org/wiki/Troy_Duster), « The Combustible Intersection: Genomics, Forensics, and Race »

Présentation

Voici la liste des contributeurs[1] : danah boyd, Peter Chow-White, Wendy Chun, Sasha Costanza-Chock (http://en.wikipedia.org/wiki/Sasha_Costanza-Chock), Troy Duster (http://en.wikipedia.org/wiki/Troy_Duster), Anna Everett, Rayvon Fouché, Alexander R. Galloway (http://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_R._Galloway), Oscar Gandy (http://en.wikipedia.org/wiki/Oscar_H._Gandy_Jr.), Eszter Hargittai (http://en.wikipedia.org/wiki/Eszter_Hargittai), Jeong Won Hwang, Curtis Marez, Tara McPherson (http://en.wikipedia.org/wiki/Tara_McPherson), Alondra Nelson (http://en.wikipedia.org/wiki/Alondra_Nelson), Christian Sandvig, Ernest Wilson.

Chapitre 9

danah boyd en 2010

Le chapitre 9 est rédigé par la chercheuse américaine en sciences humaines danah boyd et s'intitule « White Flight in Networked Publics: How Race & Class Shaped American Teen Engagement with MySpace & Facebook »[2].

Il s’agit d’une étude ethnographique que danah boyd a mené par le biais d’interviews de jeunes américains dans une école de classe moyenne concernant le passage de MySpace vers Facebook entre 2006-2007.

Elle démontre que la préférence de l’un ou l’autre réseau social va au-delà du choix des consommateurs : cela reproduit, selon elle, les catégories sociales que l’on observe dans la vie réelle. De fait, un utilisateur reconstitue ses réseaux d’amitiés réelles sur les réseaux sociaux : si ses amis s’inscrivent sur Facebook, et non plus sur MySpace, il fera de même. Les groupes d’utilisateurs se rassemblent aussi selon des référents spatiaux (ex : ghetto), des centres d’intérêts (ex : goûts musicaux) et des valeurs. Et selon danah boyd, le mouvement des jeunes de MySpace vers Facebook reproduit l’histoire tragique du « White flight » (la migration des personnes d'origine européenne hors des zones urbaines).

Il y a deux manières d’entrer en contact avec MySpace. Soit on s’y inscrit pour suivre des groupes musicaux (dans ce cas-ci surtout des groupes de rock indépendant et d’hip-hop), soit par le bouche-à-oreille, notamment par le biais des membres de notre famille, d’amis ou de rencontres dans divers contextes (église, vacances, activités sportives…). D’un point de vue géographique, MySpace touche d’abord la côte Ouest des États-Unis (car le site est lancé à Los Angeles), puis se propage vers la côte Est. Les centres urbains sont également touchés avant les banlieues et les campagnes.

MySpace bénéficie alors d’une couverture médiatique à double tranchant : soit les jeunes s’inscrivent parce que les médias en parlent comme un effet de mode, soit les adolescents l’évitent à cause des risques exposés par les médias.

Si tout le monde ne s’inscrit pas directement sur Facebook, c’est parce que ce nouveau réseau était limité aux étudiants universitaires en 2004 (et plus spécialement Harvard), ce qui donne un côté « élitiste » et « intellectuel » au réseau social. Et son accès faisait partie du rite de passage quand on entrait à l’université. En 2005, Facebook est accessible par les étudiants du secondaire, et enfin en 2006 par tout le monde (13 ans minimum), ce qui donne alors un choix plus libre entre MySpace et Facebook.

Si beaucoup de jeunes s’inscrivent sur les deux réseaux, ceux qui ne choisissent que l’un d’entre eux semblent venir de milieux différents. MySpace attire ainsi les jeunes appartenant à des sous-cultures, ou à des milieux moins privilégiés, et comme l’a remarqué danah boyd les noirs et les latinos (même si les critères de races et d’ethnies sont aussi liés à des facteurs socio-économiques). Alors que Facebook attire la masse dite « ordinaire », une élite universitaire, des blancs et des asiatiques.

Un premier essai sur ses observations, publié sur son blog en 2007, a suscité la controverse auprès des internautes. D’autres chercheurs[Lesquels ?] ont alors partagé avec elle le même genre d’observations.

On dit souvent « qui se ressemble s’assemble », et cela a été prouvé par les sociologues. Les individus se rassemblent selon le sexe, le genre, l’âge, la religion, le niveau d’éducation, la classe sociale ; mais aux États-Unis, les divisions sont surtout raciales et ethniques. D’ailleurs, il y a beaucoup de stéréotypes utilisés entre adolescents. Les jeunes blancs pensent notamment que les jeunes noirs sont des faiseurs de troubles, et se regroupent en bande. Mais les stéréotypes touchent toutes sortes de groupe, tels que les pom-pom-girls, le club d’art, etc.

Par peur de paraitre racistes, les jeunes évitent les termes du genre « les noirs, les blancs, les Chinois, les Hispaniques, les Mexicains », et préfèrent utiliser des termes plus subtiles, comme par exemple « urbain » pour penser aux noirs. Mais de temps en temps, ces étiquettes ont quand même des connotations dans l’esprit des jeunes. De fait, « gangstas » fait référence aux noirs, alors que « terroristes » fait références aux personnes du Moyen-Orient.

Comme dans les cours d’école, l’environnement en-ligne est souvent organisé selon l’identité et les catégories sociales. Certains sites ciblent d’ailleurs une population bien précise, comme c’est le cas de « Black Planet », « Asian Avenue », etc. Ni MySpace, ni Facebook, ne définissent explicitement la cible raciale du réseau, mais ils reproduisent implicitement cette division. 

Notes et références

Article publié sur Wikimonde Plus